Parrot vient de dévoiler son nouveau drone, l’Anafi. Petit, ingénieux, portable et de bonne qualité, cette nouvelle caméra volante a bien des avantages à faire valoir. Est-ce suffisant ?

Le marché du drone a bien changé ces dernières années. Réellement réservé aux passionnés il n’y a encore pas si longtemps, il commence à s’étoffer avec des produits qui sont bien plus accessibles pour le grand public, aussi bien en termes de simplicité de prise en main que d’encombrement, permettant ainsi de les rendre bien plus portables. On pense notamment à l’arrivée du DJI Mavic Air, à peine plus gros qu’une phablette une fois replié, ou même au Spark, et désormais à l’Anafi de Parrot.

Design

Lorsqu’il est plié, l’Anafi ne mesure que 244 x 67 x 65 mm, ce qui est un peu long, mais très compact, d’autant qu’il est fourni avec une coque de protection qui permet de le transporter très facilement au fond d’un sac. Par ailleurs, son poids de 320 grammes est encore supportable au quotidien, même si sa radiocommande est un peu plus lourde (386 grammes) et un peu massive (152 x 72 x 94 mm pliée), mais j’y reviendrai plus tard.

En optant pour du carbone et de la fibre de verre, mais aussi en proposant un système lui permettant d’être déplié en moins de 3 secondes et opérationnel en moins de 20 secondes, Parrot veut rendre le drone plus mainstream et ainsi s’imposer dans tous les foyers et toutes les entreprises. Le frein de la législation risque bien sûr d’être important, mais le pari est ambitieux et l’entreprise française se donne les moyens de réussir.

Et effectivement, l’Anafi est plutôt léger et très bien pensé dans sa conception, ce qui lui donne une vitesse de pointe de 55 km/h en mode sport et la capacité de braver des vents jusqu’à 50 km/h. On apprécie le souci du détail, jusque dans l’intégration du port USB-C à la fois sur le drone et sur la radiocommande (Parrot Skycontroller 3, uniquement dédiée à l’Anafi). De quoi le recharger facilement, d’autant qu’il est compatible Power Delivery 24 W.

Un travail tout particulier a également été effectué sur les hélices afin de réduire le bruit de 35 % par rapport au Bebop 2. Parrot promet également un drone 50 % plus silencieux que ceux de la concurrence. Si l’on n’a pas mesuré les chiffres pour confirmer ou non ces assertions, je peux effectivement garantir que le nouveau-né de la marque est peu bruyant.

De la 4K dans le ventre

Bien que petit, l’Anafi est capable de filmer en 4K à 30 FPS (ou à 24 FPS pour un effet cinéma) et en 1080p à 60 FPS. Plus encore, il se targue d’être le premier drone à être capable de filmer en HDR pour améliorer le rendu des scènes, notamment en contre-jour. La partie photo est quant à elle assurée par le capteur Sony IMX230 de 21 Mégapixels couplé à une optique ouvrant à f/2.4. Nous n’avons cependant pas encore été en mesure d’essayer l’Anafi sur de longues périodes pour constater la qualité d’image. Un test complet arrivera bientôt pour cela.

Par ailleurs, Parrot promet un zoom sans perte (sans endommager la qualité), bien que numérique, capable de grossir l’image 2 fois en Full HD et 1,5 fois en 4K. Le zoom peut aller jusqu’à x3 si l’on accepte la perte de qualité. Cela donne une longueur focale de 23 à 69 mm (équivalent 35 mm) en photo et de 26-78 mm en vidéo.

Mais la véritable nouveauté mise en avant par le constructeur français, c’est la nacelle de la caméra. Celle-ci permet une stabilisation optique sur 3 axes (en plus de la stabilisation numérique), mais aussi et surtout un tilt de 180° inédit. L’Anafi est donc capable de réaliser des plans en contre-plongée, jusqu’alors impossibles avec ce type de drones. Imaginez-vous passer à toute vitesse sous l’Arc de Triomphe, caméra au ciel, suivant un oiseau, avant de rabaisser lentement l’objectif jusqu’à obtenir un plan en plongée directe à la verticale. Enfin, si un jour vous arrivez à obtenir une dérogation pour voler sur les Champs Elysées…

La radiocommande

Comme dit plus tôt, la radiocommande de l’Anafi est un peu lourde (plus que le drone) et un peu plus massive qu’une manette de Xbox par exemple. De ce fait, elle tient bien en main et n’est pas déséquilibrée lorsque l’on y accroche un smartphone, même un peu costaud.

Dès qu’elle est dépliée, elle s’allume et le drone devient opérationnel en quelques secondes. Elle utilise un WiFi modifié propriétaire pour se connecter automatiquement sur les bandes les moins congestionnées et ainsi conserver un flux constant de bonne qualité. Avec les 4 antennes bi-bandes (2,4 et 5 GHz) de l’Anafi qui permettent une transmission omnidirectionnelle, Parrot promet un retour image en 720p jusqu’à 4 km, quelle que soit la position du drone.

Les sticks sont agréables et les boutons leviers au niveau des gâchettes pour gérer la caméra sont bien pensés. On note le code couleur de la manette rappelant directement le drone, et de ces leviers, blancs, qui font écho à la caméra.

Free Flight 6

Le Parrot Anafi inaugure la version 6 de l’application Free Flight, repensée pour afficher tous les boutons d’action sur le bas de l’écran, à portée de pouce. Le haut de l’écran est quant à lui dédié aux informations vitales du drone, comme son autonomie par exemple. Notons à ce propos que l’Anafi est intelligent et va calculer de lui-même le temps dont il aura besoin pour revenir jusqu’à son pilote (ou son point de départ), et reviendra de lui-même si nécessaire.

Notons cependant que contrairement à certains concurrents, l’Anafi ne dispose pas des capteurs lui permettant de détecter et donc d’éviter les obstacles. Attention donc lorsque vous volez !

L’application permet quant à elle de débrayer les contrôles pour passer entièrement en manuel (balance des blancs, ISO, shutter speed…), ou propose à l’inverse de nombreuses aides au vol que l’on peut couper une à une. Ainsi, l’Anafi peut aussi bien s’adresser aux néophytes qu’aux pilotes chevronnés.

On retrouve comme d’habitude les smart dronies, ces actions automatiques (tourner autour du sujet, etc.), avec ici une petite nouveauté, l’effet Dollyzoom. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un effet de zoom tout en reculant (ou l’inverse), ce qui donne l’impression que le sujet principal ne bouge pas tout en modifiant le champ de vue de l’arrière-plan. On retrouve cet effet dans des films comme Vertigo, Les Affranchis ou encore Les Dents de la Mer.

Il existe bien d’autres aides agréables, comme la reconnaissance de sujet permettant de toujours fixer la caméra sur un sujet et ainsi se libérer l’esprit pour se concentrer sur la conduite du drone lui-même.

Autonomie

Parrot promet 25 minutes d’autonomie pour l’Anafi (mesure en vol stationnaire en 4K). Parallèlement à cela, il se recharge totalement en 1h30. Comme dit précédemment, il est compatible USB-C avec la norme Power Delivery, il peut donc être rechargé facilement depuis n’importe quelle source, même une powerbank si vous n’êtes pas pressés.

Le niveau de batterie est indiqué par 4 LED situées sur le dos de l’appareil.

Prix et disponibilité

Le Parrot Anafi sera disponible le 1er juillet au prix de 699 euros dans les magasins Fnac, Boulanger, Darty, Amazon et Parrot. Le pack de base contient l’Anafi, sa radiocommande, sa housse de protection, un jeu d’hélices de rechange et une carte SD de 16 Go assez rapide pour profiter de tous les modes d’enregistrement.