La voiture électrique à 100 euros par mois promise par Macron : pour qui et pour quand ?

 

Promise par Emmanuel Macron lors de sa campagne, la possibilité de louer une voiture pour 100 euros par mois est plus difficile à mettre en place que prévu.

2019 – Essais presse Nouvelle Renault ZOE en Sardaigne (3)
La prise de recharge de la Renault Zoé // Source : Jean-Brice Lemal pour Renault France

Souvenez-vous, c’était il y a quelques semaines seulement. Alors qu’Emmanuel Macron était en pleine campagne présidentielle, afin d’assurer sa réélection pour un nouveau mandat, il annonçait une mesure inédite à destination des automobilistes : la mise en place par le gouvernement d’un leasing social, permettant de louer une voiture électrique pour seulement 100 euros par mois. Une promesse alléchante, à l’heure où l’étau se resserre sur les véhicules thermiques et où les Français se ruent vers les modèles branchés. Mais alors que le président est désormais réélu, où en est-on, aujourd’hui, sur cette question ?

Pas avant septembre 2022

Il semblerait que le gouvernement ait finalement besoin d’un peu plus de temps que prévu. Interrogée par nos confrères de France Info, la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher a donné quelques informations à sujet de cette mesure, qui n’est « pas pour tout de suite« . Elle explique en effet que « nous devons aujourd’hui associer l’ensemble des parties prenantes pour construire une proposition qui soit la plus adaptée« .

La ministre souligne également que pour parvenir à rendre ce dispositif opérationnel dès sa mise en œuvre, il faut d’abord « réunir la filière« , ainsi que « les financiers« . Pour elle, ce nouveau crédit assuré par l’État ne sera pas prêt avant le mois de septembre prochain. Par ailleurs, la question du financement se pose aussi. Selon Agnès Pannier-Runacher, environ 100 000 personnes devraient profiter de cette mesure, soit un total de 50 millions d’euros, avec une « contribution de 500 euros que pourrait apporter l’État dans le dispositif« .

La ministre n’a pas précisé si cette aide de 500 euros s’entendait pour une année ou pour toute la durée de la location. Elle n’a pas indiqué non plus les conditions et notamment la durée de la location ou encore l’obligation, ou non, de mettre un véhicule à la casse, pour faire fonctionner la prime à la casse. Autant d’éléments inconnus qui nous empêchent de nous faire une idée un peu plus précise de l’impact réel de ce dispositif sur le portefeuille des ménages.

🗣 Promesse d’E. Macron de louer des voitures électriques pour 100€ par mois ➡️ “C’est pas pour tout de suite”, reconnaît Agnès Pannier-Runacher. “Il y a deux enjeux : disposer des véhicules et on a des soucis de production.”

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— franceinfo (@franceinfo) June 2, 2022

Plusieurs obstacles

En effet, comme le soulignent nos confrères des Echos, il faut encore trouver un modèle viable, en évitant que le bénéficiaire ait à payer le premier versement de la location, qui représente parfois plusieurs milliers d’euros. La meilleure solution reste donc que l’État s’en charge. Mais une autre difficulté se pose, celle de convaincre les constructeurs, à l’heure où la plupart accusent déjà de nombreux retards de livraisons, en raison de la crise des semi-conducteurs. Un porte-parole d’une marque, citée par Les Echos affirmait en effet que « dans le contexte actuel, il n’est pas sûr que nous ayons intérêt à adhérer au dispositif… »

En raison des difficultés d’approvisionnement, et de l’offre réduite des constructeurs sur les véhicules électriques abordables, il pourra être plus difficile d’avoir accès à des modèles d’entrée de gamme, plus susceptibles d’être plébiscités par les bénéficiaires de ce leasing social. Autant dire qu’il faudra faire preuve de patience pour espérer pouvoir profiter de ce dispositif, qui ne s’adressera évidemment pas à tout le monde, mais avant tout « aux Français qui en ont le plus besoin » comme l’a précisé la ministre.

Qui pourra profiter de ce leasing ?

Si les critères restent toutefois encore à définir par le gouvernement, la ministre de la Transition écologique évoque déjà deux catégories de bénéficiaires « qui paraissent incontestables : ceux pour qui le véhicule est un outil de travail« . Elle cite alors notamment « les infirmières libérales« , ainsi que « ceux qui n’ont pas les moyens de passer à un véhicule propre parce qu’il est trop cher aujourd’hui sur le marché« .

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