Les trottinettes en free-floating souffrent de nombreuses lacunes qui les rendent finalement assez peu écologiques. Certains acteurs travaillent néanmoins sur la question pour rendre ce moyen de transport bien plus vert.

Crédit image : Numerama

Un trajet en trottinette électrique en free-floating est moins écologique qu’un même trajet en bus. C’est ce qui ressort de l’étude de chercheurs et chercheuses de l’Université de Caroline du Nord aux États-Unis, repérée récemment par Usbek et Rica. En étudiant une flotte de la ville de Raleigh, aux États-Unis, les chercheurs sont arrivés à la conclusion qu’un trajet en trottinette électrique représentait un bilan carbone de 202 grammes de CO2 par passager et par mile, contre 82 g de CO2 pour un trajet en bus à moteur diesel.

Une pollution différente

Un trajet en trottinette électrique ne génère pas de CO2 en lui-même et la comparaison avec un véhicule thermique parait donc aberrante, et pourtant. Le coût carbone de la fabrication de ces trottinettes (calculé sur base de la Xiaomi M365) et de leur recharge s’avère en réalité très élevé.

Avec une durée de vie moyenne de moins de 30 jours, les trottinettes en libre service n’ont que très peu de temps pour amortir le bilan carbone lié à leur conception. Selon l’étude, il faudrait que leur durée de vie atteigne 2 ans afin de pouvoir redescendre à un seuil plus tolérable de 141 g de CO2 par passager et par mile. Une prouesse qui semble néanmoins difficile à réaliser sachant que ces engins de mobilité urbaine ont une durée de vie estimée à 18 mois lors d’utilisations aussi intensives.

Parallèlement à cela, les services récupérant les trottinettes pour les recharger — souvent alors même que les trottinettes sont loin d’être totalement vides — utilisent des véhicules thermiques pour effectuer leur ronde. La recharge s’avère donc in fine d’autant plus polluante.

Des solutions envisagées

Conscients de ce problème, certains opérateurs de free-floatting réfléchissent déjà à des solutions permettant de rendre les trottinettes électriques plus écologiques. C’est le cas par exemple de Voi qui s’est déjà exprimé sur la question.

À l’heure actuelle, plusieurs solutions sont envisagées, à commencer par une conception plus verte, à partir de matériaux recyclables (en partie tout du moins), et avec une batterie amovible afin de réduire le nombre de trajets à effectuer pour recharger la flotte entière.

Par ailleurs, Voi indique également renouveler sa flotte de véhicules de ramassage, remplacés par des véhicules électriques, moins polluants sur le long terme.

À terme, si tous les opérateurs de free-floatting adoptent ce genre de résolutions, les trottinettes électriques pourraient devenir un moyen de transport bien plus écologique qu’il ne l’est actuellement. D’autres problèmes restent néanmoins à régler, notamment concernant leur stationnement sur les trottoirs et la réglementation de leur utilisation.

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