
On lance un jeu, et avant même que le menu principal s’affiche, Discord clignote, Chrome a vingt onglets ouverts, OBS tourne en arrière-plan, Spotify râle parce qu’on lui a coupé la parole. Bref, on joue rarement seul, en 2026. Et c’est précisément ce que Microsoft vient d’admettre, à demi-mot, dans la mise à jour de ses pages d’aide pour le gaming sur Windows 11.
La nouvelle directive est simple. 16 Go restent la base théorique pour jouer. Mais 32 Go, c’est désormais le palier que Microsoft baptise « no worries », autrement dit le seuil où l’on cesse de surveiller le gestionnaire des tâches.

Sur Steam, le mouvement est déjà bien engagé, dans les deux sens : 40,97 % des joueurs sont à 16 Go, 36,62 % à 32 Go d’après l’enquête matérielle de mars 2026, et 16 Go vient même de repasser devant après une chute brutale du 32 Go, signe que beaucoup ont préféré attendre.
Dans la même note, Microsoft rappelle aussi qu’un SSD est désormais incontournable pour le système et les jeux, le disque dur étant relégué au stockage froid. Une évidence, dix ans en retard.
Ce qui change vraiment, et le piège qu’on ne voit pas
Sur le papier, rien de neuf : les bricoleurs PC répètent depuis des années que 32 Go, c’est confortable. Ce qui est nouveau, c’est que Microsoft l’écrit officiellement, sur une page qui sert d’argument de vente aux fabricants de Copilot+ PC.
Concrètement, le bénéfice se voit surtout sur les fréquences d’images minimales. Quand la RAM sature, le système écrit sur le SSD pour décharger la mémoire, et c’est là que naissent les micro-saccades qui pourrissent une partie de Cyberpunk 2077 ou de Microsoft Flight Simulator 2024, jeu qui réclame d’ailleurs 64 Go en configuration idéale. Le souci, c’est que la recommandation tombe au pire moment.
Les prix de la DDR5 ont littéralement déraillé depuis l’automne 2025. Selon TrendForce, un kit 32 Go vendu autour de 119 € en octobre est passé à près de 439 € en mars 2026, soit une hausse de 269 %.
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En France, la moyenne des kits 32 Go DDR5-6000 est restée plantée au-dessus de 400 € pendant tout le premier trimestre, avec des pointes à 500 €.
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La cause est connue : Samsung, SK Hynix et Micron, qui contrôlent à eux trois la quasi-totalité de la DRAM mondiale, ont massivement basculé leurs lignes vers la HBM, la mémoire des serveurs IA, beaucoup plus rentable. Microsoft pousse au 32 Go, et l’IA aspire la matière première au passage.
Pour qui c’est utile, pour qui c’est du gaspillage
Si on monte une nouvelle config PC en 2026 et que le budget tient, viser 32 Go reste le bon choix. Pour quelqu’un qui stream, qui enregistre, qui garde Discord et quelques onglets ouverts en jouant à un AAA récent, le passage de 16 à 32 Go se sent vraiment, surtout sur la stabilité du framerate.
À l’inverse, si on lance un jeu, on ferme tout le reste, et on tourne en 1080p sur des titres déjà sortis, 16 Go font encore parfaitement le boulot. Microsoft le reconnaît d’ailleurs sans détour.
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Le vrai piège est ailleurs : sur les ultraportables où la RAM est soudée à la carte mère, l’upgrade ultérieur est impossible. Là, on vous conseille d’aller vers 32 Go, surtout si on espère faire tenir la machine quelques années.
Microsoft a raison sur le fond et nous le dit avec dix ans de retard, à un moment où la RAM coûte le prix d’un GPU milieu de gamme.
Le « no worries » a un prix d’entrée à 400 €, et personne ne sait quand il redescendra : les analystes ne tablent pas sur une vraie détente avant 2027.
En attendant, la meilleure stratégie reste la plus banale : si on n’a pas un besoin urgent, on attend. Si on doit acheter maintenant, on achète maintenant.
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