J’ai cherché l’équivalent PC du MacBook Pro : deux mois avec l’Asus ProArt P16 et sa RTX 5090

PC portables • 2024

Le duel est un peu injuste, mais instructif. D'un côté, mon fidèle MacBook Pro 14 M4 Pro, champion de l'efficacité. De l'autre, le monstre d'Asus : le ProArt P16 avec sa RTX 5090 et un écran OLED Tandem mat inédit. J'ai passé deux mois avec le challenger. Voici pourquoi il m'a fait douter, sans totalement me convertir.
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Au quotidien, ma machine est un MacBook Pro 14 (2024) avec la puce M4 Pro. C’est le compromis parfait : compact, froid, et assez puissant pour tout faire sans broncher. Alors, oui, il n’est pas parfait. Je suis obligé de jongler avec une seconde machine pour jouer à mes jeux PC, surtout quand ils sont absents de GeForce Now ou quand je n’ai pas les bonnes conditions pour jouer.

Alors quand Asus m’a envoyé le ProArt P16 (2025), j’ai d’abord hésité. Un 16 pouces ? Une RTX 5090 ? C’est un autre monde. On quitte l’efficacité ARM pour la brutalité du x86 et du GPU dédié.

Mais après deux mois d’utilisation intensive, ce n’est pas la puissance brute qui m’a le plus marqué. C’est la tentative d’Asus de gommer, un par un, les défauts historiques des PC portables face à Apple.

Dès la sortie de boîte, le message est clair : c’est du sérieux. Asus a appliqué son revêtement « Nano Black » sur un châssis en alliage d’aluminium. Visuellement, c’est superbe, très furtif. Au toucher, c’est soyeux, mais attention : la promesse « anti-traces de doigts » est à prendre avec des pincettes. C’est mieux qu’un Razer Blade, mais au bout d’une semaine, vous verrez les zones de paume.

L’écran OLED mat : la vraie révolution est là

Oubliez la carte graphique deux minutes. La star, c’est l’écran. Asus a intégré une dalle OLED Tandem 4K tactile de 16 pouces. C’est déjà impressionnant. Et contrairement à l’OLED classique (une seule couche organique), le Tandem empile deux couches pour augmenter la luminosité et la durée de vie (ce qui réduit au passage le risque de burn-in). De plus, ils ont appliqué un traitement anti-reflet remarquable.

Si vous avez déjà utilisé un écran OLED classique, vous connaissez le problème : c’est un miroir. Travailler près d’une fenêtre est un enfer. Ici ? C’est fini. Les noirs restent profonds, la luminosité grimpe à 1 600 nits en pic, mais les reflets sont maîtrisés. C’est visuellement plus confortable que l’écran de mon MacBook Pro 14. Même si j’apprécie vraiment le Mini LED au quotidien. Mais l’OLED, pour de l’étalonnage, de la retouche photo, regarder des films ou jouer, c’est un confort absolu. C’est, à ce jour, le meilleur écran de laptop que j’ai testé.

Le format 16 pouces offre un confort que mon 14 pouces ne pourra jamais rattraper. Avec plusieurs fenêtres affichées, c’est le jour et la nuit. C’est un luxe dont on a du mal à se passer, surtout en déplacement.

C’est d’ailleurs mon éternel dilemme, quelle que soit la machine. Le 14 pouces, c’est le champion de la mobilité, le truc qu’on oublie dans son sac. Le 16 pouces, lui, c’est le roi de la productivité portative.

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La solution ? Ce serait sans doute l’écran pliable. Sur le papier, c’est le compromis parfait entre encombrement et surface d’affichage. Mais bon, pour l’instant, la technologie se traîne encore de sacrés défauts et des compromis qu’il faut accepter de payer au prix fort.

M4 Pro vs RTX 5090 : le choc des philosophies

Comparons ce qui est comparable. Mon M4 Pro est une puce d’efficience. La RTX 5090 (version laptop évidemment) du ProArt (même bridée à 130W pour le châssis) est une brute. Sur les tâches optimisées CUDA ou les rendus 3D lourds, le ProArt P16 s’envole. C’est mécanique. Mais Asus a dû limiter le TGP (Total Graphics Power) à 130W (contre 175W sur des gros PC gamers type ROG Strix).

Est-ce grave ? Oui et non. Pour le jeu pur, vous perdez 10-15% de perfs par rapport à un gros « transportable ».

Le support du DLSS et la puissance brute du GPU Nvidia permettent de jouer à des titres AAA le soir ou de faire du rendu Blender à des vitesses que mon Mac regarde de loin.

Mais il y a une contrepartie physique inévitable. Mon MacBook Pro 14 est silencieux. Tout le temps. Le ProArt P16 ? Il souffle. Asus a fait un excellent travail avec la chambre à vapeur, le bruit est sourd, pas aigu, mais il est présent. Dès que vous sollicitez la 5090, vous savez qu’elle est là. Le châssis chauffe, le clavier devient tiède. C’est le prix de la performance dans 1,49 cm d’épaisseur. Cette puissance a un coût thermodynamique. Asus a intégré un système de refroidissement à trois ventilateurs et du métal liquide.

L’autonomie suit la même logique. En bureautique, le ProArt tient ses 7-8 heures, ce qui est honorable pour un PC Windows. Mais mon Mac M4 Pro ? Il tient la journée, point. Et surtout, il ne perd pas 50 % de ses performances dès qu’on le débranche. Le ProArt, lui, a besoin de sa brique (propriétaire, hélas) pour donner sa pleine puissance.

Ergonomie : Asus soigne les détails

Venant d’un format 14 pouces, j’avais peur de l’encombrement. Mais le ProArt P16 est dense et compact pour un 16 pouces. La connectique est un bonheur :

  • Port SD Express 7.0
  • HDMI 2.1
  • USB-A et USB-C

Plus besoin de dongles. C’est libérateur. Côté USB-C, vous avez droit à un port USB4 à 40 Gb/s complet (affichage et charge) : en clair, c’est du Thunderbolt qui ne dit pas son nom, architecture AMD oblige, mais les débits sont bien là.

Le clavier est excellent. Une course de 1,7 mm, franche, avec un rebond satisfaisant. Pour de la rédaction longue, je le préfère même à celui du Mac, trop sec à mon goût.

En revanche, je reste mitigé sur le trackpad. Il est bon pour du Windows, mais le clic mécanique et l’intégration du DialPad (cette molette virtuelle) me laissent froid. J’ai fini par désactiver le DialPad qui s’activait parfois par erreur. On est encore loin de la perfection haptique d’Apple.

Un mot sur Story Cube et l’IA : Asus pousse fort ses outils logiciels. Le tri automatique des médias fonctionne bien, et pour une fois, ce n’est pas juste du marketing. Si vous gérez des To de rushes, ça fait gagner du temps.

Windows 11 vs macOS : Le choc des cultures

C’est ici que l’expérience bascule. Le matériel d’Asus est au niveau d’Apple. Mais le logiciel…

Venir de macOS vers Windows 11, c’est accepter de devenir son propre administrateur système. Sur mon Mac, je ferme le capot, il dort. Je l’ouvre, il est instantanément réveillé avec 99 % de batterie.

Sur le ProArt P16, j’ai vécu deux fois le syndrome du « sac brûlant ». Le Modern Standby de Windows a décidé de réveiller la machine dans mon sac pour une mise à jour ou une notification, faisant tourner les ventilateurs à fond dans mon sac à dos. C’est inacceptable en 2025 sur une machine à 4 000 euros.

Sur Mac, que vous soyez sur batterie ou sur secteur, les performances sont quasi-identiques. Sur le ProArt, c’est binaire. Branché, c’est une fusée. Débranché, la RTX 5090 est bridée, l’écran réduit sa luminosité, et Windows devient agressif sur l’économie d’énergie. Vous n’avez pas un PC portable, vous avez un PC « transportable ».

Mais Windows a ses vertus. Windows 11 n’a pas que des défauts. Le soir, ce ProArt devient une console de luxe. Cyberpunk 2077 en Ray Tracing complet sur un écran OLED ? Le Mac ne sait pas faire ça.

La gestion des fenêtres : les Snap Layouts de Windows restent infiniment supérieurs à la gestion des fenêtres calamiteuse de macOS. Même si macOS Tahoe s’est amélioré sur ce point, on est quand même souvent obligé de passer par une app tierce pour gérer finement ça.

Une petite subtilité logicielle à ne pas négliger : Nvidia propose deux types de pilotes pour sa carte graphique, et le choix est important. Via l’application Nvidia, vous pouvez basculer entre les pilotes Game Ready et les pilotes Studio. Les premiers sont mis à jour frénétiquement pour optimiser les derniers jeux le jour de leur sortie. Les seconds, les pilotes Studio, sacrifient cette réactivité pour garantir une stabilité absolue sur les logiciels créatifs (Adobe, DaVinci, Blender).

L’excellence sous conditions

Le Asus ProArt P16 est vraiment une machine incroyable. L’intégration de la RTX 5090 et surtout cet écran OLED mat en font un PC portable très impressionnant. Asus a corrigé l’essentiel : la finition est top, la connectique est exemplaire (SD Express 7.0, USB4), et l’écran est une merveille absolue.

Mais il ne peut pas lutter contre sa propre nature. Face à mon MacBook Pro 14 M4 Pro, il perd sur le silence, la constance des performances sur batterie et la qualité du trackpad.

Terminons par deux avertissements qui s’imposent.

D’abord, le prix. À sa sortie, le modèle haut de gamme frôle les 4 000 €. C’est indécent. Règle d’or avec les PC portables haut de gamme (hors Apple) : n’achetez jamais au lancement. La décote est mécanique et violente. Dans 4 à 6 mois, ce même PC aura probablement perdu 20 à 40 % de sa valeur lors d’une promo, le Black Friday ou des French Days. Si vous n’êtes pas pressé, attendez.

Ensuite, méfiez-vous des références. Ils s’appellent tous « ProArt P16 H7606 ». Mais sous ce nom de code se cachent des machines radicalement différentes.

  • Le H7606WI embarque la toute nouvelle RTX 5090 ou 5070.
  • Le H7606WU se traîne une « vieille » RTX 4050.

Visuellement ? C’est le même châssis. À l’usage ? C’est le jour et la nuit. Ne vous fiez pas juste à l’étiquette « ProArt P16 ». Vérifiez obsessionnellement le numéro de modèle et la carte graphique exacte. Payer le prix fort pour se retrouver avec une RTX 4050 parce qu’on a mal lu la fiche technique, c’est la double peine.

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