Test du DJI Mini 4 Pro : image au top et pilotage pour tous

Drones • 2023

Successeur du Mini 3 Pro, le DJI Mini 4 Pro semble voué à connaître un large succès auprès des fans de photo ou de vidéo aériennes. Doté d’un capteur CMOS empilé et d’un nouveau processeur d'image, il offre une qualité identique au DJI Air 3 et hérite de capteurs supplémentaires pour détecter les obstacles de tous côtés, ainsi que de la dernière technologie de transmission OccuSync 4. Difficile ne pas trouver l’animal séduisant.

Test DJI Mini 4 Pro
 

Deux ans après le lancement du Mini 3 Pro, DJI en propose la mise à jour avec le Mini 4 Pro. Pas de changements fondamentaux au niveau mécanique, le châssis est reconduit, mais le constructeur propose de multiples améliorations au niveau de la qualité d’image — tout à fait surprenante — et du pilotage, avec une détection des obstacles de tous côtés et la transmission radio en 1080p à 60 images /sec jusqu’à 20 km.

DJI Mini 4 Pro Fiche technique

Le drone testé a été prêté par le constructeur.

249 g = pilotage pour tous

Avant d’entamer ce test, un petit rappel des avantages et inconvénients de la gamme Mini de DJI. En premier lieu, le poids des drones Mini, inférieur à 250 grammes, ouvre leur utilisation à tous, sans besoin de passer un test d’aptitude sur le site de l’aviation civile, comme c’est le cas avec les drones des séries Air et Mavic. Autre atout, le Mini 4 Pro peut voler au-dessus du public, grâce à sa certification C0, ce qui n’est pas possible avec les drones Air ou Mavic. Si le bruit de fonctionnement vous importe, sachez que les Mini ont une signature plus discrète et moins rauque ; on vole ainsi plus discrètement et sans effrayer les animaux sauvages. Le gabarit de l’appareil enfin, ultra-compact, incite à l’emmener très souvent avec soi. De là à dire que le meilleur drone est celui qu’on emmène avec soi, il n’y a qu’un pas.

Test DJI Mini 4 Pro
Le DJI Mini 4 Pro est équipé d’un objectif d’équivalence 24 mm avec ouverture f/2.7 // Source : Tristan Jacquel

Quelques bémols toutefois, directement liés au poids et au gabarit, lorsque le vent forcit un peu trop. La légèreté des DJI Mini les expose davantage aux affres du vent et le Mini 4 Pro n’est pas le drone idéal en haute montage ou en bord de mer — lorsque le vent souffle fort — car son autonomie fond rapidement. Pour cela, les modèles Air 3 ou Mavic 3 (Classic/Pro) sont bien mieux lotis.

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Le Mini 4 Pro possède une LED ventrale pour les atterrissages lorsqu’il fait sombre // Source : Tristan Jacquel pour Frandroid

Autre conséquence du poids plume de l’appareil, il faut se contenter d’un seul objectif (grand-angle de 24 mm) et d’une autonomie de 30 minutes au maximum, soit 50 % de moins que les drones DJI Air 3 ou Mavic 3.

Mini ou Mini Pro ?

Si pour vous lancer dans la photo ou la vidéo aérienne, vous lorgnez du côté des DJI Mini 2SE et Mini 3, en raison de leur tarif séduisant, sachez que l’écart de prix avec les modèles Mini Pro se justifie sans mal. Avec le DJI Mini 4 Pro, vous accéderez à une qualité d’image premium, grâce au capteur et au processeur vidéo de qualité supérieure. Nous y reviendrons, mais l’enregistrement vidéo au format D-LOG M 10 bits, indisponible sur les DJI Mini offre au Mini 4 Pro une colorimétrie un cran au-dessus.

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Délicat reflet du ciel dans l’eau (RAW, 48 MP) // Source : Tristan Jacquel pour Frandroid

En outre, les modèles Pro disposent de fonctions avancées exclusives, telles que le suivi (tracking) de sujet, les vidéos hyperlapses (vidéos à base de photos à intervalles) ou la programmation du trajet du drone pour répliquer les prises en vue à différents moments de la journée (ou pourquoi pas de l’année). Bref, on fait plus de choses avec les DJI Mini Pro, les risques de collision sont réduits et les images sont plus belles.

Mini 4 Pro vs Mini 3 Pro

Le DJI Mini 4 Pro hérite du même capteur CMOS empilé que le Mini 3 Pro, mais il est désormais associé un processeur vidéo de nouvelle génération, qui en tire vraiment toute la quintessence.

Plus de détails dans les basses lumières et une cadence d’image plus élevée pour les ralentis (4K100 et 1080p200). La détection d’obstacles devient omnidirectionnelle et la transmission radio est améliorée (OccuSync 4 vs 3) avec une qualité 1080p60. Le DJI Mini 4 Pro reçoit la certification C0, ce qui le met en conformité avec la nouvelle législation française entrant en vigueur en 2024.

DJI Mini 4 Pro Mini mais robuste

Le DJI Mini 4 Pro a des allures de jouet et son poids plume renforce cette impression. Pour autant, le drone est réalisé avec soin et il est solide. Plié, il mesure 148×94×64 mm et 298×373×101 mm en configuration de vol.

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Une fois plié, le Mini 4 Pro est vraiment tout petit // Source : Tristan Jacquel pour Frandroid

Six objectifs de détection d’obstacles sont installés sur sa coque, deux à l’avant, deux sur le dos, inclinés vers l’arrière et deux sur le ventre. On remarque derrière la nacelle des stries permettant de faire rentrer l’air dans le châssis et deux bouches de sortie sur la queue de l’appareil. Il faut dire que le Mini 4 Pro chauffe beaucoup lorsqu’il est sous tension et ne vole pas, et que — poids oblige — il est dépourvu de ventilateur.

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La coque protège-nacelle est facile à mettre en place // Source : Tristan Jacquel pour Frandroid

Au moment de mettre à jour son firmware, une alerte de surchauffe s’est affichée sur la télécommande, accompagnée d’un basculement en mode éco. En vol, aucun problème, le drone est parfaitement refroidi, même après avoir volé en plein soleil par plus de 30 °C. Notez que le DJI Mini 4 Pro n’a pas de certification IP et qu’il n’est pas censé voler sous la pluie.

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La batterie du DJI Mini 4 Pro // Source : Tristan Jacquel pour Frandroid

Si telle est votre intention, sachez que certaines entreprises se sont fait une spécialité de concevoir des habits de pluie (Wet Suit) pour les drones DJI. Un dernier mot sur la coque de protection de la nacelle : elle est très facile à ôter et mettre en place.

DJI Mini 4 Pro Qualité d’image améliorée

Si l’objectif grand-angle d’équivalence 24 mm à ouverture f/1.7 et le capteur CMOS 1/1,3’’ ont été reconduits, le processeur de traitement d’image a lui changé. Un petit mot sur ce capteur qui suscite des réserves depuis son introduction sur le Mini 3, puis le Mavic 3 Pro (70 mm) et enfin le Air 3 (24/70 mm), en raison de sa petite taille. C’est un mauvais procès et une méconnaissance du fonctionnement des capteurs, les plus grands n’étant pas nécessairement les meilleurs.

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La rade de Saint-Nazaire (RAW, 48 MP) // Source : Tristan Jacquel pour Frandroid

J’ai emmené mon Canon 6D Mark II (capteur plein format) à l’occasion de mes sorties avec le DJI Mini 4 Pro et les images produites par le drone offrent une plus grande dynamique. Il faut savoir que le capteur de 1/1,3 pouce est un modèle empilé, capable de capturer plus de lumière qu’un capteur classique de plus grande taille et cela change bien des choses. En outre, il dispose d’un double circuit ISO, l’un optimisé pour les scènes claires et l’autre pour les sombres, sans oublier qu’il effectue du « pixel binning » et associe donc 4 photosites pour créer un pixel et en conséquence des images plus nuancées. En mode photo, le Mini 4 Pro produit des images de 12 MP (ou 48 MP sans pixel binning) et des vidéos jusqu’au format 4 K. L’enregistrement s’effectue en mode JPEG ou RAW pour les photos et 8 bits ou 10 bits (D-LOG M) pour les vidéos.

Ce qui différencie le DJI Mini 4 Pro du Mini 3 Pro, c’est l’ISP (Image Signal Processor) emprunté au DJI Air 3. Ce processeur d’image joue un rôle clé dans le traitement des données brutes du capteur CMOS pour produire des images de haute qualité. Et clairement, celles du Mini 4 Pro sont meilleures et rivalisent avec celles du Air 3.

Ultra grand-angle et filtres ND optionnels

Ce qui fait défaut au DJI Mini 4 Pro, comme à tous les drones hors gamme premium Mavic, c’est la présence d’un diaphragme fixe dans son objectif, qui ne peut donc réguler la quantité de lumière entrante et engendre de hautes vitesses d’obturation (et des images ultra-nettes). Impossible donc d’abaisser la vitesse d’obturation pour obtenir des vidéos avec un léger flou de mouvement, façon cinéma. DJI propose toutefois une parade, avec un jeu de trois filtres optionnels à densité neutre (ND16/64/256).

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La lentille grand-angle et les filtres ND, disponibles en option // Source : Tristan Jacquel pour Frandroid

Ils réduisent la quantité de lumière entrante et contraignent le capteur à abaisser sa vitesse de lecture/obturation. Autre accessoire en option, un objectif ultra grand-angle pour remplacer le 24 mm, qui ne présente guère d’intérêt en photo tant il déforme les bords de l’image, mais peut s’avérer utile en vidéo pour donner une sensation de vitesse et d’immersion. Attention, il pique moins que le 24 mm.

DJI Mini 4 Pro Discret et maniable

Le Mini 4 Pro est compatible avec deux télécommandes, la DJI RC-N2 à laquelle on fixe son smartphone, ainsi que la DJI RC2 avec écran LCD intégré de 5,5 pouces. Le confort d’utilisation de la RC-N2 dépend des performances du smartphone qui lui est associé, notamment sa luminosité maximale et — surtout — sa capacité à la maintenir en plein soleil. Bien des modèles réduisent automatiquement la luminosité en cas de surchauffe et le risque est alors de ne plus y voir grand-chose. À cet égard la RC2 est un choix judicieux, car son écran LCD maintient sa luminosité en toutes circonstances, même si ses 700 nits sont parfois un peu justes pour apprécier la colorimétrie des images (mais pas pour piloter sereinement).

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La télécommande RC2 et l’app DJI Fly // Source : Tristan Jacquel pour Frandroid

Autre atout de cette télécommande, on peut toucher son écran des pouces sans changer de position de mains, ce qui n’est pas le cas avec la RC-N2. La disposition des joysticks, roues et boutons est bien pensée et l’on se familiarise vite avec la RC2. Elle dispose d’une mémoire interne de 32 Go, partagée avec le système d’exploitation, ainsi que d’un emplacement pour carte microSD. L’intérêt de ce stockage est d’y télécharger les photos et vidéos depuis le drone, pour les visualiser, ainsi que d’enregistrer éventuellement les vidéos de contrôle des vols.

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Déclencheurs photo/vidéo, roues d’inclinaison de nacelle et boutons de raccourcis sont faciles d’accès // Source : Tristan Jacquel pour Frandroid

Que ce soit avec la télécommande RC-N2 ou la RC2, c’est l’application DJI Fly qui contrôle le drone. Elle intègre une cartographie internationale avec les zones de restriction de vol (altitudes, interdictions…) et des recommandations d’endroits à filmer (module Fly Spots).

Temps avant décollage

Que l’on choisisse d’utiliser le DJI Mini 4 Pro avec la télécommande RC-N2 ou RC2, il faut tabler sur une petite minute pour sortir drone et télécommande de leur fourre-tout et les mettre sous tension, la télécommande RC2 nécessitant précisément 25 secondes pour démarrer. Bien que le décollage soit alors possible, il est préférable d’attendre que le drone se synchronise avec plusieurs satellites pour récupérer ses coordonnées GPS précises.

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Si on attend le fix GPS complet, le drone revient à son point de départ avec précision // Source : Tristan Jacquel pour Frandroid

Ainsi, il pourra revenir automatiquement à son point de départ en cas de perte de connexion avec la télécommande. Selon l’endroit, le fix GPS prend de 10 à 30 secondes. En somme, comptez 1 min 30 s avant de pouvoir voler sereinement.

Niveau de bruit

L’un des atouts du DJI Mini 4 Pro, c’est son niveau de bruit en vol, inférieur aux drones de grand gabarit. Bien que DJI ne communique pas de valeur en décibels, le Mini 4 Pro est clairement en dessous des 81 dB du Air 3 et ses plus petites hélices produisent un son plus doux. Pour l’avoir piloté au calme au lever du soleil en bord de rivière, son bruit est peu gênant et on ne l’entend quasiment plus dès qu’il s’élève au-delà de 30 mètres d’altitude. Ce drone n’affole pas non plus les animaux lorsqu’il s’en approche.

Distance de contrôle

Le Mini 4 Pro hérite de la technologie de transmission OccuSync 4 (O4), tandis que le Mini 3 Pro se contente de l’O3. C’est donc le second drone — avec l’Air 3 — à disposer de cette technologie radio améliorée à trois bandes de fréquences. En théorie, la distance maximale de vol est de 18 km, mais le Mini 4 Pro ne possède pas l’autonomie suffisante pour parcourir et revenir d’une telle distance.

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Le DJI Mini 4 Pro et son objectif optionnel ultra grand-angle // Source : Tristan Jacquel pour Frandroid

De toute façon, la législation française oblige à garder son drone en vol à portée de vue, ce qui interdit théoriquement d’envoyer le Mini 4 Pro loin de soi. Ma vue de lynx m’a permis d’envoyer le drone à près de 3 km de son point de départ, lorsqu’aucun obstacle ne s’interposait et le signal radio était toujours excellent. Dans le cas contraire, la connexion peut se rompre à quelques centaines de mètres seulement et le Mini 4 Pro rentre alors tranquillement vers son point de décollage. La connexion se rétablit pendant le vol retour, laissant la possibilité de reprendre la main. Autre nouveauté, le mode RTH (return to home) s’accompagne désormais d’une animation en réalité augmentée, avec une incrustation de l’itinéraire de retour et du point d’atterrissage dans l’image.

Vitesse et résistance au vent

Pour la gamme de drones DJI Mini, le vent est un peu le nerf de la guerre. Le problème n’est pas tant la résistance qui pointe à 38 km/h (contre 42 km/h aux Air 3 et Mavic 3), ni la stabilité de la nacelle quand le drone est secoué — elle est parfaite — mais la puissance des moteurs du Mini 4 Pro. Ses performances sont identiques à celles du Mini 3 Pro et il est ainsi fréquent que le drone ne puisse atteindre sa vitesse de pointe (42 km/h en mode N ou 57 km/h en mode Sport). Dans la rade de Saint-Nazaire, il n’a pas été capable de dépasser un paquebot, à cause du vent qui limitait sa vitesse à 23 km/h, malgré le mode Sport enclenché.

L’Air 3 aurait poussé une pointe à 70 km/h et j’aurais pu le placer entre le soleil et le navire pour faire de plus belles images. Malgré tout, le Mini 4 Pro est rapide, réactif et sa nacelle incroyablement stable en toutes circonstances, même au bord de l’Atlantique. Quant aux vitesses d’ascension et de descente, elles peuvent atteindre 18 km/h.

Évitement d’obstacles

Bonne nouvelle, DJI a revu le positionnement des capteurs optiques sur le Mini 4 Pro, qui peut désormais détecter des obstacles de tous côtés (le Mini 3 Pro ne surveillait pas au-dessus de lui). Même si la législation oblige à garder un œil sur son drone, les alertes sur la télécommande sont pratiques pour détecter la présence d’oiseaux ou d’obstacles que l’on ne verrait pas de loin. Cette détection d’obstacles est encore plus précieuse en mode tracking, lorsque le drone suit un sujet automatiquement. Il se déroute alors pour éviter tout obstacle (sauf les fils électriques). Notez que la détection d’obstacles ne fonctionne pas en mode Sport, ni après le coucher du soleil.

Une nacelle avec mode portrait

À l’instar du Mini 3 Pro, le DJI Mini 4 Pro est équipé d’une nacelle capable de filmer de -90° à +60°. Elle peut aussi pivoter instantanément du mode paysage au mode portrait. On peut alors filmer ou photographier verticalement sans aucun recadrage, en utilisant donc les 48 MP du capteur.

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Photo en mode portrait (RAW, 48 MP) // Source : Tristan Jacquel pour Frandroid

Si vous envisagez l’achat d’un drone pour poster des vidéos et photos sur Instagram ou Tiktok, ce vrai mode vertical peut être un atout.

DJI Mini 4 Pro Attention au vent

DJI annonce 34 minutes de vol au maximum, mais dans des conditions de faible vent et à vitesse moyenne et constante. En pratique, l’autonomie réelle du DJI Mini 4 Pro varie beaucoup selon la force du vent. C’est une différence importance avec les modèles Air 3 ou Mavic 3, plus lourds et puissants, par conséquent bien moins impactés par le vent de face. En volant des marais de Guérande à l’océan, le Mini 4 Pro a épuisé sa batterie en 15 minutes seulement, m’obligeant à le faire revenir pour la remplacer. Au-dessus du vignoble nantais, avec des conditions de vent plus paisibles, j’ai pu compter sur 25 minutes de vol environ.

C’est la contrepartie des 249 grammes de l’appareil, qui obligent à utiliser des batteries de capacité volontairement limitée. D’ailleurs, DJI propose une batterie optionnelle de plus grosse capacité, qui augmente l’autonomie de 11 minutes, avec 45 minutes de vol (sans vent et en filmant en 1080/24p). Mais attention, le drone frôle alors les 300 grammes, nécessitant un certificat d’aptitude au pilotage et doit être utilisé plus loin du public.

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Le Mini 4 Pro dans la sacoche du pack Fly More // Source : Tristan Jacquel pour Frandroid

Dans ces conditions, on ne peut que chaudement recommander l’acquisition du pack Fly More, qui comprend deux batteries supplémentaires, un dock de charge 30 W, des hélices supplémentaires et une sacoche de transport bien pratique.

DJI Mini 4 Pro Vidéo

Grâce à son nouveau processeur d’image, le DJI Mini 4 Pro produit des vidéos d’une qualité similaire à celles du Air 3, aux ombres jamais bouchées et avec des ciels lumineux et sous contrôle. Trois formats d’enregistrement sont proposés, Normal, HLG et D-LOG M, disponibles dans toutes les résolutions et cadences d’image, soit 1080 p, 2,7 K et 4K, de 24 p à 60 p — ainsi que les modes de ralentis 1080p200p et 4K100p. Le mode normal possède une colorimétrie classique sur 8 bits (Rec.709), le mode HLG (HDR) sur 10 bits (BT.2020) et le mode D-LOG M sur 10 bits également (Rec.709). Le mode Normal est recommandé pour les débutants, tandis que les deux autres modes satisferont les utilisateurs plus exigeants, avec leur dynamique élargie.

Attention toutefois au format HLG qui oblige à disposer d’un écran ou téléviseur compatible pour s’afficher correctement. Si vous recherchez une image plus riche et visionnable sur n’importe quel écran (smartphone, TV, ordinateur…), c’est le mode D-LOG M qu’il faut choisir. Ce dernier produit des vidéos volontairement délavées (flat) propices à des retouches de couleurs avancées, au moyen d’un logiciel de montage vidéo. Si vous ne souhaitez pas mettre les mains dans le cambouis, il suffit d’appliquer une LUT (Look Up Table) pour balancer automatiquement les couleurs des vidéos D-LOG M. À l’heure d’écrire ces lignes, le fichier LUT n’est pas encore disponible sur le site du fabricant, mais celui dédié au DJI Air 3 convient parfaitement. Toutes les vidéos de ce test sont d’ailleurs « LUTées » avec ce fichier.

Le DJI Mini 4 Pro peut enregistrer en H264 ou H265 et sélectionne automatiquement le débit de données, qui varie selon la résolution et la cadence d’images, jusqu’à 150 Mbps. La qualité d’encodage est irréprochable.

Montage facilité

Si le montage vidéo vous effraie, sachez que DJI recommande officiellement l’application Light Cut, disponible pour iOS et Android. Celle-ci turbine à l’IA et peut effectuer comme une grande le montage vidéo d’une ou plusieurs séquences. L’app peut analyser en Wi-Fi les vidéos du drone, puis n’importer que les portions utiles au montage. Light Cut propose tout un tas de préréglages pour créer des vidéos aux ambiances diverses et variées, avec des musiques libres de droits ou bien importées depuis votre smartphone.

De nombreux filtres sont proposés (des dizaines de LUT) et la colorimétrie des vidéos en D-LOG M est automatiquement ajustée. Les résultats sont souvent bluffants et permettent d’alimenter facilement un compte Instagram ou Tiktok au quotidien pendant un voyage. Les vidéos automatiquement créées ne durent que 30 à 40 secondes, mais un montage manuel de la durée de son choix est également possible.

Tracking, Mastershots et Waypoints

Pour sélectionner un sujet sur lequel focaliser le drone, un glissement de doigt sur l’écran suffit. S’affiche alors le menu Focus/Tracking/POI qui permet respectivement de centrer le sujet à l’image — quels que soient les mouvements du drone — de suivre automatiquement le sujet en mouvement, et de tourner autour de celui-ci à une vitesse définie par l’utilisateur. Le tracking fonctionne à 360° et il suffit d’indiquer de quel côté suivre le sujet, avec désormais deux niveaux de distance et la possibilité de programmer plusieurs changements successifs de perspective. Si vous débutez en vidéo aérienne, l’app DJI Fly propose des mouvements de caméra automatisés autour du sujet. Le mode Mastershots quant à lui, réalise successivement une demi-douzaine de figures, qu’il est possible de choisir également individuellement dans le menu vidéo.

L’itinéraire du DJI Mini 4 Pro peut être programmé avec des balises multiples (Waypoints) afin de reproduire automatiquement un vol. Cela peut être pratique pour filmer un même paysage à différents instants de la journée ou de l’année. Les waypoints sont également utiles pour réaliser des vidéos hyperlapses (nous y reviendrons).

DJI Mini 4 Pro Photo

Le DJI Mini 4 Pro est aussi doué pour la photographie que l’est son grand frère le DJI Air 3. Avec le même bloc optique principal et le même capteur, il capture des images d’une précision et d’une richesse considérables. Pour faire de belles photos, mieux vaut privilégier le mode RAW au détriment du JPEG, qui pâtit d’une colorimétrie limitée et d’artéfacts de netteté. De fait, il faut utiliser une application pour effectuer la conversion RAW vers JPEG, mais le jeu en vaut la chandelle.

12 MP ou 48 MP ?

Le capteur fonctionnant en mode pixel binning, les meilleures images sont théoriquement obtenues en mode 12 MP, la plage dynamique du capteur étant optimale dans ce mode. L’idéal est d’ailleurs d’imposer au Mini 4 Pro sa plus faible valeur ISO (100) pour tous les clichés où la vitesse d’obturation n’a pas d’importance (aucun sujet proche en mouvement).

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Photo prise avec le DJI Mini 4 Pro (RAW, 48 MP) // Source : Tristan Jacquel pour Frandroid

Pour autant, je n’ai pas observé de différences flagrantes la journée entre les photos de 12 et 48 MP. Pour capter un maximum d’informations, j’ai choisi de toujours shooter en 48 MP RAW, de débruiter les quelques aberrations chromatiques sous Lightroom et de générer des JPEG de 24 MP par économie de place. Toutes les photos de cet article sont prises de cette façon.

Bracketing, hyperlapse et panorama

Sensibilité ISO, vitesse d’obturation, température de couleurs et ajustement d’exposition par tiers d’EV sont les principaux réglages proposés par le DJI Mini 4 Pro, en photo comme en vidéo. En mode photo, le bracketing d’exposition est proposé avec écarts de 0,7 EV sur 3 (12/48 MP), 5 ou 7 clichés (12 MP uniquement).

Le bracketing peut être pratique pour gérer des expositions complexes, comme paysage en fin de journée, face au soleil. Cependant, il faut utiliser une application tierce pour combiner les différents fichiers RAW obtenus (Lightroom Classic, Capture One, Affinity Photo 2, etc.) et produire une image HDR. Les vitesses d’exposition disponibles vont de 1/16000 à 8 secondes et des intervalles peuvent être programmés de 2 à 60 secondes.

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Face au soleil, le Mini 4 Pro s’en sort très bien (RAW, 48 MP, sans bracketing) // Source : Tristan Jacquel pour Frandroid

Le DJI Mini 4 Pro peut réaliser automatiquement des vidéos hyperlapses à partir de photos prises à intervalles réguliers. La possibilité de programmer l’itinéraire de vol du drone (waypoints) est à ce propos bien pratique, pour reproduire éventuellement la séquence de photos à différents moments de la journée. Mieux, lorsque vous définissez l’itinéraire de vol du drone pendant lequel les clichés seront pris, l’app DJI Fly prévient si les changements d’angles sont excessifs et risquent d’être peu plaisants à visionner ensuite. La vidéo est automatiquement créée par le drone, bien que,là encore le traitement des fichiers RAW générés, puis la création manuelle de la vidéo hyperlapse (avec un logiciel de montage vidéo), donne de plus beaux résultats.

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Photo panoramique en mode sphère (360°) du DJI Mini 4 Pro // Source : Tristan Jacquel pour Frandroid

Dernier mode photo bien sympathique, l’outil Panorama crée automatiquement des photos à 180° ou 360° (sphères). Contrairement aux photos instantanées, le JPEG généré est de très haute qualité.

Stockage

Le DJI Mini 4 Pro dispose d’un tout petit espace de stockage de 2 Go et d’un logement pour carte microSD jusqu’à 512 Go. Le stockage interne peut dépanner si on a oublié d’installer une carte, mais avec un débit vidéo qui pleut flirter avec le Go par minute, il sera vite saturé. Pour enregistrer une heure de vidéo en 4K60p, vous aurez besoin d’une carte microSD de 64 Go, de préférence certifiée V30 ou plus. Lors de mon test, j’ai utilisé une carte V10 et la télécommande m’a demandé de la remplacer en raison de sa lenteur (elle a toutefois permis de réaliser les vidéos de ce test en 4K60p). Notez que les photos RAW de 48 MP pèsent chacune 98 Mo, soit environ 1 Go pour 10 photos.

DJI Mini 4 Pro Prix et disponibilité

Le DJI Mini 4 Pro est disponible avec la télécommande RC-N2 au prix de 799 € ou avec la télécommande RC2 au prix de 999 €. Le drone est également vendu avec la télécommande RC2 en pack Fly More, avec 2 batteries supplémentaires, un dock de charge 30 W, des hélices supplémentaires et un sac de rangement à bandoulière à 1129 €.

Où acheter Le
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Notre avis sur Le DJI Mini 4 Pro

Design
10
Avec ses 249 grammes, ce petit drone peut être piloté sans formation ni test de connaissances. Certifié C0, il est même autorisé à voler au-dessus du public. Sa qualité de fabrication est excellente et il est bardé de capteurs optiques pour éviter les obstacles sur son chemin.
Logiciel
10
Le DJI Mini 4 Pro n'a rien à envier aux modèles Air ou Mavic en terme de fonctionnalités. Il dispose d'une nouvelle fonction de tracking à 360°, d'évitement d'obstacles ou de programmation de vol de ces plus grands modèles et reçoit la technologie radio OccuSync 4. L'application DJI Fly est facile à appréhender et l'app de montage Light Cut facilite grandement la production de films courts pour les réseaux sociaux.
Autonomie
8
Annoncé à 31 minutes d'autonomie, le Mini 4 Pro flirte plutôt avec les 25 minutes lorsque le vent ne le gêne pas. Dans le cas contraire, il peine à atteindre sa vitesse maximale et peut décharger sa batterie en un quart d'heure. Sa résistance au vent est cependant très bonne et sa nacelle toujours stable.
Photo
9
L'objectif d'équivalence 24 mm est de bonne qualité et, couplé au capteur CMOS (empilé) de 1/1,3 pouce, produit des images riches à la plage dynamique remarquable. Grâce à un nouvel ISP (Image Signal Processor), le Mini 4 Pro fait mieux que le Mini 3 Pro.
Vidéo
9
Grâce au nouvel ISP emprunté à l'Air 3, l'enregistrement vidéo 10 bits D-LOG M gagne encore en qualité, notamment dans les zones sombres. La cadence d'image grimpe également à 100 images/sec en ralenti 4K et 200 en 1080p.
Note finale du test
9 /10
Le DJI Mini 4 Pro reprend l’essentiel des caractéristiques du Mini 3 Pro et en améliore la qualité d’image — pourtant très bonne — grâce à un nouveau processeur hérité du DJI Air 3. Ses vidéos et photos sont ainsi plus généreuses en détails dans les zones sombres et claires, ce qui devrait séduire les amateurs exigeants. Bord de mer, contre-jour, pénombre, rien ne lui fait peur. Il gagne aussi une détection omnidirectionnelle des obstacles et la technologie de transmission O4 à trois bandes de fréquences. Dans l’absolu, le DJI Mini 4 Pro est un drone très séduisant, qu’on emmène très facilement avec soi et qui génère un bruit modéré. On le dégaine ainsi facilement pour faire quelques photos ou plus longuement pour filmer autour de soi. Son unique point faible repose sur la puissance de ses moteurs et son autonomie, un peu justes lorsque le vent souffle vraiment fort. Dans ce cadre d’utilisation, il faudra s’équiper de batteries supplémentaires ou lorgner du côté du DJI Air 3.

Points positifs du DJI Mini 4 Pro

  • Tout le monde peut l'utiliser

  • Nouveau processeur et large plage dynamique

  • Meilleure image que le Mini 3 Pro

  • Vidéos D-LOG M et photos RAW riches en détails

  • Technologie de transmission OccuSync 4

  • Nouveau tracking multipoints à 360°

  • Détection omnidirectionnelle des obstacles

  • Vols programmables (avec waypoints)

  • Autonomie moyenne de 25 minutes

  • Mode retour automatique avec animation en réalité augmentée

Points négatifs du DJI Mini 4 Pro

  • Un peu lent face aux vents forts