« Une atteinte continue à la confiance des utilisateurs » : Orange, Free, SFR et Bouygues soupçonnés de ne pas en faire assez contre les appels frauduleux

 
Avec 19 000 signalements en 2025, les spams téléphoniques frauduleux sont le mal technologique du siècle. Consciente du problème, l’autorité de régulation des télécoms veut y faire quelque chose en enquêtant auprès des grands opérateurs hexagonaux.
Crédit : Frandroid

Strictement encadré par de récentes lois, le démarchage téléphonique continue pourtant de pourrir la vie de très nombreuses personnes en France. Une situation intenable pour l’autorité indépendante de régulation des télécoms qui a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative pour identifier les causes du problème.

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Pour échapper aux outils de blocage de numéro (souvent basés sur les préfixes attribués au démarchage téléphonique) de nombreuses entreprises peu scrupuleuses ont recours à des techniques d’usurpation de numéro pour se faire passer pour des appelants légitimes.

Un fléau moderne

Ces problèmes d’appropriation de numéros légitimes constituent aujourd’hui « la première cause de signalement adressé à l’Arcep ». En 2025, c’est plus de 19 000 signalements qui ont été faits auprès du gendarme des télécoms, contre 8500 l’année précédente. Une croissance spectaculaire en tout juste deux ans puisqu’en 2023 seuls 531 signalements avaient eu lieu.

Pour le gendarme des télécoms, cela crée « des situations de détresse ou d’incompréhension ». De nombreux détenteurs et détentrices de numéros légitimes « se disent contactés par des personnes qui leur reprochent de les avoir appelées, souvent pour de la prospection commerciale par téléphone, alors même qu’ils ne sont pas à l’origine de l’appel » détaille l’autorité de régulation.

Pire encore, dans certains cas les arnaqueurs se servent carrément de numéros provenant « d’une autorité publique ou d’un établissement financier » pour donner de la crédibilité à leurs démarches. Un risque déjà identifié en 2023 par un rapport de la Banque de France.

L’incroyable « agilité des fraudeurs »

Si des mesures ont déjà été  mises en place pour lutter contre ce fléau, force est de constater qu’elles n’ont pas suffit face à « l’agilité des fraudeurs pour identifier et exploiter des moyens de contournement des dispositions légales ». Depuis le 1er janvier 2026 notamment, tout numéro français appelant de l’étranger et qui n’a pas pu être identifié doit s’afficher comme étant un numéro masqué.

Pour aller plus loin
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Pour vérifier si SFR, Bouygues, Orange et Free font bien leur travail, l’Arcep a donc ouvert une enquête pour « identifier les opérateurs impliqués dans l’acheminement des appels frauduleux » et veiller au respect « des obligations qui leur incombent ». Le gendarme des télécoms a légalement toute la latitude pour aller fouiller l’ensemble des documents relatifs à ce problème, que ce soit chez les opérateurs eux-mêmes ou chez d’éventuels sous-traitants qui les aident à respecter le plan national de la numérotation.


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