20 km/h max sur les pistes cyclables : les Pays-Bas lancent un essai inédit

 
Houten et Amsterdam vont plafonner la vitesse à 20 km/h sur certaines pistes cyclables. Une première aux Pays-Bas, censée répondre à la cohabitation tendue entre vélos classiques, vélos électriques, cyclomoteurs et fatbikes.
Source : Guus Baggermans via Unsplash

C’est officiel : deux villes néerlandaises vont tester une limitation de vitesse à 20 km/h sur leurs pistes cyclables. Houten ouvre le bal le 8 juin 2026, Amsterdam suivra en septembre 2026. L’expérimentation s’inscrit dans le Plan pluriannuel de sécurité cycliste 2025-2029, un cadre national auquel plusieurs municipalités s’étaient portées volontaires.

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À Houten, la mesure s’appliquera à la Fossa Iberica, une rue étroite et très fréquentée située derrière le centre commercial Castellum. La municipalité va y poser des panneaux de signalisation et installer des caméras chargées d’enregistrer la position, la vitesse et le type d’usagers qui empruntent la voie. Concrètement, vélos classiques, vélos électriques et fatbikes devront tous rester sous la barre des 20 km/h.

Des habitants perplexes

Le ministre des Infrastructures et de la Gestion de l’eau, Vincent Karremans, justifie ce dispositif par la hausse des accidents. En 2025, 281 cyclistes ont perdu la vie sur les routes néerlandaises et près de 81 000 personnes se sont présentées aux urgences après une chute ou une collision à vélo, selon les chiffres du centre de recherche sur les blessures VeiligheidNL.

Source : Noralí Nayla via Unsplash

« Nous voulons exploiter tous les moyens qui contribuent à la sécurité routière. Si les essais menés à Houten, puis à Amsterdam, sont concluants, nous pourrons étendre ces tests à plus grande échelle », indique-t-il. Il prévient toutefois qu’aucune généralisation nationale n’est prévue dans la foulée : « La pertinence d’une telle limitation de vitesse nécessitera toujours une évaluation au cas par cas. »

Une règle sans police pour la faire respecter

Reste un point sensible du dispositif : la verbalisation. La police néerlandaise ne sanctionnera pas les contrevenants, faute d’effectifs et compte tenu d’autres priorités sur le terrain. Les caméras serviront donc à mesurer le respect de la limite, pas à dresser des amendes.

À Houten d’ailleurs, les riverains ne se font guère d’illusions. « Les jeunes à vélo, et surtout sur des fatbikes ou des cyclomoteurs, se moquent bien d’un panneau comme celui-ci », prédit un habitant cité par Algemeen Dagblad. « Si on instaure une telle interdiction, il faut la faire respecter. Sinon, ça ne sert à rien. Il suffit donc de poster des agents sur place et de leur permettre de verbaliser les contrevenants. »

À Amsterdam, l’adjointe au maire Melanie van der Horst défend le principe de l’essai. « C’est une bonne chose que l’on nous laisse la possibilité d’expérimenter. À Amsterdam, nous sommes confrontés depuis quelque temps à des problèmes de sécurité sur les pistes cyclables, dus à l’augmentation des embouteillages et au nombre croissant de véhicules électriques qui y circulent », explique-t-elle.

Elle cible en particulier les usagers les plus vulnérables, personnes âgées et adultes avec enfants, « afin qu’elles se sentent à nouveau plus en sécurité sur la piste cyclable ».


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