
Les arrêtés pour rendre le casque obligatoire au guidon d’une trottinette électrique, voire parfois d’un vélo électrique, se multiplient un peu partout en France. Dans le Nord par exemple, le port du casque deviendra obligatoire pour tous les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) à compter du 1er septembre 2026, sous peine de 135 euros d’amende. Les Hauts-de-Seine, la Seine-et-Marne, le Vaucluse qui applique 35 euros d’amende ou encore la ville de Reims ont déjà pris des mesures similaires.
Face à cette vague de décrets municipaux, le gouvernement souhaite plutôt harmoniser la règle sur l’ensemble du territoire.
Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, a en effet évoqué l’idée dans une interview accordée à 20 Minutes. Elle a demandé à la délégation à la sécurité routière de travailler pour que le port du casque « soit généralisé aux trottinettes et aux cyclistes en toutes circonstances et sur l’ensemble du territoire ».
Une réforme peut prendre du temps
Gardons tout de même en tête qu’en l’état, rien n’est signé. Ce type de règle passe « par décret, pris après avis du Conseil d’État », à « l’initiative du ministre de l’Intérieur » et en associant « le ministre des transports et de la justice », détaille la ministre. Avant leur entrée en vigueur, ces textes « sont soumis pour avis aux différents acteurs du secteur ».

L’obligation nationale devra emprunter tout le parcours habituel avant de voir le jour. Aujourd’hui, le casque reste seulement obligatoire pour les moins de 12 ans à vélo, et simplement recommandé pour les adultes.
Pour les trottinettes et autres EDPM, le casque est d’ailleurs déjà obligatoire hors agglomération, quel que soit l’âge. La généralisation évoquée par la ministre étendrait donc surtout cette obligation en ville et à l’ensemble des cyclistes.
Un casque qui pourrait freiner la pratique ?
Marie-Pierre Vedrenne veut justement soumettre l’idée aux différents acteurs du secteur. Comment réagirait la filière ? D’un côté, elle pourrait doper les ventes d’accessoires. De l’autre, plusieurs travaux suggèrent qu’elle pourrait décourager la pratique.
Comme l’expliquent nos confrères de Transition Vélo, l’Australie, premier pays à avoir généralisé le casque au début des années 1990, sert de contre-exemple : le professeur Chris Rissel, de l’université de Sydney, et la statisticienne Dorothy Robinson y ont documenté une baisse de la fréquentation cycliste après l’entrée en vigueur de la loi, surtout chez les adolescents et les usagers occasionnels.
En attendant, le casque demeure facultatif au niveau national pour les adultes, sauf là où un arrêté local l’impose déjà.
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