
Que se passerait-il si la France tombait soudainement dans le noir ? Est-ce que, comme ce qui s’est produit dans la péninsule ibérique, le pays serait complètement paralysé ? Et surtout, pendant combien de temps ? Ces questions devraient trouver des réponses d’ici à 2027.
Au second semestre de l’année prochaine, l’État prévoit en effet d’organiser une simulation de black-out d’ampleur nationale. Cet exercice a été confirmé lors du Comité interministériel pour la résilience nationale (CIRN) du 8 juillet 2026, même si aucune date précise n’a encore été communiquée.
Un exercice pour tester la réaction de l’État
L’idée n’est évidemment pas de provoquer une coupure réelle, mais de recréer les conditions d’une crise majeure sous la forme d’une simulation sur table. Plusieurs acteurs y participeront, notamment l’administration militaire, différents ministères ainsi que les deux principaux gestionnaires du réseau électrique français, RTE et Enedis.
L’exercice devrait permettre d’évaluer le temps de réaction des pouvoirs publics face à une situation de crise d’une telle ampleur. Le test devrait aussi mesurer le temps nécessaire pour rétablir l’électricité et, entre-temps, garantir le maintien des services essentiels.
Cette question de la continuité des services sera justement au cœur de l’exercice. En cas de black-out prolongé, tous les usages électriques ne pourraient effectivement pas être rétablis simultanément. Il faudrait donc déterminer quelles fonctions sont prioritaires et organiser leur maintien, puis leur rétablissement progressif.
L’Espagne et la Pologne, deux éléments déclencheurs
Deux événements majeurs survenus récemment en Europe ont renforcé la nécessité de préparer un tel exercice. Le premier est l’immense coupure qui a touché l’Espagne et une partie du Portugal le 28 avril 2025. L’incident avait profondément perturbé la vie quotidienne de millions de personnes et affecté de nombreux secteurs essentiels.

Le second événement est la cyberattaque ayant visé le réseau électrique polonais en décembre 2025. Plusieurs centrales électriques avaient alors été ciblées par une tentative de cyber-intrusion. L’attaque, attribuée à la Russie, avait fait peser une menace importante sur le fonctionnement du système électrique polonais et aurait pu provoquer une coupure de grande ampleur.
« Les attaques informatiques à l’encontre d’infrastructures électriques récemment en Pologne, comme le black-out électrique en Espagne pour d’autres raisons, démontrent le risque de paralysie de la société », précise le Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale dans un communiqué officiel.
La France est-elle à l’abri d’un black-out majeur ?
La dernière panne électrique majeure subie par la France remonte à 1978, à la suite d’un incident sur le réseau de transport. D’autres coupures massives, mais pas d’ampleur nationale, se sont ensuite produites avant le début des années 2000. Depuis, les infrastructures ont évolué, tout comme les compétences et les dispositifs mis en place pour gérer le réseau électrique.
Cela ne signifie pas pour autant que la France est totalement à l’abri d’une panne géante. Le pays en a d’ailleurs frôlé une le 1er avril 2025, lorsqu’une importante et soudaine chute de production électrique a eu lieu. En l’espace de quelques minutes, près de 9 GW de production renouvelable se sont déconnectés du réseau électrique.

Si cette variation brutale n’a finalement pas provoqué de panne généralisée, elle a fortement mis sous tension l’équilibre entre la production et la consommation, compliquant le travail de RTE. Ce jour-là, un important volume de puissance de réserve a dû être mobilisé afin de préserver la stabilité et le bon fonctionnement du réseau.
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