ACC, Verkor, PowerCo : les fabricants européens ont 3 ans pour survivre face à la Chine

 
Face à la concurrence chinoise, les fabricants européens de batteries pour voitures électriques vont devoir accélérer. Selon un récent rapport de la Backbone Coalition, l’industrie n’a plus que trois ans pour tenter de survivre.
Batterie Mercedes CLA, pour illustration

Si vous suivez l’actualité automobile, vous savez sans doute à quel point la Chine occupe une place de plus en plus importante. Déjà, elle envahit l’Europe depuis peu avec ses nouvelles marques de voitures électriques. De plus, c’est encore là-bas que sont produits de très nombreux modèles.

Mais ce n’est pas tout, car l’Empire du Milieu assure aussi la fabrication de la plupart des batteries. D’ailleurs, les deux leaders mondiaux sont chinois, et ils occupent plus de 50 % du marché mondial. Mais l’Europe est bien décidée à riposter.

Ainsi, certaines entreprises ont vu le jour sur notre territoire, comme ACC ou Verkor, sans oublier PowerCo, filiale de Volkswagen. Mais pour l’heure, elles sont encore très loin de pouvoir rivaliser avec les sociétés chinoises. C’est ce que confirme un rapport publié par la Backbone Coalition, qui tire plus que jamais la sonnette d’alarme.

Le document, baptisé « Europe’s Electric Backbone » indique que « les trois prochaines années seront cruciales ». Car l’objectif est désormais d’empêcher les investissements et les compétences de quitter le territoire.

Derrière ce document, la Backbone Coalition réunit des acteurs de l’industrie, de l’investissement, de l’énergie et de la défense, avec l’appui de l’ONG Transport & Environment qui l’héberge. Le rapport a été publié le 15 septembre 2026.

Usine Porsche // Source : Porsche

De nombreuses entreprises ont en effet tendance à délocaliser vers la Chine ou les États-Unis. On pense par exemple à Renault, qui a installé deux centres de R&D dans l’Empire du Milieu. Le pays promet en effet des temps de développement plus courts et une production moins chère. Le tout, au détriment des sociétés européennes, qui peinent à accroître leur cadence, et qui tirent la sonnette d’alarme. Mais alors, quelles sont les solutions envisagées ?

Plusieurs pistes pour soutenir l’industrie européenne

Bruxelles avait mis en place un vaste investissement de 4 milliards d’euros, et veut désormais inciter les constructeurs à opter pour des batteries produites localement. Mais cela ne semble pas encore suffisant. Alors, la Backbone Coalition émet plusieurs propositions afin de sauver l’industrie européenne. La première consiste en une aide fixe par kWh de cellules ou de composants produits sur le Vieux Continent. De plus, elle demande que les critères « Made in UE » soient mieux pris en compte dans les aides à l’achat.

Ce principe devrait aussi s’appliquer aux marchés publics et à la fiscalité de manière plus large. De plus, l’organisation va également dans le sens de Bruxelles concernant les exigences de production sur le continent en 2027. Elle veut cependant aller encore plus loin, en ouvrant une enquête visant les entreprises chinoises ayant obtenu des subventions de la part de Pékin. De là à mettre en place des droits de douane ? Rien n’est à exclure. Pour finir, la coalition demande d’« échelonner les restrictions à l’exportation des batteries en fin de vie, des rebuts et de la “masse noire” ».

Une des toutes premières Gigafactory françaises fabriquée par ACC

Le tout en les « synchronisant avec le développement des capacités de traitement nationales ». Le but étant de ne pas se retrouver avec des matériaux inutilisables. Tout cela a donc pour but de réduire la dépendance des constructeurs aux entreprises chinoises, qui restent encore incontournables. Ce chantier doit être mené au cours des trois prochaines années pour garantir une réelle indépendance de l’industrie européenne.


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