De la rouille pour faire tourner Internet ? L’incroyable pari énergétique de Google avec ses batterie fer-air

 
Les géants de la tech continuent d’investir pour alimenter leurs immenses centres de données qui font tourner le monde numérique. Engagé dans cette course énergétique, Google s’apprête à construire une centrale de stockage d’un genre inédit par sa capacité.
Form Energy

Face à la croissance des énergies renouvelables, on pourrait imaginer que la plus grande centrale de stockage au monde viendra renforcer les réseaux électriques nationaux. Elle sera pourtant dédiée à un autre usage : alimenter les centres de données de Google.

La firme américaine vient de conclure un accord avec le fournisseur d’électricité Xcel Energy pour déployer un système de batteries fer-air. Puissance annoncée : 300 mégawatts, pour une capacité totale de 30 gigawattheures. En termes de capacité, il s’agirait d’un record mondial, selon PV Magazine.

Approvisionner les centres de données 24/24

Cette batterie géante sera alimentée par deux centrales renouvelables, éolienne et solaire, totalisant 1,6 gigawatt (GW) de puissance, dont Google financera le développement. L’ensemble des installations, production et stockage, devrait garantir une alimentation continue des centres de données de l’entreprise. Lorsque la production renouvelable sera excédentaire, l’électricité sera stockée, puis restituée lorsque la production faiblira.

L’installation sera implantée à Pine Island, dans le Minnesota, et exploitera une technologie de stockage développée par la start-up américaine Form Energy. La mise en service est prévue entre 2028 et 2031 en plusieurs phases.

De l’électricité stockée jusqu’à 100 heures

La force de cette future centrale réside dans sa capacité de stockage longue durée. L’électricité pourra y être conservée jusqu’à 100 heures, contre moins de 10 heures pour les batteries lithium-ion d’un coût équivalent.

Une caractéristique particulièrement importante à l’heure où l’éolien et le solaire se développent rapidement. En cas d’absence prolongée de vent ou de soleil, le système pourrait compenser plusieurs heures, voire plusieurs jours consécutifs de faible production.

Principe de fonctionnement de la batterie fer-air. // Source : Form Energy

Au-delà de sa durée de stockage, la batterie fer-air se distingue radicalement des modèles lithium-ion. Elle utilise une anode en fer et fonctionne grâce à un mécanisme d’oxydation. Lors de la décharge, le fer est exposé à l’oxygène de l’air. Il s’oxyde alors, ou autrement dit, il rouille en libérant des électrons, ce qui produit de l’électricité. Lors de la recharge, un courant électrique inverse le processus et transforme la rouille en fer métallique.

Google en bon élève ?

Avec ce nouvel accord, Google semble une fois de plus vouloir agir en bon élève aux yeux de certains de ses concurrents. L’entreprise fait varier ses sources d’énergie en ne misant que sur l’électricité décarbonée. Outre les renouvelables, l’entreprise s’intéresse aussi au nucléaire ou encore à la géothermie.

Pendant ce temps, les autres enseignes de la Tech investissent pour alimenter leurs infrastructures à l’énergie fossile. Le géant Amazon par exemple a validé la construction de deux centrales à gaz totalisant 2,6 gigawatts pour alimenter ses data centers. C’est l’équivalent de deux réacteurs nucléaires. De son côté, Meta a conclu un accord pour fournir en gaz naturel l’un de ses centres de données, situé au nord de la Louisiane.


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