
Étant un grand utilisateur du Steam Deck depuis ses débuts, j’ai voulu tenter l’aventure Windows sur console portable avec la ROG Xbox Ally X et ses belles promesses.
Cependant, au bout de quelques mois d’utilisation, je me suis rendu compte que je passais presque plus de temps à gérer les multiples mises à jour nécessaires au bon fonctionnement de la console portable qu’à y jouer.
Car oui, si vous souhaitez profiter d’une bonne expérience de jeu sur les consoles Asus conçues en partenariat avec Microsoft, il faut enchaîner :
- Les mises à jour de pilotes depuis Armoury Crate d’Asus
- D’autres mises à jour de pilotes (oui …) via l’application MyAsus
- Les mises à jour de Windows 11, notamment le célèbre Patch Tuesday
- Les mises à jour du Microsoft Store pour l’application Xbox et les jeux du Game Pass
- Et enfin, les mises à jour de vos jeux sur Steam et les autres lanceurs
En bref, il est indispensable d’instaurer une véritable petite routine d’entretien, comme sur n’importe quel PC classique. Sauf que cette console ne répond théoriquement qu’à un seul besoin : lancer une partie rapide sur le canapé ou en déplacement.
Pourquoi SteamOS 3.8 change-t-il la donne ?
Avec la sortie en preview de SteamOS 3.8, Valve a mis les petits plats dans les grands. Cette mise à jour « magique » permet enfin d’offrir une véritable expérience native sous SteamOS aux consoles d’Asus.
Auparavant, il fallait passer par des distributions tierces comme Bazzite ou ChimeraOS. Si elles offrent déjà une excellente alternative grâce au dévouement des nombreux bénévoles qui y contribuent, elles restent, à mon sens, des solutions pensées par des passionnés pour des passionnés.
Concrètement, SteamOS 3.8 apporte de nombreuses améliorations pour la Xbox Ally (ainsi que pour d’autres consoles portables similaires) :
- Un support optimisé des APU Z2 via de nouveaux pilotes AMD Mesa et le noyau Linux 6.16. La gestion de la mémoire vidéo a également été revue à la hausse pour exploiter au mieux les 24 Go de mémoire partagée de la Xbox Ally X.
- Une gestion native du TDP et des profils de performances (faible consommation, équilibré, hautes performances).
- La prise en charge des écrans à taux de rafraîchissement variable (VRR) et un meilleur frame pacing (à activer manuellement dans le menu Performances de SteamOS).
- L’intégration de correctifs et de pilotes pour :
- Les haut-parleurs, qui cessent enfin de grésiller.
- La manette, dont la latence passe de 5-8 ms à moins de 500 microsecondes.
- Le lecteur de cartes microSD, qui ne corrompt plus les données.
Valve a donc réussi l’exploit de délivrer une version de SteamOS enfin assez stable sur la Xbox Ally pour être testée au quotidien, et c’est précisément ce que j’ai voulu faire : un Steam Deck Pro grâce à un APU surboosté épaulé par 24 Go de mémoire partagée et un écran VRR pris en charge nativement.
Comment installer SteamOS ?
SteamOS s’installe très simplement : il suffit d’une clé USB et d’un moyen de la connecter à la console (via un hub USB-C ou avec une clé directement en USB-C). Attention cependant : en suivant ces étapes, SteamOS remplacera intégralement Windows 11. Pensez donc à sauvegarder vos données et vos parties en cours pour éviter toute perte.
Il suffit ensuite de télécharger l’image de SteamOS 3.8 (steamdeck-20260319.100-3.8.0.img.zst) sur le site officiel de Steam à cette adresse et d’utiliser balenaEtcher pour préparer votre clé USB avec le programme d’installation.
Une fois votre clé USB prête, vous devez redémarrer la console dans le BIOS afin de désactiver le « Secure Boot ». Rien de très compliqué : allumez la console en appuyant plusieurs fois sur le bouton Volume Moins enfoncé. Dans l’interface du BIOS, il vous suffira de :
- Presser le bouton Y pour passer en Mode Avancé.
- Naviguer jusqu’à l’onglet Sécurité à l’aide des gâchettes.
- Désactiver l’option « Contrôle du démarrage sécurisé » située tout en bas de cet onglet. Une fois désactivée, vous êtes prêt à installer SteamOS.
- Si vous le souhaitez, vous pouvez en profiter pour couper le son de démarrage via le menu « Animation Post Configuration du logo », présent dans l’onglet Avancé.
- Dans l’onglet « Quitter », choisir l’option « Enregistrer les modifications et quitter ».
Pour lancer l’installation de SteamOS, branchez votre clé USB sur l’un des ports USB-C de la console, puis appuyez plusieurs fois sur le bouton Volume Plus au démarrage pour ouvrir le menu de boot. Choisissez votre clé USB et laissez SteamOS s’amorcer.
Une fois arrivé sur le bureau Linux, double-cliquez simplement sur la 4ème option : « Wipe Device & install SteamOS ». Confirmez les deux invites de commande et la console redémarrera directement sous SteamOS.


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Notez qu’il reste extrêmement simple de revenir sous Windows. La fonctionnalité de récupération dans le cloud d’Asus, présente dans le BIOS (onglet Avancé), permet de réinitialiser la console et de retrouver une installation propre de Windows 11 en quelques clics.
Comment bien paramétrer SteamOS ?
Une fois sur SteamOS, vous serez immédiatement frappé par la réactivité des commandes. C’est simple : vous réaliserez à ce moment-là que la console souffrait d’un fort input lag sous Windows.
Avant de commencer à télécharger vos jeux, je vous recommande quelques petites étapes supplémentaires pour bien configurer la machine et optimiser votre expérience.
Dans un premier temps, rendez-vous dans les paramètres « Général » pour choisir le canal de mise à jour « Version de prévisualisation » (Preview). C’est également ici que vous pourrez passer l’horloge au format 24h.
Dans l’onglet « Affichage », ajustez la mise à l’échelle de l’interface à votre convenance, le paramètre par défaut n’étant pas toujours idéal. Juste en dessous, dans « Batterie », vous pouvez afficher l’autonomie en pourcentage et, si vous le souhaitez, activer une limite de charge pour préserver la durée de vie de la batterie.
Dans votre Bibliothèque, l’onglet « Non Steam » propose une option pour installer rapidement Google Chrome. Un raccourci très pratique pour naviguer sur Internet aussi bien en mode Jeu qu’en mode Bureau.

Enfin, le bouton situé juste au-dessus de Start permet maintenant d’ouvrir le menu d’accès rapide de SteamOS. Rendez-vous dans l’onglet « Performances » puis, dans la vue avancée, cochez « Activer la fréquence de rafraîchissement variable » pour profiter du VRR. Je vous recommande d’utiliser le profil de performances « Équilibré » par défaut, quitte à le modifier selon la gourmandise de vos jeux et votre éloignement d’une prise électrique.
Que manque-t-il à SteamOS pour être parfait ?
Une fois SteamOS installé et paramétré, vous pouvez enfin télécharger vos jeux Steam (ou ceux d’autres lanceurs, ce qui est devenu un jeu d’enfant en 2026). Le mode Bureau reste un peu délicat à manipuler sans les trackpads du Steam Deck, mais ce n’est finalement pas plus laborieux que de naviguer au doigt sur l’interface Windows de la Xbox Ally. On se consolera en se disant qu’on y passera beaucoup moins de temps !
Bien entendu, tout n’est pas encore parfait sous SteamOS. Vous perdrez d’ailleurs quelques fonctionnalités au change, dont :
- Le lecteur d’empreintes digitales, qui redevient un simple bouton d’allumage et de mise en veille.
- Le NPU de l’APU Z2 Extreme, non pris en charge à ce jour sous SteamOS. Vous ne pourrez donc pas bénéficier de la Super Résolution Automatique prévue en preview courant avril.
- Les jeux du Xbox Game Pass PC, distribués exclusivement via l’application Xbox sous Windows. Sur SteamOS, il faudra se contenter du Xbox Cloud Gaming.
Ces concessions me semblent tout à fait acceptables au vu de l’expérience globale et des performances grandement améliorées qu’offre SteamOS. On espère tout de même voir débarquer un jour des fonctionnalités exploitant les NPU sous Linux (pour de l’upscaling ou d’autres traitements liés au jeu vidéo), ce qui soulagerait grandement le GPU des puces Z2.
Finitions et fonctionnalités avancées
Pour les utilisateurs les plus bidouilleurs, quelques optimisations supplémentaires sont possibles côté Bureau. Elles ne sont toutefois pas à appliquer aveuglément : une future mise à jour de SteamOS pourrait entrer en conflit avec ces modifications et nécessiter une réinstallation totale du système. À vos risques et périls !
DeckyLoader
Decky Loader est un plugin redoutablement efficace permettant d’ajouter de nombreuses fonctionnalités à l’interface de SteamOS. Pour l’installer, ouvrez un navigateur en mode Bureau, rendez-vous sur decky.xyz et confirmez l’invite de commande de l’installateur.
De retour en mode Jeu, Decky apparaîtra dans le menu d’accès rapide (le même que pour l’interface Performances) et vous permettra de télécharger des extensions via son propre store. Je vous recommande notamment :
- SteamGridDB : pour modifier facilement les illustrations de vos jeux dans la bibliothèque Steam.
- CSS Loader : pour personnaliser l’interface de SteamOS à volonté.
- ProtonDB Badges : pour afficher directement les badges de compatibilité Linux/Proton sur les fiches de vos jeux.
- MagicPods : pour contrôler facilement vos AirPods.
EasyEffects
L’un des points forts de la Xbox Ally réside indéniablement dans ses haut-parleurs, qui profitent sous Windows d’une excellente émulation Dolby Atmos. Il est possible de recréer une expérience similaire sous SteamOS grâce au logiciel « EasyEffects », disponible via le store Discover en mode Bureau.
L’application permet d’importer des préréglages (presets), dont ceux de JackHack96, qui s’installent en un clin d’œil en collant cette ligne de commande dans l’application Konsole :
bash -c "$(curl -fsSL https://raw.githubusercontent.com/JackHack96/EasyEffects-Presets/master/install.sh)"
Une fois les presets importés, il suffit de suivre ces étapes dans EasyEffects :
- Allez dans « Préréglages » (Presets), puis activez le « Chargement automatique » (Autoload).
- Sélectionnez le profil « Bass Enhancing + Perfect EQ – Low Latency » pour le périphérique « Ryzen HD », puis cliquez sur « Créer ».
- Enfin, dans les préférences de l’application (menu « Service en arrière-plan »), cochez toutes les options, y compris « Ne pas afficher la fenêtre de l’application au démarrage ».
Latency-criticality Aware Virtual Deadline (LAVD)
Sous le capot, SteamOS 3.8 introduit un tout nouvel ordonnanceur de processeur (scheduler) expérimental appelé LAVD. Son but ? Remplacer l’ordonnanceur classique de Linux par un système qui identifie et priorise de manière absolue les tâches critiques pour le jeu (rendu graphique, audio, entrées manette). Résultat manette en main : des 1% lows (les baisses de framerate) beaucoup plus stables et la disparition de nombreuses micro-saccades (stuttering), offrant une fluidité perçue nettement supérieure.
Étant encore en phase de test, cette fonctionnalité n’est toutefois pas activée par défaut. Le service système (scx) nécessaire à son fonctionnement est même totalement désactivé par SteamOS à l’installation.
Pour réveiller ce service et forcer l’activation de LAVD, ouvrez l’application Konsole en mode Bureau et entrez ces commandes l’une après l’autre :
Pour créer un mot de passe Admin/Sudo :
passwd
Pour autoriser et démarrer l’ordonnanceur en arrière-plan :
sudo systemctl enable scx
Puis :
sudo systemctl start scx
Pour ordonner à SteamOS d’utiliser le profil LAVD :
steamosctl set-cpu-scheduler lavd
Pour vérifier que l’opération a bien fonctionné, tapez :
systemctl status scx
La mention « active (running) » doit alors apparaître en vert, confirmant que LAVD a bien pris le contrôle de votre processeur.
En cas d’instabilité constatée sur certains titres ou émulateurs spécifiques, vous pouvez toujours faire machine arrière et retrouver le comportement d’usine avec la commande suivante :
steamosctl set-cpu-scheduler default
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