1 million d’euros de budget pour 397 habitants : Baudres, symbole des communes rurales sauvées par le solaire

 
Dans les zones rurales, le photovoltaïque est une aubaine. En plus de produire de l’électricité décarbonée, les centrales solaires augmentent sensiblement le budget des petites communes.

Au cœur de la France, de nombreuses communes rurales vivent au ralenti, la faute à une économie locale souvent en berne. Mais si on manque désormais de bras, on ne manque pas de superficie. C’est le cas de la commune de Baudres, dans la région Centre-Val de Loire. Celle-ci ne compte que 397 habitants, mais une superficie totale de 27 km², soit l’équivalent d’une ville comme Saint-Herblain, à l’ouest de Nantes (47 000 habitants).

Pour ces communes, l’arrivée d’un projet de centrale photovoltaïque est une aubaine pour regonfler le budget municipal. Dans le cas de Baudres, EDF Power Solutions travaille à l’installation d’une centrale photovoltaïque de 56 hectares, le long de la départementale D956.

Pour l’instant, la structure des quelque 68 000 panneaux est en cours de déploiement. Une fois mise en service, au premier trimestre 2027, la centrale affichera une puissance de 43,3 mégawatts-crête (MWc), correspondant à la puissance nominale de l’installation).

L’IFER, nouveau gagne-pain des petites communes

Si ces installations rapportent autant, c’est parce qu’elles génèrent des rentrées financières importantes par le biais de différents mécanismes pour la commune, la communauté de communes et le département.

Un parc de ce type génère notamment des recettes fiscales foncières via la taxe foncière, la cotisation foncière des entreprises et parfois des loyers ou des redevances foncières.

Surtout, les centrales photovoltaïques sont soumises à l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux, plus souvent appelée IFER. En 2026, le tarif de l’IFER est fixé à 3,588 €/kW installé pour les centrales mises en service après le 1er janvier 2021.

Dans le cas présent, la centrale permet à la commune de Baudres de voir son budget passer de 500 000 € à 1 000 000 € par an pendant les 18 ans de service du site, majoritairement via loyer.

Dans les faits, l’IFER pèse moins lourd que son nom pourrait le laisser croire. Pour une centrale de 43,3 MWc, soit 43 300 kW, elle représente environ 155 000 euros par an au tarif 2026, une somme qui se partage encore entre la commune, l’intercommunalité et le département. C’est donc surtout le loyer versé par EDF qui gonfle le budget de Baudres.

D’ailleurs, les grands parcs solaires se multiplient dans la région. En Indre-et-Loire, à Sonzay, les Champs solaires de Touraine – dont la dernière tranche de 87 MWc doit alimenter les trains de la SNCF – doivent rapporter environ 700 000 € par an de retombées fiscales aux collectivités locales (communes, intercommunalité et département).


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