Voiture électrique : pourquoi les records de ventes cachent une réalité bien plus fragile en France

 
Alors que l’année 2025 a vu les ventes de voitures électriques progresser très nettement en France, 2026 démarre aussi très bien. Cette motorisation affichait en janvier une part de marché de 28 % sur notre territoire.
Photo Simon Barthès / DPPI

Les automobilistes restent encore assez frileux sur la voiture électrique. Et cela en raison du prix mais aussi de tout ce qui tourne autour de la batterie. Peur de tomber en panne ou de rester trop longtemps à la borne, sans oublier la crainte que l’accumulateur ne lâche. Ce qui est très rare, comme nous l’avions déjà expliqué. Cependant, et malgré ces obstacles, les ventes de VE ont fortement progressé en 2025, avec pas moins de 300 000 immatriculations rien qu’en France.

Une très bonne nouvelle pour cette motorisation, alors que le marché n’est pas vraiment à la fête. Et désormais, tout le monde espère que cet élan va se poursuivre en 2026. Ce qui semblerait être le cas, comme l’indiquent les chiffres de la PFA (Plateforme Automobile), relayés par le site Connaissance des Energies. Globalement, les ventes de voitures neuves ont été en forte baisse en janvier 2026 par rapport à la même période en 2025. Une chute de 6,55 %, avec un total de 107 157 exemplaires immatriculés.

Citroën ë-C3 You // Source : Citroën

Il s’agit du niveau le plus bas depuis quinze ans pour le mois de janvier, à l’exception de celui de 2022, en raison de la crise des semi-conducteurs. Mais qu’en est-il des voitures électriques ? Et bien ces dernières sont parvenues à compenser cette situation très inquiétante. Et pour cause, leur part de marché a atteint les 28 % en France en janvier 2026. Un niveau « jamais atteint au cours des deux années précédentes ».

Le succès du leasing social

Mais ce chiffre très encourageant s’explique surtout par le succès du leasing social, qui avait fait son grand retour en septembre 2025. Si la demande avait été moins forte qu’en 2024, l’intégralité des 50 000 autos disponibles ont été vendues. Ce qui a eu pour effet de faire grimper les chiffres de ventes en ce début d’année 2026.

C’est ce que confirme Marie-Laure Nivot, analyste du cabinet AAA Data. Elle rappelle que « le pic de voitures électriques enregistré en janvier montre l’influence des aides à l’achat et brouille la lecture du marché ».

Ainsi, elle confirme que les effets de ce coup de pouce financier se sont pleinement fait ressentir en janvier et vont se poursuivre durant tout ce premier trimestre. Puis, ils devraient s’estomper, à moins que le gouvernement ne propose une nouvelle édition du leasing social.

Car c’est véritablement ce dernier qui a donné un coup de boost aux voitures électriques. Ce qui explique pourquoi c’est la R5 E-Tech qui est arrivée en tête des ventes. Elle a été suivie par le Renault Scénic et la Peugeot e-208 en janvier 2026.

Peugeot E-208 // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

D’ailleurs, le patron de Stellantis Europe, Emanuele Cappellano tire la sonnette d’alarme et indique qu’il n’observe pas « de demande naturelle pour les véhicules électriques ». Pour lui, celle-ci n’intervient que lorsque des aides financières sont en jeu, « ou lorsque les constructeurs automobiles réduisent le prix en brûlant du cash ».

Encore une preuve que le tarif reste un élément déterminant pour les clients. Ce qui a un impact sur les constructeurs, qui perdent de l’argent en tentant de trop tirer les prix vers le bas. C’est d’ailleurs ce qu’il se passe actuellement en Chine, où la concurrence est particulièrement forte.


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