Pénurie d’essence en Russie : les automobilistes se ruent sur les voitures électriques chinoises

 
Plutôt à la traîne sur la voiture électrique, la Russie commence tout doucement à se tourner vers cette motorisation. Et ce alors que le pays est en proie à des pénuries de carburant, dans le cadre de la guerre en Ukraine.

Tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne en ce qui concerne l’électrification de leur parc. En Norvège par exemple, les autos électriques représentent actuellement près de 100 % du marché. Mais ce n’est pas la même chose partout, bien au contraire.

Et certains accusent encore un certain retard. C’est par exemple le cas de la Russie, qui comptait seulement 80 000 autos électriques en circulation au 1er janvier 2026. Ce qui correspond à seulement 0,2 % de son parc global.

En parallèle, le réseau de recharge reste limité, même si le nombre de bornes a augmenté de 20 % sur un an jusqu’en juillet 2026, contre près de 200 000 à l’heure actuelle en France. Autant dire que le pays n’est pas le plus avancé sur la mobilité électrique, loin de là. Mais les choses sont peu à peu en train de changer, comme l’explique l’agence de presse Reuters.

Et cela, on le doit directement à la guerre en Ukraine, qui se poursuit depuis 2022. Car le pays dirigé par Volodymyr Zelensky a récemment lancé des frappes contre des infrastructures énergétiques en Russie.

Ce qui a eu pour effet de provoquer une pénurie d’essence et de diesel, avec une hausse drastique des prix. Selon les calculs de Reuters, les prix à la pompe atteignent dans certaines régions russes les niveaux parmi les plus élevés d’Europe. Alors, les automobilistes qui en ont les moyens se tournent désormais en masse vers la voiture électrique. Une situation qui rappelle également la France. Car chez nous aussi, les ventes de VE ont flambé après la hausse des tarifs à la pompe, liée à la guerre au Moyen-Orient.

Une hausse très impressionnante

Le concessionnaire russe EN Cars indique que « depuis que la situation concernant le carburant s’est compliquée, la demande a explosé ». Ce sont tout particulièrement les voitures électriques chinoises qui profitent de la situation. Et pas seulement les modèles les plus abordables, puisque les véhicules haut de gamme sont aussi très demandés. Numerama indique qu’il « s’est vendu plus de voitures électriques au cours des 12 derniers mois qu’au cours de toute la décennie précédente ».

Cette bascule reste toutefois modeste à l’échelle du marché russe : la voiture électrique et l’hybride rechargeable ne pesaient que 4,3 % des ventes automobiles du pays l’an dernier, selon le cabinet Autostat. Et l’offre ne suit pas encore, faute de stocks anticipés par les constructeurs et importateurs.

Le distributeur explique vendre désormais « deux à trois véhicules électriques par jour, contre deux à trois par mois il y a encore quelques semaines seulement ». Une aubaine pour les constructeurs chinois, et tout particulièrement Geely, GAC, Dongfeng ainsi que Chery. D’autres marques affichent également des chiffres très satisfaisants, comme GWM. Par ailleurs, d’autres constructeurs tirent surtout parti des importations, alors qu’ils ne sont pas encore officiellement commercialisés en Russie. C’est par exemple le cas de Zeekr, et de Xiaomi avec sa SU7.

Xiaomi SU7 (2026) // Source : Xiaomi

Ce qui ne fait pas les affaires des marques « traditionnelles », dont les parts de marché sont en baisse. On peut notamment citer Nissan dont la Leaf était jusqu’à présent leader des ventes de voitures électriques en Russie. Ce qui ne devrait désormais plus durer. En parallèle, les autos hybrides rechargeables gagnent aussi du terrain. Ainsi, environ 24 600 exemplaires ont été vendus depuis janvier 2026, soit une hausse de 125 % par rapport à 2025.


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