Pièces introuvables, réparations hors de prix : un assureur néerlandais refuse de couvrir plusieurs marques de voitures chinoises

 
Aux Pays-Bas, l’assureur Univé refuse désormais de couvrir certaines marques de voitures chinoises. L’entreprise invoque diverses raisons, mais tous les constructeurs ne sont pas logés à la même enseigne.
Jaecoo 5 // Source : Omoda Jaecoo

Avec une part de marché de 8 % en février 2026, les voitures chinoises occupent désormais une place non négligeable en Europe. Or, qui dit hausse des ventes, dit aussi nouveaux besoins en matière d’assurance. Car on le rappelle, il est absolument obligatoire de couvrir toute voiture, dès lors qu’elle est mise en circulation. Sur le papier, cela est très simple. Mais dans les faits, c’est un peu différent. Car désormais, certaines compagnies refusent de prendre en charge les voitures chinoises.

C’est par exemple le cas aux Pays-Bas, où l’assureur Univé a pris une décision étonnante, annoncée dans un communiqué officiel. Ce gros assureur néerlandais a tout simplement fait le choix de refuser certaines marques. Parmi elles, on peut alors citer Omoda Jaecoo, Leapmotor ou encore Changan et Voyah. Mais les constructeurs chinois ne sont pas les seuls visés, car c’est aussi le cas de la firme vietnamienne Vinfast.

Leapmotor B05 // Source : Leapmotor

Certaines autres entreprises ont droit à une couverture, mais très restreinte et limitée à la responsabilité civile. C’est le cas de Lucid, Nio, Zeekr ou encore Firefly et Dongfeng.

Mais alors, quelle est la raison de cette défiance envers certaines marques étrangères, et notamment chinoises ? En fait, il y en a plusieurs. La principale est tout simplement la disponibilité des pièces détachées en cas de sinistre. L’approvisionnement pour ces marques nouvellement arrivées peut encore poser problème. Mais ce n’est pas tout. Car les instructions de réparation de certaines marques compliquent aussi fortement les choses.

Encore de nombreux obstacles

Ces dernières sont essentielles « pour réparer une voiture en toute sécurité et à un coût raisonnable après un accident ». Mais chez certains constructeurs, c’est tout le contraire. L’assureur cite l’exemple d’un modèle électrique américain, récemment arrivé aux Pays-Bas. Or, une simple fissure sur l’essieu avant a suffi pour que la voiture soit déclarée en perte totale, ce qui représente un coût très élevé pour l’assurance.

Par ailleurs, il existe encore trop d’incertitudes autour de nombreux éléments. Univé rappelle qu’« un assureur doit pouvoir estimer le coût des réparations, le temps nécessaire et les dépenses associées. » Si ce n’est pas le cas, cela peut avoir une « incidence sur la couverture d’assurance du véhicule ».

VinFast VF8 // Source : Marie Lizak pour Frandroid

L’entreprise rappelle que l’origine d’une marque n’est cependant pas un critère déterminant : selon l’assureur, des marques comme Lynk & Co, mais aussi BYD ou Tesla, ont prouvé qu’un nouvel arrivant peut bâtir en quelques années un réseau de pièces et de réparateurs suffisant pour être assuré sans restriction. La porte reste donc ouverte, y compris pour les constructeurs chinois qui investissent dans leur après-vente.

Actuellement, la plupart des conducteurs ignorent que « la disponibilité limitée des pièces détachées peut avoir une incidence sur les options d’assurance automobile ». Mais 57 % comprennent qu’une nouvelle marque peut offrir une couverture limitée « si les infrastructures de réparation des dommages ne sont pas encore suffisamment développées ». D’autres assureurs se montrent tout aussi prudents face aux marques chinoises, et celles qui les acceptent facturent souvent des tarifs plus élevés


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