Renault veut baisser le prix de ses voitures électriques avec un investissement de 10 milliards d’euros en France… sous une condition stricte

 
Le patron de Renault indique vouloir investir 10 milliards d’euros supplémentaires pour produire ses voitures électriques en France. Mais cela ne sera pas sans conditions.
Fabrication de la R5 à Douai // Source : Renault

Aujourd’hui, une grande partie des voitures électriques vendues en France sont produites à l’étranger, notamment en Chine. Cependant, certains constructeurs restent encore attachés à assembler leurs autos en France. On pense par exemple à Toyota, qui possède une usine dans le nord du pays, mais surtout aux marques tricolores, telles que Peugeot et Renault.

La firme au losange vient d’ailleurs de franchir le cap du million de voitures électriques fabriquées dans l’Hexagone. Sa R5 E-Tech connaît dans le même temps un très franc succès.

La France représente 20 % de l’activité globale de Renault, et 40 % de ses 100 000 salariés. Le constructeur y a investi pas moins de 13 milliards d’euros au cours des cinq dernières années, afin d’adapter des usines au passage à l’électrique. Son directeur général, François Provost, a annoncé le samedi 3 octobre sur France Inter que le groupe était prêt à mettre plus de 10 milliards d’euros supplémentaires sur la table dans les cinq prochaines années.

Crédit : Renault

Ramenée à l’année, l’enveloppe représente environ 2 milliards d’euros, soit un rythme un peu inférieur à celui des cinq dernières années (13 milliards, environ 2,6 milliards par an). Renault n’a pas non plus détaillé la répartition de ces 10 milliards par usine ou par projet : impossible, pour l’instant, de savoir quels sites en profiteront.

Cette enveloppe reste toutefois conditionnelle. Le dirigeant précise que cette somme sera uniquement débloquée « si le contexte social et politique le permet ». Il met ainsi la pression sur le gouvernement, à quelques jours du début du débat parlementaire sur le budget 2027 et à moins d’un an de l’élection présidentielle. François Provost ne cache d’ailleurs pas son inquiétude, « car la France est un pays clé pour le groupe ».

Rendre les voitures électriques plus abordables

Avec cette somme colossale, le constructeur tricolore veut évidemment accélérer dans le domaine de la voiture électrique. Et surtout, il veut faire en sorte que cette motorisation devienne encore plus abordable, avec un prix similaire à celui d’un modèle hybride. Un objectif qui est fixé pour l’année 2030. L’exemple le plus parlant reste la Twingo E-Tech, affichée à partir de 19 490 euros, mais qui descend à 12 490 euros avec toutes les aides cumulées, selon les revenus du foyer. De plus, elle est aussi éligible au leasing social.

Si celle-ci n’est pas assemblée en France, mais tout de même en Europe, c’est en revanche le cas des R5 et R4 E-Tech, mais aussi de la Mégane électrique et du Scénic. Cependant, Renault a indiqué que la prochaine génération du SUV familial devrait désormais être produite en Espagne, dans l’usine de Palencia, à partir de 2028. La raison ? Renault y regroupe la production des versions électriques de ses modèles des segments C et D, et y profite de coûts de production plus bas qu’en France.

Renault Scénic E-Tech 2026 // Crédit : Renault

Pour mémoire, les usines françaises du groupe produisent aussi d’autres autos électriques. Douai assemble l’Alpine A290, la Nissan Micra et le Mitsubishi Eclipse Cross, tandis que l’Alpine A390 sort de l’usine Alpine de Dieppe. Portée par la R5, la firme au losange a d’ailleurs décidé d’accroître la cadence au sein du site situé à Douai. Plus largement, François Provost table sur une production française en hausse d’au moins 25 % en 2026, après 500 000 voitures assemblées dans l’Hexagone en 2025.


Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !

Recherche IA boostée par
Perplexity