L’Osmo Mobile 3 est un stabilisateur pour smartphone dont la principale originalité est d’être pliable. Forcément pour parvenir à ce résultat, le constructeur DJI a dû revoir la conception de son produit. Est-il toujours aussi fiable et efficace dans la stabilisation des vidéos ? Vérifions. 

Osmo Mobile 3

Osmo Mobile 3

Fiche technique de l’Osmo Mobile 3

Précisons tout d’abord que nous avons reçu pour test la version « Bundle Osmo Mobile 3 », soit celle intégrant la housse de transport et le mini trépied.

Et autant vous dire qu’il serait vraiment dommage de vous en passer. En effet, la version de base est vendue 109 euros, contre 129 euros pour le pack « bundle ». Compte tenu du faible écart de prix, c’est selon nous LA version à acheter, quitte à économiser un peu plus longtemps avant de craquer. D’autant que comme nous allons le voir plus après, le trépied devient indispensable.

  • Dimensions déplié : 285 x 125 x 103 mm
  • Dimensions plié : 157 x 130 x 46 mm
  • Poids : 405 grammes
  • Poids supportés : de 170 à 230 grammes
  • Epaisseur supportée : inférieur à 9.5 mm
  • Largeurs supportées : 62 à 88 mm
  • Stabilisé sur trois axes
  • Interface : Bluetooth 5 Low Energy
  • Amplitude panoramique : -162,5° à 170,3°
  • Amplitude roulis : -85,1° à 252,2°
  • Amplitude inclinaison : -104,5° à 235,7°
  • Vitesse max de rotation : 120°/s
  • Batterie : 2450 mAh
  • Autonomie annoncée : 15 heures
  • Temps de charge annoncé : 2,5 heures

Ce test a été réalisé avec un produit prêté par la marque. 

Design

Au déballage de l’Osmo Mobile 3, on ne vous cache pas qu’on l’imaginait encore plus petit. Les photos du constructeur qui laissaient sous-entendre que la chose rentrait dans une poche nous avaient laissés perplexes. À l’usage cela se vérifie, impossible de le loger dans une poche, à moins que celle-ci soit très grande, du genre « poche de survêtement ».

Quoi qu’il en soit, l’objet tient dans son étui de transport et dispose d’une dragonne. La bonne nouvelle, c’est que malgré les charnières articulées qui permettent, justement, de le plier, l’Osmo Mobile 3 reste costaud. Même sous le poids plutôt important de notre Samsung Galaxy Note 9 (201 grammes) et son format imposant (16,2 x 7,7 x 0,88 cm) la mécanique tient la route. Attention, il faut tout de même prendre le temps de bien positionner le smartphone dans le berceau pour ne pas forcer sur les moteurs. D’ailleurs si c’est le cas, l’application vous le notifie à l’écran du smartphone. Une fois que la position idéale est trouvée, la qualité de la stabilisation et l’autonomie du gimbal seront optimales.

Galaxy Note 9 sur l’Osmo Mobile 3

Avec notre Note 9, tout se passe bien, même si nous ne sommes plus très loin de la taille maximale admissible sur l’Osmo Mobile 3 (voir fiche technique plus haut). Une fois le mobile installé entre les mâchoires de l’Osmo, on se rend rapidement compte des améliorations apportées par la nouvelle conception de ce stabilisateur.

La « mâchoire » de l'Osmo Mobile 3

La « mâchoire » de l’Osmo Mobile 3

Un premier avantage saute aux yeux, la forme très « creusée » des mâchoires n’appuie plus sur les boutons présents sur les tranches de notre Note 9. Avec certains modèles, cela posait vraiment problème puisque tantôt cela interagissait avec les réglages du volume, la touche de verrouillage de l’écran ou encore avec le bouton qui permet de réveiller l’assistant Bixby.

Mais il y a plus important encore : le bras qui se situe sur l’axe horizontal est désormais légèrement décentré par rapport au smartphone. Et ce petit détail fait une grosse différence, puisque les connecteurs du smartphone, prise de charge et éventuelle prise micro (eh oui, tous les smartphones ne disposent plus forcément de prise mini jack), se trouvent totalement dégagées. Ainsi, même si la présence des fils n’est pas très esthétique, cela permet de filmer sans se soucier du son et de l’autonomie de la perche – quitte à coupler le tout à une batterie externe.
L’autonomie de la perche elle-même est d’ailleurs très bonne puisqu’elle est annoncée à 15 heures et que selon nos estimations, la réalité devrait être très proche.

Port USB - Osmo Mobile 3

Port USB – Osmo Mobile 3

Attention toutefois, l’autonomie de celle-ci peut sérieusement chuter si vous l’utilisez pour recharger le smartphone. En effet, il est possible d’utiliser une prise USB type A présente sur le côté de la poignée, mais l’impacte lui est fatale. Rappelons que la batterie intégrée à l’Osmo Mobile 3 ne fait « que 2450 mAh », soit une capacité inférieure à celle de beaucoup de smartphones désormais. Nous recommandons, là encore, l’usage d’une batterie externe.

À noter que l’Osmo Mobile 3 se recharge en USB type-C, assez rapidement d’ailleurs puisqu’il faut environ 2h30, comme indiqué par le constructeur à condition d’utiliser un chargeur assez performant (2A ou 4A).

Utilisation

Pour assurer une bonne prise en main de la perche, DJI a tout de même maintenu une bonne épaisseur pour la poignée. Elle est aussi plus courte que sur l’ancienne version, ce qui ne pose pas réellement de souci dans la manipulation des commandes.

Le joystick comme les différents boutons en façade restent parfaitement accessibles. Tout comme la gâchette à l’arrière qui fait son retour. Elle avait disparu de l’Osmo Mobile 2, la revoici, avec son lot de fonctions associées. Comme la possibilité d’alterner entre l’objectif à l’avant ou à l’arrière, de verrouiller la rotation de la nacelle (ce qui peut parfois aider) ou encore de réinitialiser le stabilisateur à sa position zéro grâce à une double pression rapide.

Avec un petit bémol toutefois : la gâchette permettant d’utiliser la fonction de zoom n’est pas super accessible. Heureusement, elle est assez saillante et on parvient tout à fait à l’utiliser sans contorsion désagréable du poignet. Sauf que, si la qualité du zoom de votre smartphone est aussi bonne celle de notre Galaxy Note 9, on vous déconseille vivement de l’utiliser. Le résultat est pixelisé et le grossissement très saccadé.

Galaxy Note 9 sur Osmo Mobile 3

Galaxy Note 9 sur Osmo Mobile 3

On remarque aussi très vite que la poignée de l’Osmo Mobile 3 est légèrement inclinée vers l’avant, ce qui offre une prise en main plus naturelle et soulage le poignet.  Cette particularité a, en revanche, un impact : il est désormais impossible de faire tenir la perche seule. Ce n’était déjà pas très facile avant sans prendre le risque que les moteurs s’emballent et que le tout tombe, c’est désormais totalement impossible.

Pour réussir à se filmer en posant la perche, il faut soit la fixer à un pied d’appareil photo (que vous auriez déjà) grâce au pas de vis intégré, soit utiliser le mini trépied de DJI. Enfin, celui-ci n’est livré que dans le pack « bundle » que nous recommandons à l’achat. Ce mini trépied se déploie largement et offre une excellente stabilité à l’Osmo Mobile 3. Petite précision, lorsqu’il est replié, le mini trépied rallonge d’une dizaine de centimètres la taille de la perche. De quoi passer au-dessus d’une foule si nécessaire, tout en sachant que les différents boutons de réglage ne sont plus accessibles.

Le tour du propriétaire est fait, tout est installé… il est désormais temps de s’intéresser à l’efficacité de la stabilisation. En fait, sans grande surprise, le résultat est remarquable. Certains vous diront que ce type de stabilisateur n’est désormais plus aussi indispensable que par le passé. Que les capteurs des smartphones sont désormais stabilisés.

Osmo Mobile 3

Osmo Mobile 3

Alors oui, les quelques modèles qui ont une stabilisation atténuent les secousses, mais il s’agit généralement de modèle assez cher et, surtout, nous trouvons la stabilisation mécanique de ces perches encore loin devant. D’autant que la liberté de mouvement apportée par la poignée et les différents curseurs est vraiment très appréciable.

Cerise sur le gateau, l’Osmo Mobile 3 dispose désormais d’une nacelle motorisée qui peut basculer du mode paysage au mode portrait, d’une simple double pression rapide sur le bouton de mise en marche du stabilisateur, qui est aussi le bouton « M, pour menu ». C’est tout simplement génial pour passer d’une vidéo traditionnelle à une vidéo qui aura pour vocation d’être partagée sur les réseaux sociaux.

Le mode Selfie n’est pas oublié. Pour l’activer, il suffit de presser trois fois sur la gâchette à l’arrière pour que la vidéo bascule de l’objectif au dos du smartphone à celui en façade. Faut-il préciser que ces fonctions ne sont opérationnelles que si la perche est connectée en Bluetooth au smartphone. Et d’ailleurs, lorsque c’est le cas, cela permet de profiter du savoir-faire de DJI en matière de logiciel.

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DJI Mimo : un logiciel au top

L’application DJI Mimo n’est ni plus ni moins, selon nous, que LE grand point fort de cet Osmo Mobile 3. Le constructeur chinois maîtrise le matériel, mais le logiciel et il le prouve régulièrement. L’application compagnon de la perche propose encore une multitude de fonctions pour « professionnaliser » encore un peu plus son style.

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C’est notamment au sein de l’application qu’on trouve tout ce qu’il faut pour régler la vitesse de déplacement sur les deux axes de la nacelle. Mais c’est là aussi qu’on choisit comment activer l’impressionnante technologie Active Track 3.0. Rappelons qu’il s’agit ici de la fonctionnalité de suivi d’une personne ou d’un objet. De façon classique, le suivi s’active soit en encadrant ledit sujet en dessinant un cadre sur l’écran du smartphone, soit en optant pour le contrôle gestuel. Dans ce dernier cas, il suffit, par exemple, de faire un « V » avec deux doigts pour que le tracking se focalise sur nous.

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La lampe torche du smartphone est utilisée pour vous notifier que l’application DJI Mimo vous a identifié et que l’enregistrement démarre. Le résultat est vraiment bluffant. Bien sûr, il est tout à fait possible de faire décrocher l’Osmo Mobile 3, mais avec des déplacements « normaux » tout se passe vraiment bien.

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C’est aussi sur DJI Mimo qu’on peut accéder aux fonctions de « Timelapse, hyperlapse ou encore Panorama », mais celles-ci sont aussi présentent dans les mobiles. Elles seront toutefois ici gérées par la nacelle et seront parfaitement stabilisées. En revanche, en déroulant le menu du haut en mode Timelapse, on accède au mode « motion timelapse ».

Là, on sélectionne l’intervalle de prise de vue, la durée, mais aussi les quatre points par lesquels la nacelle devra passer pendant son mouvement. Là encore, le résultat est vraiment sympa.

Mode Story et édition : toujours plus d’assistance

Enfin, DJI Mimo un mode « Story » dans lequel l’application vous guide pour créer des vidéos, essentiellement courtes, et destinées aux réseaux sociaux. Avec ce mode Story, il ne faut que quelques instants pour créer des vidéos courtes dynamiques et plutôt bien fichues. Treize séquences sont disponibles sous le mode Story et pour les réaliser il suffit de suivre les tutoriels associés pour chaque mode.

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Certains y ajoutent du texte, mais on regrette que celui-ci ne soit pas modifiable. Heureusement, il est possible de personnaliser ses vidéos en utilisant cette fois-ci le mode d’édition. Celui-ci permet d’ajouter de découper ses séquences, ajouter un titre, des filtres ou encore de la musique. Un véritable petit outil de création qui permet de réaliser des vidéos directement depuis son mobile. Les options ne sont pas infinies, mais cela reste amusant et le mode story nous aide à travailler nos prises de vue pour créer des séquences toujours plus réussies.

Prix et disponibilité

Le DJI Osmo Mobile 3 coûte 109 euros et sa disponibilité est prévue pour 4 octobre 2019 :

L’Osmo Mobile 3 est également vendu en pack avec un étui de transport pour 129 euros à la Fnac, et 149 euros avec un trépied sur Amazon.

Note finale du test 9/10
Vous l'aurez compris, notre verdict concernant l'Osmo Mobile 3 est très positif. Même si nous envisagions une version pliante encore plus compacte, il faut reconnaître que pour une première mouture, le résultat est très bon. La housse permet de le transporter sans problème et le fait qu'il soit plié dans un sac à dos nous rassure. Les moteurs étant verrouillés, on craint moins de l'abîmer. Une nouvelle fois DJI propose un matériel de qualité avec une partie logicielle efficace. On apprécie d'autant plus l'ensemble que l'Osmo Mobile 3 est affiché à 109 euros en version de base et 129 euros en bundle. Des prix intéressants pour un produit agréable à utiliser.
Points positifs
  • Le très bon rapport qualité/prix
  • La conception qui libère la connectique
  • La qualité du logiciel
  • La bascule entre les modes portrait et paysage
Points négatifs
  • Pas si compact que cela
  • Batterie non remplaçable