Annoncé à l’E3 2017, South Park Phone Destroyer est désormais disponible en soft-launch dans certains pays. Nous avons testé le nouveau jeu mobile d’Ubisoft et il s’avère étonnamment addictif.

Ubisoft a proposé à l’E3 2017 une conférence de qualité, rythmée, remplie d’annonces plus ou moins surprenantes et avec un « one more thing » qui a conquis son public (Beyond Good and Evil 2). Peu après la nouvelle bande-annonce du jeu South Park The Fractured But Whole (L’Annale du Destin), la série animée de Trey Parker et Matt Stone est revenue à l’écran avec Phone Destroyer, un jeu mobile dans la veine de Clash Royale. Désormais disponible en soft-launch, le jeu est passé entre nos mains, et voici ce que nous en pensons !

 

Un univers totalement déjanté

Comme son nom l’indique, South Park Phone Destroyer se déroule à South Park, dans le Colorado, où les enfants les plus trashs de la télévision cherchent un nouveau jeu. Leur choix se porte donc sur Cowboys VS Indiens et pour prendre la tête de la faction aux six-coups, le Shérif Cartman fait appel au New Kid, aka le joueur lui-même. Pour cela, il n’hésite d’ailleurs pas à briser le quatrième mur et à nous contacter directement par FaceTime. Une utilisation des codes du mobile plutôt amusante et ingénieuse.

Au fil du temps, des coups fourrés et des ajouts de mauvaise foi, vous comprendrez rapidement que les cowboys et les indiens ne sont pas les seuls personnages de cet univers impitoyable et qu’ils sont rapidement rejoints par des pirates, des robots, des extra-terrestres et tous les personnages loufoques de la série animée, mais aussi du jeu The Stick of Truth (La Baton de la Verité).

Bien sûr, tout au long du jeu, on retrouve l’humour crade et politiquement incorrect de South Park, aussi bien dans les petits détails du décor que dans les dialogues, mais aussi jusque dans les descriptions des cartes. Mention spéciale pour la horde de rats « qui viennent probablement de chez Kenny ».

Il est pauvre, il vit forcément avec des rats…

Petit détail inutile, donc indispensable, le joueur peut personnaliser son avatar et changer son accoutrement au fil du jeu. Le New Kid apparaît sur le terrain, avec sa propre barre de vie puisqu’il s’agit de l’objectif principal de la faction adverse.

Cheveux, barbes, yeux, sourcils, sexe… Il y a du choix

Le Clash Royale à la sauce South Park

Oui, car il s’agit bien d’un jeu de cartes à collectionner. Le joueur confectionne son deck et part ensuite à l’assaut de la campagne solo ou du mode PvP (joueur contre joueur). Le système est peu ou prou similaire à celui de Clash Royale, à savoir que chaque carte nécessite une certaine dose d’énergie pour être jouée, celle-ci se remplissant avec le temps. Cela oblige le joueur à bien réfléchir lors de la création de son deck, mais aussi lors de la partie. Enfin, il existe plusieurs types de cartes : les tanks (lents, beaucoup de vie, mais une attaque faible), les guerriers (homogènes), les assassins à distance (a-t-on besoin de préciser ?), les assassins au corps à corps, très fragiles, mais très puissants, et les sortilèges.

Une fois en jeu, nos personnages avancent automatiquement en scrolling horizontal, attaquant les ennemis qui se trouvent sur leur route. Certains peuvent par ailleurs utiliser de temps en temps leur pouvoir spécial quand il est chargé (soin, dégâts de zone, boost de groupe…) sur ordre du joueur.

Le pouvoir de Token est disponible

South Park Phone Destroyer demande donc de bien gérer son deck et ses unités au fil de la partie, mais comme tout jeu de cartes, la chance a un rôle prédominant dans la partie, celle-ci pouvant parfois se jouer presque entièrement sur un bon tirage initial. Il est dommage par ailleurs de ne pas pouvoir sélectionner précisément la cible de ses unités une fois celles-ci posées, ce qui aurait apporté une autre dimension tactique.

Chaque partie se termine par un tirage au sort qui permet de gagner de l’or, des composants ou des cartes, les deux premiers servant à améliorer les troisièmes. Notons que pour améliorer son deck, on peut également profiter d’un booster gratuit toutes les 4 heures (contenant aussi bien des cartes que des bonus).

Je peux utiliser un billet pour avoir une chance de récupérer la carte

Avancer n’est pas trop difficile au début, d’autant qu’il est possible de refaire jusqu’à 15 fois un même niveau, la difficulté augmentant à chaque fois, de même que ses récompenses. Avec le temps, on se retrouve cependant rapidement confronté à des combats plutôt ardus où la chance joue un rôle non négligeable.

Joueur contre joueur

Mais au-delà du mode histoire, le mode JcJ reste le principal aspect du jeu. Débloqué après quelques niveaux seulement, il permet d’affronter d’autres humains dans un combat en un contre un. Pas de bâtiment à détruire ici comme c’est le cas dans Clash Royale, ni de scrolling comme en mode histoire, mais un héros doté d’une barre de vie en trois sections. Le vainqueur est celui qui arrive à tuer le chef de l’équipe adverse, ou qui a infligé le plus de dégâts au bout de 3 minutes de jeu.

Un bon tirage initial qui m’offrira la victoire

Pour l’heure, Phone Destroyer est encore en soft launch et le nombre de joueurs est encore limité. Les temps d’attente peuvent donc s’étendre à plusieurs minutes en fonction de l’heure et le matchmaking manque encore de rigueur, les combats étant assez peu souvent serrés. Ces problèmes devraient cependant s’atténuer avec le temps et le nombre de joueurs.

Ubisoft a promis que Phone Destroyer ne serait pas un Pay to Win, mais le deck du joueur a bien sûr un impact énorme dans la partie. Pour le moment, je n’ai pas ressenti le besoin de passer à la caisse pour gagner des parties, mais sur le long terme, cela reste à confirmer.

Une monnaie utilisable uniquement dans la boutique PvP

Notons que chaque victoire permet de gagner en niveau et ainsi obtenir de nouvelles récompenses.

 

Le point graphismes et sons

Tout comme The Stick of Truth avant lui, Phone Destroyer est très fidèle à l’esprit de la saga, aussi bien dans les dialogues que dans les graphismes et la bande-son du jeu. Les voix sont celles de la série (en VO sous-titré), l’humour est omniprésent, les animations dignes du dessin animé et la musique accompagne bien le tout.

Ubisoft (ou plutôt Red Lynx, son studio s’étant occupé du développement) a poussé l’immersion en ajoutant des notifications identiques à celles de WhatsApp pour ajouter des dialogues entre les multiples protagonistes. Celles-ci sont cependant un peu trop omniprésentes par moment, et le spam en pleine bataille juste à l’endroit où l’on aimerait cliquer pour déclencher un pouvoir spécial n’est pas toujours appréciable.

La discussion est marrante, mais un peu agaçante

Précisons également que le jeu nécessite une connexion constante, même pour le mode solo. N’espérez pas lancer le jeu dans les couloirs du métro parisien donc… Pensez bien à fermer complètement l’application en sortant également, elle est assez énergivore.

 

Free to play ou pay to win ?

South Park Phone Destroyer est donc un free-to-play avec achats in-apps. Le jeu est dépourvu de publicités obligatoires, mais il est possible d’ouvrir une case à récompense supplémentaire à la fin d’une partie après avoir regardé une vidéo. Un système plutôt bien pensé.

Obtenir des cartes en partie solo n’est pas trop dur, mais les faire évoluer nécessite tout de même de jouer un certain temps. Les plus pressés pourront donc passer à la caisse pour s’offrir des boosters, ou pour profiter directement d’une offre spéciale contenant tout le nécessaire pour faire évoluer une carte. Ubisoft ne force pas la main, mais tout est fait pour donner envie de débourser quelques euros.

J’avoue avoir presque craqué tant cette carte est essentielle…

Les monnaies virtuelles sont nombreuses (pièces, billets et tickets JcJ) et on s’y perd un peu. Ubisoft gagnerait à simplifier un peu tout cela, d’autant qu’il existe du coup plusieurs boutiques différentes, chacune ayant sa propre monnaie, et on s’y perd un peu.

 

Un jeu pour les fans, mais pas que

Comme The Stick of Truth, et a priori Fractured but Whole, Phone Destroyer est un jeu qui s’adresse avant tout aux fans de la série en renvoyant au plus profond de leur nostalgie de nombreux clins d’œil à leurs épisodes préférés. L’esprit fantasque est bel et bien conservé et le grand nombre de personnages aide à multiplier les vannes et autres jeux de mots pourris qui prêtent à sourire, voire à s’esclaffer à gorge déployée.

Mais tout comme le jeu sorti sur console, Ubisoft ne sacrifie pas le gameplay sur l’autel du fan-service et propose une copie très léchée de JCC/tower-defense, aussi bien en solo qu’en multi. Il reste certains points à équilibrer encore, mais c’est bien là tout l’intérêt d’un soft-launch, et il ne fait aucun doute que Phone Destroyer a un grand potentiel en plus d’être très addictif. D’ailleurs à ce propos, je crois que le Shérif Cartman m’attend, on a une invasion robotique à éradiquer.