Le feuilleton Bouygues-Altice-Free poursuit son cours, après l’offre de rachat surprise de Bouygues Telecom par Numericable dimanche dernier. Le troisième opérateur confirme la proposition, tandis qu’Iliad affirme sa volonté de prendre part à l’affaire.

BouyguesLes informations du Journal du Dimanche, publiées hier et confirmées par diverses autres sources, ont été confirmées par deux des principaux intéressés tôt ce matin. Bouygues a donc bel et bien reçu une « offre non sollicitée d’entrée en négociations pour la cession de Bouygues Telecom », envoyée par Altice, la maison-mère de Numéricable et, depuis le printemps 2014, de l’opérateur SFR. Si l’acquéreur potentiel du troisième opérateur hexagonal ne s’est pas encore publiquement exprimé sur le sujet, Iliad, détenteur de Free Mobile, envoyait lui aussi quelques mots ce matin, quelques minutes avant son confrère.

Si pour Bouygues, il s’agit principalement d’indiquer qu’il n’était jusqu’alors pas publiquement à vendre, pour Free Mobile, il est question de son rôle à jouer dans le rachat de l’opérateur. Iliad se montre d’ailleurs plutôt flou sur son rôle exact, puisqu’il annonce en réalité « être entré en négociations exclusives avec Numericable-SFR pour l’achat d’un portefeuille d’actifs dans le cadre de l’offre remise par Altice en vue de l’acquisition de Bouygues Telecom par Numericable-SFR » dans une courte communication.

Cette cession d’actifs était déjà évoquée hier, et dans les rumeurs courant sur le sujet depuis de longs mois, par le JDD. Il s’agirait en réalité pour Numericable de mettre plus de dix milliards d’euros sur la table pour acheter Bouygues Telecom, et de céder en contrepartie une partie des antennes et fréquences Bouygues à Free Mobile. Le quatrième opérateur français, malgré la croissance rapide de son réseau, est encore à la traîne sur ses concurrents et bénéficierait ainsi d’une croissance rapide lui permettant de tenir ses engagements de développement pris auprès du gouvernement. Emmanuel Macron, le ministre de l’Économie, assurait hier que « le temps n’est pas à des rapprochements opportunistes auxquels plusieurs peuvent trouver un intérêt qui ne retrouve pas ici l’intérêt général ». Le temps sera toutefois aux négociations pour l’attribution des bandes de fréquences 700 MHz, dont les cartes risquent d’être redistribuées en cas de rachat de Bouygues Telecom par Numericable-SFR.

Bouygues Telecom confirme du moins un point en matière de calendrier : « Le conseil d’administration de Bouygues se réunira mardi 23 juin 2015 pour examiner la lettre d’Altice. Aucune négociation n’est en cours ».