Steam Machine : un youtubeur pousse la RAM à 64 Go et mesure le gain obtenu

64 Go, vraiment utiles ?

 
Le youtubeur ETA Prime a démonté la Steam Machine de Valve et poussé sa mémoire de 16 à 64 Go. Verdict : c’est faisable, mais le gain est plus limité qu’on ne l’espère.

La Steam Machine de Valve sort avec une seule barrette de 16 Go de mémoire vive, ce qui la fait tourner en single channel. Le youtubeur ETA Prime a voulu voir jusqu’où on pouvait pousser la machine : il l’a entièrement démontée, puis a remplacé cette barrette par deux modules de 32 Go, soit 64 Go au total. Au passage, il a aussi troqué le SSD d’origine de 2 To contre un modèle de 4 To.

Le problème est que la mémoire n’est pas posée bien en vue. Elle se trouve sous la carte mère, coincée entre l’alimentation intégrée et le gros dissipateur thermique.

Pour y accéder, il faut presque tout sortir : capot, ventilateur sur mesure, blocs d’entrées-sorties amovibles, puis séparer la carte mère du reste.

Bref, ce n’est pas l’affaire de cinq minutes, et cette manipulation peut faire peur sur une machine vendue plus de 1 000 euros.

Pourquoi Valve s’est contenté d’une seule barrette

A priori, deux barrettes de 8 Go auraient mieux fait l’affaire : en dual channel, le processeur lit la mémoire sur deux canaux à la fois, ce qui aide dans les jeux gourmands en calcul. Valve n’a pas pu. L’ingénieur Yazan Aldehayyat, interrogé par Digital Foundry, explique que trouver des barrettes de 8 Go était devenu « littéralement impossible » à cause de la pénurie de mémoire. La marque a donc opté pour une seule barrette de 16 Go en single channel. On vous détaillait pourquoi ce choix bride certains jeux et comment la flambée des prix de la RAM explique en grande partie le tarif salé de la console.

Pour aller plus loin
« Si on dit non, alors ils ne nous parlent plus » : Valve balance sur sa relation toxique avec les fabricants de RAM pour la Steam Machine

Ajouter une deuxième barrette identique permet justement de retrouver le dual channel. Sauf qu’au moment où ETA Prime fait sa manipulation, il ne constate pas de bond de performance évident, et il l’explique simplement : la machine reste limitée par ses 8 Go de mémoire graphique (la VRAM), soudée à la carte et non modifiable. À l’intérieur, on trouve un processeur AMD personnalisé à six cœurs et douze threads, épaulé par une partie graphique de classe Radeon RX 7600. C’est cette mémoire graphique fixe qui dicte le plafond, pas la quantité de RAM système.

Faut-il vraiment passer à 64 Go ?

Suite à ce test, honnêtement, non, pas pour la plupart des gens. ETA Prime le dit lui-même : 16 Go suffisent largement pour jouer, et vu les prix actuels de la mémoire, monter à 64 Go relève surtout du caprice de bricoleur. Lui avait des barrettes qui traînaient, d’où l’expérience. Si vous voulez quand même gagner un peu, la voie raisonnable reste d’ajouter une seconde barrette de 16 Go pour activer le dual channel, sans viser des capacités démesurées.

Côté stockage, le raisonnement est le même. Plutôt que de payer le prix fort pour un SSD interne de 4 To, ETA Prime rappelle qu’un disque externe USB ou une carte SD coûtent bien moins cher pour stocker davantage de jeux. C’est plus lent au chargement, mais ça fait le travail. Avant de vous lancer dans tout ça, jetez plutôt un œil à ce que disent les premiers tests de la Steam Machine : le matériel plaît, c’est le prix de 1 039 euros qui passe mal. Et si l’idée d’un PC SteamOS maison vous tente, on a aussi monté notre propre équivalent pour moins cher.

La bonne nouvelle, c’est que Valve a conçu une machine réparable et upgradable, même si l’accès à la RAM demande de la patience. Pour qui veut juste jouer, on laisse les 16 Go en place. Pour qui veut le petit gain du dual channel, une seconde barrette de 16 Go suffit, sans dépenser une fortune dans 64 Go que rien ne viendra exploiter.


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