Les tests de la Steam Machine sont là : une bien belle boîte, mais bien trop chère

Belle, mais trop chère

 
Les premiers tests de la Steam Machine sont tombés, et le verdict est sans appel. Les médias et créateurs adorent la console et son design mais ne peuvent pas digérer le prix.
Source : Rock Paper Shotgun

La Steam Machine est enfin disponible en pré-commande à un tarif supérieur à 1000 euros. La console-PC de Valve est déjà passée dans les mains de nombreux testeurs anglo-saxons qui semblent arriver à la même conclusion : l’objet est superbe, mais le prix est rédhibitoire.

Voici une revue de presse des différents tests de la nouvelle console de Valve.

Un design qui fait l’unanimité

C’est le point sur lequel les testeurs s’accordent sans réserve. Digital Foundry parle d’un matériel « magnifiquement conçu » et « quasiment silencieux ». Rock Paper Shotgun y voit un « triomphe discret du design hardware ». Pour donner une idée de la taille : c’est un cube compact, qu’on compare souvent à la GameCube de Nintendo, mais légèrement plus haute.

La machine reste froide et discrète, et les ports en façade, dont le lecteur de carte microSD, tombent bien sous la main. Pour IGN, ce format minuscule associé à un hardware capable est un vrai argument.

Source : Tom’s Hardware

The Verge insiste sur un point : ce gabarit, vous ne pouvez pas le reproduire vous-même. Le média rappelle ainsi que Valve vend ces composants à prix coûtant, en négociant avec les fournisseurs au beau milieu d’une crise sans précédent sur le marché de la mémoire. La manette dédiée, le Steam Controller, récolte elle aussi les louanges des testeurs, notamment dans sa connexion instantanée avec la console.

Source : Eurogamer

Performances : du niveau console (et encore)

Là, les avis se nuancent. Richard Leadbetter, de Digital Foundry, résume la machine comme offrant « des performances d’entrée de gamme pour un PC grand public capable de faire tourner les derniers titres à des résolutions correctes ».

Concrètement, Digital Foundry situe son GPU (la puce graphique) entre une Radeon RX 6600 et une RX 7600, soit du 1080p ou 1440p en réglages élevés. Le 1440p reste jouable, souvent avec de l’upscaling, mais il faut gérer les paramètres pour obtenir une bonne expérience. Les 8 Go de VRAM (la mémoire dédiée à la carte graphique) deviennent un frein pour le 4K avec ray tracing.

IGN a testé plusieurs jeux en réglages moyens : Cyberpunk 2077 et Forza Horizon 6 tournaient autour de 60 images par seconde, Death Stranding 2 plutôt vers 45, et 007 First Light juste sous les 60. Ce n’est pas le 60 images par seconde verrouillé qu’une PS5 ou une Xbox Series X garantit, ces consoles s’appuyant sur de la résolution dynamique.

Comparaison des performances sur Crimson Desert // Source : Digital Foundry

C’est tout le problème : la Steam Machine dépasse les consoles seulement quand un jeu est bien optimisé pour elle, et pas toujours de façon spectaculaire. Linus Tech Tips a été plus dur, jugeant qu’il n’y avait « aucun chemin menant à une performance acceptable sur ce hardware », surtout face aux promesses de 4K à 60 images par seconde de Valve. Côté processeur, en revanche, le Zen 4 est nettement plus moderne que le Zen 2 des consoles actuelles.

Pour aller plus loin
Pourquoi la Steam Machine n’a qu’une barrette de mémoire et comment cela bride vos jeux

Expérience SteamOS : pratique, mais encore des bugs

SteamOS, le système maison de Valve déjà rodé sur le Steam Deck, est l’autre gros argument. IGN va jusqu’à le qualifier de meilleur PC de salon jamais utilisé par son testeur, justement parce qu’on navigue tout à la manette, installé sous la télévision, sans clavier ni souris. L’avantage massif reste la bibliothèque Steam : grâce à la couche de compatibilité Proton, l’immense majorité des jeux Windows tournent sous Linux.

Pour Dave2D, l’expérience logicielle « transforme radicalement le jeu sur PC » en offrant l’ergonomie fluide et immédiate d’une console de salon, loin des contraintes de Windows. Le créateur est un fervent critique de Windows pour le jeu vidéo.

Tout n’est pas parfait pour autant. The Verge a relevé des soucis à la configuration : réglages d’affichage, paramètres de jeux, dépendances manquantes, fiabilité de la mise en veille. Autrement dit, la Steam Machine ressemble à une console et se comporte davantage comme une console qu’un PC classique, mais ce n’est pas encore le branche-et-joue parfait. Plusieurs testeurs notent que Valve corrige encore des bugs au fil des mises à jour.

Le consensus : belle machine, mauvais timing

Sur le fond, tous les testeurs tiennent le même discours : le hardware est réussi, le prix est le vrai obstacle. PC Gamer voit dans la machine « la plus grande victime de la crise de la RAM à ce jour », ce qui en fait selon lui « une curiosité coûteuse plutôt qu’une machine de jeu pour le grand public ».

Andy Edser, du même PC Gamer, résume sans détour : malgré le joli design, l’excellente manette et la curiosité qu’elle suscite, il ne l’achèterait pas. IGN parle d’un tarif « difficile à avaler ». Eurogamer estime que la machine est bluffante vu sa taille, mais pas du tout rentable si vous savez assembler un PC vous-même et que le format compact ne vous obsède pas.

Pour qui vaut-elle le coup, alors ? Pour le joueur qui a déjà des centaines de jeux sur Steam, qui veut une machine compacte et silencieuse sous sa télé, et qui n’a pas envie de bricoler une configuration. Pour tous les autres, surtout ceux qui visent les exclusivités PlayStation ou Xbox, une PS5 Pro ou un PC assemblé revient moins cher pour de meilleures performances. Valve a fait une belle machine au pire moment du marché.

Pour aller plus loin
« C’est plus cher que ce que nous aurions voulu » : même Valve n’est pas content du prix de la Steam Machine


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