Bluesky : le nombre d’utilisateurs actifs est en chute malgré les nouveautés

 
Bluesky continue d’enregistrer des inscriptions, mais son cœur bat plus lentement, le nombre d’utilisateurs vraiment actifs recule, et l’entreprise regarde déjà ailleurs.
Source : Bluesky

La santé d’un réseau social se mesure généralement à son nombre d’utilisateurs actifs, ceux qui reviennent chaque jour publier et lire. Et sur ce terrain, Bluesky recule grandement. Selon TechCrunch, la base d’utilisateurs actifs de la plateforme est en forte baisse, même si son compteur d’inscriptions, lui, continue de grimper.

Fin 2024, Bluesky avait pourtant été le grand gagnant du dégoût provoqué par les changements sur X d’Elon Musk. Des millions de personnes avaient migré vers ce réseau ouvert, au fonctionnement proche de l’ancien Twitter, jusqu’à franchir la barre des dizaines de millions de comptes. Une bonne partie des nouveaux venus a créé un compte, sans rester actif sur le réseau.

Beaucoup d’inscrits, de moins en moins de présents

Concrètement, le nombre de comptes créés progresse toujours, mais la fréquentation quotidienne s’essouffle. Les estimations de Similarweb, reprises par TechCrunch, chiffrent ce reflux.

En juin 2026, l’application mobile de Bluesky ne comptait plus que 10,4 millions d’utilisateurs actifs par mois, soit 27,2 % de moins qu’un an plus tôt.

Le nombre d’utilisateurs quotidiens a fondu dans les mêmes proportions, autour de 3 millions en juillet (-25,6 % sur un an).

Au total, l’application a perdu plus de la moitié de son audience mensuelle par rapport à son pic de fin 2024, alors même que le compteur de comptes enregistrés approche désormais les 46 millions.

On parle d’un réseau social jeune, qui devrait toujours être en pleine croissance et viser le milliard d’utilisateurs actifs. On en est loin.

Bluesky regarde déjà au-delà de son application

Pendant ce temps, l’entreprise élargit son horizon au-delà de l’application. Elle investit dans l’AT Protocol, la brique technique ouverte qui permet à d’autres services de se greffer sur son réseau. Applications tierces, outils de modération, briques de vérification d’identité : l’idée est de bâtir un écosystème entier, ouvert, où les utilisateurs pourraient passer d’un service en conservant leur identité grâce à un profil unique, sans perdre leurs abonnés.

Le pari est cohérent sur le long terme. Un protocole ouvert peut survivre à la mode d’une seule application et faire de Bluesky l’infrastructure d’un web social moins verrouillé que celui de Meta ou de X. Reste que cette stratégie arrive à un moment délicat, à trop miser sur la technologie qui fait socle, sans une application populaire pour pousser les usages.

Bluesky n’est pas en train de mourir : la communauté fidèle est bien là, et sa technologie ouverte reste sans vrai équivalent. Mais un réseau social vit de ses conversations quotidiennes, et c’est précisément là que le vent tourne. Le vrai défi des prochains mois sera de reconvertir les curieux en habitués.


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