Plus un adolescent passe de temps sur un smartphone, moins il est heureux. C’est en tout cas ce que suggère une récente étude menée sur plus d’un million de jeunes.

« Quand j’étais petite, personne n’avait de smartphone, mais on n’avait de toute façon pas besoin de ça pour être heureux ». Sans être totalement hermétique aux nouvelles technologiques, ma grand-mère — comme beaucoup de grands-mères je suppose — ne manque jamais de rappeler qu’elle a toujours su vivre sans.

Elle sera donc sans doute peu surprise en apprenant qu’une étude tend à prouver que plus les adolescents passent du temps sur leurs smartphones, moins ils sont heureux. Explications.

Bonheur en déclin

Ladite étude a été réalisée par l’université du Michigan — et relayée par le Los Angeles Times. Pour bien la comprendre, il faut retenir deux choses essentielles. La première c’est que dans les années 90 et au début des années 2000 aux États-Unis, de nombreux indicateurs montraient que les niveaux de satisfaction et d’estime de soi des adolescents américains étaient très élevés.

La deuxième, c’est qu’en 2012, ces mêmes indicateurs ont commencé à chuter drastiquement et ne cessent de baisser année après année. Or 2012 a aussi été l’année où le smartphone a franchi une étape importante : plus de 50 % des Américains possédaient un mobile multifonction, cinq ans après l’annonce du premier iPhone.

Il y a donc corrélation entre la démocratisation du smartphone et la chute du bonheur des adolescents. Mais faut-il y voir un lien de causalité ? D’après les chercheurs de l’université du Michigan, la réponse est oui.

Moins de smartphones = plus de bonheur pour les ados

Ils ont observé plus d’un million de collégiens et lycéens (8e, 10e et 12e grades) entre 1991 et 2016. D’après eux, le temps passé devant l’écran d’un smartphone (jeux vidéo, navigation web, réseaux sociaux, chats et appels vidéo) est inversement proportionnel au bonheur de ces adolescents.

Les filles et les garçons qui utilisaient le moins leur téléphone avaient plus d’estime d’eux-mêmes et étaient satisfaits de leur vie. À l’inverse, les adolescents les plus malheureux passaient plus de 40 heures par semaine devant l’écran de leurs smartphones.

La faute aux réseaux sociaux ?

Cette étude n’est pas sans rappeler toutes les critiques portées à l’encontre des réseaux sociaux. Instagram et Snapchat seraient ainsi les pires plateformes pour le bien-être des jeunes, tandis qu’un ancien haut responsable de Facebook estimait que cela détruisait la trame de la société.

Cela n’a pas empêché le plus grand réseau social au monde de lancer Messenger Kids pour toujours attirer un public plus jeune.

L’étude de l’université du Michigan est intitulée « Diminution du bien-être psychologique parmi les adolescents américains après 2012 et liens au temps passé devant les écrans pendant la montée en puissance de la technologie des smartphones » et peut être achetée ici.

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