Depuis le début de l’année 2018, nous voyons éclore ça et là des smartphones avec un lecteur d’empreintes placé sous l’écran et invisible à l’oeil de l’utilisateur. Tout cela est bien beau, mais une question subsiste : pourquoi cette technologie est-elle encore si rare dans les marchés occidentaux ?

En début d’année, nous étions particulièrement enthousiasmés de pouvoir essayer un smartphone avec un lecteur d’empreintes sous l’écran. À l’époque, il ne s’agissait que d’un prototype de Vivo qui a fini par être commercialisé quelques semaines plus tard sous le nom de Vivo X20 Plus UD.

À partir de là, on a pu assister à l’apparition de plusieurs appareils dotés de la même technologie. L’Ulefone T2 Pro, le Leagoo S10 ou encore le Vivo NEX (eh oui encore Vivo). Mais tous ces modèles sont toujours confinés à quelques marchés asiatiques et ne voient pas le jour dans les pays occidentaux.

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Il y a bien eu quelques vains espoirs avec le Samsung Galaxy Note 9 rapidement effacés par les nombreuses images en fuite qui le dévoilent. Aussi, d’aucuns ne manqueront pas de signaler que le Huawei Mate RS Porsche Design est quant à lui bel et bien disponible sur le Vieux Continent. Cependant, le prix conseillé de ce dernier est mirobolant et atteint les 1 695 euros pour la déclinaison la plus modeste. Autant dire qu’il n’est pas destiné au plus grand nombre.

Enfin, on peut toutefois rester optimiste et se convaincre que le Xiaomi Mi M8 Explorer Edition sera un jour disponible en France.

Rareté du composant

Nous sommes donc déjà dans la seconde moitié de l’année 2018 et aucun smartphone vraiment notable disposant d’un lecteur d’empreintes invisible placé en dessous de la dalle n’est disponible sur les marchés occidentaux. Et parmi toutes les hypothèses que nous avons pu imaginer, la rareté du composant nécessaire nous a paru être la plus plausible.

En effet, quand on voit que la commercialisation des produits susmentionnés se concentre quasi exclusivement en Asie — voire presque uniquement en Chine –, il semble que l’industrie de la téléphonie n’a pas une grande capacité de production de scanners d’empreintes sous l’écran.

Il serait alors logique que les marques souhaitant profiter de cette intégration se concentrent en priorité sur leur marché natal pour y tester en comité restreint le succès de la fonctionnalité et collecter les retours de leurs utilisateurs. Autre stratégie qu’applique très clairement Huawei avec son dernier Porsche Design : réserver cette technologie à un modèle luxueux dans une optique de renforcer l’image de marque plutôt que de chercher à vendre un grand nombre d’exemplaires.

Différentes stratégies

D’un côté, on aurait donc toutes ces marques peu connues en dehors de leurs frontières à l’instar d’Ulefone ou de Leagoo qui ont tout intérêt à intégrer ce genre de technologies dans leurs appareils pour leur conférer un aspect inédit, voire spectaculaire, et ainsi faire croître la notoriété de l’entreprise.

De l’autre, on trouverait des marques mieux installées sur le marché global telles que Huawei, Vivo ou Xiaomi qui testent en quelque sorte cette nouveauté sur une déclinaison spéciale d’un modèle phare ou sur un produit-vitrine. En évitant pour l’instant de proposer un lecteur d’empreintes sous l’écran sur leurs flagships les plus populaires, les marques évitent également le risque d’avoir affaire à un trop grand nombre d’utilisateurs en colère en cas de défaillance.

Décision irrévocable

Imaginez si le Galaxy S9 avait profité d’un capteur d’empreintes invisible, mais très critiqué : Samsung aurait été obligé de proposer une alternative, mais il n’aurait certainement pas pu retourner à un capteur classique à la surface. Une fois qu’un très grand nombre de consommateurs pourront profiter d’un lecteur d’empreintes à l’avant sans sacrifier la taille de l’écran, ils ne voudront jamais revenir en arrière. Cet aspect irrévocable est donc évidemment à prendre en compte.

Il semblerait donc que les constructeurs, encore frileux, tâtonnent le terrain pour être 100 % rassurés sur la fiabilité de cette technologie avant de la proposer au plus grand nombre en l’intégrant dans leurs smartphones vendus partout dans le monde. Soyons patients, cela arrivera bien un jour.

À moins que tout le monde ne fasse comme l’iPhone X ou l’Oppo Find X : se débarrasser du lecteur d’empreintes pour tout miser sur la reconnaissance faciale 3D.

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