Lisa Su (AMD), une femme d’affaires des plus influentes… dans un monde d’hommes

 

Première femme à diriger AMD en 50 ans d’existence, Lisa Su est aujourd’hui intronisée au rang des femmes d’affaires les plus influentes par le magazine américain Fortune. Une performance de premier ordre dans un milieu de la Tech très masculin — et au sein duquel les figures féminines sont encore rares.

Lisa Su, Présidente d’AMD, en juin 2015 / Crédit : Wikimedia

Lisa Su, Présidente d’AMD, en juin 2015 / Crédit : Wikimedia

Le fait d’armes mérite d’être noté : le magazine Fortune intègre Lisa Su, 49 ans, à son classement des femmes d’affaires les plus influentes du monde. Non contente d’être la première femme à diriger AMD, Lisa Su est aussi la seule femme actuellement à la tête d’une entreprise spécialisée dans les semi-conducteurs… un milieu traditionnellement — et quasi exclusivement — conduit par des hommes.

Lisa Su : itinéraire de la femme qui a contribué à réanimer AMD

Passée chez Texas Instruments, IBM ou encore Freescale, Lisa Su était nommée en 2012 Senior Vice President et General Manager d’AMD. Alors dans la tourmente, l’entreprise avait su profiter du dynamisme de sa nouvelle Vice Présidente pour décrocher de gros contrats. L’intéressée a en effet joué un rôle significatif dans le processus qui aura amené Sony et Microsoft à choisir les processeurs customs d’AMD pour leurs Xbox One et PS4 respectives. Un premier succès qui fait passer Lisa Su à l’échelon supérieur. En octobre 2014, la native de Taïnan (ville côtière du sud de Taïwan) était ainsi bombardée CEO et s’engageait aussitôt dans des investissements porteurs, tout en accélérant le développement de nouvelles technologies.

Une politique alors saluée par les analystes, comme le rappelle Tom’s Hardware, qui pointait « l’expérience intensive » de Lisa Su en la matière. Un pari risqué pour AMD, alors à la peine face à Intel sur les marchés du processeur, qui devait toutefois s’avérer porteur.

En 2016, la dirigeante des rouges annonçait que son groupe était à l’œuvre sur une toute nouvelle génération de processeurs ainsi que sur une nouvelle architecture semi-custom destinée aux futures consoles de salon. Une annonce qui avait permis à l’action d’AMD de retrouver des couleurs en bourse, et ce alors qu’un an plus tôt, en 2015, 40% des revenus de la firme émanaient de la seule vente de processeurs pour consoles de jeu.

Le lancement des premières puces Ryzen : un tournant pour AMD… et sa dirigeante

En 2017, AMD commençait à récolter le fruit de ses investissements et des efforts déployés par Lisa Su depuis sa prise de fonction en tant que CEO. Les rouges étaient en mesure de dévoiler une génération flambant neuve de processeurs. Les premiers CPU Ryzen étaient enfin là pour entamer une reconquête de parts de marché au détriment d’Intel.

Leur atout sur les Intel Core ? Un rapport performances / prix imbattable, et la promesse des perfectionnements technologiques qu’AMD ne manquerait pas d’apporter à son architecture ZEN. Des perspectives radieuses confirmées en juillet dernier avec le lancement des processeurs Ryzen de troisième génération, gravés en 7 nm et profitant de l’architecture ZEN 2.

Les progrès considérables d’AMD sur le marché du serveur sont également à pointer au travers des puces EPYC. Lancées pour la première fois en 2017 et perfectionnées cette année grâce à la gravure en 7 nm de TSMC, elles ont aussi permis à AMD de raffermir considérablement ses positions sur un secteur monopolisé par Intel depuis des années.

Quelques semaines avant d’ajouter Lisa Su à son classement des femmes d’affaires les plus influentes, Fortune indiquait à propos de son leadership que ce dernier avait atteint « un point d’inflexion majeur » lors du lancement cet été des nouvelles puces Ryzen. Une offre renouvelée qui a, selon le média, « devancé les meilleures [puces] d’Intel ». Une assertion confirmée en applicatif et sur le terrain des data-centers, même si AMD reste encore en léger retrait face à Intel sur le secteur du gaming.

La sortie des processeurs Ryzen de troisième génération et Epyc de seconde génération (qui doit être complétée en novembre par l’arrivée de nouveaux processeurs AMD Threadripper) a en tout cas fait grimper l’action d’AMD de 66% par rapport à l’année dernière. Un autre succès à porter au crédit de Lisa Su.

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