« Mesures coercitives extraterritoriales » : l’administration Trump prend la défense d’Elon Musk et de X face à l’Union européenne

 
Le ministère de la Justice étasunien vient d’envoyer un coup de semonce à l’Europe en se glissant dans l’affaire qui oppose Bruxelles à Elon Musk et son réseau social X. De quoi relancer les hostilités technologico-législatives entre les deux continents.
Elon Musk repart à l’attaque contre l’UE avec l’aide de l’administration Trump // Crédit : Corentin Béchade pour Frandroid

L’administration Trump cherche à réaffirmer sa supériorité administrative sur toutes les questions relatives aux géants du web. Dans un communiqué publié le 24 septembre 2026, le ministère de la Justice accuse l’Union européenne d’avoir dépassé les bornes de l’acceptable en imposant une amende de 120 millions d’euros à Elon Musk et à son réseau social X.

Le Tribunal de l’Union européenne a donc été saisi pour faire annuler la sanction sous prétexte qu’il s’agirait d’un « abus des pouvoirs réglementaires européens », note le Financial Times. En creux, il s’agit surtout d’un front de plus ouvert dans la guerre technologique qui oppose les États-Unis et l’Europe et d’une bataille symbolique pour la régulation du secteur du numérique.

Dissoudre l’UE

Rembobinons un instant. En décembre dernier, la Commission européenne condamne le réseau social X à une amende de 120 millions d’euros au titre de la législation sur les services numériques. Au cœur de l’affaire, le manque de transparence concernant les publicités publiées sur X, l’interopérabilité trop limitée de la plateforme, mais surtout la « conception trompeuse » de la coche bleue qui permet à n’importe qui d’obtenir un compte « vérifié ».

Rapidement ensuite, Elon Musk s’emporte, appelle à l’abolition de l’Union européenne et qualifie les régulateurs européens de « commissaires wokes de la Stasi ». Le conseiller à la sécurité nationale Marco Rubio enchaîne et qualifie l’amende contre X « d’attaque contre le peuple américain » et de « censure ».

Saper le DSA

Si l’affaire en était restée là jusqu’à aujourd’hui, les accusations désormais portées contre Bruxelles sont autrement plus graves. Dans son communiqué, le ministère de la Justice estime que la Commission a « tenté, improprement, d’étendre son pouvoir réglementaire à des entreprises américaines qui ne sont ni présentes ni actives sur son territoire » et indique qu’il ne tolérera pas ces « mesures coercitives extraterritoriales ». Le communiqué affirme même que Bruxelles en aurait profité pour élargir son enquête à Elon Musk lui-même et à ses autres « entités juridiques américaines distinctes […] dont il est propriétaire ».

Pour aller plus loin
Après l’amende de 120 millions, X suspend un des comptes de l’Union européenne

Ce faisant, l’administration américaine espère vider le Digital Services Act de sa substance en prouvant que le texte ne permet pas aux régulateurs européens de s’attaquer à des entreprises américaines, même si elles sont actives sur le Vieux Continent. Un défi de taille, mais Donald Trump n’a jamais caché son dédain pour le texte.


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