Proton veut se lancer dans la course au navigateur Internet pour concurrencer Chrome

 
C’est une des dernières briques logicielles dont les Suisses de chez Proton étaient encore privés. Une récente offre d’embauche semble officialiser la sortie prochaine d’un navigateur web frappé du sceau de l’entreprise.
Crédit : Proton

Proton tente décidément de faire de l’ombre à Google. Après le lancement de son service de mail, de son offre de stockage en ligne, de Proton Pass et de Proton VPN, voilà que l’entreprise envisage sérieusement de créer son propre navigateur web. Toujours en suivant ses principes de protection de la vie privée, évidemment.

Repérée par le site Tweakers.net, l’info nous vient d’une offre d’emploi récemment postée par l’entreprise. Il y est fait mention de la volonté de l’entreprise de créer « un navigateur web axé sur la protection de la vie privée » qui serait « utilisé par des millions de personnes à travers le monde ». De quoi concurrencer frontalement Google Chrome… tout en l’imitant.

Basé sur Chromium

En effet, comme l’indique l’annonce, le futur navigateur web de Proton serait en réalité basé sur Chromium, le cousin open source de Chrome. Il rejoindrait ainsi les rangs de Vivaldi, Edge, Brave, Opera et bien d’autres qui se basent tous sur le même code open source mis à disposition par Google. De quoi refroidir les ardeurs de celles et ceux qui ont rejoint l’écosystème Proton pour justement échapper à la domination du géant de la recherche.

Pour aller plus loin
Microsoft Edge passe officiellement à Chromium : Google et Mozilla (Firefox) réagissent

Pour autant, utiliser le moteur de rendu et le code de Chromium ne signifie pas forcément que le navigateur transmettra vos informations personnelles à Google. D’après l’entreprise, il s’agirait même d’implémenter des fonctionnalités de blocage de contenus, de lutte contre le fingerprinting et de limitation de la télémétrie. Bref, un navigateur Chromium façon Proton avec un accent important mis sur la protection de la vie privée.

A priori, le logiciel serait d’abord pensé pour les systèmes d’exploitation de bureau (macOS, Windows et Linux), même si une version mobile n’est pas à exclure vu la politique de Proton sur le sujet. Reste encore aux équipes de l’entreprise de trouver le temps de se concentrer là-dessus en parallèle de la pléthore d’autres projets déjà sur le feu.

Renforcer le monopole de Chrome ?

Si réutiliser le code de Chromium vient avec certains avantages (notamment celui d’être compatible avec toutes les extensions faites pour Chrome), cela risque aussi de renforcer la position de Google sur le marché des navigateurs web et particulièrement celle de son moteur de rendu Blink, qui domine déjà largement le marché.

Pour aller plus loin
Google bientôt forcé de revendre Chrome malgré tout ?

Pour un écosystème pensé pour concurrencer celui de Google, cela peut être étonnant, surtout quand le code de Firefox et de son moteur de rendu Gecko est tout aussi ouvert et accessible. On pourrait aussi citer le projet Ladybird, qui tente de créer un nouveau navigateur réellement indépendant du duopole Blink/Gecko et qui est soutenu, entre autres… par Proton.


Le saviez-vous ? Google News vous permet de choisir les médias que vous suivez. Ne passez pas à côté de Frandroid et Numerama.

Recherche IA boostée par
Perplexity