Siri : après avoir vu son médecin, il accuse Apple d’avoir envoyé des pubs sur son traitement

 

Apple devra répondre d'une action collective en justice qui accuse Siri d'avoir écouté des conversations privées. Les plaignants affirment avoir reçu des publicités ciblées en rapport avec le contenu de leurs échanges privés.

Apple Siri va traiter la reconnaissance vocale hors ligne.

Siri va traiter la reconnaissance vocale hors ligne. // Source : Apple

Qui ne s’est jamais demandé si son téléphone écoutait d’une oreille indiscrète ses conversations privées ? Comme le rapporte Reuters, un juge fédéral américain a déclaré ce jeudi 2 septembre qu’Apple allait devoir faire face à une class action (une action collective en justice) à cause de l’indiscrétion de son assistante vocale, Siri.

À en croire le récit de plusieurs plaignants, le système créé en 2011 aurait enregistré des conversations privées de ses utilisateurs après une « activation accidentelle », et Apple aurait ensuite révélé leurs contenus à des tiers — pour ne pas dire à des publicitaires. C’est du moins ce que vont essayer de prouver les plaignants, avec l’aide de leurs avocats.

Des données médicales enregistrées ?

La marque à la pomme va donc être poursuivie pour non-respect de la loi fédérale sur les écoutes téléphoniques, la loi californienne sur la protection de la vie privée et pour rupture de contrat. En revanche, la plainte pour concurrence déloyale n’a pas été suivie par le magistrat.

Toujours selon le juge Jeffrey White, la vie privée d’un utilisateur de Siri aurait par exemple été bafouée après que la marque lui a envoyé des publicités ciblées pour un « traitement chirurgical d’une certaine marque », alors qu’il n’avait échangé qu’avec son médecin à propos de ce traitement, dans le cadre d’une conversation privée.

Atteinte de la vie privée

Autre exemple tiré de la plainte, deux personnes affirment avoir discuté de divers produits et marques (des baskets Air Jordan, des lunettes Pit Viper et Olive Garden) avant de recevoir des publicités ciblées pour ces produits.

« Apple reproche aux plaignants de ne pas alléguer le contenu de leurs communications, mais le cadre privé suffit à lui seul à démontrer une attente raisonnable en matière de vie privée », a considéré le juge.

Précisons que ce n’est pas parce qu’un procès est intenté à une marque que celle-ci est automatiquement jugée et coupable. Ce premier jugement valide simplement le fait qu’un procès va avoir lieu pour déterminer si oui ou non, Apple est fautif.

Par ailleurs, il convient de rappeler les arguments d’Apple en matière de vie privée. D’une part, la firme a toujours affirmé que si Siri pouvait parfois écouter par erreur, les contenus étaient anonymisés. D’autre part, Apple n’a pas construit son modèle économique sur la publicité ciblée et a toujours martelé le fait qu’il ne revendait pas les données utilisateurs aux annonceurs.

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