
BYD a considérablement étoffé sa gamme depuis son arrivée sur le marché européen. L’Europe a demandé au constructeur chinois de s’adapter aux nouvelles réglementations, notamment aux taxes d’importation visant les voitures électriques fabriquées en Chine.
BYD a ainsi lancé une importante gamme de voitures hybrides rechargeables et ouvrira cette année 2026 une première usine en Hongrie pour produire ses voitures électriques. Le constructeur prévoit également l’implantation d’une seconde usine, en France ou en Espagne.
Toutefois, les modèles qui seront fabriqués en Europe restent des voitures développées en Chine, puis adaptées autant que possible aux attentes du marché européen.
Avec la nouvelle BYD Dolphin G, le constructeur chinois annonce un véritable changement de paradigme en développant, pour la première fois, une voiture spécifiquement conçue pour l’Europe et qui ne sera pas commercialisée en Chine. BYD adopte ainsi une stratégie comparable à celle des grands constructeurs mondiaux, comme Toyota, Volkswagen ou Stellantis, qui développent et adaptent leurs gammes en fonction des différents marchés.
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La première BYD commercialisée uniquement en Europe
L’Europe est l’un des marchés les plus importants pour BYD. Elle permet au constructeur de lisser les variations de la demande en Chine, qui entraînent des capacités de surproduction. Désormais confronté à une concurrence accrue de la part de constructeurs comme Geely, mais aussi Chery et SAIC sur son marché domestique, BYD doit diversifier ses débouchés afin de moins subir cette pression concurrentielle.
C’est pourquoi le continent européen suscite un tel intérêt de la part de BYD, mais également des autres constructeurs chinois. BYD semble toutefois prendre une longueur d’avance en Europe. Il s’agit aujourd’hui du constructeur chinois qui vend le plus de véhicules sur le Vieux Continent et, avec cette nouvelle BYD Dolphin G, il lance un modèle annoncé comme spécialement développé pour le marché européen.

Lorsque j’ai posé la question à l’équipe de communication de BYD pour savoir si cette Dolphin G DM-i serait commercialisée ailleurs qu’en Europe, la réponse a été très claire : non, cela n’est pas prévu à ce stade.
BYD franchit ainsi une étape importante en développant une voiture exclusivement destinée à une région du monde située hors de Chine. Cette stratégie rappelle celle de constructeurs mondiaux comme Toyota, dont l’Aygo a avant tout été conçue pour le marché européen, avec seulement quelques rares incursions sur d’autres marchés.
Mais qu’est-ce qui change concrètement ?
BYD a donc lancé la Dolphin G DM-i, une citadine hybride rechargeable que nous avons déjà pu essayer. À son volant, nous avons pu remarquer plusieurs éléments qui semblent avoir été pensés pour le marché européen.
Premièrement, le comportement routier est plus rigoureux. Les suspensions sont plus fermes. Les modèles de BYD, comme de nombreuses autres voitures chinoises, avaient jusqu’à présent tendance à privilégier le confort de suspension au détriment du dynamisme. Or, en Europe, les automobilistes sont habitués à des voitures offrant un comportement routier plus incisif. Des suspensions très souples peuvent donc être déroutantes.

Par ailleurs, BYD a choisi pour l’Europe un gabarit particulièrement plébiscité. Il s’agit d’une citadine du segment B, véritable cœur de bataille des constructeurs européens en raison de la forte demande des clients sur ce marché.
Pensée pour l’Europe mais venant de Chine
Bien que BYD implante progressivement une partie de ses activités de recherche et développement en Europe, en accompagnement de l’ouverture d’une usine sur le Vieux Continent, en Hongrie, le développement de la Dolphin G DM-i a été réalisé principalement en Chine, en collaboration avec un bureau d’études européen.

La production de la voiture est également assurée en Chine. Certes, BYD met actuellement en service une usine en Hongrie et prévoit la construction d’une seconde unité de production en Europe, vraisemblablement en France ou en Espagne. Toutefois, ces sites seront destinés à la fabrication de voitures électriques. En effet, l’Union européenne applique des droits de douane supplémentaires sur les voitures électriques produites en Chine. En revanche, ces mesures ne concernent pas les voitures hybrides. BYD n’a donc aucun intérêt, à ce stade, à produire cette Dolphin G DM-i en Europe.
Le nouveau best-seller de BYD en Europe ?
Logiquement, si BYD affirme avoir développé la Dolphin G DM-i pour l’Europe, on s’attend à la voir devenir le best-seller de la marque sur notre marché.
Pour séduire les automobilistes européens, BYD a choisi le format d’une citadine du segment B. Il s’agit d’une grande citadine qui vient presque concurrencer certaines berlines compactes. Son style n’est pas particulièrement athlétique en raison de sa silhouette de mini-space, mais cette forme favorise l’habitabilité et la vie à bord.

Autre grande nouveauté : BYD a fait le choix d’une motorisation hybride rechargeable, une première sur ce segment. Avec une batterie pouvant atteindre 18,3 kWh, l’autonomie en mode électrique peut grimper jusqu’à 105 km. Elle associe ensuite un moteur thermique 1,5 litre pour une puissance cumulée de 212 chevaux. Une technologie que l’on retrouve également sur le SUV BYD Atto 2 DM-i.

BYD a analysé les contraintes européennes avec les normes CO2 contraignant la vente de voitures thermiques et la transition encore lente vers des voitures électriques. Cette motorisation PHEV tente de répondre à ces contraintes.
La Dolphin G DM-i se positionne ainsi entre les citadines hybrides simples que sont la Renault Clio E-Tech, la Toyota Yaris ou encore la Dacia Sandero Hybrid, et les nombreuses concurrentes électriques. Si certains considèrent qu’elle combine les avantages de la voiture électrique et ceux d’un modèle thermique, elle en reprend aussi les deux principales contraintes. Il faut en effet recharger régulièrement la batterie pour profiter de sa grande autonomie électrique, tout en conservant la nécessité de faire le plein d’essence pour poursuivre ses trajets. Un fonctionnement qui peut être contraignant alors qu’une grande partie des citadins n’ont toujours pas accès à une prise de recharge privée.

Avec du recul, BYD semble avoir observé attentivement le marché européen et constaté qu’aucune voiture hybride rechargeable n’était présente sur ce segment. Le constructeur affirme donc avoir développé un modèle pour l’Europe avec une motorisation commercialisée dans le monde entier. Cette motorisation ne permet pas, par exemple, de bénéficier du bonus écologique en France.
Pour nous, BYD a surtout souhaité renforcer son offensive sur le marché européen avec une citadine, un segment particulièrement stratégique sur le Vieux Continent, en s’appuyant sur des technologies déjà éprouvées. Il est difficile d’affirmer que la Dolphin G DM-i n’a pas été développée pour l’Europe puisqu’elle est, à ce jour, commercialisée uniquement sur ce marché. Toutefois, elle ne repose pas non plus sur des technologies spécifiquement conçues pour répondre aux besoins des automobilistes européens.
Alors vraiment pertinente pour l’Europe ?
Une citadine hybride rechargeable débutant à 23 990 euros avec la finition Active, qui embarque une batterie de 7,4 kWh offrant une autonomie électrique de 40 km, ou à 26 990 euros pour la version Boost équipée d’une batterie de 18,3 kWh permettant jusqu’à 105 km d’autonomie, devrait trouver son public. Elle affiche un tarif similaire à celui d’une Toyota Yaris Hybride de 116 chevaux, qui ne se recharge pas, mais dont les consommations de carburant restent proches. La Dolphin G DM-i se distingue toutefois par un habitacle plus spacieux.

En revanche, son arrivée ne devrait pas provoquer un raz-de-marée. Contrairement aux citadines électriques, elle ne peut pas bénéficier du bonus écologique en France. De plus, l’usine hongroise de BYD permettra au constructeur de produire ses modèles électriques en Europe et ainsi de les rendre éligibles à cette aide. Les modèles électriques comme la BYD Dolphin Surf ou la BYD Atto 2 pourraient alors devenir aussi accessibles financièrement que cette Dolphin G DM-i, comme le détaille Numerama.
Ainsi, BYD propose bien pour la première fois un modèle commercialisé uniquement en Europe. Toutefois, affirmer qu’il a été pensé exclusivement pour notre continent semble peut-être un peu excessif. Si cette carrosserie n’existe effectivement nulle part ailleurs dans la gamme BYD, les technologies utilisées sont issues de modèles déjà existants. Le BYD Atto 2 DM-i dispose par exemple lui aussi d’une version Super Hybrid, dans un format relativement proche. Il s’agit en réalité d’un concentré des technologies PHEV de BYD dans un format légèrement plus compact.

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