Test du Framework Laptop 16 version 2026 : puissant, réparable et évolutif, mais à quel prix ?

Un PC taillé sur carte mère

Le Framework Laptop 16 revient en 2026 avec un Ryzen AI 9 HX 370, une GeForce RTX 5070 Laptop de 12 Go et toujours cette promesse unique sur le marché : un PC portable gaming entièrement démontable, évolutif et réparable. On l'a poussé dans ses retranchements, du path tracing à l'IA locale.
Framework Laptop 16 // Crédits : Frandroid
 

Framework occupe une place à part dans le paysage du PC portable. Une petite part de marché mais une position importante.

Là où tous les constructeurs scellent, collent et soudent, la marque américaine conçoit des machines pensées pour être ouvertes, réparées et mises à niveau par leur propriétaire. Après un Framework Laptop 13 Pro très convaincant face aux MacBook, et une première salve du Laptop 16 en 2025 où j’avais démonté la machine pour y installer une RTX 5070, voici la nouvelle configuration 2026.

Pour aller plus loin
Test du Framework Laptop 16 (2025) : j’ai démonté mon PC portable pour y mettre une RTX 5070

Au menu : un AMD Ryzen AI 9 HX 370 (Zen 5, 12 cœurs / 24 threads), une GeForce RTX 5070 Laptop en architecture Blackwell avec 12 Go de GDDR7, 32 Go de DDR5 en dual-channel et un SSD WD_BLACK SN7100 de 2 To. Une différence notable face à la config testée il y a quelques mois : la RTX 5070 passe ici à 12 Go de VRAM, contre 8 Go sur la version précédente. Ces 4 Go supplémentaires changent beaucoup de choses, comme on le verra dans la partie IA.

Fiche technique

CaractéristiquesFramework Laptop 16 (2026, config testée)
ProcesseurAMD Ryzen AI 9 HX 370 (Zen 5, 12C / 24T, 4 Zen 5 + 8 Zen 5c, jusqu’à 5,14 GHz)
GPU dédiéNVIDIA GeForce RTX 5070 Laptop (Blackwell, 12 Go GDDR7, TGP 100 W)
GPU intégréAMD Radeon 890M (16 CU RDNA 3.5)
NPUAMD XDNA 2, environ 50 TOPS (certifié Copilot+)
Mémoire vive32 Go DDR5-5600 (2 × 16 Go, dual-channel, SO-DIMM évolutif)
StockageWD_BLACK SN7100 2 To NVMe PCIe 4.0
Écran16 pouces, 2560 × 1600
RéseauWi-Fi 7 (module RZ717 remplaçable), Bluetooth
Connectique6 emplacements Expansion Cards au choix (USB-C, USB-A, HDMI, DP, jack, microSD, etc.)
Modules d’entréeClavier, touchpad, spacers et modules interchangeables
Baie d’extensionExpansion Bay pour module GPU interchangeable
SystèmeWindows 11 Pro (support Linux officiel)
Prix configuration testée4 442 euros

L’exemplaire de ce test nous a été fourni par Framework.

Le concept : un PC portable qui s’assemble comme un meuble suédois

Avant de parler chiffres, il faut comprendre ce qui rend cette machine unique. Le Framework Laptop 16 n’est pas simplement un portable réparable : c’est un système modulaire complet où presque chaque composant peut être retiré, remplacé ou mis à niveau sans compétence particulière. Framework fournit le seul outil nécessaire (un tournevis-spudger combiné) dans la boîte, publie tous ses guides de réparation en ligne, et vend chaque pièce détachée sur sa boutique en ligne.

Framework Laptop 16 // Crédits : Frandroid

La machine s’articule autour de trois systèmes modulaires distincts. D’abord, les Expansion Cards : six emplacements sur les tranches accueillent des cartes d’extension au format standardisé que l’on insère et retire à chaud. USB-C, USB-A, HDMI, DisplayPort, Ethernet, jack audio, lecteur microSD, stockage additionnel : on compose sa connectique à la carte, littéralement. Un jour trois USB-C pour le bureau, le lendemain un HDMI et un Ethernet pour une présentation. Aucun autre constructeur ne propose ça.

Framework Laptop 16 // Crédits : Frandroid

Ensuite, les Input Modules, le système de modules d’entrée qui occupe tout le pont supérieur de la machine (la zone clavier). C’est probablement la partie la plus spectaculaire du concept.

Framework Laptop 16 // Crédits : Frandroid

Le clavier, le touchpad et les éléments qui les entourent sont des modules magnétiques interchangeables, sans le moindre outil.

Framework Laptop 16 // Crédits : Frandroid

On peut choisir un clavier avec ou sans pavé numérique, positionner le touchpad au centre, à gauche ou à droite, combler les espaces avec des spacers (des caches de finition disponibles en plusieurs couleurs), ou même installer des modules exotiques comme un pavé macro programmable (le Macropad) ou une matrice LED décorative. La disposition du poste de travail devient un choix personnel, modifiable en trente secondes.

Framework Laptop 16 // Crédits : Frandroid

Enfin, l’Expansion Bay, la baie arrière qui accueille le module graphique. C’est elle qui permet de passer d’une configuration iGPU seule (machine plus légère et plus endurante) à une configuration avec GPU dédié.

La RTX 5070 de ce test est un module que l’on visse à l’arrière du châssis, connecté en PCIe, et que Framework pourra remplacer par des générations futures. C’est la promesse la plus ambitieuse du produit : mettre à niveau la carte graphique d’un portable comme on le ferait sur une tour.

Montage : SSD, RAM, clavier, tout se fait à la main

J’ai monté moi-même le SSD et la RAM de cette configuration, comme le propose Framework avec ses éditions DIY (Do It Yourself), vendues moins cher que les configurations pré-assemblées. Le processus est d’une simplicité désarmante. Les modules d’entrée se soulèvent à la main grâce aux fixations magnétiques, révélant le plateau interne. Les deux slots SO-DIMM DDR5 et les emplacements M.2 sont immédiatement accessibles, clairement identifiés, avec des QR codes imprimés sur la carte mère qui renvoient directement vers les guides officiels. Le SSD s’installe avec une seule vis imperdable, la RAM se clipse, et le remontage prend moins de cinq minutes.

Framework Laptop 16 // Crédits : Frandroid

Le démontage du clavier montre bien la philosophie : aucune nappe fragile à déconnecter en priant, aucun clip en plastique à casser. On glisse le loquet de déverrouillage, les modules se soulèvent, les contacts se font par pogo pins.

Framework Laptop 16 // Crédits : Frandroid

Même le remplacement complet de l’écran, de la webcam ou de la batterie reste à la portée d’un utilisateur soigneux muni du guide officiel.

Il faut dire que la plupart des constructeurs soudent la RAM et collent les batteries, le choix de Framework mérite donc d’être salué. Elle a un impact direct sur la durée de vie de la machine et sur son coût total de possession.

Framework Laptop 16 // Crédits : Frandroid

Mention spéciale enfin pour le support Linux officiel. Framework documente et supporte activement les principales distributions (Ubuntu, Fedora notamment), publie ses pilotes et collabore avec la communauté. Pour les développeurs et les utilisateurs avancés qui veulent un PC portable gaming ou création sous Linux sans bidouille, c’est une des rares options sérieuses du marché.

Design, écran et finitions : l’utilitaire assumé

Le Framework Laptop 16 assume un design fonctionnel plutôt que spectaculaire. Le châssis en aluminium affiche des lignes sobres, presque austères face aux portables gaming bardés de RGB et d’ailerons. C’est un choix cohérent : la machine vise autant les créateurs et développeurs que les joueurs, et son esthétique discrète passe partout, de l’open space à la salle de réunion. La construction est rigide, sans flexion notable du châssis ni de la dalle, et les finitions ont clairement progressé depuis les premières générations de la marque.

Framework Laptop 16 // Crédits : Frandroid

Il faut être honnête sur un point : la modularité a un coût esthétique. Les jonctions entre les modules d’entrée, les spacers et les Expansion Cards créent des lignes de séparation visibles que n’ont pas les châssis unibody usinés d’un seul bloc. Rien de gênant à l’usage, les modules sont fermement maintenus et rien ne bouge ni ne craque, mais ceux qui cherchent la pureté visuelle d’un MacBook ou d’un XPS ne la trouveront pas ici. C’est le compromis assumé du concept : chaque ligne de jonction est aussi une porte d’entrée pour la réparation et l’évolution.

Framework Laptop 16 // Crédits : Frandroid

L’écran de 16 pouces affiche une définition de 2560 x 1600 pixels, au format 16:10 bien adapté à la productivité avec sa hauteur supplémentaire face au 16:9 classique. La dalle est agréable au quotidien, avec une luminosité confortable en intérieur et une colorimétrie propre pour la retouche photo occasionnelle. Le 1600p natif tombe bien pour le jeu : c’est précisément la définition où la RTX 5070 s’exprime le mieux, comme le confirment nos mesures plus loin. Et fidèle à la philosophie maison, l’écran lui-même est remplaçable : Framework a déjà fait évoluer les dalles de ses machines par le passé, et celle-ci pourra l’être aussi.

Framework Laptop 16 // Crédits : Frandroid

Côté clavier, la frappe est correcte avec une course suffisante et un retour net, sans atteindre les meilleurs claviers du marché portable. Le vrai plaisir est ailleurs : pouvoir choisir sa disposition. Clavier centré avec spacers de part et d’autre, ou décalé à gauche avec pavé numérique, touchpad positionné où on le souhaite : aucune autre machine n’offre cette liberté. Le touchpad lui-même est de bonne taille, précis, avec un clic franc.

Framework Laptop 16 // Crédits : Frandroid

La connectique mérite un mot particulier puisqu’elle est, par définition, celle que vous choisissez. Les six emplacements d’Expansion Cards (trois par côté) acceptent la combinaison de votre choix : USB-C, USB-A, HDMI, DisplayPort, Ethernet, jack audio, lecteur microSD, ou même des modules de stockage additionnel.

Framework Laptop 16 // Crédits : Frandroid

Notez que certains emplacements sont à privilégier pour la charge et les débits maximum, Framework documente précisément les capacités de chaque position. Dans la pratique, on configure une fois selon ses habitudes et on n’y pense plus, avec la possibilité de changer un module en dix secondes quand le besoin évolue. Face aux portables classiques qui figent deux USB-C et un jack pour toute la vie de la machine, la différence de confort est réelle.

Framework Laptop 16 // Crédits : Frandroid

Enfin, le format global reste raisonnable pour une machine de 16 pouces avec GPU dédié. Le module RTX 5070 dans l’Expansion Bay ajoute une excroissance à l’arrière du châssis, qui prolonge légèrement la profondeur de la machine.

Framework Laptop 16 // Crédits : Frandroid

On la remarque, on s’y habitue, et elle participe au refroidissement du GPU. Le poids total reste dans la norme de la catégorie, transportable au quotidien dans un sac à dos sans souffrance, avec un chargeur USB-C de forte puissance qui évite au moins le bloc propriétaire massif des portables gaming traditionnels.

Performances CPU : le HX 370 est costaud et endurant

Le Ryzen AI 9 HX 370 combine 4 cœurs Zen 5 performance et 8 cœurs Zen 5c efficaces, pour un total de 12 cœurs et 24 threads. C’est la même puce que dans le Geekom A9 Max, mais dans un châssis qui lui offre une meilleure marge thermique.

Benchmark CPUScore
Cinebench 2026 Single484
Cinebench 2026 Multi4 497
Geekbench 6 Single2 943
Geekbench 6 Multi15 573
Geekbench 7 Single2 647
Geekbench 7 Multi16 787

Le single-core à 2 943 points sur Geekbench 6 est le meilleur que j’ai relevé sur un laptop dans mes tests récents, et le multi-core à 15 573 points (16 787 sur Geekbench 7) place la machine au niveau des meilleures configurations mobiles Zen 5. Le Cinebench 2026 multi à 4 497 points confirme : pour du montage, de la compilation ou du rendu, le HX 370 abat le travail sans trembler.

Crédits : Frandroid

Le comportement sous charge prolongée est tout aussi convaincant. Sous stress CPU + RAM soutenu via OCCT, la fréquence all-core dérive très lentement de 3 920 vers 3 875 MHz, soit un throttling de 1,2 % seulement, avec une température stabilisée à 81 °C. Autrement dit, la machine tient ses 3,9 GHz all-core sur la durée, sans décrochage brutal. Le CPU consomme environ 43 W en soutenu, un réglage choisi par Framework pour cohabiter proprement avec le GPU (le HX 370 est configurable de 15 à 54 W).

Gaming : le path tracing devient jouable sur un portable de milieu de gamme

C’est la grosse partie de ce test, et elle mérite qu’on prenne le temps. La RTX 5070 Laptop en architecture Blackwell apporte avec elle la Multi Frame Generation de DLSS 4, exclusive aux RTX série 50. Pour mesurer ce que ça change concrètement, j’ai utilisé Cyberpunk 2077, le juge de paix du rendu ray tracing, en explorant tout l’éventail des réglages en 1440p.

Cyberpunk 2077 (2560 × 1440, DLSS 4)FPS moyens
Ultra natif (en 1600p, résolution native de l’écran)56,9 fps
Ray Tracing Ultra + DLSS Qualité45,2 fps
Path Tracing (Overdrive) + DLSS30,5 fps
Path Tracing + DLSS + Frame Gen ×253,8 fps
Path Tracing + DLSS + Frame Gen ×497,6 fps

Lisons ces chiffres dans l’ordre. En Ultra natif sans ray tracing, à la définition native de l’écran (2560 x 1600), le jeu tourne déjà à 57 fps. En activant le Ray Tracing Ultra avec DLSS Qualité, on tient 45 fps, très jouable, et c’est probablement le meilleur rapport qualité visuelle/fluidité pour profiter des reflets et éclairages ray-tracés au quotidien.

Crédits : Frandroid

Le Path Tracing (le mode Overdrive, le rendu d’éclairage le plus réaliste et le plus lourd du jeu) tourne à 30 fps « réels ». C’est là que la Frame Generation entre en scène : en mode ×2, on repasse à 54 fps ; en mode ×4, on frôle les 98 fps, avec des minimums qui ne descendent jamais sous 88 fps. Le path tracing, longtemps réservé aux grosses tours de bureau, devient fluide sur un portable de milieu de gamme. Pour situer, l’iGPU Arc B390 du Framework Laptop 13 Pro ne pouvait même pas lancer ce mode.

Une nuance honnête s’impose sur la Multi Frame Generation : elle interpole des images, donc la fluidité visuelle est superbe, mais la latence d’entrée reste calée sur les 30 fps réels du rendu. En solo sur un jeu comme Cyberpunk, c’est imperceptible. Pour du compétitif nerveux, il faut le savoir et privilégier les modes sans Frame Gen.

Où se situe cette RTX 5070 face à la concurrence ?

3DMark Steel NomadScore
Razer Blade 16 (RTX 5090)6 043
MSI Titan 18 HX (RTX 5090)6 037
Alienware 16 Area-51 (RTX 5080)5 067
ROG Zephyrus G14 (RTX 5070 Ti)3 493
Acer Predator Helios Neo 16S (RTX 5070 Ti)3 262
Framework Laptop 16 (RTX 5070)2 958
Samsung Galaxy Book 6 Ultra (RTX 5070)2 692
Framework 13 Pro (iGPU Arc B390)1 359

La hiérarchie est limpide et le Framework s’y place exactement où il doit : sous les RTX 5070 Ti, 5080 et 5090, mais devant le Samsung Galaxy Book 6 Ultra pourtant équipé de la même RTX 5070 (2 958 contre 2 692). Le châssis de Framework alimente bien son GPU : le RTX 5070 tourne en continu à son TGP maximum de 100 W, la spécification pleine de NVIDIA pour cette puce. La machine n’est pas bridée, elle donne tout ce que ce GPU peut donner. Les scores à 5 000-6 000 points exigent simplement un GPU de gamme supérieure.

Crédits : Frandroid

Face à l’iGPU du Framework 13 Pro, l’écart est de 2,2 fois. Et face aux mini PC de mes tests récents, c’est un gouffre : la RTX 5070 en CUDA signe 192 607 points sur Geekbench 7 GPU, environ 6 fois le Radeon 780M du GMKtec K11 et 12 fois l’iGPU Xe3 du Minisforum MS-03. Un dGPU moderne, c’est un autre monde pour le calcul.

IA locale : ce que CUDA et 12 Go de VRAM changent vraiment

L’autre grosse partie de ce test. La RTX 5070 avec ses 12 Go de GDDR7 et son écosystème CUDA transforme la machine en station d’IA locale nettement plus capable que tous les iGPU que j’ai testés ces derniers mois. J’ai mesuré deux familles d’usages : les modèles de langage (LLM) via Ollama en backend CUDA, et la création générative (image, audio, vidéo).

LLM en local : rapide jusqu’à 14B, avec un mur à 12 Go

Modèle (génération)RTX 5070 (CUDA)Radeon 780M (K11)Arc Xe3 (MS-03)
LLM 3B78 tok/s37 tok/s18 tok/s
LLM 8B69 tok/s16 tok/s9 tok/s
LLM 14B37 tok/s9 tok/s6 tok/s
LLM 32B5,6 tok/s (déborde en RAM)2 tok/snon testé

Tant que le modèle tient dans les 12 Go de VRAM (jusqu’à environ 14 milliards de paramètres en quantification 4-bit), la RTX 5070 vole : 2 à 4 fois plus rapide que les meilleurs iGPU. Un 3B à 78 tokens par seconde, un 8B à 69, un 14B encore fluide à 37 : pour un assistant local quotidien (résumé, rédaction, code, RAG), c’est excellent, privé et hors-ligne. Le traitement du prompt en CUDA est par ailleurs très rapide, jusqu’à environ 1 500 tokens par seconde, idéal pour analyser de longs documents.

Crédits : Frandroid

Le mur arrive à 12 Go. Un modèle 32B pèse environ 20 Go : il déborde alors en RAM système, la moitié du calcul retombe sur le CPU, et le débit s’effondre à 5,6 tokens par seconde. C’est là qu’un iGPU à grosse mémoire partagée reprend l’avantage : le GMKtec EVO-X2 et ses 64 Go de VRAM allouables fait tourner le même 32B à 11 tokens par seconde, et monte jusqu’aux modèles 120B. Le dGPU privilégie la vitesse, la mémoire unifiée encaisse de plus gros modèles. À chacun de choisir selon ses modèles cibles.

IA de création : ce que le dGPU débloque vraiment

Tâche (CUDA)RésultatVRAM utilisée
Image (SDXL 1024²)17,7 s par image (2,16 it/s)11,3 Go
Audio (MusicGen)1,23× le temps réel2,7 Go
Vidéo (text-to-video)15,8 s par clip de 24 images6,9 Go

C’est ici que le GPU dédié justifie vraiment son prix face aux iGPU. Une image SDXL en 1024 x 1024 pixels sort en 18 secondes environ. MusicGen génère de la musique plus vite que le temps réel. Un court clip vidéo text-to-video prend 16 secondes. Ces trois usages sont tout simplement impensables sur les iGPU de mini PC, qui en seraient incapables ou mettraient de longues minutes. Pour un créateur qui veut expérimenter la génération d’image, d’audio ou de vidéo en local, avec ses données qui ne quittent jamais la machine, cette configuration est réellement utilisable au quotidien.

Attention tout de même à la marge : SDXL frôle les 11,3 Go de VRAM sur les 12 disponibles. Pour du batch d’images ou de la vidéo longue, la mémoire se remplira vite. Et notons que le NPU XDNA 2 du processeur (50 TOPS, certification Copilot+) n’est toujours pas exploité par Ollama ou LM Studio : il sert aux fonctions IA de Windows et à quelques applications ONNX. C’est un potentiel encore sous-utilisé, comme sur toutes les machines testées cette année.

Dernier bonus appréciable pour la création : la machine est silencieuse en charge GPU seule. On peut lancer de longues générations d’images ou d’audio sans que le portable ne se transforme en soufflerie.

Stockage, consommation, chauffe et bruit

Le SSD WD_BLACK SN7100 de 2 To est un NVMe PCIe 4.0 haut de gamme qui délivre 6 784 Mo/s en lecture séquentielle et 5 011 Mo/s en écriture, avec 636 000 IOPS en lecture aléatoire 4K et 503 000 en écriture. Aucun goulot d’étranglement à signaler, ni pour le montage vidéo, ni pour le chargement de modèles IA volumineux. Et rappelons qu’un second SSD peut être ajouté, ou celui-ci remplacé, en quelques minutes.

MesureValeur
Consommation CPU soutenueEnviron 43 W (package)
Consommation GPU en jeu100 W constant (TGP max de la RTX 5070)
Température GPU en jeu66 à 71 °C
Température CPU en charge soutenue81 °C stable
Throttling CPUNégligeable (1,2 %, tient 3,9 GHz all-core)
Bruit en jeu (charge mixte CPU + GPU, 1 m)50,8 dB
Bruit en charge GPU seuleDiscret
Bruit en charge CPU légèreSilencieux

Le profil acoustique est particulièrement bien géré : la machine ne souffle vraiment (50,8 dB, soufflerie constante mais sans sifflement) qu’en charge mixte CPU + GPU, c’est-à-dire en jeu. En charge GPU seule, typique de la création et de l’IA, elle reste nettement plus discrète. En usage bureautique, elle est silencieuse. Le bruit suit l’intensité réelle de la charge, ce qui est exactement le comportement qu’on attend.

La chauffe se concentre au centre du clavier, chaude mais pas brûlante, et les zones de repos des mains restent épargnées. En jeu prolongé, le confort reste correct, surtout si l’on joue à la manette ou avec une souris externe évidemment.

Prix : la modularité a un coût, et il est élevé

La configuration testée démarre à 4 442 euros. C’est un tarif très élevé, nettement au-dessus des portables gaming classiques à performances équivalentes : un PC Portable RTX 5070 traditionnel se trouve entre 1 800 et 2 500 euros, et même certains modèles RTX 5070 Ti passent sous les 3 000 euros. À performance brute égale, le Framework coûte grosso modo le double.

Vous pouvez aussi acheter le Framework Laptop 16 dès 1 409 euros avec l’AMD Ryzen AI 5 340, et sans aucune carte d’extension à ce tarif.

Ce surcoût, c’est le prix du concept : la modularité complète, la réparabilité totale, les pièces détachées garanties disponibles, les mises à niveau futures (CPU, GPU, écran) et le support Linux officiel. L’équation économique se raisonne sur la durée : là où un PC portable gaming classique se remplace intégralement au bout de quatre ou cinq ans, un Framework se met à niveau pièce par pièce. Sur huit à dix ans, le calcul peut s’inverser. Mais il faut pouvoir avancer la mise de départ, et adhérer à la philosophie. À l’achat, c’est objectivement un très gros chèque pour une RTX 5070.

Note finale du test
8 /10
Le Framework Laptop 16 version 2026 est un excellent PC portable créateur et gaming. Le Ryzen AI 9 HX 370 délivre une bonne puissance sans throttling notable. La RTX 5070 tourne à sa pleine puissance de 100 W et rend le path tracing fluide en 1440p grâce à DLSS 4 et sa Frame Generation, une première dans ce format et cette gamme de prix. L'IA locale est réellement utilisable, des LLM fluides jusqu'à 14B à la création générative d'images, d'audio et de vidéo que les iGPU ne peuvent tout simplement pas offrir.

Et puis il y a tout le reste, ce qui fait qu'aucune autre machine ne lui ressemble : les modules d'entrée interchangeables, les Expansion Cards qui composent la connectique à la demande, le montage du SSD et de la RAM à la portée de tous, la baie GPU évolutive, les pièces détachées disponibles et le support Linux officiel.

Notez cependant que la RTX 5070 reste un GPU de milieu de gamme (qui n'est pas taillé pour le 4K ultra), les 12 Go de VRAM plafonnent les très gros modèles d'IA, et surtout le tarif de 4 442 euros réserve la machine à ceux qui valorisent vraiment la réparabilité et l'évolutivité. Pour eux, c'est un investissement cohérent sur la durée. Pour les autres, un PC portable gaming classique offre les mêmes performances pour moitié moins cher.

Points positifs du Framework Laptop 16 (2026)

  • Modularité et réparabilité sans équivalent

  • Montage SSD et RAM à la portée de tous, guides officiels et pièces détachées disponibles

  • RTX 5070 exploitée à pleine puissance (100 W constant), devant le Galaxy Book 6 Ultra à GPU égal

  • Path tracing fluide en 1440p grâce à DLSS 4

  • IA locale très capable : LLM fluides jusqu'à 14B, création SDXL / MusicGen / vidéo utilisable

  • Silencieux hors jeu, y compris en charge GPU seule (idéal pour les longues générations IA)

  • Support Linux officiel et documenté

Points négatifs du Framework Laptop 16 (2026)

  • Tarif très élevé

  • Bruit notable en charge mixte CPU + GPU en jeu (50,8 dB)

Recherche IA boostée par
Perplexity