On connaît bien le Framework Laptop 13 chez Frandroid. C’est le PC portable réparable et modulaire par excellence, celui que nous avons testé plusieurs fois, en version Intel comme en version AMD, et qui me sert même de machine Ubuntu au quotidien.
Ici, Framework revient avec une machine très différente. Elle partage le nom « Laptop 13 », mais le « Pro » qui suit n’est pas là pour faire joli : dès la prise en main, on comprend qu’on est face à un autre produit. Les matériaux n’ont plus rien à voir, la rigidité est d’un autre niveau et la finition est la meilleure jamais vue chez le constructeur.
Au programme : un châssis entièrement usiné en aluminium, un écran enfin tactile, un touchpad haptique, un processeur Intel « Panther Lake » et, surtout, une mémoire vive modulaire dans un format encore jamais vu sur un portable de ce gabarit. Tout cela a un prix, et il n’est pas donné.
Fiche technique
| Caractéristiques | Détail de la configuration testée |
| Processeur | Intel Core Ultra X9 388H « Panther Lake » (16 coeurs, jusqu’à 5,1 GHz) + NPU AI Boost |
| Carte graphique | Intel Arc B390 (iGPU, 12 coeurs Xe3, jusqu’à 2,5 GHz) |
| Mémoire vive | 64 Go LPDDR5X-8533 au format LPCAMM2 (modulaire, jusqu’à 96 Go) |
| Stockage | WD_BLACK SN7100 2 To, M.2 2280 PCIe Gen 5 (SSD au choix en version DIY) |
| Écran | IPS LCD tactile, 13,5 pouces au format 3:2, 2880 x 1920, 30-120 Hz, mat, 700 nits annoncés |
| Connectique | 4 slots Expansion Card (Thunderbolt 4, DisplayPort 2.1 et charge 140 W sur les 4), prise jack |
| Réseau | Wi-Fi 7 (Intel BE211) |
| Webcam | 1080p à 30 fps (capteur 9,2 Mpx), obturateurs physiques caméra et micros |
| Audio | 2 haut-parleurs latéraux de 2 W, Dolby Atmos sous Windows |
| Batterie | 74,45 Wh, chargeur 100 W GaN USB-C (optionnel) |
| Dimensions | 296,63 x 228,98 x 15,85 mm |
| Poids | 1,44 kg avec 4 modules d’extension |
| Système | Windows 11 ou Ubuntu 24.04 LTS (au choix, ou rien du tout en version DIY) |
| Garantie | 2 ans (Union européenne) |
| Prix de la config testée | 3 543 € (X9 388H, 64 Go, 2 To) ; config conseillée dès 2 854 € |
La machine de ce test nous a été fournie par Framework.
Un PC livré en kit, monté en quinze minutes
Ce test commence par un tournevis. J’ai reçu le Laptop 13 Pro démonté, en version DIY : il a fallu installer le contour d’écran, le module clavier-touchpad, la mémoire vive et le SSD avant le premier démarrage. Comptez dix à quinze minutes, montre en main, et j’aurais même pu aller plus loin puisque Framework peut livrer la machine en pièces encore plus détachées, écran compris.

Pour ceux qui découvrent la marque, un mot sur le concept. Framework est une jeune société américaine partie d’une idée à contre-courant de toute l’industrie : traiter le PC portable comme une tour de bureau.

Sur un PC fixe, personne ne jette sa machine parce que le processeur vieillit. On change la carte mère, on ajoute de la mémoire, on remplace le SSD, et le boîtier traverse tranquillement les années. C’est exactement la logique appliquée ici, dans un format de 15,85 mm d’épaisseur : chaque composant évolue indépendamment des autres, au rythme de vos besoins et de votre budget.

Tout est guidé, tout est documenté. Quand on ouvre la machine, chaque pièce porte un QR code qui renvoie vers sa fiche, ses caractéristiques et des tutoriels de remplacement pas à pas.

Un souci matériel dans trois ans ? On commande la pièce sur la boutique en ligne du constructeur et on la change soi-même. C’est toute la philosophie de la marque, et elle est ici poussée plus loin que jamais.

Le morceau de bravoure, c’est la mémoire vive. Sur la quasi-totalité des ultraportables récents, la LPDDR5X est soudée à la carte mère : impossible d’en ajouter, la configuration choisie à l’achat vous suit jusqu’à la benne. Framework utilise ici le format LPCAMM2, un petit module amovible qui combine la faible consommation de la LPDDR5X avec la possibilité de l’échanger.

Vous pouvez acheter la machine en 16 ou 32 Go aujourd’hui, et passer à 64 voire 96 Go dans deux ans si vos besoins évoluent.

Dans le contexte actuel de flambée des prix de la mémoire vive, c’est un argument très concret : plutôt que de surpayer une grosse configuration dès maintenant, on peut lisser la dépense. Seule ombre au tableau, le format LPCAMM2 reste rare dans le commerce en 2026. Les modules existent, mais il faut les chercher, et les prix suivent la crise du marché de la DRAM.

Même logique pour le reste : le SSD est un M.2 2280 standard, la carte Wi-Fi se remplace, et surtout la carte mère entière pourra être échangée. Framework propose presque chaque année de nouvelles cartes mères Intel ou AMD compatibles avec ses châssis existants : on garde l’écran, le clavier, le touchpad, la batterie, la RAM et le SSD, et on ne change que le coeur de la machine. Nous l’avons déjà fait plusieurs fois, sur le Laptop 16 comme sur le Laptop 13 classique, et ça fonctionne vraiment très bien. Le Laptop 13 Pro s’inscrit dans cette continuité.

Petit bonus apprécié des bricoleurs : chez Framework, la carte mère remplacée n’est pas condamnée à la poubelle. Les anciennes cartes mères de la marque peuvent entamer une seconde vie dans un petit boîtier, transformées en mini-PC de bureau ou en serveur domestique.

Au-delà du portefeuille, c’est aussi un vrai argument écologique : dans un marché où des millions de portables finissent en déchets électroniques à cause d’un seul composant vieillissant, cette approche change concrètement la durée de vie du matériel.
Pour aller plus loin
Comment nous avons donné une seconde vie à notre PC Framework Laptop grâce à Cooler Master
Design et ergonomie
C’était mon principal reproche envers les Framework jusqu’ici. La finition n’était pas en cause, mais la qualité perçue restait en retrait face à la concurrence au même prix.

Le Laptop 13 Pro corrige le tir. Le châssis est désormais entièrement usiné CNC dans de l’aluminium 6063 (avec 75 % d’aluminium recyclé sur les capots, précise Framework). Le résultat se sent immédiatement en main : c’est rigide, dense, sans le moindre craquement. On est enfin au niveau de ce qu’on attend d’une machine premium.

Concernant le gabarit : 15,85 mm d’épaisseur et 1,44 kg avec les quatre modules, c’est plus épais et plus lourd que certains ultraportables Asus ou que le MacBook Air. C’est le prix de la modularité, avec des connecteurs, des vis et des pièces remplaçables partout là où la concurrence soude et colle. Le compromis me semble largement acceptable, mais il faut le savoir.

Le clavier est l’une de mes très bonnes surprises. La course de 1,5 mm est franche, avec une vraie sensation de frappe. Je la trouve même meilleure que celle d’un MacBook : il y a plus de débattement, plus de matière sous les doigts.

Et grâce au nouveau capot d’entrée tout en métal, la platine ne s’enfonce nulle part, même en tapant fort au centre. C’est un clavier d’une grande qualité.

Le touchpad passe lui aussi un vrai palier. C’est le premier touchpad haptique de Framework : il n’y a plus de mécanisme physique qui s’enfonce, mais quatre éléments piézoélectriques qui simulent le clic par vibration, avec un retour uniforme sur toute la surface et une intensité réglable.

Le clic est identique en haut comme en bas du pavé. C’était souvent le point faible des PC portables face aux Mac ; ici, c’est réglé.

Côté connectique, on retrouve le système signature de la marque : quatre slots Expansion Card dans lesquels on clipse les ports de son choix. Bonne nouvelle, les quatre slots sont cette fois identiques et acceptent tous le Thunderbolt 4, le DisplayPort 2.1 et la charge jusqu’à 140 W. Je suis parti sur une configuration très simple, trois USB-C et un USB-A plein format, mais on peut opter pour du HDMI, du DisplayPort, un lecteur de cartes, du stockage additionnel ou même de l’Ethernet. Ce dernier module dépasse un peu du châssis, mais il fonctionne très bien. Un dongle ? Connais pas.

Le principe technique de ces cartes d’extension est d’une simplicité désarmante : chaque module est en réalité un petit adaptateur qui vient se glisser dans un logement USB-C interne. C’est ce qui rend le système fiable et pérenne, puisque les cartes achetées pour un précédent Framework restent utilisables, et le catalogue s’enrichit régulièrement, jusqu’à des modules de stockage de 250 Go ou 1 To qui jouent le rôle de SSD externe intégré au châssis. On compose sa connectique le matin selon sa journée.

Mention spéciale enfin pour l’audio, que je n’attendais pas à ce niveau. Les deux haut-parleurs latéraux de 2 W offrent une vraie spatialisation, avec un effet stéréo très bien reproduit, et la compatibilité Dolby Atmos sous Windows renforce l’immersion sur les contenus adaptés. La webcam 1080p et les micros conservent leurs obturateurs physiques, et le lecteur d’empreintes est compatible Windows Hello comme libfprint sous Linux.

Un écran tactile, mat et bien né
Précision importante : je n’ai pas encore pu passer la sonde colorimétrique sur cette dalle. Les mesures précises (couverture des espaces colorimétriques, DeltaE, luminosité réelle) viendront compléter ce test. Ce qui suit relève donc de mon ressenti et des chiffres annoncés par Framework.
Mon ressenti est excellent. La dalle IPS LCD de 13,5 pouces au format 3:2 affiche 2880 x 1920 pixels, avec un rafraîchissement variable de 30 à 120 Hz. Framework annonce 700 nits en pointe, 100 % de l’espace sRGB et une calibration effectuée dalle par dalle en usine. À l’usage, les couleurs sont belles, les angles de vision très bons, la luminosité largement suffisante, et le traitement mat efface la quasi-totalité des reflets. L’écran est aussi tactile, une première sur un Framework.
J’assume une position qui va faire réagir : mieux vaut un bon écran IPS LCD qu’un mauvais écran OLED. Beaucoup d’acheteurs ont en tête que l’OLED est systématiquement supérieur, mais dans cette gamme de prix, les dalles OLED brillantes cumulent souvent reflets envahissants et rendu décevant en usage bureautique. Framework a cherché le bon compromis pour une machine de travail, et je trouve qu’il l’a trouvé.
Windows 11, Ubuntu plus tard
J’ai mené ce test sous Windows 11, l’OS qui parle au plus grand nombre. Mais Framework assure un support complet d’Ubuntu 24.04 LTS et d’autres distributions Linux, et je sais qu’une bonne partie des acheteurs du Laptop 13 Pro basculeront sur Linux, pour de très bonnes raisons.
Sur mes précédentes machines Framework, je n’ai pas constaté de gros écarts de performances entre Windows et Ubuntu, y compris en jeu et en IA locale : c’est avant tout un choix d’usage. Je referai un passage dédié sous Ubuntu sur cette machine dans un second temps.
Performances
Passons aux choses sérieuses. Ma configuration de test embarque le haut de gamme de la plateforme : un Core Ultra X9 388H, la nouvelle architecture « Panther Lake » d’Intel, épaulé par 64 Go de LPDDR5X-8533 partagés entre le CPU et le GPU. Tous les benchmarks ont été réalisés selon mon protocole habituel : Windows 11, mode Performances élevées, machine sur secteur, résultats comparés à la base de PC portables et de mini-PC déjà passés au labo.
À l’unité, le coeur Panther Lake impressionne. Avec 506 points en single-coeur sous Cinebench 2026, le Laptop 13 Pro décroche tout simplement le meilleur score de tout mon panel, mini-PC de bureau compris. Au quotidien, cela se traduit par une réactivité irréprochable : navigation, bureautique, montage léger, tout répond au quart de tour.
| Benchmark CPU | Score mesuré |
| Cinebench 2026 single-coeur | 506 points (meilleur score du panel) |
| Cinebench 2026 multi-coeur | 3 844 points |
| Geekbench 6 single-coeur | 2 923 points |
| Geekbench 6 multi-coeur | 15 077 points |
| 7-Zip | 88 598 MIPS en multi, 8 666 en mono |
Mémoire et stockage sont deux points forts nets. La LPDDR5X-8533 délivre 139,4 Go/s de bande passante, un chiffre de station de travail, et le SSD WD_BLACK SN7100 en PCIe Gen 5 atteint 6 800 Mo/s en lecture séquentielle, 5 631 Mo/s en écriture et 811 000 IOPS en lecture aléatoire 4K.
Le multi-coeur, borné par le format
En revanche, dès qu’on sollicite tous les coeurs ou le GPU dans la durée, l’enveloppe thermique d’un châssis de 13 pouces se paie. Et j’ai pu le quantifier très précisément, car j’ai testé un mini-PC de bureau doté exactement du même GPU Arc B390 et d’un CPU de la même famille : le GMKtec EVO-T2S. À composants quasi identiques, seul le châssis change.
| Benchmark | GMKtec EVO-T2S (mini-PC) | Framework 13 Pro (laptop) | Écart |
| Cinebench 2026 multi | 4 345 | 3 844 | -12 % |
| Geekbench Vulkan (GPU) | 63 857 | 51 789 | -19 % |
| Geekbench 6 multi | 15 665 | 15 077 | -4 % |
| IA locale, LLM 3B (tok/s) | 47,1 | 37,4 | -21 % |
Le boîtier de bureau extrait 4 à 21 % de plus des mêmes puces, simplement parce qu’il dissipe mieux la chaleur. Le Framework n’y est pour rien. Un format portable de 13 pouces dissipe forcément moins de chaleur qu’un boîtier de bureau. À watts et à silicium équivalents, un PC portable de 13 pouces ne suivra jamais un boîtier de bureau en charge soutenue.
Face aux autres PC portables de ma base de tests, un détail plus gênant apparaît en revanche. En Cinebench 2026 multi-coeur, le Framework (3 844) se fait dépasser par des machines à puce égale, voire inférieure : le Zenbook Duo d’Asus, avec exactement le même Core Ultra X9 388H, obtient 4 488 points, soit 17 % de mieux. Et des portables équipés du X7 358H, le cran en dessous, comme le Samsung Galaxy Book 6 Pro (4 207), passent aussi devant. À composant identique, le Framework laisse des performances sur la table : son enveloppe de puissance soutenue est réglée volontairement bas.
| PC portable | Cinebench 2026 multi |
| MacBook Pro M5 Pro (Apple M5 Pro) | 8 356 |
| Zenbook A16 (Snapdragon X2 Elite) | 6 852 |
| Galaxy Book 6 Ultra (Core Ultra 7 356H) | 4 950 |
| Zenbook DUO (même Core Ultra X9 388H) | 4 488 |
| Galaxy Book 6 Pro (Core Ultra X7 358H) | 4 207 |
| Framework 13 Pro (Core Ultra X9 388H) | 3 844 |
Endurance : constant, mais plafonné
Ce réglage conservateur a une contrepartie très positive : l’endurance. J’ai soumis le CPU à une charge de 100 % sur tous les coeurs pendant 8 minutes, en suivant la fréquence réelle. La fréquence all-core tient environ 3 384 MHz de façon parfaitement stable pendant 6 minutes 30, puis se stabilise autour de 3 220 MHz, soit une baisse de seulement 4,8 %. Pas d’effondrement, pas de yo-yo thermique : une fois son régime de croisière atteint, le Framework maintient ses performances dans la durée. Pour de l’export vidéo ou de la compilation longue, aucune mauvaise surprise à craindre.

La machine ne s’écroule pas en charge. Son enveloppe soutenue est simplement réglée bas dès le départ, autour de 3,4 GHz all-core, là où les gros portables montent plus haut. Un choix cohérent pour un 13 pouces qui se veut silencieux, mais qui explique le multi-coeur en retrait.
Bruit et chauffe
À pleine charge, ventilateur à fond, j’ai relevé 43,9 dB au sonomètre. Le souffle est présent mais pas désagréable : régulier, sans sifflement aigu, il se fait oublier assez vite. Côté surfaces, la chaleur se concentre en haut à droite du clavier, une zone qui devient très chaude au toucher sans être brûlante. Surtout, le repose-mains et les touches d’usage restent épargnés : on peut continuer à taper sans gêne. Une gestion thermique honnête pour un ultraportable qui dissipe autant de watts dans si peu d’épaisseur.
IA locale : le NPU tire son épingle du jeu
Avec 64 Go de mémoire unifiée partageable entre CPU et GPU, ce Laptop 13 Pro est une machine intéressante pour faire tourner des modèles d’IA en local, c’est-à-dire directement sur le PC, sans dépendre du cloud. Petit rappel pour les néophytes : la métrique clé est le débit en tokens par seconde (tok/s), les tokens étant les fragments de mots que le modèle génère. Plus le chiffre est élevé, plus le texte s’affiche vite.
Pour aller plus loin
Comment installer un modèle LLM type ChatGPT sur PC ou Mac en local ? Voici le guide ultime pour tous
J’ai exécuté mes modèles avec Ollama, avec un déchargement à 100 % sur le GPU Arc B390. Un LLM de 3 milliards de paramètres (llama3.2) génère à 37,4 tok/s avec une lecture de prompt à 85 tok/s, largement de quoi être confortable en usage conversationnel. Un modèle de 7 milliards de paramètres (qwen2.5) tourne à 19,3 tok/s, avec un traitement du prompt véloce à 366 tok/s. C’est fluide et parfaitement utilisable au quotidien.
| Test IA | Résultat |
| LLM 3B (llama3.2, via Ollama sur Arc B390) | 37,4 tok/s en génération, 85 tok/s en prompt |
| LLM 7B (qwen2.5, via Ollama sur Arc B390) | 19,3 tok/s en génération, 366 tok/s en prompt |
| Geekbench AI (OpenVINO, GPU) | 15 143 en composite (35 558 en Single Precision, 42 201 en Half Precision) |
L’IA reste néanmoins le domaine où la contrainte du format PC portable pèse le plus : le même Arc B390 dans le mini-PC EVO-T2S va 26 % plus vite sur le modèle 3B (47 contre 37 tok/s), et les mini-PC à mémoire très large creusent encore l’écart. En revanche, le NPU AI Boost du Panther Lake, ce processeur dédié aux calculs d’IA qui décharge le CPU et le GPU, décroche un très bon score Geekbench AI de 15 143. C’est là que la nouvelle architecture d’Intel prend tout son sens : les fonctions IA intégrées à Windows et aux applications s’exécuteront efficacement, sans monopoliser le reste de la machine.
Jeux vidéo : un iGPU qui joue vraiment
L’Arc B390 et ses 12 coeurs Xe3 forment l’un des iGPU les plus musclés du moment. En Geekbench Vulkan, il rend 51 789 points, plus du double d’un Panther Lake d’entrée de gamme, et 45 733 en OpenCL. Sous 3DMark, il obtient 5 094 points en Steel Nomad Light (37,7 fps), 1 359 en Steel Nomad (13,6 fps) et 3 521 en Solar Bay Extreme, le test avec ray tracing (24,6 fps).

Place au jeu réel avec Cyberpunk 2077 en 1080p (benchmark intégré, XeSS 2.0 en mode Qualité, textures élevées). Petite précision de méthode : mes tout premiers runs étaient bridés par le processeur, le GPU plafonnant à 29 % d’utilisation. Une fois la cause corrigée, le mode performances dans Windows, l’Arc B390 tourne à environ 93 % de charge, et les chiffres ci-dessous reflètent donc son vrai potentiel. J’ai isolé le levier décisif sur ce genre de puce : la génération d’images, testée sur deux pré-réglages, Élevé et Ray Tracing Moyen, activée puis désactivée.
| Cyberpunk 2077 (1080p, XeSS Qualité) | Moyenne | Minimum | Maximum | Gain |
| Élevé, sans génération d’images | 65,9 fps | 53,7 fps | 81,3 fps | – |
| Élevé, avec génération d’images | 109,2 fps | 92,1 fps | 131,7 fps | x1,66 |
| Ray Tracing Moyen, sans génération d’images | 36,6 fps | 31,2 fps | 44,3 fps | – |
| Ray Tracing Moyen, avec génération d’images | 65,5 fps | 56,1 fps | 77,2 fps | x1,79 |
La génération d’images rend le ray tracing jouable sur cet iGPU. Le preset RT Moyen passe de 36,6 à 65,5 fps, un gain de 79 %. Le chiffre le plus parlant est ailleurs. RT Moyen avec génération d’images (65,5 fps) fait jeu égal avec le preset Élevé sans ray tracing (65,9 fps). Autrement dit, la frame generation offre les reflets ray-tracés sans coûter la moindre image par seconde. C’est, à mes yeux, la meilleure configuration à jouer sur cette machine.

Sur le pré-réglage Élevé classique, la génération d’images grimpe à 109 fps de moyenne, de quoi enfin exploiter le rafraîchissement 120 Hz de la dalle. Détail intéressant au passage : l’Arc B390 puise directement dans la mémoire unifiée, avec près de 8 Go alloués en jeu. C’est tout l’intérêt des 64 Go partagés de ma configuration, l’iGPU ne manque jamais de mémoire vidéo.
Deux mots d’explication : le XeSS est la technologie de mise à l’échelle d’Intel, qui calcule l’image en définition réduite avant de l’agrandir intelligemment, et la génération d’images (frame generation) intercale des images calculées par l’IA entre les images réelles. La contrepartie, c’est une latence d’entrée légèrement augmentée, imperceptible dans un jeu solo comme Cyberpunk, mais à éviter en compétitif. Sur cet iGPU, ces aides ne sont pas optionnelles : vous aurez compris que c’est la clé d’un jeu fluide.
Pour situer le niveau, l’Arc B390 est au niveau d’une GeForce RTX 3050 mobile et au-dessus de tous les iGPU actuels, Radeon 890M et Arc 140V compris. Ne vous y trompez pas pour autant : sur du GPU lourd, les portables gaming à RTX dédiée restent 4 à 5 fois devant. L’Arc B390 vise le jeu 1080p raisonnable, et non le triple-A en ultra. Mais pour un PC ultraportable de bureau, jouer dans de si bonnes conditions reste une petite prouesse.
Autonomie
Je ne l’ai pas encore mesurée avec mon protocole habituel, les chiffres précis viendront compléter ce test. Mais je peux déjà partager mon ressenti après ces jours d’utilisation : l’autonomie est très bonne, et c’est un vrai soulagement. C’était historiquement le point faible des Framework, et la combinaison Panther Lake, batterie de 74,45 Wh (21 % de capacité en plus selon le constructeur) et mémoire LPCAMM2 basse consommation semble avoir réglé le problème. En usage mixte, on tient la journée de travail sans y penser.
Framework annonce de son côté des chiffres spectaculaires : 20 heures en streaming Netflix 4K, 17 heures en navigation web active, 11 heures en visioconférence, et jusqu’à 7 jours de veille sous Ubuntu avec le Wi-Fi connecté. Prenez ces valeurs avec le recul nécessaire : elles ont été obtenues par le constructeur dans des conditions bien spécifiques, écran calé à 250 nits, rafraîchissement fixé à 60 Hz et mode d’alimentation le plus économe, sur la puce X7 358H. Ce protocole ne reflète pas l’usage polyvalent qu’on peut avoir de cette machine, où l’on passe de la bureautique à des outils plus lourds, voire à de l’IA locale. Mes mesures trancheront.
Face aux MacBook Air et Pro M5
Le juge de paix d’un portable premium en 2026, c’est le MacBook. Malgré la hausse des tarifs Apple de juin 2026, la comparaison reste rude pour le Framework. La comparaison se fait en Geekbench 6, seul benchmark CPU réellement cross-plateforme. Les scores Mac sont des ordres de grandeur relevés par MacRumors et Notebookcheck.
| Machine | Prix | Geekbench 6 single | Geekbench 6 multi |
| MacBook Air M5 (16 Go) | 1 399 € | 4 197 | 16 997 |
| MacBook Pro M5 (16 Go / 1 To) | 2 199 € | 4 298 | 17 795 |
| MacBook Pro M5 (32 Go) | 2 639 € | ~4 290 | ~17 790 |
| Framework 13 Pro conseillé (X7 358H, 32 Go) | 2 854 € | 2 819 (chiffre fourni par Framework) | 14 454 (chiffre fourni par Framework) |
| Framework 13 Pro testé (X9 388H, 64 Go, 2 To) | 3 543 € | 2 923 | 15 077 |
| MacBook Pro M5 Pro (64 Go / 2 To) | 4 799 € | ~4 295 | ~28 436 |
Face au MacBook Air M5 à 1 399 €, le constat est brutal : l’Air coûte 2,5 fois moins cher que ma configuration de test et la bat en multi-coeur. Sans ventilateur, il ralentit en charge prolongée, mais pour de la bureautique, du web et de la création légère, un Mac d’entrée de gamme suffit à la plupart des gens pour bien moins cher. Le Framework ne l’emporte ici que sur la RAM (64 Go impossibles sur l’Air) et sur le choix de Windows ou Linux.
Le MacBook Pro M5 à 2 199 € enfonce le clou : même puce que l’Air mais avec ventilateur, il tient ses performances dans la durée, coûte 1 344 € de moins que ma config de test, va environ 47 % plus vite en single-coeur et 18 % en multi, avec un GPU d’un autre monde. Même en 32 Go, à 2 639 €, il reste sous la config Framework conseillée. Pour la puissance au meilleur prix, le débat s’arrête là.
C’est sur le haut de gamme qu’Apple se retourne contre lui-même. Le M5 Pro écrase certes tout en multi-coeur, près du double du Framework, mais sa RAM soudée fait exploser la facture : en 64 Go et 2 To, la configuration exacte de mon exemplaire de test, le MacBook Pro M5 Pro grimpe à 4 799 €, soit 1 256 € de plus que le Framework à 3 543 €. Le rapport s’inverse, et le Framework devient l’option « 64 Go » la moins chère, sous Windows, avec une mémoire qu’on remplace soi-même.
Prix et disponibilité
Oui, c’est cher. Ma configuration de test (Core Ultra X9 388H, 64 Go, 2 To) est facturée 3 543 €, et la configuration que je conseillerais au plus grand nombre, en Core Ultra X7 358H avec 32 Go de LPCAMM2, démarre à 2 854 €.
Côté disponibilité, Framework a lancé les précommandes du Laptop 13 Pro en avril 2026, pour des premières livraisons à partir de juin. La demande a été telle que les configurations en Core Ultra X9 388H, comme celle de ce test, sont parties très vite, les versions Core Ultra X7 restant les plus faciles à obtenir.
La version DIY permet toutefois de faire de vraies économies : on peut se passer de la licence Windows (ou la trouver ailleurs pour quelques euros), monter la machine soi-même et récupérer un SSD M.2 standard déjà en sa possession ou acheté au meilleur prix. Sur une facture pareille, ces quelques centaines d’euros grattés ne sont pas anecdotiques.
Reste la vraie question : est-ce que ça vaut le coût ? À l’acte d’achat, un PC portable classique équivalent coûte moins cher. Mais sur la durée de vie du produit, l’équation change. Ici, on peut démarrer avec une configuration modeste et faire évoluer la RAM, le stockage, puis la carte mère entière au fil des ans, en gardant le châssis, l’écran, le clavier et la batterie. Si vous comptez conserver votre machine longtemps et la faire évoluer, l’investissement se défend. Si c’est un achat ponctuel renouvelé tous les trois ans, il ne se justifie pas.
Alternatives
La principale alternative reste pour moi le MacBook, malgré la hausse de prix de juin. Un MacBook Pro M5 à 2 199 € offre plus de puissance, une autonomie de référence et une finition exemplaire pour moins cher que la config Framework conseillée. Mais c’est la prison dorée habituelle : rien n’est réparable, rien n’est évolutif, et la moindre option mémoire fait flamber la facture. C’est l’antithèse du Framework.
Côté PC, les machines sous Panther Lake comme le Samsung Galaxy Book 6 Pro ou le Zenbook Duo d’Asus tirent davantage de performances des mêmes puces Intel, pour souvent moins cher, au prix d’un châssis figé à vie.
Enfin, les portables sous Snapdragon X2 Elite de Qualcomm, à l’image du Zenbook A16, combinent d’excellentes performances multi-coeur et une très bonne autonomie. Il faut simplement accepter l’architecture ARM sous Windows, qui peut encore générer un peu de friction sur certains usages, mais de moins en moins.











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