Android a fait du chemin depuis ce premier prototype de Google ressorti des placards

 

Le tout premier appareil commercialisé sous Android était le HTC G1, sorti sous le nom de HTC Dream en France en mars 2009. Mais saviez-vous qu'avant cela, Google avait déjà expérimenté sa plateforme sur son propre hardware maison ? Si la réponse est non, voici le Google Sooner.

Le Google Sooner
Le Google Sooner // Source : techformative557 sur Reddit

On s’approche tout doucement des 15 ans d’Android. Google soufflera la 15e bougie de son système d’exploitation en novembre prochain et vu qu’un prototype du Pixel 7 a fait son apparition sur eBay récemment, c’est l’occasion de se replonger un instant dans l’historique de Google en la matière. Et si l’on remonte assez loin dans le temps, comme le propose AndroidPolice, on se retrouve avec le tout premier smartphone Android ayant existé… et ce n’est pas le HTC Dream, qui a pourtant hérité officieusement de ce titre. Il s’agit d’un appareil plus secret et développé en interne par Google : le Sooner.

Le premier smartphone à avoir fait tourner Android

Le Sooner est le véritable premier appareil à avoir fait tourner l’OS de Google. Avec son allure de vieux BlackBerry de l’époque, on était bien loin des écrans tactiles actuels et même du HTC Dream qui lui proposait à la fois un clavier et un écran tactile. La version d’Android que ce téléphone embarquait était tout de même radicalement différente de sa version commerciale et représentait alors le premier jet de la future plateforme de Google. Plateforme qui finira comme on le sait par couler ses concurrents de l’époque hors iOS : Symbian OS, BlackBerry OS, Windows Phone et WebOS.

Le PDG de HTC de l’époque, Peter Chou, avait admis lors d’une interview que ce prototype était basé sur un de leur appareil Windows Phone de l’époque : le HTC Excalibur. Les origines d’Android sont donc liées d’une certaine façon à Windows Mobile. En ce qui concerne le hardware, le Sooner répondait aux canons de l’époque pour les appareils conçus pour la « productivité ». On en rit aujourd’hui, mais les téléphones BlackBerry ont dominé pendant un moment le segment « haut de gamme » et le Sooner reprend ces codes et se les approprie dans un design qui respire les années 2000 : un d-pad au centre avec un clavier alphanumérique et des touches de navigation auprès desquels ont retrouve les ancestrales touches pour répondre ou raccrocher/décliner un appel.

Les touches étaient même rétroéclairées, ce qui lui donnait un look assez cool pour l’époque. Son écran basse résolution n’était bien sûr pas tactile, chaque entrée de texte devait être réalisée depuis le clavier physique. Un avantage notable que n’ont plus la plupart des smartphones contemporains était sa compacité. Il offrait aussi une prise en main plutôt agréable grâce à l’utilisation de polymère.

Une itération précoce bien différente de la version commerciale

Il s’agit ici d’une version du système qui n’a jamais vu le jour hors des locaux de l’entreprise et beaucoup de choses ont évolué entre les deux versions. Mais en la voyant, on comprend mieux les intentions de départ de Google lors de la création de l’OS. Il s’agissait plus d’une preuve de concept que d’un véritable appareil fonctionnel, et les applications développées pour ce smartphone servaient à démontrer les performances du logiciel. Il s’agissait plus d’une question de software que de hardware ici.

En lieu et place de certaines applications habituelles comme Gmail ou Maps que l’on pouvait retrouver dans la version 1.0 d’Android, on avait ici droit à quelques applications plus inhabituelles comme le jeu Quake ou une autre application du nom de « Tweet » qui était également présente. Il ne s’agissait pas explicitement de Twitter et l’icône de l’application était représentée par une photo d’un oiseau pris dans le domicile de quelqu’un. La plupart des éléments présents dans les réglages étaient simplement là pour combler l’espace et n’étaient pas réellement fonctionnels.

Pour ce qui est des spécifications, ce smartphone ne ferait même pas trembler une montre connectée aujourd’hui et proposait une fiche technique qui paraît maintenant hors du temps : un SoC Texas Instruments OMAP850 200 MHz single-core (oui oui comme la marque de calculatrice), un écran LCD de 2,43 pouces avec une définition de 320×240 pixels, 64 Mb de RAM et de stockage, une batterie riquiqui de 960 mAh, une caméra de 1,3 Mpx et un port de recharge Mini USB.

Il n’y avait pas de Wi-Fi à bord sur ce téléphone, la seule façon de recevoir des données était ici le réseau 2G qui se fait très rare de nos jours. Le software tournait évidemment moins bien sur cette première version, même par rapport à la version 1.0 lancée plus tard. Le lanceur d’applications était lui aussi radicalement différent.

Celui-ci était statique et il fallait utiliser le d-pad pour naviguer entre les applications proposées que vous ne pouviez pas changer. Pas de personnalisation, sauf pour le fond d’écran, vous deviez faire avec ce qu’il y avait. Maintenant avec le recul, on peut voir tout le chemin qui a été parcouru depuis, mais pour ceux qui ont connu cette époque incroyable ou tout paraissait nouveau, ce smartphone amènera sans doute un petit brin de nostalgie.


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