HP rempile sur le segment des Chromebook avec son x360 résolument haut de gamme. Chrome OS a-t-il seulement les épaules pour répondre aux attentes créées par son prix ? Réponse dans notre test complet.

Le HP Chromebook x360 14″

Fiche technique

Modèle HP Chromebook x360 14
Système d'exploitation (OS) ChromeOS
Finesse de gravure 14 nm
Mémoire vive 8 Go
Définition 1920 x 1080 pixels
Taille de l'écran 14 pouces
Capacité de la batterie 60900 mAh
Batterie amovible Inconnu
Webcam Intégrée 0.9 Mpx
Compatibilité 4G Inconnu
Compatibilité 5G Non
Dimensions 323.4 x 226.8 x 16mm
Fiche produit

Nous testons ici le HP Chromebook x360 14-da0004nf, qui nous a été prêté par Google.

Design : sobre, avec une touche de personnalité

Qui a dit que les Chromebook étaient des petits appareils en plastique ? Le HP Chromebook x360 fleure bon la qualité de fabrication avec sa coque intégralement en métal brossé. Pour autant, ne pensez pas que l’appareil est lourd : malgré ses 14 pouces de diagonale, l’ordinateur reste très léger et bien équilibré, faisant que le transporter autant que le prendre en main se fait avec une simplicité affolante.

À l’extérieur, la coque blanche reste très sobre en ne présentant que deux logos : celui de HP au centre (l’ancien, hélas) et celui de Chrome en haut à gauche. Le reste conserve une certaine sobriété, même si le coloris quelque peu bleuté en interne offre un minimum d’originalité et de charme à l’engin.

Sobre, simple

À l’arrière de l’ordinateur, on constate une surélévation portée par deux larges patins prenant la quasi-intégralité de la longueur. Ils restent cependant très fins et se font vite oublier, tout en offrant une accroche confortable une fois que l’appareil est posé sur une surface plane. Difficile de faire glisser le Chromebook x360 sans le vouloir.

L’écran en lui-même est différent. Les bordures sont certes fines, mais pas aussi fines que le premium. Dans sa catégorie de prix, ça reste très bon. On se serait seulement passé du logo HP une nouvelle fois apposé en dessous, dont l’effet miroir le rend immanquable, mais dont la présence rappelle que cette zone est totalement inutilisée.

En mode chevalet

2-en-1 oblige, l’écran est maintenu par deux charnières qui ne sont pas sans rappeler celles d’un ordinateur Dell… dans leurs meilleurs traits, heureusement. Elles restent sobres, respirent la solidité et permettent facilement de plaquer l’écran contre la face arrière. Hélas, le maintien de l’écran n’est pas aussi bon en mode ordinateur portable : la rigidité n’intervient que lorsque l’on renverse l’ordinateur pour le passer en mode « chevalet » ou tablette. On aurait apprécié un peu plus de résistance, puisque l’écran a tendance à devenir plat automatiquement dès lors qu’on soulève l’ordinateur d’une main.

Dans l’absolu tout de même, il s’agit là d’un design réussi. S’il reste sobre, il sait aussi faire preuve d’une petite fantaisie qui le rend unique et l’empêche d’être trop austère. Un professionnel saura rester digne tout en assumant un brin de personnalité, quand un étudiant montrera tout de même une certaine envie de travailler en prime de s’amuser.

Clavier

Chromebook oblige, l’expérience clavier est un peu particulière. Les touches fonctions sont toutes dédiées à certains aspects du système et le verrouillage de majuscule est remplacé par la touche de recherche… Toujours est-il que quelqu’un habitué à un clavier Windows ou Mac s’y retrouvera facilement, quand les touches manquantes sont remplacées par des raccourcis facilement trouvables (Verr. Maj = Alt + Loupe, par exemple).

Des raccourcis bien spécifiques

Mais ce n’est pas exactement le propos. Le clavier en lui-même est extrêmement agréable. Les touches sont bien espacées et le feeling de la frappe est très doux. Il faut dire que malgré leur course plutôt bonne pour du chicklet, leur retour est assez léger et ne demande aucune force, permettant de taper rapidement et régulièrement sans ressentir la moindre fatigue. Ce clavier sera vraiment particulièrement apprécié par ceux tapant régulièrement des documents… les étudiants ou les professionnels, à titre d’exemple.

Notez que ce dernier est aussi rétroéclairé et que l’éclairage lui-même est très doux et uniquement limité à un blanc légèrement bleuté. Seules les flèches de navigation sont un peu petites et demandent un temps d’adaptation.

Touchpad

Le pavé tactile est lui aussi assez particulier sur ce modèle, puisqu’il est bien plus allongé que la plupart des autres ordinateurs portables. Il n’est pas en verre, mais reste tout de même très agréable à utiliser et glisse bien sous le doigt. Voilà qui est important, puisque Chrome OS dispose lui aussi d’un système de gestes requérant naturellement de pouvoir glisser à plusieurs doigts facilement.

Un touchpad bien large

Tout ceci ne pose aucun problème sur cette surface dès lors que l’on va dans le sens horizontal, mais il faut avouer que la verticale peut parfois sembler un peu limitée. Fort heureusement, ces impressions sont très rares et on prendra toujours plaisir à l’utiliser 99 % du temps.

Connectiques

À gauche, un port USB-C à la norme 3.1 pouvant servir de port de charge, un combo jack et un lecteur de cartes micro SD. À droite, un second port USB-C norme 3.1 pouvant servir de port de charge et un port USB type A. En matière de connectiques, on est déjà assez bien servi pour un ordinateur qui a vertu de servir aussi de tablette.

En parlant de cela d’ailleurs, on retrouve un bouton de verrouillage sur le côté gauche et les touches de volume sur le côté droit. Là encore, le côté tablette ressort, même si le système comme le clavier permettent déjà de gérer ça facilement. On ne crachera cependant pas sur plus d’options.

Écran : meilleur qu’une tablette

Le Chromebook x360 profite d’une dalle de 14 pouces IPS LCD au format 16:9. Sa définition native est en 1920 par 1080 pixels, mais le système est réglé par défaut en 1536 x 864 pixels afin que l’affichage ne soit pas trop petit. Vous pouvez régler ça très facilement dans les options pour retrouver une définition qui vous convient le plus.

Évidemment, ce grand écran est intégralement tactile et offre les mêmes performances qu’une tablette. Surface en verre réfléchissante oblige, il lui faut tout de même pas mal de luminosité pour être utilisé en extérieur.

Autant tablette qu’ordinateur

Il nous est, hélas, impossible d’utiliser notre sonde pour déterminer son réglage, mais à l’œil, la dalle est tout simplement excellente. Si sa température de couleurs semble un peu froide (d’expérience, on devrait être autour des 7200 K ici), elle reste dans les canons de ce qui se fait sur le mobile. La luminosité est également très bonne, même si elle pourrait aller un peu plus loin encore.

L’avantage ici est surtout de pouvoir laisser place à l’écran intégralement en repliant le clavier sur lui-même et le faire prendre la forme d’un simple chevalet. Les bordures autour de l’écran sont tout de même assez présentes, mais pas gênantes à l’usage.

Logiciel : simple, mais limité

Vous connaissez tous Windows 10 et c’est pourquoi nous ne nous attarderons pas dessus puisque… ce HP Chromebook x360 ne l’utilise pas. Chromebook oblige, cet appareil HP est propulsé par Chrome OS, le système d’exploitation de Google. Peut-être est-ce là un problème pour vous, mais n’oubliez pas que sa mauvaise réputation n’est plus justifiée et que le système a bien évolué ces dernières années.

Le grand avantage de Chrome OS ? Son suivi. Google développe en interne chaque mise à jour pour tous les PC, y compris ce Chromebook x360. Le désavantage ? Le suivi n’est pas éternel, et n’est garanti qu’entre 6 et 8 ans.

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La contrepartie est tout de même une expérience excellente. Pensez à tout ce que vous pouvez faire en ligne et Chrome OS répond présent, et bien plus. Et si vous n’avez pas internet, vous profitez somme toute de tous les logiciels du Play Store faisant que votre ordinateur se transforme en une tablette… avec un form factor, ici un ordinateur transformable, qui décuple son intérêt. Et oui : la suite Office (Word, Excel, Powerpoint) est bien utilisable en version Android.

Notez également que le système d’exploitation est compatible avec Linux désormais. Nous avons pu faire tourner Gimp et LibreOffice sans le moindre problème, deux logiciels qui répondent à deux grandes problématiques hors-ligne : l’édition de photo, et le traitement de texte. Pour ce dernier point, la suite Google fonctionne tout de même hors-ligne et reste plus pertinente, mais certains préfèrent tout de même LibreOffice.

Le Play Store et Microsoft Word sur Chromebook

Une faiblesse à noter sur les applications Android : celles-ci ont une limitation. Si elles ne sont pas votre fenêtre active, elles auront tendance à se mettre en pause automatiquement. Auquel cas, un stream Twitch via l’application stoppera la diffusion vidéo dès lors que vous consultez une autre fenêtre, ou Slack ne se mettra plus à jour. Aussi, il vaut mieux parfois utiliser la version web, tout simplement.

Enfin, le passage d’ordinateur à tablette totalement tactile se fait très naturellement. L’interface s’adapte en mettant plus en avant le lanceur d’applications et le mode multitâche devient plus facilement accessible en glissant un doigt du haut vers le bas. Si l’expérience demande un petit temps d’adaptation, pour éviter que des réflexes d’un autre système ne vous bloque, elle est bien complète et très simple à utiliser.

Notez également que si vous l’utilisez avec un smartphone ou une tablette Android, vous pouvez déverrouiller automatiquement votre Chromebook si celui-ci est proche et déverrouillé. De même pour le partage de connexion, qui se fait très simplement entre les deux.

Cloud gaming

Nous savons que le cloud gaming est au cœur de l’actualité ces derniers temps. Aussi, nous avons testé plusieurs solutions de la sorte sur le PC pour vous faire un petit retour rapide du propriétaire.

Commençons par Google Stadia, le plus en vue ces derniers temps. Eh bien il faut reconnaître qu’en passant simplement par le navigateur Chrome, il est possible de jouer très rapidement. La manette DualShock 4 branchée en Wi-Fi est immédiatement reconnu, et tout se fait sans effort. Par ailleurs, jouer en Ethernet comme en Wi-Fi nous a offert de très bonnes performances. C’est vraiment le service à privilégier.

Shadow… n’est pas de la même trempe. L’application Android, qui fonctionnait jusqu’à la version 76 du système, rencontre des problèmes avec les nouvelles versions. Plus précisément : elle ne reconnaît que l’écran tactile, faisant qu’il est impossible d’utiliser le pavé tactile. Il vous faudra forcément connecter une souris supplémentaire en USB pour naviguer sur votre interface Windows. Il s’agit -là d’un trait commun, mais étrangement… Il fonctionne très bien sur ce Chromebook x360 en version 14 pouces, contrairement à la version 12 pouces.

Shadow sur le Chromebook x360 14″

Je n’ai toutefois pas réussi à rendre le streaming viable, ce qui peut être dû autant au manque d’optimisation de l’application Android Shadow qu’à la couche de compatibilité même du système, impossible de le définir en l’état. Notez que Blade ne considère pas Chrome OS comme une plateforme supportée officiellement, faisant qu’elle n’a théoriquement le droit à aucun support, et qu’installer la version Linux de l’application est impossible. Une version web de Shadow serait la bienvenue pour les Chromebook.

J’aurais aimé tester GeForce Now, mais l’application Android n’est pour l’instant pas disponible en Europe et aucune interface web n’existe actuellement.

Notez également que l’application Remote Play de Sony ne détecte pas la DualShock 4 connectée en Bluetooth ou en USB, rendant son utilité très limitée. Les performances de l’application Android sur Chrome OS sont qui plus est bien inférieures à la version Windows, là encore potentiellement dû au fait qu’il y a une couche de compatibilité.

Performances : le plus puissant des Chromebook

Le HP Chromebook x360 est propulsé par l’Intel Core i5-8250U couplé à 8 Go de RAM DDR4. La partie graphique est donc gérée par le chipset Intel HD620, réputé comme étant assez faiblard dans l’univers PC.

Sous Chrome OS, ça n’est évidemment pas un problème, bien au contraire. L’expérience est ultra fluide de bout en bout, du démarrage à froid ultra rapide à l’utilisation quotidienne du Chromebook x360, tout est extrêmement rapide et agréable à utiliser. Il n’y a tout simplement aucun accrochage, comme le veut la tradition des Chromebook.

Utilité première d’un écran tactile

Nous avons pu lancer une bonne galerie de jeux sans le moindre problème, notamment Hearthstone qui se conjugue à merveille avec l’écran tactile et l’aspect transformable du produit. Pour les plus téméraires, Call of Duty Mobile se lance également sans le moindre problème, mais ne prend hélas pas en compte le clavier et la souris. La dernière version du jeu permet par contre d’utiliser une manette Xbox ou PS4, ce que vous pouvez librement faire ici.

Il faudrait que plus de jeux prennent en compte le format Chrome OS et le clavier/souris intégré, mais dans l’absolu, il est tout à fait possible de jouer sur le système. C’est particulièrement plaisant pour les vieux jeux comme Sonic 2 sur le Play Store, qui est compatible manette et ne souffre d’aucune latence.

Webcam : toujours décevant

Hélas, sur ce point, le Chromebook x360 s’est plus inspiré des ultrabook que des tablettes Android. Vous n’avez donc le droit qu’à un simple capteur de 0,9 mégapixels dit « HD ».

Si elle avait pu s’inspirer des tablettes sur ce point aussi…

Tout cela est suffisant pour de la vidéoconférence, mais le rendu est… plutôt mauvais. Les couleurs sont brûlées et ne correspondent pas à la réalité, quand le bruit et le flou restent omniprésents malgré les bonnes conditions lumineuses. On ne l’attendait pas sur ce terrain, et fort heureusement, puisque ce n’est pas très probant.

Son : stéréo, mais pas ébouriffant

La grille de haut-parleurs est situé sur le dessus du clavier sur ce Chromebook x360 et offre bien deux haut-parleurs pour un son stéréo. Ces derniers ne sont pas très puissants, mais ont au moins l’avantage de ne pas trop saturer à haut volume.

Reste que la grande grille est un peu là pour faire le show plus qu’autre chose, puisque malgré l’espace qu’elle prend, elle ne fait pas mieux que sur d’autres ultrabook du marché. Le son est clair, mais manque cruellement de basse, et le tout n’est pas très défini. Ça suffira pour regarder des vidéos YouTube, mais mieux vaudra mettre un casque pour profiter de sa musique.

Ça tombe bien : le Chromebook x360 est muni d’une prise combo jack et dispose bien du Bluetooth 4.2 pour vos accessoires sans fil. Ce n’est pas la dernière version disponible de la technologie, mais pour un prix contenu de la sorte, ce n’est pas un mal que l’on soulignera.

Autonomie : un champion dans sa catégorie

Dernier point et pas des moindres : l’autonomie. Chrome OS a toujours eu à cœur d’offrir des appareils avec une grande longévité, et ce HP Chromebook x360 en fait bien évidemment partie

Malgré son grand format de 14 pouces et avec sa batterie de 60,9 Wh, le Chromebook x360 offre en moyenne une durée de vie entre 11 et 12 heures avant de réclamer la moindre charge et ce alors qu’il est utilisé pour une utilisation professionnelle (j’ai travaillé et pris mes pauses sur ce Chromebook pendant une semaine, avec plusieurs onglets Chrome et de la vidéo).

Vraiment transportable et autonome

Surtout, il faut noter que le mode veille de l’appareil consomme vraiment très peu, à l’image d’une tablette, faisant qu’il est possible de le refermer, l’oublier, et le reprendre 2/3 jours plus tard tout en ayant assez de jus pour continuer ses aventures sur le web.

La recharge est assurée par un bloc de 45 W standard et facilement remplaçable en cas de besoin, avec une prise USB C pouvant être utilisée aussi bien sur la droite que la gauche de l’appareil. Une charge complète se fait en environ 1 heure et 45 minutes.

Galerie photo

Prix et date de sortie

Le HP Chromebook x360 14-da0004nf est d’ores et déjà disponible à l’achat. Son prix officiel de vente est de 799 euros.

Test HP Chromebook x360 14 Le verdict

design
8
Sobre et efficace, avec une petite touche de couleur pour un peu de fantaisie. Malgré son grand format, le Chromebook x360 14" reste léger et respire bon la solidité. Son aspect transformable est excellent, mais les charnières ne sont pas aussi fermes qu'on l'aimerait.
écran
8
Une grande dalle tactile Full HD, voilà tout ce qu'on demande. La colorimétrie s'inspire plus des tablettes que des ordinateurs portables, mais ce n'est pas un mal en soi. Un peu plus de luminosité aurait été parfait.
logiciel
7
Pas de Windows 10, mais Chrome OS ! Le système intégrant désormais les applications Android et Linux est capable de beaucoup, mais subit tout de même de quelques limitations. On adore sa rapidité et sa simplicité, mais une intégration plus profonde des applis Android serait meilleure.
performances
8
Pour un Chromebook, difficile de faire mieux qu'un Core i5 d'Intel. L'ordinateur reste performant et véloce qu'importe les conditions, et peut encaisser tout ce que le Play Store a à lui offrir.
autonomie
10
Entre la charge standard à 45W ultra rapide et l'autonomie entre 11 et 12 heures, c'est là un aspect sur lequel on ne peut tout simplement pas prendre les Chromebook à défaut.
Note finale du test 8/10
Pour un Chromebook, le HP Chromebook x360 fait partie des mètres étalons. Avec son bel écran, son autonomie très confortable, et ses performances, difficile de le prendre en défaut sur le moindre de ses aspects. Il est un champion de la catégorie.

Mais ça reste Chrome OS, un système d'exploitation qu'on adore, mais qui a encore besoin d'un peu d'optimisation et n'est pas à mettre entre toutes les mains. Pour son prix officiel de 800 euros, le Chromebook x360 ne répond pas aussi bien à toutes les attentes qu'un ordinateur Windows peut encaisser.

Mais pour ceux qui savent déjà ce qu'est Chrome OS, et cherchent un produit haut de gamme à la limite entre une tablette et un ordinateur, il s'agit sans nul doute d'une excellente machine valant son prix.
Points positifs
  • Sobre mais un brin coloré
  • Autonomie record
  • Transformable rapidement
  • Véloce au possible
  • Simple et sans prises de tête
Points négatifs
  • Charnières un peu molles
  • Chrome OS n'est pas fait pour tout le monde