Le président de Huawei affirme être prêt à vendre des technologies brevetées sur la 5G à une entreprise occidentale pour calmer les tensions entre sa firme et les États-Unis qui l’accusent d’espionnage.

Huawei

La 5G occupe une place majeure dans le conflit qui oppose Huawei aux États-Unis. Washington accuse en effet l’entreprise de vouloir utiliser ses infrastructures réseau afin d’espionner les citoyens américains pour le compte de la Chine.

Il faut en effet savoir qu’en plus d’être un des plus gros constructeurs de smartphones, Huawei est surtout un équipementier réseau qui domine le marché. Autant dire que la firme tient beaucoup à ses technologies brevetées sur la 5G censées lui garantir une certaine avance sur les concurrents.

Mais voilà. L’embargo imposé par le gouvernement américain l’handicape si fortement que l’entreprise se dit aujourd’hui prête à donner à un concurrent occidental un « accès perpétuel » à ses brevets sur la 5G et à ses plans techniques en échange d’une rémunération. C’est en effet ce qu’a affirmé le fondateur de Huawei, Ren Zhengfei, dans une entrevue accordée à The Economist.

De belliqueux à pacifiste

En aidant une entreprise occidentale à muscler son jeu sur la 5G, le président de Huawei espère réussir à apaiser les tensions. Tensions qu’il n’avait pas vraiment participé à faire descendre quand il utilisait un vocabulaire très belliqueux dans une note récemment envoyée à ses employés.

Mais ici, Ren Zhengfei semble favoriser le discours pacifiste et la transparence. Il indique notamment que l’entreprise qui achèterait la technologie brevetée de Huawei aurait la liberté d’en modifier le code source pour l’utiliser à sa guise.

Quelles chances de réussite ?

The Economist note cependant qu’il est compliqué d’estimer les chances de réussite de ce plan. D’une part, la Chine ne serait sans doute pas très encline à voir son champion vendre de précieux atouts aussi facilement, d’autre part, on peut se demander quelle firme occidentale serait prête à acheter les licences de Huawei dans le contexte actuel ?

Rappelons que l’embargo américain a un impact important sur les consommateurs. Comme il n’a pas le droit de travailler avec Huawei, Google ne peut pas proposer ses services sur les smartphones de la marque chinoise.

Et alors que la sortie des Huawei Mate 30 approche à grands pas, il y a de fortes chances que les utilisateurs se retrouvent à devoir installer manuellement les services Google et le Play Store dessus.

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