Huawei, Android, Google et les États-Unis : toutes les réponses à vos questions

Une affaire unique en son genre !

 

Beaucoup de choses se sont passées depuis le début de l'affaire Huawei qui oppose l'entreprise chinoise au gouvernement des États-Unis. La situation a bien évolué et nous vous proposons de faire le point en répondant aux questions importantes.

Tout savoir sur l'affaire Huawei

Voici tout ce qu’il faut savoir sur l’affaire Huawei // Source : Frandroid

Entre Huawei et les États-Unis, la guerre fait rage depuis longtemps. En effet, depuis le 19 mai 2019 et suite à un décret du président Donald Trumpe, la Maison-Blanche a placé l’entreprise chinoise sur liste noire. Ainsi, aucune entreprise américaine n’a le droit de collaborer avec Huawei.

Résultat : Google, en tant que groupe américain, ne peut plus certifier les smartphones et tablettes Android de Huawei. Cela place la marque chinoise dans une position très délicate, car ces produits privés des services Google et du Play Store ont beaucoup plus de mal à convaincre les consommateurs occidentaux très habitués à cet écosystème. Faisons ici le point sur cette affaire complexe en répondant aux questions les plus importantes.

Où en est-on dans le conflit entre Huawei et les États-Unis ?

Pendant un temps, une détente était envisageable après le sommet du G20 en 2019 où la Chine et les États-Unis semblaient avoir discuté plus sereinement du cas Huawei. Cependant, la guerre commerciale entre les deux superpuissances a finalement repris de plus belle, éloignant ainsi la perspective d’une résolution rapide de cette affaire.

Il faut en effet savoir que l’affaire Huawei cristallise des tensions déjà existantes entre Washington et Beijing qui se battent à distance pour la suprématie économique et technologique. C’est une véritable guerre d’influence dans laquelle est embourbée la marque chinoise.

À l’heure actuelle, l’embargo contre Huawei a donc été prolongé au moins jusqu’à 2021. En outre, les effets de cette sanction ont carrément été durcis. En effet, même les fournisseurs non américains du géant chinois ne peuvent plus lui livrer des composants matériels si ces derniers sont basés sur des technologies issues des États-Unis.

Ainsi, en théorie, le fondeur taïwanais TSMC ne peut plus fabriquer les puces Kirin embarquées par les smartphones Huawei et il aurait gelé toutes les nouvelles commandes en la matière pour être conforme à cette nouvelle contrainte. De son côté, la Chine ne veut pas rester les bras croisés et promet des représailles avec Apple et Qualcomm dans son collimateur.

Les smartphones Huawei ont-ils toujours accès à Android et aux services Google ?

Quoiqu’il arrive, Huawei ne sera jamais privé d’Android Open Source Project (AOSP) que chaque entreprise peut utiliser comme bon lui semble. Toute la question est plutôt de savoir si l’Android tel que nous le connaissons habituellement — avec les services et les applications Google, le Play Store, les patchs de sécurité… — peut toujours être exploité par la marque chinoise.

En guise de réponse, nous pourrions nous contenter d’indiquer que tous les smartphones Huawei sortis après l’embargo sont privés des services Google. Mais il y a un hic. Malgré la véracité de cette affirmation, Huawei continue de lancer certains smartphones avec les services Google préembarqués.

Cela s’explique par le fait que Huawei ressort des modèles datant d’avant la sanction américaine et profitant à cet égard des services Google et du Play Store. La marque s’arrange cela dit pour en changer le nom ou apporter des modifications anecdotiques. Le Huawei Nova 5T lancé en octobre 2019 est donc un Honor 20 renommé. La même stratégie s’applique aux Huawei P Smart 2020 et P Smart Pro qui sont respectivement des Honor 10 Lite et 9X avec des moustaches.

Enfin, on peut aussi citer le Huawei P30 Pro New Edition dévoilé en 2020 avec exactement les mêmes caractéristiques que le modèle de l’année dernière, mais profitant d’un nouveau coloris.

Qu’est-ce qui est reproché à Huawei ?

Les États-Unis affirment que les infrastructures télécom — et surtout 5G — de Huawei sont des outils d’espionnage au service du gouvernement chinois. Ces soupçons n’ont cependant jamais été étayés de preuves rendues publiques.

À cet égard, Washington tente de convaincre ses alliés de bannir à leur tour les infrastructures de Huawei. En France, cette problématique intervient alors que le pays est déjà en retard sur le déploiement de son réseau de nouvelle génération.

Quelles sont les alternatives pour Huawei ?

Dans sa communication de crise, Huawei a longtemps insisté sur son envie de renouer des relations normales avec Google. Peine perdue. Sans changer le fond de ce discours, l’entreprise a progressivement décidé de prendre les devants et de créer son propre écosystème sur Android.

Celui-ci est basé sur les Huawei Mobile Services (HMS) et, notamment, sur le magasin d’applications AppGallery qui se pose en alternative du Play Store. Plusieurs smartphones ont ainsi été commercialisés en Europe avec les HMS. On peut citer le Huawei Mate 30 Pro, mais aussi le P40 Pro ou le P40, entre autres appareils.

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Pour l’instant, nos tests des smartphones concernés montrent que l’initiative de Huawei est encore soumise à plusieurs limitations. Le catalogue de l’AppGallery mérite encore d’être étoffé pour permettre aux utilisateurs de profiter de leurs applications favorites sans passer par Phone Clone ni le téléchargement d’APK ni le site web du service souhaité.

Aussi, notez que beaucoup d’applications Android ont besoin des services de Google pour fonctionner et tant que Huawei ne réussira pas convaincre les développeurs de ces apps, elles ne seront purement et simplement pas fonctionnelles sur les appareils de la marque chinoise.

Le défi que s’est donné Huawei n’est cependant pas perdu d’avance et l’entreprise fait beaucoup d’efforts pour rendre ses HMS plus viables. À terme, le géant réussira peut-être à s’imposer comme une alternative solide à l’Android de Google. Il s’agit là d’un scénario plausible, mais aussi très optimiste.

Ce n’est pas tout. Huawei a aussi officialisé son propre système d’exploitation baptisé HarmonyOS. Ce dernier a été conçu pour fonctionner sur différents types d’appareils, les téléviseurs, ordinateurs et enceintes connectées en tête de liste. Cette logique n’est pas sans rappeler celle du projet Fuschia.

Le groupe chinois a bien précisé que HarmonyOS pouvait être déployé sur ses smartphones, mais seulement si cela sera nécessaire. A priori, les smartphones de la marque devraient continuer de privilégier Android.

Enfin, il faut aussi rappeler que Huawei ne compte pas mettre tous ses œufs dans le même panier. La firme multiplie les catégories de produits et compte bien proposer toute une galaxie de produits pour créer un écosystème complet. Les ordinateurs portables notamment profitent d’une attention particulière.

Les smartphones Honor sont-ils également concernés par cet embargo ?

Oui, les mêmes problématiques se posent pour Honor puisqu’il s’agit d’une marque appartenant à Huawei.

Pourquoi les ordinateurs Huawei et Honor ont-ils toujours accès à Windows ?

Depuis novembre 2019, Huawei et Honor peuvent à nouveau profiter d’une licence Windows 10 sur les PC qu’ils commercialisent. La raison de cette exception reste assez floue. On sait simplement que Microsoft a su négocier avec le gouvernement américain pour avoir le droit de travailler de la sorte avec le groupe chinois.

Quelles sont les conséquences de l’embargo sur les ventes de Huawei ?

Huawei a bien senti le coup porté par les États-Unis. Malgré cela, le groupe a terminé l’année 2019 sur une belle croissance globale. Cela s’explique essentiellement par le fait que la marque est toujours très forte sur le marché chinois où les utilisateurs sont depuis longtemps habitués aux appareils Android dépourvus de services Google — les activités de la firme de Mountain View étant interdites dans le pays.

En France, les résultats du premier trimestre 2020 restent également encourageants avec une hausse de 6 % des parts de marché de Huawei. Dans l’Hexagone, il y a fort à parier que les ventes sont tirées vers le haut par les modèles très populaires de 2019 et toujours équipés des services Google comme le Huawei P30 Pro.

Le conflit Huawei vs États-Unis peut-il un jour être résolu ?

Les États-Unis pourront-ils faire la paix un jour avec Huawei ? La question est complexe. À l’heure actuelle, nous serions tentés de répondre par la négative. Il semble en effet difficile d’envisager l’administration de Donald Trump enterrer la hache de guerre avec la firme chinoise après avoir clamé détenir des preuves de sa culpabilité.

À cela, nous pouvons ajouter les tensions accrues entre Washington et Beijing où chaque partie défend ardemment son bout de gras. Huawei, de son côté, semble progressivement abandonner une résolution à l’amiable de cette affaire et continue de miser et de communiquer massivement sur ses services mobiles maison.

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