Beaucoup de choses se sont passées depuis le début de l’affaire Huawei qui oppose l’entreprise chinoise au gouvernement américain. La situation a bien évolué et nous vous proposons de faire le point en répondant aux questions importantes.

Huawei au Mobile World Congress

Entre Huawei et les États-Unis, la guerre a fait rage pendant très longtemps, mettant l’entreprise chinoise dans une situation très délicate. Suite à une décision de la Maison Blanche, le constructeur n’avait plus le droit de collaborer avec des firmes étasuniennes ni avec le moindre groupe étranger utilisant des technologies américaines.

Résultat : Huawei avait perdu sa licence Android accordée par Google et ne pouvait donc pas garantir que ses futurs smartphones profiteraient des services et applications de la firme de Mountain View.

Les tensions ont duré environ un mois avant que Donald Trump ne lève partiellement l’embargo infligé à Huawei. Malgré cette amélioration significative de la situation, les choses sont loin d’être tout à fait réglées. Faisons le point en tentant d’apporter des réponses à quelques questions.

Où en est-on dans le conflit entre Huawei et les États-Unis ?

Les tensions ont été en partie désamorcées après le dernier sommet du G20 quand Donald Trump a annoncé que les entreprises américaines pouvaient à nouveau vendre leurs équipements à Huawei, tant que les technologies concernées ne posaient « pas de grand problème de sécurité nationale ». Les smartphones, tablettes et ordinateurs de la marque ne devaient plus être concernés par la sanction.

Il était alors prévu que le gouvernement américain livre des autorisations aux firmes souhaitant travailler avec Huawei, en étudiant chaque dossier au cas par cas. Toutefois, Donald Trump est revenu sur cette décision : « nous n’allons pas faire de business avec Huawei ». Ce revirement est très probablement dû au fait que la Chine a suspendu ses importations de denrées agricoles en provenance des États-Unis.

Il faut en effet savoir que l’embargo sur Huawei est une conséquence de la guerre économique que se livrent Washington et Beijing. La sanction à l’encontre du groupe chinois est avant tout un levier de négociations utilisé par la Maison Blanche pour faire plier l’Empire du Milieu.

Par ailleurs, le sursis accordé aux entreprises américaines pour mettre fin à leur collaboration avec Huawei a été renouvelé pour trois autres mois et prendra donc fin le 19 novembre.

Les smartphones Huawei ont-ils toujours accès à Android et aux services Google ?

Quoiqu’il arrive, Huawei ne sera jamais privé d’Android Open Source Project (AOSP) que chaque entreprise peut utiliser comme bon lui semble. Toute la question est plutôt de savoir si l’Android tel que nous le connaissons habituellement — avec les services et les applications Google, le Play Store, les patchs de sécurité, etc — sera toujours exploitable par Huawei.

Le géant chinois adopte un ton qui se veut rassurant pour répondre à cette interrogation :

Comme vous le savez, nous avons dû faire face ces deux derniers mois à des événements inédits et nous sommes particulièrement reconnaissants du soutien reçu par nos utilisateurs durant cette période.

Comme nous l’expliquons depuis quelque temps maintenant, rien n’a changé et la bonne nouvelle pour nos utilisateurs est que rien ne va changer passé le 19 août. Tous les smartphones, tablettes et PC Huawei déjà vendus et ceux disponibles sur le marché continueront de recevoir les mises à jour de sécurité, les mises à jour Android et Microsoft. Tous les utilisateurs ayant déjà acheté ou étant sur le point d’acheter un smartphone Huawei vont continuer d’avoir accès à leur environnement applicatif comme ils l’ont toujours fait jusque-là. Tous les produits continueront d’être couverts par la garantie constructeur et bénéficieront du service de maintenance comme il se doit.

D’ailleurs nos produits les plus populaires du moment vont recevoir, prochainement, la mise à jour Android Q, notamment la gamme P30 […].

Quid des futurs smartphones de Huawei ?

Il y a de fortes raisons de penser que le conflit sera solutionné à temps pour que les futurs Huawei Mate 30 et Mate 30 Pro profitent d’Android 10 Q avec les services Google — et EMUI 10. Toutefois, nous ne sommes pas totalement à l’abri d’une mauvaise surprise.

Les smartphones Honor sont-ils également concernés ?

Oui, les mêmes problématiques se posent pour Honor puisqu’il s’agit d’une marque appartenant à Huawei.

Quelles sont les conséquences sur les ventes de Huawei ?

Huawei a bien senti le coup porté par les États-Unis. Malgré cela, le constructeur a enregistré une hausse de ses ventes de smartphones au premier semestre 2019. Le groupe prévient tout de même que des difficultés l’attendent dans un futur proche, mais il faut aussi part de son optimisme.

À noter que dans les boutiques des opérateurs en France, les ventes ne semblent pas avoir été bouleversées par cette affaire.

Qu’est-ce qui est reproché à Huawei ?

Les États-Unis affirment que les infrastructures télécom — et surtout 5G — de Huawei sont des outils d’espionnage au service du gouvernement chinois. Ces soupçons n’ont cependant jamais été étayés de preuves rendues publiques et, comme nous le disions plus haut, cela semble surtout être un moyen de pression utilisé par Washington pour faire plier Beijing.

Quelles sont les alternatives pour Huawei ?

Huawei ne donne pas l’impression de s’affoler et mise toujours en priorité sur Android (avec les services Google) pour ses smartphones. Toutefois, l’entreprise a officialisé son propre système d’exploitation baptisé HarmonyOS. Ce dernier a été conçu pour fonctionner sur différents types d’appareils, les téléviseurs, ordinateurs et enceintes connectées en tête de liste. Cette logique n’est pas sans rappeler celle du projet Fuschia.

Lien YouTube S’abonner à FrAndroid

Le groupe chinois a bien précisé que HarmonyOS pouvait être déployé sur ses smartphones, mais seulement si cela sera nécessaire. En d’autres termes, Huawei a prévu un plan B lui permettant de survivre à un éventuel abandon de Google.

En ce qui concerne HarmonyOS, on se demande surtout si cet écosystème réussira à proposer suffisamment d’applications pour être vraiment attractif aux yeux des utilisateurs.