Avec le Leica Cine Compact 1, la marque étoffe son offre sur le marché du home cinéma. Après le modèle Cine 1 à focale ultra courte, pensé pour offrir une image de 150 pouces à seulement quelques centimètres du mur ou d’un écran, et le Cine Play 1, un modèle à focale classique, la marque propose ici un projecteur 4K laser plus compact qui peut être posé sur une table, tourné vers un mur, un écran ou même un plafond pour un usage d’appoint ou une installation plus pérenne.
Avec sa balancelle intégrée qui autorise une orientation à 360 degrés, le Cine Compact 1 vient se frotter au Hisense M2 Pro, JMGO N3 4K positionnés moins chers ou au Xgimi Horizon 20 qui revendique une luminosité plus importante à un tarif proche. Question gabarit et luminosité, encore, il ne joue pas dans la même cour que les ultra compacts Samsung FreeStyle 2, Xgimi MoGo 4 Pro car ces modèles sont beaucoup plus petits et bien moins lumineux.
Pour aller plus loin
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Officiellement, Leica annonce 1700 lumens, ce qui est déjà intéressant et permet de l’utiliser dans une pièce éclairée. Techniquement, il s’appuie sur une puce DLP 0,47 pouce associée à une source de lumière triple laser RVB directe, pour une image 4K 3840 x 2160 pixels simulée, avec prise en charge des principaux formats HDR modernes, dont Dolby Vision, HDR10, HDR10+ et HLG.
Ce qui va le différencier de la concurrence, outre son design léché, c’est la présence de la technologie Leica Image Optimization (LIO) pour l’aider à maintenir une qualité d’image homogène quel que soit le format ou la taille de projection choisie, dans la continuité de ce que la marque met en avant sur ses autres produits.
Enfin, l’appareil se présente comme un système complet grâce à sa plateforme connectée Vidaa (merci Hisense), à la compatibilité Wi‑Fi 6, Bluetooth 5.4, AirPlay et aux applications de streaming intégrées. La promesse est simple : offrir un projecteur suffisamment compact pour être déplacé sans difficulté, suffisamment lumineux pour projeter des images de grande taille dans des conditions variées, et suffisamment premium pour rivaliser en qualité d’image avec des modèles de salon plus lourds et moins mobiles.
Dans ce contexte, j’ai abordé le Leica Cine Compact 1 comme une solution hybride, capable à la fois d’assurer des séances cinéma sérieuses à la maison tout en se prêtant à un usage plus libre et improvisé, afin de voir s’il trouve réellement sa place face aux meilleurs projecteurs 4K compacts du moment.
Leica Cine Compact 1Fiche technique
| Modèle | Leica Cine Compact 1 |
|---|---|
| Type de focale | Standard à focale courte |
| Définition de l’image | 4K UHD |
| Technologie | DLP |
| Luminosité (ISO) | 1700 Lumens |
| Compatibilité HDR | HDR10, HLG, Dolby Vision, HDR10+ |
| Nombre de ports HDMI | 1 |
| ALLM | Inconnu |
| Système d’exploitation | VIDAA |
| Fiche produit |
Conditions du test
Le vidéoprojecteur Leica Cine Compact 1 testé nous a été prêté par la marque. Il a été testé en association avec un écran Lumene Movie Palace UHD Platinum 300C. Les mesures ont été réalisées avec du matériel professionnel adapté et en face de l’écran afin de limiter les erreurs et de proposer des valeurs en accord avec ce que le spectateur peut réellement voir. Ce protocole est identique pour tous les tests de vidéoprojecteurs afin de pouvoir les comparer.
Leica Cine Compact 1Design, un boîtier en aluminium très classe
Le Leica Cine Compact 1 affiche une silhouette presque cubique : 209 x 226 x 193 mm sur la balance pour environ 4,4 kg. Châssis métal gris, surfaces légèrement texturées, façade en verre — l’ensemble respire le côté premium, à mille lieues des mini-projecteurs en plastique qui peuplent ce marché. Sur le dessus, la signature Leica se fait discrète via la fameuse pastille rouge. L’appareil se glisse ainsi sans peine dans un salon, posé sur une table basse ou une étagère, sans jouer la carte du gadget techno trop voyant.

La base gimbal intégrée est sans doute le clou du spectacle côté design. Elle autorise une vraie rotation à 360 degrés, sur l’axe vertical. On projette donc sur un mur, mais aussi au plafond pour une séance allongé dans son lit, par exemple. Cette liberté d’orientation accentue le caractère nomade du produit : on pose le Cine Compact 1 sur une surface à peu près stable, on joue avec la rotation, et l’angle se trouve en quelques secondes.
Notez qu’en ce qui concerne la rotation, il n’y a pas de support pivotant dessous mais un revêtement en caoutchouc qui est là pour assurer le fait qu’il ne glisse pas sur une surface qui pourrait ne pas être totalement plane. Il faut donc le soulever pour le faire pivoter. Ce n’est pas le cas du Cine Play 1 qui a une base vraiment pivotante.

La finition de la base est soignée, le mouvement fluide mais suffisamment ferme pour que l’appareil ne bouge pas d’un pouce, même quand on attrape la télécommande ou qu’on effleure le boîtier.
En façade, on peut voir l’objectif accompagné de quelques capteurs (pour faire la mise au point et corriger le trapèze, le cas échéant). La surface est en verre, noire et réfléchissante.

Sur les côtés et à l’arrière, l’appareil est truffé d’une multitude de petits trous, ce qui permet de dissimuler non seulement les haut-parleurs mais aussi d’assurer le refroidissement du produit.

Les lignes sont épurées. Son corps est en aluminium massif. Il n’y a pas d’éclairage tape-à-l’œil, pas de formes alambiquées : on sent un objet pensé pour durer, dans la plus pure tradition Leica. Comme la concurrence, le projecteur est livré avec une mallette de transport rigide en polypropylène expansé entièrement recyclable. Celle-ci aide au transport et au rangement de l’appareil.

À l’intérieur, on peut y loger la télécommande mais également le câble d’alimentation (relativement long) avec son transformateur qui a le bon goût d’être très compact.

On n’est pas là devant un pico-projecteur, mais bien devant un vrai projecteur de salon, déplaçable sans effort. L’impression d’ensemble est celle d’un objet dense, bien assemblé, aux jonctions nettes, qui rassure dès qu’on le manipule. Face aux concurrents compacts, souvent très plastiques, le Leica joue clairement dans une autre cour.
Leica Cine Compact 1Connectiques
La connectique est minimaliste, ce qui colle à la vocation « portable » de l’appareil, mais risque de dérouter les habitués des projecteurs de salon mieux pourvus. On dispose d’une seule entrée HDMI 2.1 compatible eARC, prévue pour la source principale : console, lecteur Blu-ray Ultra HD ou boîtier multimédia. Cette prise gère des signaux 4K jusqu’à 60 Hz, du 2K jusqu’à 120 Hz ou 240 Hz, et le retour audio vers une barre de son ou un ampli compatibles.

À côté, un port USB-A 3.0 accueille une clé ou un disque dur pour lire directement films, séries ou photos via le lecteur intégré à l’OS Vidaa. En revanche, pas de port Ethernet RJ45, pas de sortie optique S/PDIF, pas de sortie analogique : les amateurs de câblage à rallonge resteront sur leur faim. Leica mise sur le réseau sans fil et sur l’eARC pour le son externe. La logique se tient pour un projecteur nomade, mais elle impose d’anticiper l’organisation des appareils dans la pièce.

La connectivité sans fil, elle, ne fait pas dans la demi-mesure : Wi-Fi 6 (2,4 et 5 GHz), Bluetooth 5.4, compatibilité AirPlay, et même intégration HomeKit selon les configurations. On diffuse sans mal depuis un smartphone, une tablette ou un ordinateur, on branche des enceintes Bluetooth si les haut-parleurs intégrés ne suffisent pas, et on profite des applications de streaming sans la moindre source HDMI. Les habitués des téléviseurs connectés ne seront ainsi pas dépaysés, avec un câblage réduit au strict minimum : l’alimentation, éventuellement une barre de son en eARC, et c’est tout.
La télécommande
La télécommande reprend le langage ergonomique et visuel déjà croisé sur les appareils sous Vidaa. Format allongé, plutôt fin, touches bien espacées : la prise en main est immédiate et la navigation dans l’interface coule de source. En partie basse, des boutons dédiés à Netflix, Prime Video, Disney+ et YouTube lancent ces services directement, sans détour par l’écran d’accueil — un vrai confort au quotidien.

D’autres touches gèrent le volume, la lecture et l’accès direct aux paramètres d’image et de son (P Mode et S mode). On peut ainsi configurer l’appareil en plein visionnage sans plonger dans trois niveaux de sous-menus. La liaison avec le projecteur se fait en Bluetooth, ce qui dispense de viser précisément, et un microphone intégré ouvre la porte aux commandes vocales Vidaa Voice pour lancer une application ou chercher un contenu à la voix.
On apprécie sa sobriété : compacte, elle se glisse dans la mallette avec le projecteur sans sacrifier le confort d’usage. Deux bémols cependant : l’absence de rétroéclairage des touches, qui se fait sentir quand on utilise le Cine Compact 1 dans le noir complet — mais la critique vaut pour la quasi-totalité des télécommandes du genre, et la position de la touche Retour qui est ici placée au-dessus de la roue directionnelle. Lorsqu’on a pris l’habitude de l’avoir positionnée en bas à gauche de cette dernière, il faut un petit temps d’adaptation. Dans l’ensemble, elle reste fidèle à l’esprit du produit : simple, directe, capable de piloter les fonctions de base comme les réglages plus pointus, sans complexité inutile.
Leica Cine Compact 1L’écran
Le Cine Compact 1 est livré sans écran. Plus de liberté, donc, mais aussi une tentation lorsque le budget est serré : se contenter d’un mur comme surface de projection, et perdre du même coup le bénéfice — loin d’être négligeable — d’une surface optimisée. Comptez entre 500 et 2700 euros environ pour des écrans de différentes tailles, traités spécifiquement pour la projection.
Leica Cine Compact 1Installation
L’installation est assez classique : à plusieurs mètres de distance selon la taille d’image voulue. Avec un rapport de projection optique de 1,0 à 1,3, l’appareil couvre des diagonales de 60 à 220 pouces, ce qui suppose en pratique des distances de 1,5 à plus de 4 mètres pour les plus grandes tailles.
Concrètement, comptez sur une image de 168 cm de diagonale pour un recul de 1,5 m. Si vous placez l’appareil à 2,2 m, vous obtenez une image qui fait 100 pouces (2,54 m) en diagonale. Avec un recul de 3 m environ, vous pouvez prétendre à une base d’image de 3 m. Si nécessaire, le zoom Summicron apporte la souplesse nécessaire pour adapter l’image à la profondeur de la pièce, sans rogner sur la netteté. C’est l’une des grandes forces de cet appareil.

La base balancelle change la donne lors de la mise en place. Plutôt que d’enchaîner les corrections de trapèze ou de rotation numérique, on fait pivoter le projecteur pour aligner grossièrement l’image sur la surface — mur blanc, écran technique ou toile tendue, peu importe.
L’autofocus et la correction automatique du trapèze prennent le relais, en détectant la position du projecteur grâce à un module capteur et à une mesure de distance Time-of-Flight. La plupart du temps, aucune intervention manuelle sur la géométrie n’est nécessaire pour obtenir une image bien cadrée et nette.

Le Cine Compact 1 intègre aussi une protection oculaire, qui coupe instantanément le faisceau dès qu’une personne ou un animal passe devant. Rassurant, dans un salon ou une chambre où ça circule.

Pour affiner le cadrage, un système de redimensionnement intelligent réajuste la taille projetée sans déplacer l’appareil — précieux quand la marge de manœuvre est réduite. Bien entendu, le cas échéant, on a la main sur les réglages manuels de trapèze et de mise au point, pour une image parfaitement rectangulaire sur toute la surface. Notez la possibilité d’adapter l’image à la couleur du mur.

L’installation se fait en quelques secondes, que ce soit dans une pièce dédiée ou un coin improvisé. On pose, on oriente vers la surface, on laisse l’autofocus et le trapèze automatique faire leur travail, puis on ajuste le zoom à la distance disponible. Cette simplicité est l’un des grands atouts du Cine Compact 1, taillé pour les soirées cinéma improvisées chez soi comme chez des amis.

Leica Cine Compact 1L’image en mode subjectif
Pour l’image, le Cine Compact 1 marie une puce DLP 0,47 pouce Pico, un triple laser RVB direct et l’optique Summicron, pour une définition 4K très convaincante mais toujours simulée à partir d’une base 1080p. La définition 3840 x 2160 pixels, épaulée par un flux de 1700 lumens en mode Ultra, pose une base solide pour des projections de 60 à 220 pouces — à condition de ne pas pousser trop loin au-delà de la diagonale maximale annoncée.
À l’écran, le piqué saute aux yeux : textures fines, grain de film respecté, contours nets sans suraccentuation excessive. Le scintillement est contenu. Si cela ne vous convient pas, dans les paramètres, il est possible d’activer une fonction pour le diminuer encore. Le piqué et la stabilité d’image atteignent ici un niveau tout à fait satisfaisant.

Les différents modes d’image permettent de coller à la nature des contenus et à la lumière ambiante. On retrouve les profils Standard, Dynamique, Cinéma, Jeu, plus un mode au plus près des intentions des réalisateurs, le fameux mode Filmmaker qui lève le pied sur les traitements automatiques au profit d’un rendu plus neutre.
Sur des contenus SDR signés Netflix ou Disney+, l’image est franchement plaisante : les couleurs bien que trop saturées en sortie de carton (sans calibrage) sont relativement équilibrées. On a droit à une belle dynamique et des noirs assez profonds pour rendre justice aux scènes sombres. Les ombres conservent leurs détails, les hautes lumières évitent de cramer les nuances des nuages ou des reflets.

En HDR, notamment en Dolby Vision et HDR10+, le projecteur montre qu’il maîtrise son sujet. Les dégradés de lumière restent subtils, les couleurs gagnent en richesse sans verser dans la saturation caricaturale, et les contrastes préservent la lisibilité dans les scènes les plus tranchées. Les séquences Dolby Vision des grandes plateformes prennent une dimension spectaculaire sur une grande base d’image, avec cette retenue propre à la philosophie Leica.
Les images sont particulièrement précises et lumineuses. L’appareil arrive à proposer un rendu très convaincant, même avec de la lumière dans la pièce. Les meilleurs résultats, notamment sur la luminosité et le contraste sont cependant obtenus, comme toujours avec les vidéoprojecteurs, lorsque l’obscurité est totale. Avec des contenus sur un Blu-ray Ultra HD, le mariage du piqué et du traitement HDR donne vite envie de ressortir ses classiques.

Pour le test, j’ai alterné streaming 4K, fichiers locaux lus sur clé USB, disques Blu-ray et extraits de concerts, en jouant des modes d’image pour jauger la polyvalence de l’appareil. Le projecteur délivre une image très cohérente quelle que soit la source, à la fois flatteuse et crédible.
Comme évoqué un peu plus haut et précisé dans le chapitre des mesures, les réglages par défaut ne sont pas optimaux. C’est aussi le cas de la concurrence, voulant proposer une image plus flatteuse que fidèle. Si vous êtes un puriste, il faudra donc passer un peu de temps dans les réglages pour en tirer le maximum.
La compensation des mouvements
Le Cine Compact 1 embarque une compensation des mouvements MEMC, qui fluidifie panoramiques et scènes d’action en intercalant des images. Activable et réglable dans les menus, le traitement se montre globalement efficace. Sur les films d’action, les séries riches en mouvements de caméra et les retransmissions sportives, le gain de fluidité est net, avec des trajectoires plus lisibles et des déplacements plus naturels sur grande image.
Comme souvent, certains lui reprocheront un effet « soap opera » lorsqu’il est poussé au maximum, peu souhaitable sur un film à la mise en scène travaillée. Plusieurs niveaux sont heureusement proposés, jusqu’à la désactivation complète pour retrouver un rendu plus cinématographique. Sur des contenus de moindre qualité ou des flux compressés, le MEMC peut faire apparaître quelques artefacts, surtout dans les zones très texturées ou les arrière-plans chargés, mais le phénomène reste contenu dans un usage domestique.
La montée des contenus Full HD ou HD vers la 4K s’avère satisfaisante, avec un piqué présent mais sans excès, qui rend les flux non natifs très agréables à regarder. Les séries en 1080p, issues des plateformes ou de Blu-ray, profitent du traitement sans perdre leur caractère, le projecteur évitant de durcir à outrance les contours et le rendu artificiel qui en découlerait. Entre ce MEMC maîtrisé et un upscaling efficace, le Cine Compact 1 se révèle très polyvalent face aux contenus du quotidien.
L’effet arc-en-ciel
Comme tout projecteur DLP, le Cine Compact 1 n’échappe pas totalement à l’effet arc-en-ciel — ces flashs colorés qui apparaissent autour des objets lumineux sur fond sombre quand on bouge vite les yeux. Tout dépend de la sensibilité de chacun. Cependant, alors que j’y suis sensible, je peux dire qu’ici, ce phénomène reste modéré : on le devine parfois sur des sous-titres blancs ou des éléments graphiques très contrastés, mais rien d’envahissant.
Leica Cine Compact 1Les mesures, sondes à l’appui
Officiellement, Leica annonce un contraste natif de 1500:1. Dans les faits, avec le mode Filmmaker, j’ai pu obtenir un taux de 880:1, ce qui est correct cependant. Toujours avec les réglages par défaut, donc « en sortie de carton » et donc sans calibrage, j’ai pu mesurer une température moyenne des couleurs de 7414 K. Cette valeur est nettement trop élevée par rapport à la cible (6500 K) avec une dérive chromatique assez importante. Cela signifie que les images sont, par défaut, encore une fois, trop froides au regard de ce qu’elles devraient être. Par contre, je salue l’excellent niveau de gamma qui suit parfaitement la courbe, même si la valeur est légèrement en deçà de celle attendue dans des conditions sombres : 2,15 pour 2,4.
Pour ce qui est de la fidélité des couleurs, comme évoqué un peu plus haut et remarqué à l’œil, un ajustement est nécessaire si vous souhaitez un rendu des plus qualitatifs et moins flashy. En effet, j’ai mesuré un Delta E moyen de 6,28 donc largement au-dessus du seuil de 3 qui est la valeur en dessous de laquelle l’œil humain n’arrive plus à faire la différence entre la couleur demandée et celle qui est affichée.

Là où le Cine Compact 1 se défend bien, c’est sur la luminosité. En effet, avec des contenus HDR, cette fois, j’ai pu relever un pic de luminosité de 125 cd/m² (compte tenu du gain de l’écran), pour une image qui fait 100 pouces en diagonale. Cela correspond à un peu moins de 1100 lumens.
C’est en deçà de la promesse de la marque mais disons qu’à l’observation, l’appareil peut être utilisé, avec un recul raisonnable, dans une pièce éclairée. À titre de comparaison, c’est un peu moins que les 132 cd/m² que j’avais notés pour le Hisense M2 Pro alors que les deux sont équivalents en termes de luminosité pour une image qui fait 3 m de base.

À la différence des téléviseurs où la luminosité chute sur une mire en plein écran par rapport à celle occupant 10 % de la surface, ici, on a bien les 125 cd/m² quelle que soit la taille de l’image.

Enfin, concernant la couverture des espaces colorimétriques, le Cine Compact 1 tire tous les bénéfices de sa source de lumière, le laser RGB avec des mesures renversantes : 98,4 % pour le rec709, 99,85 % pour DCI-P3 et un excellent 98,07 % pour l’espace BT2020.

Leica Cine Compact 1Gaming, une bonne base
Avec son entrée HDMI 2.1 et un mode Jeu dédié, le Cine Compact 1 vise les joueurs désireux de profiter de leur console dernière génération sur une très grande image. La fiche technique annonce une latence inférieure à la moyenne. Dans les faits, j’ai pu mesurer un input lag (temps de retard à l’affichage) de 34,4 ms avec le mode Jeu activé. Cela correspond à un tout petit peu plus de 2 images de retard entre le moment où on appuie sur le bouton de la manette et où l’action se déroule à l’écran.
Dans les paramètres, il est cependant possible de « pousser » la machine un peu plus loin avec le mode DLP Turbo qui permet d’atteindre un input lag de 17,7 ms donc un niveau bien plus satisfaisant mais, attention, au détriment de la désactivation de la correction du trapèze. Dans ce cas, il faut donc que le vidéoprojecteur soit placé dans un parfait alignement.

Dans les faits, la réactivité suffit largement aux jeux d’action, aux FPS et aux titres compétitifs occasionnels — les joueurs pros, eux, resteront fidèles à leurs moniteurs spécialisés.
L’appareil gère le 4K à 60 Hz et le 2K (1080p) à 120 ou 240 Hz, de quoi viser des expériences très fluides dans les résolutions inférieures. Sur les consoles actuelles, le 4K à 60 Hz reste la norme pour l’essentiel des titres, et le Cine Compact 1 l’encaisse sans broncher, HDR compris.
Sur une grande base d’image, l’immersion d’un jeu en 4K HDR a de quoi marquer, avec des nuances de lumière et un niveau de détail bien présents, surtout sur les titres soignés. Certains contenus Dolby Vision tirent particulièrement parti des contrastes marqués et des couleurs riches du projecteur, même si la fréquence plafonne à 60 Hz en 4K. Concernant la luminosité et la fidélité des couleurs, comme sur les TV Hisense embarquant le système Vidaa, on peut jouer en mode Filmmaker.
Input lag contenu, traitement HDR solide, piqué élevé : la combinaison rend l’appareil très attractif pour un usage gaming régulier, au salon comme en installation temporaire.
Leica Cine Compact 1Audio, une certaine puissance
Leica a doté le Cine Compact 1 d’un système 2.0 de 2 x 10 W, compatible Dolby Digital, Dolby Digital Plus et DTS Virtual:X. Pour un projecteur compact, la prestation est honnête. Le son couvre sans peine une pièce de taille moyenne, les dialogues sont globalement clairs, et la scène sonore déborde légèrement du boîtier. Sur les films et séries, les voix se détachent bien de la musique et des effets, ce qui rend l’écoute confortable sans courir après le bouton du volume.

Le grave est là, mais bridé par le format et la puissance des haut-parleurs. Explosions, basses intenses, bandes-sons gavées d’infragraves : impossible de rivaliser avec un système doté d’un vrai caisson. L’équilibre tonal reste néanmoins correct, avec des aigus qui ne piquent pas à volume raisonnable et une dynamique convenable pour la catégorie. Les traitements de spatialisation virtuelle, type DTS Virtual:X, apportent un petit supplément d’ampleur, sans recréer un véritable champ surround.

Pour une installation simple, l’audio intégré suffit à offrir une expérience cinéma cohérente, du moment qu’on ne vise pas la salle dédiée et qu’on n’attend pas une spatialisation importante. Dans un salon permanent, en revanche, on sera vite tenté d’exploiter l’eARC pour relier le projecteur à une barre de son ou à un home cinéma plus sérieux, et aligner ainsi le niveau audio sur celui de l’image. La partie sonore embarquée joue donc correctement son rôle, dans les limites — logiques — qu’impose le format compact.
Leica Cine Compact 1L’interface, un système très réactif
Le Cine Compact 1 tourne sous Vidaa, déjà bien rodé sur les téléviseurs Hisense et les projecteurs Leica Cine 1. L’environnement connecté est donc complet et familier d’emblée. Dès l’allumage, une page d’accueil s’organise autour d’un bandeau d’applications principales : Netflix, Prime Video, Disney+, YouTube, Apple TV et d’autres services selon les régions. La navigation est fluide, les icônes réagissent au quart de tour, les temps de chargement restent très contenus. L’usage quotidien y gagne, même pour qui n’a pas l’habitude des OS de téléviseur récents.

Sous ce bandeau, plusieurs rangées de contenus s’adaptent aux usages et aux habitudes de visionnage. Vidaa affine peu à peu ses recommandations — films, séries, documentaires. Sur la gauche, on trouve les profils utilisateurs, la recherche, les notifications, les entrées du projecteur et les paramètres. La gestion multi-profils est particulièrement bienvenue en contexte familial : chacun garde ses recommandations sans empiéter sur celles des autres.

Le menu Paramètres se découpe en plusieurs rubriques : image, écran, audio, connexion, système, assistance. Côté image, on choisit parmi plusieurs modes préréglés. Le cas échéant, on ajuste luminosité, netteté, contraste et température de couleur, on active le mode Jeu ou le traitement Leica Image Optimization, qui adapte les réglages selon la taille et la position de l’image. La rubrique écran rassemble correction de trapèze, mise au point, redimensionnement intelligent et protection oculaire ; la partie audio gère les profils sonores et le retour eARC.

S’y ajoute Vidaa Voice, pour lancer une application, chercher un contenu ou régler certaines fonctions à la voix, ainsi que les mises à jour OTA qui enrichissent au fil du temps applications et fonctions système. Grâce au Wi-Fi 6, les flux 4K HDR via les applications de streaming tiennent la route, à condition d’avoir une connexion correcte.
Leica Cine Compact 1Consommation et la nuisance sonore
Le Cine Compact 1 affiche seulement 69 W avec une mire blanche en plein écran. C’est plutôt raisonnable. Sur des séances régulières, l’impact sur la facture reste comparable à celui d’un grand téléviseur récent, voire inférieur, surtout si l’on n’abuse pas du mode le plus lumineux. L’extinction automatique peut être configurée, si besoin.
Côté bruit, Leica annonce un niveau inférieur à 29 dB(A), que l’on retrouve bien en mode eco. Mais, même en mode Filmmaker, que nous conseillons pour le meilleur rendu, la nuisance sonore reste très contenue, permettant ainsi d’apprécier une séance même en restant à une certaine proximité de l’appareil. Les ventilateurs de la source laser restent effectivement audibles dans une pièce très calme, mais le souffle se fond vite dans l’ambiance dès qu’un programme tourne à volume normal.
Leica Cine Compact 1Date de sortie et prix
Le Cine Compact 1 est disponible depuis le 18 juin 2026 au prix de 1645 euros. C’est plus cher que le JMGO N3 4K qui affiche, sur le papier, une luminosité légèrement supérieure alors que le Hisense M2 Pro est moins lumineux mais aussi bien plus abordable, fonctionnant sur le même principe d’un support inclinable, Vidaa avec cependant une image moins précise que ce qu’offre le Leica Cine Compact 1. Enfin, le Horizon 20, sous Google TV, est positionné à un tarif assez similaire au modèle Leica, mais avec un pic de luminosité bien plus élevé.





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