Que vaut le premier smartphone avec capteur 200 mégapixels ? Nous l’avons pris en main

Toujours plus de pixels

 

Lors de la présentation à la presse du Motorola Edge 30 Ultra, nous avons eu l'occasion de prendre quelques clichés avec son nouveau capteur Samsung HP1. Voici le résultat.

Motorola vient tout juste de présenter trois nouveaux smartphones pour compléter sa gamme Edge. Sur le papier, le plus intéressant des trois s’appelle Edge 30 Ultra, pour la simple et bonne raison qu’il s’agit du premier téléphone avec un capteur de 200 mégapixels. Nous avons pu l’essayer une poignée d’heures durant.

Il s’agit d’un téléphone au design tout à fait standard pour sa gamme de prix, avec une attention apportée au design dans le choix des matériaux, le revêtement satiné au dos ou encore la courbure de ses tranches. Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui, ce sont les qualités photo de son capteur principal.

Capteur Isocell HP saison 1

Avant d’aller plus loin, terminons les présentations. Il s’agit d’un capteur Samsung S5KHP1, souvent appelé Isocell HP1. Il s’agit de la première génération de capteurs dotée de cette définition à être développée par le géant coréen.

D’une taille de 1/1,22 pouce, il intègre des photosites d’une taille de 0,64 µm et peut en combiner 16 à la fois pour créer des photos de 12 mégapixels, avec des pixels d’une taille de 2,56 µm. Sur le Motorola edge 30 ultra, il est accompagné d’un objectif avec une ouverture de f/1,9, un champ de vision de 82,3 degrés, une stabilisation optique et un autofocus démarrant à partir de 14 cm.

Nos premiers clichés

Premier constat qui saute immédiatement aux yeux : le 200 mégapixels ne révolutionne en rien la photographie sur smartphone. On s’y attendait, nous pouvons maintenant le confirmer.

Photo prise à l’aide du Motorola edge 30 ultra

Soyons clairs sur un point : le edge 30 ultra de Motorola prend des photos tout à fait correctes. Mais on éprouve des difficultés à déceler l’apport du 200 mégapixels lors de notre première prise en main.

On ne le rappellera jamais assez, aujourd’hui, la photo sur smartphones tient moins au matériel qu’à la qualité des algorithmes qui le soutienne. Ce nouveau Moto a beau s’équiper d’un capteur flambant neuf, on retrouve les défauts des photos que l’on connaissait déjà sur les autres téléphones de la marque : de petits soucis de colorimétrie, en particulier sur les bleus, les rouges ou les teintes de peau.

Si on le compare à un concurrent, l’Oppo Find X5 Pro, qui rappelons-le est aussi beaucoup plus cher, on constate que le piqué et la gestion du HDR sont tout de même moins bons.

Ici le HDR et les détails au fond ou sur la voiture.

Ici en portrait, regardez mes cheveux ou encore le soleil à droite de mon visage.

L’intérêt d’un tel capteur sur le papier, en théorie, est l’obtention de clichés de nuit avec moins de bruit. Qu’à cela ne tienne, voici ce que cela donne en luminosité très réduite.

Le résultat est honnêtement très bien maitrisé, même si l’on retrouve quelques coins de la photo un peu trop exposée et un petit manque de piqué ici ou là, le cliché pris dans son ensemble est plutôt esthétique. Motorola a peut-être une carte à jouer là-dessus.

Et le recadrage ?

L’une des promesses des capteurs avec de nombreux pixels est que l’on peut utiliser un mode ultra-définition, qui ne fusionne pas les pixels entre eux et qui permet donc d’avoir, en théorie, un niveau de détail plus élevé. Cela permet notamment de « cropper » dans l’image, c’est-à-dire de recadrer à l’intérieur de l’image comme on le souhaite.

Deux soucis viennent empêcher cet usage : le premier, c’est que le gain en matière de piqué, autrement dit la finesse des détails dans une photo, n’est pas franchement évident, particulièrement sur les côtés de l’image.

Ensuite, le mode haute définition semble perdre une partie des algorithmes du mode de prise de vue normale. Voici un exemple ci-dessous, où l’on constate nettement que le HDR s’effondre.

Malgré ces quelques défauts, le fait de pouvoir recadrer plus allégrement dans les photos est toujours une bonne chose et la présentation de l’iPhone 14 Pro avec son capteur de 48 Mégapixels va certainement pousser les constructeurs à améliorer leurs algorithmes pour mieux en profiter.

Précisons que le téléphone sur lequel nous avons pris les clichés ci-dessus ne possède pas la version du logiciel qui sera présente sur les Motorola une fois commercialisés. En clair, on peut s’attendre à des améliorations d’ici à la sortie.

Le nombre de pixels ne fait pas le photophone

Dans l’ensemble donc, le capteur 200 mégapixels tel qu’utilisé ici par Motorola n’apporte vraiment pas grand-chose à l’expérience photo sur un flagship. La colorimétrie, le piqué, la gestion de la dynamique, tout paraît un peu derrière la concurrence. Même le fait de croper dans l’image en prenant des clichés en définition maximale nous laisse un peu songeurs, étant donné que ce mode amène à une baisse de qualité générale et un HDR non maitrisé. Le niveau de détail que l’on est censé récupérer ne justifie pas l’ajout d’une telle technologie.

En définitive, ce nouveau capteur vient confirmer une règle immuable en photo sur smartphone : le nombre de pixels ne fait pas la qualité. Rappelons que l’iPhone, jusqu’au récent iPhone 14 Pro, trustait les classements des meilleurs photophones avec un capteur 12 mégapixels.

Cet article a été rédigé dans le cadre d’un voyage de presse organisé par Motorola.