Google Gemini débarque dans les Renault : ce qui change à bord (et pourquoi c’est mieux qu’Android Auto)

 
Renault déploie progressivement Gemini sur les véhicules équipés de son système multimédia openR link. L’assistant IA de Google succède à Google Assistant, mais qu’est-ce que ça va changer concrètement pour les possesseurs de R4, R5, Mégane et autres Scénic électriques ?

Il faut bien admettre qu’on ne remarque pas toujours l’assistant vocal de sa voiture, jusqu’au jour où il répond à côté. Ça donne même parfois lieu à des situations pour le moins cocasses, des situations que nous rencontrons régulièrement lorsque nous essayons de nouvelles voitures.

Mais nous devons avouer que plus le temps passe, plus ces systèmes embarqués sont précis. Et justement, du côté de chez Renault, l’assistance vocale (mais pas que !) va devenir encore meilleure.

Google Assistant, intégré depuis 2022 au système openR link de Renault, va avoir le droit à un sacré changement avec l’installation de Gemini qui est disponible depuis le 15 juin dernier, via une mise à jour envoyée directement aux véhicules connectés, sans passage par la case atelier.

Le principe est celui de l’opt-in : c’est le conducteur qui choisit d’activer ou non le nouvel assistant depuis l’écran central, à condition d’être connecté à un compte Google. Il peut aussi revenir à l’ancien assistant s’il le préfère.

La mise à jour est gratuite et ne modifie pas la durée de l’offre de connectivité, précise Renault. Gemini prend en charge treize langues au lancement, dont le français, l’anglais, l’allemand, l’espagnol ou le japonais, avec d’autres à venir.

Le déploiement couvre l’ensemble de la gamme européenne, c’est-à-dire de la petite Twingo électrique à moins de 20 000 euros au Rafale hybride à plus de 60 000 euros, ainsi que quelques modèles commercialisés en dehors de l’Europe, comme le Duster ou le Boreal en Inde.

Ce que Gemini change concrètement

La promesse de Gemini, c’est de mieux comprendre ce qu’on lui dit. Là où un assistant vocal classique exigeait des formulations précises et des mots-clés bien choisis, Gemini est censé saisir le contexte conversationnel et traiter des demandes formulées de manière plus naturelle. « Il fait froid ici, monte la température » plutôt que « Hey Google, augmente la température de deux degrés ».

L’assistant reste toutefois ancré dans l’écosystème Google, c’est-à-dire que les interactions réalisées en voiture peuvent se retrouver sur d’autres appareils connectés au même compte. Pour ceux qui apprécient la continuité entre leurs différents écrans, c’est un avantage. Pour ceux qui préfèrent cloisonner leurs usages, c’est un point à garder en tête.

Et l’intégration est d’ailleurs plus poussé qu’on ne le pense. Gemini peut piloter la climatisation, lancer la navigation, gérer la radio ou consulter l’autonomie restante d’un modèle électrique pour planifier un trajet. Ce niveau d’intégration va plus loin que ce que propose Android Auto ou encore Apple CarPlay, qui se contentent de répliquer le téléphone sur l’écran.

Gemini Live et les limites de l’exercice

Renault et Google annoncent également une fonctionnalité baptisée Gemini Live, qui permettra des échanges encore plus fluides : interrompre l’assistant en cours de réponse, enchaîner plusieurs requêtes sans répéter le mot-clé d’activation, changer de langue en cours de conversation.

Cette fonctionnalité n’est toutefois pas disponible immédiatement, elle arrivera dans une prochaine mise à jour, sans date précise. Mais là encore, c’est un sacré cap qui pourrait même nous faire croire qu’on ne parle plus avec une IA mais un véritable être humain.

Alors évidemment, quand Google s’immisce dans les voitures en native, et c’est aussi le cas chez Volvo par exemple, on peut se poser quelques questions, et notamment dans quelle mesure le constructeur conserve-t-il la maîtrise de l’expérience à bord quand l’intelligence embarquée est entièrement sous-traitée à un acteur extérieur ?

Renault n’est d’ailleurs pas seul sur ce terrain. Tesla a déjà embarqué Grok, et Stellantis (Peugeot, Citroën) intègre ChatGPT sur certains modèles. Aux États-Unis, General Motors a annoncé un déploiement de Gemini sur environ 4 millions de véhicules. L’IA générative dans l’habitacle devient un terrain de différenciation entre constructeurs.

Renault assume ce choix depuis le lancement d’openR link, et force est de constater que le système figure parmi les plus aboutis du marché, même devant certains premium allemands. Mais la dépendance à Google, elle, s’approfondit un peu plus à chaque mise à jour.


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