Nous avons eu l’occasion de tester longuement le Samsung Galaxy Fold, le premier smartphone pliable du constructeur coréen. La pliure est-elle visible ? La charnière est-elle fragile ? Le passage d’un écran à l’autre est-il rapide ? L’ensemble est-il bien pensé ? Voici nos réponses à ces questions et bien plus encore dans ce premier test rapide.

Samsung Galaxy Fold

Sept ans. C’est le temps qu’il s’est écoulé depuis la présentation du premier écran flexible de Samsung et la sortie du premier smartphone pliable. Une attente longue, qui nous a laissé rêver de cet appareil à de nombreuses reprises au travers de brevets, de concepts et de rumeurs. Aujourd’hui, le Samsung Galaxy Fold est bel et bien une réalité et nous avons eu l’occasion de le prendre en main pendant 1h30 pour faire le tour du propriétaire en attendant le test complet.

Prise en main vidéo

Pour compléter la prise en main ci-dessus, retrouvez notre vidéo sur YouTube :

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Fiche technique du Samsung Galaxy Fold

Modèle Samsung Galaxy Fold
Version de l'OS Android 9.0
Interface constructeur Samsung One UI
Taille d'écran 7.3 pouces
Définition 2152 x 1536 pixels
Densité de pixels 414 ppp
Technologie Dynamic AMOLED
SoC Snapdragon 855
Processeur (CPU) ARMv8
Puce Graphique (GPU) Adreno 640
Mémoire vive (RAM) 12 Go
Mémoire interne (flash) 512 Go
MicroSD Non
Appareil photo (dorsal) Capteur 1 : 12 MP
Capteur 2 : 12 MP
Capteur 3 : 16 MP
Appareil photo (frontal) Capteur 1 : 10 MP
Capteur 2 : 8
Enregistrement vidéo 4K
Wi-Fi Wi-Fi 5 (ac)
Bluetooth 5.0 + ADP + aptX + LE
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7), 700 MHz (B28)
NFC Oui
Capteur d'empreintes Oui
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Géolocalisation Oui
Batterie 4380 mAh
Dimensions x x mm
Couleurs Noir
Prix 999€
Fiche produit

Un bijou de technologie

En sept ans, le projet « Galaxy X » (ou « Galaxy F ») a eu le temps de devenir mature et Samsung a finalement opté pour une solution loin d’être stupide : un smartphone avec deux écrans, un petit à l’avant pour une utilisation à une main au quotidien et un second bien plus grand pour profiter d’un espace « tablette » pour le multimédia et le multitâche professionnel, le tout dans un format relativement compact qui tient dans la poche. « Relativement » parce que le Galaxy Fold sort tout de même des standards en la matière avec son épaisseur 17 mm (replié, au plus épais) et sa longueur de près de 161 mm.

Dès qu’on le prend en main, on ressent immédiatement le côté « premium » du téléphone

Dès qu’on le prend en main, on ressent immédiatement le côté « premium » du téléphone. Il faut dire que ses 263 grammes imposent le respect, quand bien même son poids est bien réparti sur la totalité du téléphone. À titre de comparaison, un Galaxy Note 9, qui est pourtant  l’un des téléphones les plus lourds que j’ai testé, ne fait « que » 200 grammes.

Samsung Galaxy Fold – Face avant

Toujours est-il que malgré un mécanisme qui pourrait inspirer la méfiance à certains, le Galaxy Fold rassure immédiatement son utilisateur en lui montrant directement qu’il n’est pas seulement beau : il tient également la route. On retrouve d’ailleurs des finitions similaires à celles du Galaxy S10, et il est très agréable en main.

Ce design est aussi une assurance pour l’avenir : l’écran pliable est plus fragile et le garder à l’intérieur permet de mieux le protéger. À défaut de pouvoir mettre un revêtement Gorilla Glass par-dessus — car trop rigide –, on appréciera d’éviter les rayures à foison.

Une question que beaucoup se posent : la pliure du Galaxy Fold est-elle visible ? La réponse est non, mais seulement si vous êtes bien en face de l’écran sans éclairage direct. Deux contraintes qui vous obligent à utiliser votre smartphone dans une seule position lorsqu’il est déplié pour profiter d’une expérience optimale. Si vous voulez partager cet écran avec quelqu’un d’autre ou que la situation vous impose un angle un peu marqué, vous risquez de remarquer de petit défaut, malheureusement encore techniquement impossible à supprimer pour le moment selon Samsung.

La pliure n’est pas aussi visible à plat

La charnière est-elle solide ? Bien sûr je ne peux pas répondre précisément à cette question sans avoir plié et déplié le téléphone en quarantaine de fois par jour pendant six mois, mais les (très) nombreuses ouvertures et fermetures que j’ai infligées au Galaxy Fold n’ont montré aucun signe de faiblesse. Rien ne craque, tout respire la solidité… mais il y a un « mais ».

Récapitulons : le smartphone pliable de Samsung est lourd, ses rebords sont très arrondis, plutôt glissants, et la charnière assiste la fermeture afin qu’il n’y ait pas un battant qui ballotte à chaque mouvement. Cela fait que le smartphone est loin d’être évident à ouvrir et pourtant, vous allez devoir l’ouvrir souvent, très souvent.

Un choix d’écran discutable

Comme dit plus tôt, le concept du Galaxy Fold est plutôt bien pensé et repose sur un duo d’écran. Le premier, à l’extérieur, affiche une diagonale de 4,5 pouces pour une définition de 1960 x 840 pixels, soit un ratio 21:9 (comme le Xperia 10+). Le second, à l’intérieur, affiche une fois déplié une diagonale de 7,3 pouces avec une définition de 2152 x 1536 pixels, soit un ratio 14:10 (comme… rien).

L’idée pourrait être intéressante, mais du 840 p manque un peu de finesse et couplé à cette petite taille, on a rapidement l’impression de revenir à une époque surannée. Un détail sur lequel on pourrait rapidement faire l’impasse si l’idée principale visant l’usage à une main était correctement mise en œuvre. Malheureusement, les rebords énormes qui encadrent cet écran le positionnent à un endroit qui le rend difficile à utiliser sans repositionner sa main. À l’époque où Apple souhaitait que le pouce puisse aller « de là à là sur l’écran« , les fans de la pomme se seraient étouffés à la vue des dimensions laborieuses du Galaxy Fold.

Samsung Galaxy Fold

Au final, cet affichage qui en devient ridiculement petit et difforme ne donne pas envie d’être utilisé et rappelle davantage le petit écran à cristaux liquides qui existaient sur les smartphones à clapet d’antan pour afficher l’heure et les notifications, rien de plus.

(…) il suffit de déplier le Galaxy Fold pour avoir droit à… une encoche.

Qu’à cela ne tienne, il suffit de déplier le Galaxy Fold pour avoir droit à… une encoche. En 2019, alors que la majorité des constructeurs font des pieds et des mains pour éviter l’encoche en passant par des mécanismes sophistiqués, le smartphone le plus avancé technologiquement du moment se traîne encore cette escarre disgracieuse dans un coin de son grand écran. Au quotidien, suivant les utilisations, cela pourra se montrer discret, mais avouons-le, en 90 min elle a réussi à me déranger en passant tour à tour par-dessus une vidéo que je regardais sur YouTube et sur un bouton dans un jeu mobile. Et si les développeurs se sont rapidement adaptés à l’encoche de nos smartphones vu leur présence partout, il est difficile d’imaginer qu’ils feront un effort pour un unique téléphone qui restera par ailleurs certainement confidentiel en termes de volumes de ventes.

Samsung Galaxy Fold – Encoche

Le logiciel, point d’orgue encore perfectible

C’est certainement là que le bât blesse. Un nouveau format n’est rien sans les usages qui l’accompagnent et ceux de ce grand écran proche de celui d’un iPad Mini semblent manquer. Oublions le multimédia et les jeux : le format est trop loin du 16:9 utilisé presque partout. Reste la productivité et la possibilité d’ouvrir plusieurs applications en même temps.

Sur le Samsung Galaxy Fold, on peut donc ouvrir 3 applications en partage d’écran et jusqu’à 8 en fenêtres flottantes.

Sur le Samsung Galaxy Fold, on peut donc ouvrir 3 applications en partage d’écran et jusqu’à 8 en fenêtres flottantes. Oubliez cette dernière option immédiatement, ça devient très rapidement ridiculement petit, vous n’en aurez jamais l’utilité. Pour ce qui est du partage des trois applications, il faut glisser son doigt depuis le bord droit de l’écran pour créer ce multitâche. Le cadre de 6 mm d’épaisseur qui entoure l’écran est légèrement protubérant, et il n’est pas facile de trouver exactement le point de départ qui permet d’actionner la fonctionnalité. C’est d’autant plus frustrant quand vous avez sur la partie droite de l’écran une application qui possède des actions lors d’un glissement de doigt. À titre d’exemple, j’ai dû archiver une demi-douzaine de mails sur Gmail avant de réussir à ouvrir une deuxième application.

Par ailleurs, l’agencement en colonnes des 3 applications ne laisse finalement qu’une place assez restreinte à chacune d’elle, et la lecture est loin d’être optimale. On pourra dire que cette fonction a le mérite d’être là.

C’est dommage, car sur des applications qui sont bien pensées pour ce format, comme YouTube, c’est très plaisant. La vidéo occupe un bon espace en haut de l’écran et on peut naviguer dans les commentaires sans problème. Pour les sites web, c’est pas forcément aussi bien pensé et les designs responsives ne s’adaptent pas forcément très bien à cette largeur. Sur la page d’accueil de FrAndroid par exemple, la partie droite de l’écran parait cruellement vide.

Notons également que la fluidité est au rendez-vous et que la continuité entre les deux écrans est très rapide.

Faut-il craquer pour le Samsung Galaxy Fold ?

Nous n’avons pas testé ce smartphone sur une longue durée, mais si l’on se demande aujourd’hui s’il faut craquer pour le Galaxy Fold, la réponse serait clairement « non ! ». Indépendamment de toute notion de prix (2020 euros ce n’est pas donné, mais le prix ne parait pas excessif pour profiter d’une toute nouvelle technologie), le Galaxy Fold n’arrive pas à assurer ses promesses et il est difficile de le conseiller plus qu’un Galaxy S10+.

(…) le Galaxy Fold n’arrive pas à assurer ses promesses et il est difficile de le conseiller plus qu’un Galaxy S10+

Alors que l’on espère glisser une tablette dans sa poche et avoir par la même occasion un smartphone qui s’utilise à une main, on a dans la main une œuvre d’art à l’utilisation douteuse. L’utilisation à une main est fastidieuse et le grand écran n’est pas adapté aux contenus les plus fréquents. Est-ce totalement inutile ? Certainement pas pour tout le monde, il est sûr que certains y trouveront leur bonheur. Est-ce qu’on peut le conseiller ? Clairement pas, comme nous n’aurions pas conseillé le premier iPhone à son époque, car les premières générations sont toujours hésitantes.

Et si le Galaxy Fold n’arrive pas à nous convaincre, il pave le chemin historique des smartphones pliables et on ne peut qu’attendre avec impatience l’arrivée d’une seconde génération qui prendra en compte le retour des premiers utilisateurs, qui en l’état font office de bêta-testeurs.

Nos photos du Samsung Galaxy Fold