Introduction

Un temps de retour en recherche et développement pour cause de problèmes de conception, le Samsung Galaxy Fold est enfin là. Le premier smartphone pliable sérieux du marché est disponible, mais arrive-t-il vraiment à convaincre ? Nous l’avons plié dans tous les sens pour le déterminer : voici notre test.

Fiche technique

Modèle Samsung Galaxy Fold
Version de l'OS Android 9.0
Interface constructeur Samsung One UI
Taille d'écran 7.3 pouces
Définition 2152 x 1536 pixels
Densité de pixels 414 ppp
Technologie OLED
SoC Snapdragon 855
Puce Graphique (GPU) Qualcomm Adreno 640
Mémoire vive (RAM) 12 Go
Mémoire interne (flash) 512 Go
Appareil photo (dorsal) Capteur 1 : 12 Mpx
Capteur 2 : 12 Mpx
Capteur 3 : 16 Mpx
Appareil photo (frontal) Capteur 1 : 10 MPX
Capteur 2 : 8 MPX
Enregistrement vidéo 4K
Wi-Fi Wi-Fi 5 (ac)
Bluetooth 5.0
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7), 700 MHz (B28)
NFC Oui
Capteur d'empreintes Oui
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Batterie 4380 mAh
Dimensions 117.9 x 160.9 x 6.9mm
Poids 263 grammes
Couleurs Noir, Argent, Bleu, Vert
Prix 2020€
Fiche produit

Ce test a été réalisé à partir d’un produit prêté par la marque.

Design

Enfin un appareil qui ne nous fera pas dire qu’il ressemble à n’importe quel autre produit du marché ! Si l’on peut avoir un avis sur l’utilité des smartphones pliables, on ne peut nier qu’ils sont véritablement un changement majeur sur cette catégorie de produit, et c’est tout à fait rafraîchissant. Notez avant toute chose que je fais partie de ceux qui croient au potentiel des smartphones pliables, et n’ai eu de cesse d’en souligner les raisons sur de multiples articles.

Galaxy Fold refermé en smartphone

Fermé, vous avez donc un très large rectangle de 1,6 cm d’épaisseur (à la charnière) dans les mains pour 15,8 cm de longueur et 6,1cm de largeur. Et ce pour un bon poids de 275,5 grammes, qui se ressent bien en main. Oui : c’est très élancé, au point que lorsqu’on tient un Galaxy Fold fermé, on a l’impression d’avoir en main le manche d’un outil. Plutôt un bon marteau, du fait de son poids qu’il est impossible d’ignorer.

Un petit écran principal lorsque le smartphone est fermé

Ça semble inévitable toutefois, puisque nous avons affaire à une sorte de tablette repliée sur elle-même après tout. Cela ne l’empêche pas d’intégrer un écran sur la surface avant de 4,6 pouces au ratio d’affichage extrêmement élancé à 21:9. Si c’est agréable sur les derniers Sony, ça ne l’est absolument pas sur une diagonale aussi petite, mais nous y reviendrons. Notez surtout que ce petit écran subit des bordures extrêmement larges, aussi bien sur les côtés que sur le haut (qui accueille un capteur photo), mais il n’est pas vraiment fait pour être un écran principal.

Assez épais en main lorsqu’il est fermé

Au dos, on retrouve le même design élancé, mais une configuration habituelle : un triple capteur calé en haut à gauche, quelque peu protubérant, mais pas nécessairement gênant. Au moins, Samsung a fait le choix de la sobriété sur cet extérieur. À la charnière s’opposent les boutons classiques des smartphones en mode fermé, bien qu’ils soient répartis sur deux tranches : celle supérieure intègre la trappe SIM, quand l’inférieure accueille les boutons de volume, de verrouillage et le lecteur d’empreintes digitales. En haut du smartphone, on retrouve une grille haut-parleurs. En bas, une seconde grille haut-parleurs et enfin un port USB type C.

Un mode miroir à l’arrière

Je m’arrête à l’appareil encore fermé pour vous le dire : il est un smartphone frustrant au possible. Si vous pensiez avoir un smartphone qui de temps en temps s’ouvre pour être une tablette… ne prenez pas le Samsung Galaxy Fold. À l’écran trop petit s’ajoute une prise en main trop compliquée du fait de son corps allongé, mais peu large. Si vous imaginez, comme je le faisais, participer à vos conversations textuelles sur ce petit écran au bar ou dans le métro et ouvrir l’appareil lorsque vous êtes confortable, détrompez-vous : ça n’est tout simplement pas une bonne expérience. L’écran est trop petit pour que des doigts adultes puissent taper sur un clavier confortablement, et fatigue les yeux à la moindre lecture. Un ratio 16:9 et une diagonale plus large régleraient l’affaire, mais en l’état : ça n’est pas confortable pour un sou, et à peine utilisable.

Galaxy Fold ouvert en tablette

Naturellement, vous allez déplier le Galaxy Fold et l’utiliser bien davantage en tablette. Ici, on peut profiter d’une prise en main excellente grâce à son grand écran 7,3 pouces flexible au ratio 4,2:3. Oui, presque 4:3, le format des téléviseurs de nos grands-pères, que l’on pensait enterré à tout jamais, mais qui fait son grand come-back sur cet appareil. Une pliure est bien visible (et se ressent un peu au doigt) au milieu de l’écran, mais elle disparaît bien vite une fois plongé dans vos contenus : c’est loin d’être un défaut.

Très grand écran confortable

Son poids réparti sur une surface bien plus grande, le Galaxy Fold devient bien plus léger et facile à prendre en main, bien qu’il vous faudra naturellement utiliser vos deux mains. Le ratio peut choquer au début, mais il est au final très agréable en main et à utiliser au quotidien. Nous avons vraiment là une tablette de bonne facture, qui peut se refermer d’un petit « clap » satisfaisant pour rentrer dans une poche.

En mode papillon

Impossible cependant de passer à côté de la large zone grignotée sur cette dalle en haut à droite, qui accueille deux autres capteurs photo et un capteur de luminosité ambiante. Celle-ci est étrangement surlignée par les bordures rebondies parcourant l’intégralité de l’écran, qui cachent d’ailleurs le fameux « film protecteur qu’il ne fallait pas enlever normalement ». On aurait préféré un peu plus de discrétion.

On voit clairement les modifications apportées au design au niveau de la charnière

Nouveauté de ce Galaxy Fold revisité par rapport à la première version présentée en début d’année : des petits T caoutchouteux pour tenter de bloquer le moindre corps étranger souhaitant se glisser sous la dalle à l’ouverture. D’ailleurs, l’ouverture elle-même est semble-t-il un peu plus rigide et a moins d’espace au dos, là encore pour éviter les soucis. Je ne peux m’empêcher d’avoir peur, mais cela est plus dû aux problèmes rencontrés par le premier modèle qu’à mon expérience personnelle : en l’utilisant intensivement sur ces derniers jours, je n’ai rien constaté de problématique.

Plutôt imposant une fois en poche

Je ne peux le nier : c’est l’une des tablettes les plus confortables que j’ai pu utiliser, grandement aidée par le fait de pouvoir la refermer sur elle-même en sortant du métro pour la glisser rapidement dans ma poche. Auquel cas, impossible d’avoir un tel confort sans un écran pliable.

Écran

Dalle avant

Deux écrans, donc. Commençons par le premier, qui est, comme nous le disions plus haut, une petite dalle Super AMOLED de 4,6 pouces de diagonale, supportant une définition maximale en 720p. Sa particularité est d’être au ratio 21:9, le rendant très allongé et donc peu large.

Son principal problème est véritablement physique : il est trop petit pour être confortable, à utiliser comme pour simplement lire ses notifications. Il dépanne, bien sûr, mais n’est pas vraiment utilisable.

Comparé à un smartphone « normal »

Cela ne l’empêche toutefois pas d’être d’excellente facture. Sa température de couleurs moyenne est relevée à 6 297K sur nos tests CalMAN, pour une luminosité maximale de 674 cd/m². C’est absolument excellent, aussi bien précis sur l’affichage des couleurs qu’assez lumineux pour être parfaitement lisible au soleil. Et bien sûr, OLED oblige, les contrastes sont excellents.

Dalle pliable

Le deuxième écran est évidemment le plus intéressant, puisqu’il s’agit du fameux écran pliable. Comme dit plus tôt, sa rainure au milieu s’oublie vite face à sa définition Quad HD+ de 2 152 sur 1 536 pixels. Un format quelque peu bâtard qui est expliqué par un ratio de 4,2:3.

À l’usage, il est vraiment excellent. Lumineux, avec de belles couleurs, il ne vient pas une seule seconde choquer la rétine. Pourtant, on sent qu’il n’atteint pas la même qualité que sur un Galaxy Note 10 ou S10.

Lorsqu’il est déplié, l’écran est beaucoup plus grand que celui d’un écran de smartphone « normal »

Nos tests CalMAN confirment là encore cette impression. La dalle atteint une luminosité maximale de 528 cd/m², pour une température de couleurs moyenne de 6 722K. C’est très bon, mais l’espace de couleurs DCI-P3 n’est couvert qu’à 69% (contre 103% du sRGB). Quant à son delta E moyen, il est de 4,92. Un résultat assez correct sans être au niveau de ses autres frères premium. Il s’agit-là de mesures faites au centre de la dalle, mais notez qu’une légère différence (à peine perceptible) existe entre la partie droite du téléphone (où les composants sont) et la partie gauche, aussi bien sur la luminosité que la colorimétrie.

Son véritable problème est à voir du côté du rafraîchissement de la dalle, qui n’est pas égal sur toute sa surface. Aussi, lorsque vous consultez une page web, vous aurez l’impression que la partie gauche de l’écran est légèrement en retard par rapport à la droite, provoquant un petit effet « drapeau au vent » particulièrement visible lorsque vous lisez du texte noir sur fond blanc. Difficile de déterminer s’il s’agit d’un problème logiciel ou d’une spécificité de la dalle (tous les composants sont à droite après tout), mais cela se remarque au quotidien.

Est-ce une gêne ? Pas vraiment, l’impression reste assez ténue. Est-ce attendu ? En vérité… oui. N’oubliez pas qu’il s’agit-là du premier appareil de la sorte pour le constructeur, et le premier smartphone pliable vraiment sérieux (désolé FlexPai) disponible sur le marché. Ces premiers petits défauts sont presque obligatoires, mais on espère que tout cela pourra être corrigé par mise à jour… ou sur le prochain Fold.

Logiciel

Le Samsung Galaxy Fold profite de One UI 1.0, que l’on connaît déjà très bien, sous Android 9 Pie avec le patch de sécurité d’août 2019. Il y a peu à rajouter sur cette interface, d’autant que ses fonctionnalités, déjà bien analysées lors de nos tests, sont toutes présentes ici.

Mode multi-fenêtre

Concentrons-nous donc sur ce qui est spécifique à l’appareil lui-même. Tout d’abord, le mode multi-fenêtre a été personnalisé par Samsung pour accueillir plus d’applications. Trois au maximum précisément, que l’on peut facilement sélectionner par un volet disponible sur la droite de l’interface, s’ouvrant en glissant de la droite vers le centre. Ainsi, vous pouvez sélectionner une première application, qui prendra toute la place à gauche, puis une seconde sur la partie supérieure droite, et enfin une dernière pour la partie inférieure.

Une petite pilule allongée en haut de l’application vous permet ensuite en quelques glissements d’intervertir l’emplacement des applications actives. Actives… plus ou moins, d’ailleurs. Il y a bien une application principale, celle avec laquelle vous interagissez, quand les autres ont tendance à rester figées sur leur dernier état tant que vous n’interagissez pas avec elles. Les vidéos ne se mettent heureusement pas en pause, mais les jeux figeront par exemple.

Les applications sont séparées par une petite barre noire transparente que vous pouvez retoucher pour redimensionner les fenêtres, et trouver le confort dont vous avez besoin. À trois applications, il faut bien avouer qu’il est souvent difficile à trouver. Même à deux applications, lorsque vous tenez l’appareil en mode portrait, le ratio peut parfois être trop allongé pour être vraiment confortable. Ceci étant, ça reste assez pratique.

Le véritable problème de ce mode multi-fenêtre automatique est qu’il vous offre uniquement la possibilité de mettre des applications à la verticale, et pas à l’horizontale. Et ce même lorsque vous tournez physiquement l’appareil. Aussi, il est presque impossible de ne pas se retrouver avec énormément d’espace perdu, particulièrement en regardant des vidéos YouTube. Vous rêviez de mettre une vidéo YouTube en haut, et votre flux Twitter en bas, comme une sorte de Twitch avec le chat ? Ça n’est pas prévu par ce système, qui donne ainsi l’impression de n’être qu’à demi développé.

Applications flottantes

Il existe toutefois une possibilité, qui n’est pas vraiment rattachée au Galaxy Fold d’ailleurs puisqu’elle existe aussi sur les smartphones S10 et Note 10 (entre autres tournant sous One UI) : les applications flottantes, ou plutôt « l’affichage contextuel » comme a choisi de l’appeler Samsung.

En choisissant cette option dans le mode multitâche, vous pouvez tout simplement ouvrir votre application dans une fenêtre flottante redimensionnable à loisir, et vous amuser donc à créer votre mode multifenêtre comme bon vous semble. Double bonus : ce mode accepte jusqu’à 5 applications actives en même temps, soit deux de plus que le mode multifenêtre par défaut. Vous pouvez également fermer rapidement une application pour lui faire prendre la taille d’une simple petite bulle (comme Messenger) en deux clics sur la pilule de gestion.

Voilà qui n’est pas forcément très utile sur smartphone, mais prend tout son sens sur tablette. S’il est un peu fastidieux de placer ses fenêtres, il est surtout dommage de ne pas pouvoir enregistrer une configuration de bureau pour la retrouver rapidement. Vous l’avez compris : j’aurais le couple YouTube / Twitter en raccourci en un rien de temps.

Qu’il s’agisse du mode multifenêtre ou du mode affichage contextuel, toutes les applications ne sont pas compatibles. Ainsi, pour Messenger notamment, vous n’aurez pas d’autre option que de l’ouvrir en grand ou d’utiliser la bulle de notification intégrée à l’application même. Cela est cependant plus dû aux choix des développeurs qu’à un manque d’effort de la part de Samsung. Nous ne lui en tiendrons pas rigueur de ce fait. L’adaptation peut aussi provoquer quelques bugs graphiques, et n’est donc pas à utiliser avec toutes les applications (notamment de jeu).

Continuité entre les deux écrans

La dernière spécificité logicielle de ce Galaxy Fold est la continuité entre l’écran externe et l’écran interne. Si vous utilisez le petit écran, sur Maps par exemple, mais aussi toutes les autres applications, et que vous ouvrez l’appareil, vous retrouverez l’application comme vous l’utilisiez ; simplement, en plus grand.

Tout ceci fonctionne très bien… si ce n’est que comme dit plus haut, l’écran avant est une plaie à utiliser et va vite devenir extrêmement secondaire. Au mieux, vous l’utiliserez pour regarder vos notifications très rapidement pour déterminer si ouvrir le Galaxy Fold vaut le coup ou non en situation.

Notez qu’il est également possible de configurer le lien inverse, fermer le grand écran ouvre l’application sur le petit, mais ce n’est pas activé par défaut : Samsung considère que par défaut, lorsqu’on ferme le Galaxy Fold, c’est qu’on ne veut plus l’utiliser. Si vous souhaitez que ce ne soit pas le cas, vous devrez activer cette possibilité application par application dans les paramètres.

Encoche

Enfin, parlons de la large encoche à l’intérieur de ce smartphone. Android n’était pas prévu pour un tel cas de figure, et ça se voit. En mode paysage, l’encoche vient rogner une grande partie de vos vidéos, donnant l’impression de revenir aux débuts des encoches où tout était encore à définir.

Certaines applications la gèrent un peu mieux, mais créent dès lors une zone morte sur la gauche du téléphone. Quant aux jeux, cette encoche est assez large pour au mieux bloquer des informations importantes, au pire bloquer les touches avec lesquelles vous êtes censé jouer. Bref, il faudra bien composer avec celle-ci, puisqu’elle est impossible à ignorer.

On aurait aimé, comme sur EMUI par exemple, pouvoir gérer tout cela finement application par application.

Ratio 4:3

Le ratio 4:3 est certes confortable, mais il y allait forcément y avoir quelques problèmes face à un univers applicatif ayant adopté les ratios 18:9 et plus sur ces dernières années. Sur les Stories notamment, Instagram comme Messenger, l’interface s’affiche correctement, mais les photos de vos amis sont coupées sur le haut et le bas pour pouvoir être affichées pleinement sur l’écran.

Autre problème : lorsque vous prenez une photo à partir de ces applications, votre affichage reste en 4:3… mais la photo est prise en 18:9+. Aussi, il vous faut bien établir que ce que vous voyez dans votre aperçu n’est qu’une partie de l’image qui sera réellement envoyée.

Usage

Le smartphone pliable (ou plutôt dépliant ici) est si novateur qu’il est difficile de véritablement établir un « lieu commun » de son usage. Aussi, voici ce que je tire personnellement de l’appareil, qui correspond évidemment à mes habitudes et n’est pas forcément représentatif de la majorité.

Comme dit moult fois plus haut, le petit écran en façade n’est pas confortable du tout. Aussi, après avoir pesté plus d’une fois en cherchant à m’y adapter, j’en suis venu à ne l’utiliser que pour deux choses : regarder rapidement si le mail fraîchement reçu mérite que je fasse l’effort d’ouvrir mon Galaxy Fold, un nettoyage rapide de mes notifications au général, et lancer la musique sur mon casque en allant et partant du bureau. En dehors de cela… J’ai fini par l’éviter comme la peste. Un petit écran uniquement dédié aux notifications aurait peut-être finalement pu suffire, comme une sorte de petite smartwatch intégrée.

Les modes multitâches, passés quelques jours, ont eux aussi fini par me frustrer. Et pour cause : ils ne sont pas assez intuitifs pour être lancés quotidiennement sans peine, et leur expérience n’augmente pas nécessairement l’intérêt du produit pour moi. Le Galaxy Fold n’a pas amélioré ma productivité le moins du monde, faisant qu’ils ont vite été relégués au second plan.

Pour lire des livres

Par contre, et c’est là toute la maestria de l’objet : mon confort d’utilisation a très clairement été amélioré, et d’autres usages sont devenus beaucoup plus naturels pour moi. Il n’y a rien de plus appréciable que de répondre rapidement à ses messages Messenger en tapant à deux mains sur un produit à la préhension prévue pour cela, avant de consulter une vidéo avec tout le confort du monde.

Mais surtout, je retiens que tous mes trajets de la semaine ont été rythmés par le fait de sortir de ma poche le Galaxy Fold, le déplier, et lire tranquillement mon tome de Beck (excellent manga que je vous recommande) dans les transports. Et bien sûr, fermer tout cela nonchalamment d’un petit « clap » extrêmement satisfaisant, glisser ma tablette devenue smartphone dans ma poche, et quitter le métro.

J’aime énormément cette tablette ultra transportable, ce docteur Jekyll, mais je déteste ce smartphone mal conçu, ce mister Hyde. J’en viens à lister constamment les défauts du produit à qui veut l’entendre… mais ne pas vouloir le rendre à la fin du prêt. Voilà peut-être la preuve que Samsung fait avec ce Galaxy Fold un pas malhabile, mais honnête dans la bonne direction, à l’image du Galaxy Note premier du nom en son temps ; c’est un produit qui a le potentiel de tout changer, mais n’a pas encore adopté la forme qui le permettra.

Performances

Contrairement aux autres appareils Samsung, le Galaxy Fold européen ne fait pas le choix d’utiliser le dernier Exynos en date. Nous avons donc droit au Qualcomm Snapdragon 855 couplé à 12 Go de RAM LPDDR4X. Notez également que la mémoire de stockage, de 512 Go, est en UFS 3.0 : la technologie la plus rapide disponible actuellement.

Évidemment, tous ces composants déjà bien connus ne déçoivent absolument pas sur le Samsung Galaxy Fold.

  Samsung Galaxy Fold Samsung Galaxy Note 10+ (FHD+) OnePlus 7 Pro Huawei P30 Pro (perf ON) Samsung Galaxy S10+ (FHD+)
SoC S855 Exynos 9825 S855 Kirin 980 Exynos 9820
AnTuTu 7.x 361 140 345 787 373 182 315 754 333 708
PCMark 2.0 9 433 8 870 9 744 9 173 7 737
3DMark Slingshot Extreme 5 557 4 948 5 577 4 243 4 390
3DMark Slingshot Extreme Graphics 6 248 5 722 6 228 4 374 5 221
3DMark Slingshot Extreme Physics 4 006 3 359 4 084 3 841 2 819
GFXBench Aztec Vulkan high (onscreen / offscreen) 19 / 16 FPS 19 / 17 FPS 15 / 16 FPS 16 / 13 FPS 19 / 16 FPS
GFXBench Car Chase (onscreen / offscreen) 30 / 42 FPS 38 / 42 FPS 21 / 42 FPS 29 / 33 FPS 37 / 43 FPS
GFXBench Manhattan 3.0 (onscreen / offscreen) 58 / 98 FPS 60 / 103 FPS 55 / 101 FPS 59 / 89 FPS 59 / 97 FPS
Lecture / écriture séquentielle 1 345 / 395 Mo/s 1 457 / 585 Mo/s 1 436 / 388 Mo/s 903 / 232 Mo/s 804 / 192 Mo/s
Lecture / écriture aléatoire 40,3k / 8k IOPS 46,6k / 48,5k IOPS 43k / 7,2k IOPS 43,4k / 66k IOPS 35,2k / 6,3k IOPS

Le Galaxy Fold est une excellente tablette 4G que l’on peut stocker facilement dans sa poche… et donc un excellent partenaire de jeu mobile. C’est peut-être même la meilleure console portable dédiée aux jeux de cartes tant cet usage paraît naturel. Le format 4:3 est généralement bien pris en charge par les jeux comme Teppen, dommage que Hearthstone n’y soit pas encore adapté. Dans ce dernier cas, l’application reste tout simplement en 16:9 au milieu de l’écran, ce qui n’est pas si grave.

Pour jouer

Inutile de parler de performance tant tout est — comme d’habitude — excellent, parlons donc plutôt d’expérience. Le format 4:3 et la grande diagonale de 7,3 pouces font qu’il est extrêmement confortable de jouer sur l’appareil à n’importe quel jeu 3D. Pour cause : l’interface ne vient plus gêner la vision du terrain de jeu, permettant de profiter pleinement de l’action d’un Honkai Impact 3rd ou d’un PUBG Mobile par exemple. Tout devient plus lisible et confortable, et forcément beaucoup plus appréciable ce faisant. Le Galaxy Fold, par son format, donne envie de jouer à de gros jeux 3D.

Les boutons virtuels peuvent être bloqués par l’encoche

Seul problème, comme dit dans la partie logicielle : son encoche, qui peut venir cacher les touches. Auquel cas, on aura tendance à retourner le produit pour que l’encoche déménage en haut, en mode paysage… mais auquel cas on met dans ses paumes les haut-parleurs, que l’on aura donc tendance à boucher. On s’y fait, mais l’encoche reste un défaut.

La prise en main de l’appareil est très bien pour le jeu, mais également son système de refroidissement. Rares sont les appareils qui ont su vraiment m’impressionner sur ce terrain, mais chapeau bas à Samsung sur le Galaxy Fold : il chauffe à peine, et dissipe excellemment bien le peu de chaleur qu’il subit.

Appareil photo

Bien. Nous y sommes. La partie photo. Vous êtes prêts pour le voyage ? Le Samsung Galaxy Fold s’équipe de 6 capteurs différents. Le premier capteur est au-dessus de son petit écran en mode portable, et il s’agit d’un simple 10 mégapixels à objectif ouvrant en f/2,2. Au dos, nous avons une configuration à trois appareils somme toute assez classique pour le haut de gamme Samsung : un principal de 12 mégapixels à objectif à ouverture variable (f/1,5 ou f/2,4) avec OIS, couplé à un capteur 12 mégapixels avec téléobjectif ouvrant en f/2,4 et enfin un 16 mégapixels ultra grand-angle ouvrant en f/2,2. Il s’agit-là de la même configuration que les Galaxy S10 sur le marché, avec les mêmes optimisations : nous n’irons donc pas trop loin dans l’analyse et nous concentrerons plutôt sur l’expérience, puisque nous avons déjà pu déterminer qu’ils sont excellents.

Rajoutez à cela deux autres capteurs à l’intérieur de l’appareil, dans l’encoche. Le même capteur 10 mégapixels f/2,2 qu’en façade, et un second capteur de 8 mégapixels à objectif ouvrant en f/1,9 pour déterminer la profondeur. Cette dernière configuration est vraiment dédiée à faire des selfies avec ses amis tout en profitant du mode portrait.

Il faut donc dire en premier lieu que si le petit écran peut être convenable pour prendre des photos, il sera vite totalement inutilisé. Pour cause : la difficulté à l’usage de bien régler ses photos, notamment changer de mode ou de capture à la volée, mais surtout le peu de visibilité offert par celui-ci. Bien cadrer ou s’assurer que le focus est sur le bon point est presque impossible de la sorte, et on utilisera cette possibilité uniquement pour des photos descriptives plus qu’artistiques.

Pour les photos, c’est comme une tablette

Avoir par contre accès à un large écran de 7,3 pouces pour l’aperçu photo et les réglages est absolument excellent. Je commence à comprendre la logique des touristes et leurs iPad. Le format tablette fait que l’on va naturellement faire beaucoup plus de photos en mode portrait qu’en mode paysage, ce qui risque de titiller les puristes.

Vous pouvez également prendre des photos quand il est refermé

Notez également une chose : commencer un appel vidéo sur Duo ou Messenger sur l’écran externe, et déplier ensuite l’appareil ne pose aucun problème. La conversation continue naturellement et la vidéoconférence passe du capteur avant au capteur interne sans aucun encombre.

Son

Attention : le Samsung Galaxy Fold n’a pas de prise jack, et ne fournit pas non plus d’adaptateur USB type-C vers jack dans sa boîte. Le temps où le constructeur coréen restait l’un des derniers défenseurs du port historique est bien révolu. Cependant, sur le résolument premium Galaxy Fold, il offre une paire de Galaxy Buds blanche dernière génération directement dans la boîte pour compenser ; que demande le peuple ?

Les haut-parleurs sont eux placés en haut et en bas de l’appareil lorsqu’il est en mode smartphone ou portrait, et à gauche et à droite de l’écran (sur la partie supérieure ou inférieure selon votre prise en main) en tablette en mode paysage. Il faudra cependant nécessairement tenir la tablette avec l’encoche vers le bas pour ne pas les obstruer, ce qui ne pose aucun problème en regardant une vidéo, mais est plus compliqué pour jouer à un jeu (voir partie Performances).

L’arrière quand il est ouvert, la charnière a disparu

En eux-mêmes, ils ne sont pas mauvais du tout. Ils développent un sacré volume, mais la distorsion se fait vite ressentir sur les derniers pourcentages. On préférera donc rester aux environs de 75%, et profiter d’un son assez clair et plutôt bon, même si manquant bien sûr de basse.

Réseau et communications

Avec le Snapdragon 855, inutile de s’inquiéter de la moindre compatibilité de bandes réseau. Tout y est, tout va bien.

Sachez qu’en appel, vous serez obligatoirement en mode smartphone. Si vous ouvrez l’écran pliable dans ce cadre d’usage, le Galaxy Fold vous enjoint à le refermer ou à passer en mode haut-parleur. Les micros à réduction de bruit fonctionnent bien et la qualité est là, mais la compression peut parfois être un chouïa robotique.

Note d’Omar : mes cheveux ont repoussé

Passons à plus intéressant sur ce Galaxy Fold : le GPS. Ce dernier fonctionne parfaitement bien et accroche le réseau rapidement, mais je ne pourrais en dire autant de la boussole. Celle-ci a un gigantesque problème pour moi, que je n’arrive pas à résoudre. Laissez-moi vous expliquer ce qu’il se passe.

Lorsque j’utilise Google Maps sur le petit écran en mode smartphone, la boussole pointe vers la bonne direction et ne pose aucun souci majeur. Toutefois, dès que j’ouvre l’écran… je peux voir l’orientation changer petit à petit pour partir vers l’Est, et ne plus avoir le moindre intérêt. Problème lié uniquement au bureau ? Pas vraiment : en vadrouille dans un coin méconnu de Paris, écran ouvert, j’ai pu la voir indiquer le Sud pour le Nord, ce qui là encore est problématique.

Pousser un recalibrage en décrivant un grand huit de ses bras sous Google Maps n’y change rien : c’est bon en mode smartphone, ça part en vrille en mode tablette. Une application dédiée au recalibrage sur le Play Store ? Ça marche… jusqu’à ce que Google Maps réoriente une nouvelle fois la boussole. Je suis incapable de comprendre d’où vient ce problème, mais j’espère que Samsung le corrigera rapidement.

Autonomie

Voilà le point sur lequel le Samsung Galaxy Fold pouvait paraître terrifiant : avec ses deux écrans et ses six capteurs photo, il ne s’équipe que d’une batterie de 4 380 mAh. C’est un misérable 380 mAh de plus que la plupart des smartphones haut de gamme du marché, et tous n’arrivent même pas à tenir une journée. Les tablettes de cette taille peuvent qui plus est accueillir un peu plus, entre 5 000 et 6 000 mAh.

Et cette inquiétude était totalement… infondée. Au quotidien, malgré son concept si novateur et sa bardée d’équipements, le Samsung Galaxy Fold encaisse bien plus une journée intensive que le dernier Galaxy Note 10. Il se situe plus ou moins entre ce dernier et le Galaxy Note 10+ d’ailleurs, qui lui a une excellente autonomie.

Pour les vidéos en 16/9 ou 21/9

Entre prises de photo, lecture de mangas, consultation de réseaux sociaux, jeux vidéo et visionnage de vidéos YouTube à foison, le Samsung Galaxy Fold ne m’a jamais laissé tomber et a même bien souvent encore un peu de jus pour continuer sur une demi-journée supplémentaire. C’est un véritable bonheur.

Notre test Viser personnalisé a d’ailleurs confirmé ces impressions puisque le Galaxy Fold s’en tire, ouvert comme une tablette, au bout de 10 heures et 43 minutes. Cela le place dans la moyenne haute des smartphones testés sur l’année, mais ces derniers n’ont pas autant à faire fonctionner.

Test d'autonomie Viser
  • Galaxy Fold : 643
  • Galaxy Note 10 : 538
  • Galaxy Note 10+ : 665
  • Huawei P30 Pro : 654

C’est véritablement sur la recharge qu’il peut être décevant, puisqu’il n’est compatible qu’avec une recharge à 10W au maximum. Aussi, il ne récupère que 31% de batterie en 30 minutes (de 9 à 40%) pour une recharge complète en 1 heure et 45 minutes environ.

Au moins est-il aussi compatible avec la recharge sans fil, encore une fois à 10W, qui lui offre ainsi les mêmes performances de charge en sans-fil et filaire. Pour un produit aussi premium, et alors que le Galaxy Note 10+ profite d’une recharge rapide à 45W désormais, on était en droit de s’attendre à mieux de la part du constructeur coréen.

Galerie photo

Prix et date de sortie

Le Samsung Galaxy Fold est d’ores et déjà disponible en France au prix de 2 020 euros. Il n’est disponible que physiquement, dans une sélection limitée de magasins, étant un produit vendu en quantités très limitées destiné à des acheteurs… pouvant se le permettre.

Test Samsung Galaxy Fold Le verdict

design
6
Très bonne tablette, mauvais smartphone. On résumera ainsi le Galaxy Fold qui dans ses meilleurs aspects est excellent, et dans ses pires est incroyablement frustrant. On sent la première génération d'un produit innovant.
écran
6
L'écran avant est hyper qualitatif, mais beaucoup trop petit et allongé. L'écran pliable est hyper pratique, bluffant surtout, mais n'est pas aussi bon et sa partie gauche enregistre un très léger retard sur la droite. L'encoche pose problème.
logiciel
7
One UI est toujours aussi bon... mais n'offre pas énormément de fonctionnalités dédiées à ce smartphone si particulier, ni même simplement au mode tablette. Les fonctionnalités présentes ne sont pas forcément bien pensées qui plus est.
performances
10
Le Snapdragon 855, 12 Go de RAM et le meilleur système de refroidissement que j'ai pu voir sur un appareil mobile. Que demande le peuple ?
caméra
9
Multiplier les capteurs ne rend pas un appareil meilleur, mais la qualité est bien présente. Dommage qu'il faille ouvrir le smartphone pour en profiter pleinement, utiliser la caméra écran refermé étant frustrant au mieux.
autonomie
9
Pas d'inquiétude : le Galaxy Fold tient bien une journée sans heurt, même une journée et demi sans trop y faire attention. C'est excellent. Dommage que la recharge rapide se limite à 10W.
Note finale du test 7/10
Peut-on vous recommander le Galaxy Fold ?

Absolument pas. Il est inabouti, et n'est pas un bon smartphone. C'est avant tout une excellente tablette facilement refermable et glissable dans sa poche, bien qu'elle subisse quelques affres du fait de son innovation. Son expérience logicielle peu poussée se mêle à un design se cherchant toujours, et une encoche agaçante. Et évidemment, il est incroyablement onéreux et se destine uniquement à être un signe extérieur de richesse.

Ai-je envie que vous achetiez le Galaxy Fold ?

Totalement. Parce que malgré les défauts de ce premier modèle, le potentiel des smartphones pliables est bien là et on ne peut s'empêcher d'aimer l'appareil malgré tout.

Le Samsung Galaxy Fold est ce qu'était le premier Galaxy Note en son temps : une bonne idée encore en bourgeonnement. Il aura besoin de son « Galaxy Note 4 » à lui pour conquérir le grand public, mais présente actuellement une perspective extrêmement alléchante pour le futur de nos smartphones. Vivement les prochains modèles.
Points positifs
  • Autonomie excellente
  • La meilleure des tablettes
  • Nouveaux usages
  • One UI reste excellent
Points négatifs
  • Un mauvais smartphone
  • Écran pliable pas au niveau
  • Encoche mal gérée
  • Peu de fonctionnalités adaptées