Rachat de SFR : plus de 60 % des emplois menacés, et l’État refuse d’intervenir

 
La vente de SFR et le partage de ses actifs entre ses trois rivaux n’est pas seulement un feuilleton financier, il pourrait aussi être un cas de casse sociale. Sur les 8 000 salariés de l’opérateur au carré rouge, environ deux tiers voient leur emploi menacé. L’État, de son côté, ne semble pas vouloir se saisir du dossier.

Le rachat de SFR pourrait à l’avenir être retenu comme une transaction financière historique ayant acté la consolidation du marché des télécoms, mais également comme une hécatombe sur les emplois. Malgré les promesses des repreneurs de porter une attention particulière aux enjeux sociaux, les syndicats ont été réalistes dans leurs craintes de suppression massive de postes. Selon Libération, moins de 3 000 salariés sur les 8 000 que compte SFR seraient repris par Orange, Bouygues Telecom et Free.

Pour accompagner les salariés, une… plateforme téléphonique

Ainsi, ce sont environ 5 000 salariés qui voient leur avenir obscurci par la découpe de SFR. Bouygues Telecom reprendrait 2 300 salariés, Orange entre 250 et 300, et Free seulement 54. Ce qui donne plus de 2 600 emplois repris sur les 6 600 qui officient dans les services techniques et les relations clients.

S’agissant des boutiques, seules 120 sur 293 seraient reprises, environ 1 000 autres emplois sont sur la sellette. Enfin, le décompte ne prend pas en compte les commerces franchisés au nombre de 240 et employant 1 500 personnes. Au total, ce sont 6 500 emplois qui sont menacés. Rappelons toutefois que l’opération, chiffrée à plus de 20 milliards d’euros, s’accompagne d’un engagement des repreneurs à préserver les emplois jusque début 2029. Ils ne disparaîtraient pas avant la migration des clients vers Orange, Bouygues Telecom et Free.

« Nous avons sollicité le ministère du Travail et celui de l’Économie. L’un comme l’autre nous ont indiqué qu’il ne s’agit pas de leur périmètre d’intervention » raconte Olivier Louise, secrétaire général de l’union CFTC de Bouygues Telecom, auprès de notre confrère de Libération. L’État suit effectivement le dossier de loin et se réserve le droit d’intervenir uniquement si le pouvoir d’achat des consommateurs est menacé.

Les salariés de SFR, eux, sont laissés-pour-compte, quasiment aucun moyen n’est mis à leur disposition pour les accompagner. « Ils disposent en tout et pour tout d’une plateforme téléphonique, ce n’est pas à la hauteur de leurs attentes » ajoute Olivier Louise.

Enfin, l’espoir que l’Arcep émette des recommandations sur le maintien d’un certain nombre d’emplois est ténu. Les arbitrages d’emplois ne relèvent pas de ses compétences et il est d’ailleurs souvent reproché à l’autorité par les organisations syndicales son inaction face à la baisse continue du nombre d’emplois sur le marché des télécoms.

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