
Smart s’est un peu perdu ces dernières années. La marque allemande liée à Mercedes-Benz, désormais partagée avec le groupe chinois Geely, a opéré un virage radical en décidant d’arrêter la Fortwo pour commercialiser uniquement des SUV électriques. Un choix fort, d’autant que ce segment est déjà très fourni, alors que celui des micro-citadines s’est progressivement vidé.
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Mais alors que les petites citadines reviennent sur le devant de la scène, avec notamment la Renault Twingo E-Tech, profitant de la baisse des coûts des motorisations électriques, Smart relance la Fortwo sous le nom de #2. Une nouvelle nomenclature pour coller au reste de la gamme, mais rassurez-vous : elle va conserver tout ce qui a fait le succès de la Fortwo. J’ai pu découvrir le concept-car ainsi que son intérieur presque définitif en avant-première.
Design : c’est fashion
Le design de la Smart #2 est signé par les équipes allemandes et françaises de Mercedes-Benz, notamment par le centre de design de Mercedes-Benz à Sophia Antipolis, près de Nice.
La Smart #2 ne manque pas de caractère avec ses ailes larges, une signature lumineuse moderne et de grandes jantes débordant des ailes, ce qui lui donne un air de « Mexi Flush », une mode de tuning des années 2000 aux États-Unis qui consistait à monter des jantes trop larges sur une voiture. Le toit est doré et l’on retrouve des coordonnées GPS, celles du centre de design allemand de Mercedes-Benz, sur les entourages dorés des projecteurs.
Mais ce que je retiendrai surtout de cette version concept-car de la Smart #2, ce sont ses inspirations issues du monde de la mode. Les motifs sur la calandre avant me font inévitablement penser à l’imprimé monogramme de Louis Vuitton.
Les sangles présentes sur la calandre, l’aileron ou encore dans l’habitacle évoquent presque un sac à main, tandis que les poignées de porte sont elles-mêmes des sangles reprenant les informations que l’on peut retrouver sur l’étiquette d’un vêtement.
Un clin d’œil à la taille de la Smart #2 puisque cette sangle affiche une taille XXS, un lavage à la main et la mention 279 cm, faisant référence à la longueur de ce concept-car #2.
Dans l’ensemble, j’ai l’impression de me retrouver face à une création du regretté Virgil Abloh, à l’origine d’Off-White, devenu ensuite directeur artistique de Louis Vuitton et ayant collaboré avec Mercedes pour certains concepts.
Un habitacle inspiré de la tech ?
L’extérieur était déjà connu, et nous avions déjà pu découvrir le concept lors du Salon de Pékin en avril 2026. Ce qui est intéressant, c’est que nous avons aujourd’hui pu découvrir son intérieur.
Dans cet habitacle, présenté hors du concept-car dans un espace dédié, on retrouve ce jeu de couleurs entre le blanc et le doré.
Mais c’est surtout l’inspiration issue de la tech qui m’a marqué. Un confrère m’a fait remarquer que le tissu présent sur les accoudoirs et la planche de bord est proche de ce que l’on peut retrouver sur certaines enceintes nomades – la précédente Smart Fortwo disposait déjà de ce textile. Les aérateurs ressemblent clairement à des enceintes de home cinéma.
Les écrans sont eux aussi proches de ce que l’on peut retrouver dans l’univers de la tech, avec notamment un écran central épuré et orienté vers le conducteur. Ce n’est pas clairement revendiqué, comme a pu le faire Ferrari avec la Luce en engageant Jony Ive, mais on sent que la Smart #2 s’adresse à un public urbain et branché, familier avec ces codes.
Les deux sièges prennent la forme d’une banquette. Il s’agit bien de deux sièges individuels : simplement, le siège conducteur est accompagné d’un accoudoir rabattable et d’un morceau d’assise venant combler l’espace avec le siège passager. Le Hyundai Inster propose déjà ce type de “banquette avant”. Ici, Smart y intègre les commandes de verrouillage des portes ainsi que les lève-vitres.
Si cet habitacle est plutôt novateur, on retrouve aussi des éléments hérités des anciennes générations de Fortwo. Le tableau de bord adopte une forme en S. La planche de bord est plus proche du passager que du conducteur. C’est une contrainte héritée de l’airbag sur la première Smart Fortwo, reprise ici pour cette renaissance de la citadine deux places.
Et bien évidemment, le plus important pour la fin : on retrouve une sensation d’espace particulièrement impressionnante. Je mesure 1,86 m, et la position du siège sur cette maquette à taille réelle du véhicule était presque trop éloignée du volant et du pédalier pour moi. En revanche, Smart n’a pas souhaité nous donner d’informations sur le volume du coffre.
J’aimerais pouvoir vous en montrer davantage sur ce concept d’intérieur, mais Smart ne nous a transmis que peu de photos et nos smartphones étaient interdits dans la pièce exposant l’habitacle.
Une batterie deux fois plus grande que l’ancienne génération
Avec les anciennes générations de Smart Fortwo électriques, vous n’aviez pas vraiment envie de prendre la route. La batterie de 17,6 kWh n’offrait qu’une petite autonomie de 135 km selon le cycle WLTP. Et surtout, il n’y avait pas de recharge rapide !
Si l’architecture de la Smart #2 ne changera pas, en restant une propulsion avec moteur arrière afin de favoriser un rayon de braquage de seulement 6,95 m, tout ce qui concerne la batterie et la recharge évolue positivement.
La plateforme ECA embarque une batterie de 35,7 kWh. La capacité double alors, tout comme l’autonomie attendue. Smart vise 300 km en cycle WLTP, soit plus qu’une Renault Twingo E-Tech. La recharge est annoncée en moins de 20 minutes pour passer de 10 à 80 %.
L’idée de Smart n’était pas simplement de faire une petite voiture électrique. Le constructeur est conscient que la clientèle de ce type de véhicule n’a pas toujours accès à une place de parking attitrée ou à une borne de recharge à domicile. C’est aussi ce qui motive l’achat de cette voiture capable de se garer dans un mouchoir de poche.
La recharge rapide figurait donc dans le cahier des charges, au même titre qu’une autonomie décente. L’idée est de brancher sa voiture sur une borne rapide pendant que l’on fait ses courses et de repartir avec une batterie pleine, une fois par semaine ou moins selon l’usage.
Smart a aussi communiqué sur le développement du châssis, et notamment du train arrière, pensé pour offrir davantage de stabilité. Avec une voiture aussi compacte et un empattement aussi court, la stabilité est naturellement mise à mal, surtout lors des freinages. Smart annonce donc une voiture plus stable, ce qui devrait la rendre plus sérieuse sur les routes secondaires comme sur autoroute.
Parce que même si nous ne connaissons pas encore la puissance du moteur électrique, l’autonomie de 300 km et la recharge rapide en moins de 20 minutes tendent à nous faire croire que la motorisation sera suffisante pour rouler à vitesse autoroutière, soit 130 km/h.
Le modèle de série dès le mois d’octobre
Smart nous a donc présenté le concept dévoilé lors du salon de Pékin ainsi qu’un habitacle proche de la série. Vous vous dites que la prochaine étape est la présentation du modèle de série, et vous avez raison.
La version de série sera dévoilée dès le mois d’octobre prochain au Mondial de l’Auto de Paris. Le style extérieur sera certainement différent du concept-car présenté à Pékin et à Rome. On ne devrait pas retrouver le toit doré ni les jantes avec des pneus composites blancs, mais les grandes lignes seront conservées, tout comme l’habitacle.

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