
Deux ans après son coup d’essai sur le marché des casques audio avec le premier Sonos Ace, le constructeur californien réaffirme ses ambitions nomades et domestiques avec le Sonos Ace Ultra.
Le Sonos Ace, lancé en 2024, avait de quoi séduire. Il était soigné et agréable à porter, sonnait « à la Sonos » et proposait même une fonction de récupération du son des barres de son de la marque.
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Avec l’Ace Ultra, Sonos intègre de nouveaux transducteurs sur mesure, une réduction de bruit revue et, désormais, la récupération du son depuis les enceintes Sonos. Cette fonction ne se limite plus au son du téléviseur : la musique jouée sur une enceinte peut aussi basculer sur le casque en Wi-Fi, via un flux compressé.
Côté son, la signature Sonos est bel et bien là, avec désormais des possibilités de l’ajuster réellement selon ses goûts.

Il est vendu 449 euros. C’est 70 euros de plus que l’Ace de première génération, toujours au catalogue à 379 euros, mais 50 euros de moins que le prix de lancement de ce dernier.
| Caractéristiques | Sonos Ace Ultra (2026) | Sonos Ace (2024) |
|---|---|---|
| Réduction de bruit active (ANC) | Doublée dans les graves | Oui |
| Microphones | 10 | 8 |
| Autonomie avec ANC | 35 h | 30 h |
| Égaliseur dans l’application | 3 et 8 bandes | 2 bandes |
| Mode transparence | Oui, avec Voice Boost | Oui |
| Transfert musical depuis les enceintes Sonos | Oui, via Wi-Fi | Non (son TV seulement depuis barre) |
| Batterie remplaçable | Remplacement proposé par Sonos | Non |
| Poids | 322 g | 312 g |
Fiche technique
| Modèle | Sonos Ace Ultra |
|---|---|
| Typologie | casque circum-aural |
| Réduction de bruit active | Oui |
| Diamètre des transducteurs | 40 mm |
| Autonomie annoncée avec fonction ANC activée | 35 heures |
| Poids du casque | 322 g |
| Fiche produit |
Ce test a été réalisé avec un casque prêté par Sonos.
Design, confort et ergonomie : sans faute
L’Ace Ultra garde les lignes sobres du premier modèle, en cohérence avec le design des enceintes et barres de son Sonos. Le casque est tout en arrondi et en discrétion, avec des matériaux agréables au toucher.
L’assemblage est au niveau des meilleurs, Apple et Sony notamment. Si le plastique domine, l’arceau tubulaire est en métal sombre et brillant.

Les 322 grammes sont bien répartis et les coussinets à mémoire de forme, plus profonds que sur l’Ace, épousent l’oreille sans serrer les tempes. Il convient aux grandes têtes et aux grandes oreilles, qu’il entoure sans les oppresser. En somme, l’Ace Ultra est un casque que l’on porte des heures sans fatigue.
Sonos a fait de la durabilité de l’Ace Ultra un vrai argument. Les coussinets sont magnétiques et se changent en quelques secondes (39 euros la paire). La batterie se remplace aussi, avec un kit à 25 euros. Côté recyclage, Sonos annonce 8 % de plastique recyclé dans le casque et 80 % dans l’étui de rangement fourni.
Le confort de port est excellent, mais le casque n’est pas conçu pour la pratique sportive car il bouge trop lorsqu’on court avec. Surtout, aucune résistance contre la transpiration ou l’eau n’est annoncée.

Pas de commandes tactiles et ce n’est pas plus mal
Côté commandes, Sonos garde des boutons physiques, faciles à repérer au toucher :
- La Content Key, sur l’écouteur droit. Un geste vers le haut ou le bas règle le volume. Une pression lance ou coupe la lecture et prend l’appel. Deux pressions passent à la piste suivante, trois reviennent en arrière. Elle sert aussi à transférer le son depuis une barre de son Sonos vers le casque.
- Le bouton ANC / transparence, sur le même écouteur, bascule entre isolation phonique active et écoute de l’environnement.
- Le bouton d’alimentation et Bluetooth, sur l’écouteur gauche, allume le casque et gère l’association des appareils. Deux appuis changent de source Bluetooth.
Côté connectique, le port USB-C sert à la recharge, mais aussi à l’écoute audio depuis un smartphone ou un ordinateur, voire d’une source analogique avec le câble mini-jack fourni. Dans ce cas, le son est transmis sans compression jusqu’au format 16 bits / 48 kHz.

Application Sonos et écosystème : le Wi-Fi s’invite
Le casque Sonos Ace Ultra peut parfaitement être utilisé sans l’app Sonos. Il suffit d’associer le casque à une source Bluetooth et c’est parti. Il est donc très simple à utiliser.
Pour autant, on se prive alors de nombreux réglages et de fonctions bien pratiques si l’on possède une ou plusieurs enceintes ou barres de son Sonos.
C’est le cas de l’égaliseur, qui propose désormais, en plus de trois curseurs pour les graves, les médiums et les aigus, un égaliseur à 8 bandes. Le choix des fréquences est intéressant avec 46 Hz et 100 Hz pour le grave (profondeur et impact), 220 Hz, 460 Hz et 1 kHz pour le médium (fondamentales des percussions, voix et présence) et 2,2, 4,6 et 10 kHz pour l’aigu (zone de dureté pour l’oreille, clarté et brillance). Rassurez-vous, pas besoin de toucher impérativement à ces fréquences pour avoir un beau son, le réglage par défaut est excellent. Mais pour qui voudrait un peu plus de puissance dans le grave ou moins de brillance, il est très facile d’y parvenir grâce à cet égaliseur.
La liaison avec les enceintes
C’est la grande nouveauté. Une pression sur la Content Key envoie la musique d’une enceinte Sonos vers le casque. Une seconde pression la renvoie vers l’enceinte. Le casque se connecte au réseau Wi-Fi de la maison et lit vos services de streaming depuis l’application Sonos.
Attention, il existe cependant plusieurs limites. La fonction exige une enceinte Sonos compatible, une connexion Wi-Fi et l’application. Par ailleurs, pour transférer de la musique du casque vers une enceinte / barre de son Sonos et inversement, la musique jouée doit l’être depuis l’app Sonos. On ne peut pas écouter Spotify depuis son smartphone et d’une pression envoyer la musique sur la barre, ni écouter de la musique en AirPlay sur une enceinte Sonos et l’envoyer sur le casque.

En revanche, lorsqu’on utilise une barre de son Sonos, comme la Beam Ultra par exemple, il suffit d’appuyer sur la Content Key pour récupérer immédiatement le son du téléviseur ou vidéoprojecteur associé. On bénéficie alors d’une spatialisation optimisée, avec suivi éventuel des mouvements de la tête.
Le son transite alors en Wi-Fi, sans compression, avec un niveau de qualité légèrement supérieur au Bluetooth.
Quant à la liaison Bluetooth, elle est compatible avec les codecs SBC, AAC et aptX Lossless. Avec les sources Apple, il faudra se contenter des codecs basiques, mais avec un smartphone Android compatible Snapdragon Sound, l’aptX Lossless permet une transmission sans perte. Pas d’Auracast au programme toutefois.
Réduction de bruit active : un vrai confort
Sonos a revu son traitement pour réduire les bruits autour de l’auditeur. Dix microphones analysent l’environnement, contre huit sur l’Ace. L’efficacité est annoncée comme doublée jusqu’à 65 Hz, autrement dit dans les basses fréquences essentiellement. Les bruits graves et réguliers, moteurs, transports, ventilation, sont effectivement bien atténués.
Mais, sur les voix et les bruits clairs, l’AirPods Max 2 gardent une petite avance, bien que l’Ace Ultra reste dans le haut du panier.
Le mode transparence, qui permet d’entendre autour de soi, est très naturel, avec peu de souffle. Une option Voice Boost, désactivée par défaut, met en avant les voix pour faciliter les conversations.

La signature Sonos et une belle stéréo en prime
Sonos a développé de nouveaux transducteurs dynamiques de 40 mm de diamètre pour l’Ace Ultra. La marque n’est pas novice, elle conçoit ses transducteurs sur cahier des charges afin d’obtenir une signature sonore bien précise, que l’on reconnaît à chaque nouveau produit, enceinte, barre de son et désormais casque.
Cette signature se traduit par un grave généreux qui ne déborde pas, un médium organique, avec de la matière (c’est le point clé) et un aigu légèrement en avant qui apporte plus de finesse que de brillance.
Ce que montre la courbe de réponse
Le grave est volumineux et très régulier, de l’infra jusqu’au haut grave. L’infra-grave est même un peu au-dessus du grave, de 3 à 4 dB environ. En écoute musicale, cette bosse s’entend très peu, et il devient beaucoup plus perceptible sur un film ou une série en Dolby. Sur une scène d’action, le casque saisit par la profondeur des basses et sa capacité d’impact.

Le médium est très régulier. On note un léger plateau vers 300 Hz, qui donne du corps aux voix humaines.
À la frontière du médium et de l’aigu, la courbe montre une petite bosse vers 2,5 kHz. C’est une zone délicate, où l’oreille est très sensible, car c’est grosso modo la fréquence de résonance du conduit auditif. Si l’on envoie trop d’énergie à cet endroit, et que le son n’est pas exempt de distorsion, le rendu devient vite agressif. Ici, ce n’est pas le cas, l’oreille ne fatigue pas.
Juste au-delà, un petit creux se dessine entre 4 et 6 kHz. Sonos n’a pas misé sur la brillance habituelle que beaucoup de fabricants de casques mettent en avant. La marque a préféré remonter plus haut, vers 8 et 10 kHz, dans la zone de clarté et de finesse.
Le résultat est un son relativement neutre, très proche donc de ce que Sonos fait sur ses enceintes et ses barres de son.
Scène sonore et détails
La scène sonore est très large. C’est vrai en Bluetooth, en USB et en Wi-Fi via une enceinte Sonos. On est bien immergé dans le son, sans sensation d’oppression. Les plans sonores sont plutôt bien détachés. Il manque un peu de profondeur dans l’axe central, devant soi. La scène est plus large que profonde.

Impressions d’écoute
Giorgio by Moroder, Daft Punk. Le morceau monte lentement, des premiers mots de Moroder jusqu’à la grande montée des synthétiseurs. Le grave est bien articulé, les différentes couches d’arrangements se superposent de façon homogène, grâce à un bon comportement dynamique des transducteurs.
When Tomorrow Comes, Eurythmics. Un titre vraiment difficile à écouter. Il n’y a presque pas de basses, le rendu est très métallique, très années 80, et la dynamique est écrasée. Seuls la voix et les chœurs d’Annie Lennox s’imposent. Avec l’Ace Ultra, ça passe, la voix de l’artiste accroche d’emblée et ne lâche plus l’auditeur. On pardonne le mixage de 40 ans (tout en rêvant d’un mix Atmos qui rendrait justice à l’œuvre d’Eurythmics).
You and Your Friend, Dire Straits. La latéralisation des guitares est remarquable, l’acoustique à résonateur métallique à gauche, l’électrique à droite, avec des écarts micro-dynamiques satisfaisants. La basse est généreuse et bien tenue au centre, bien intégrée au jeu de la grosse caisse. C’est très agréable et planant avec l’Ace Ultra.

Compatible Dolby Atmos depuis une barre de son Sonos
L’Ace Ultra est compatible Dolby Atmos, à condition de disposer d’une barre de son du fabricant et de visionner un film ou une série (avec une piste Dolby Atmos, cela va sans dire). La spatialisation n’a rien d’extraordinaire (pas d’effets arrière par exemple), mais elle est cohérente, sans dénaturation des voix ou des effets sonores.
Un casque optimisé pour les appels et la visio
Les dix microphones utilisés pour l’ANC servent aussi aux appels. En milieu bruyant, ils isolent la voix et coupent une bonne partie du fond sonore, sans effet de pompage manifeste. La fonction Sidetone (à activer dans l’app) vous laisse entendre votre propre voix quand l’ANC est active, ce qui évite de parler trop fort.

Autonomie : un marathonien
Sonos annonce jusqu’à 35 heures d’écoute avec l’ANC activée, contre 30 heures pour l’Ace.
Lors de mon test, avec un volume à 50 %, ANC activée en permanence, le casque a tenu près de 37 heures.
Lorsque le casque est totalement déchargé, trois minutes de recharge en USB-C donnent jusqu’à trois heures d’écoute. Une charge complète prend jusqu’à trois heures. Notez que Sonos ne fournit pas d’adaptateur secteur et que la recharge rapide exige un chargeur USB-C Power Delivery de 15 watts.

Prix et concurrence : le positionnement de l’Ace Ultra
Le Sonos Ace Ultra est disponible en coloris noir, blanc, bleu gris ou sable et proposé à 449 euros. Il est en concurrence directe avec les casques suivants :
- Apple AirPods Max 2, 579 euros : un son exceptionnel avec une source Apple, une réduction de bruit active supérieure, mais un casque plus lourd et plus onéreux.
- Sony WH-1000XM6, 449,99 euros : une signature sonore un peu plus hi-fi, avec un accent sur le registre médium, et une réduction de bruit active de même niveau que celle du Sonos Ace Ultra.
- Bose QuietComfort Ultra (2e génération), 449,95 euros : très efficace en réduction de bruit, mais avec une intégration moins poussée dans la maison.
- Sonos Ace : toujours vendu 379 euros. Il convient si vous n’avez pas besoin de la liaison avec les enceintes ni de la réduction de bruit renforcée.





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