
Cinquante ans d’expertise audio. C’est ce que Sony met dans la balance avec les WF-1000XM6. Le constructeur japonais n’a pas attendu l’ère du True Wireless pour maîtriser les transducteurs — ses casques MDR-7506 équipent encore aujourd’hui des milliers de studios d’enregistrement dans le monde. Et cette expertise se retrouve dans toute sa gamme hi-fi : baladeurs Walkman avec DAC S-Master maison, amplificateurs propriétaires, technologies brevetées comme le DSEE, le LDAC ou le 360 Reality Audio.

Nouvelle puce QN3e pour l’ANC, processeur audio V2, transducteurs spécialement développés, égaliseur 10 bandes, huit microphones, collaboration avec quatre ingénieurs du son de renom. Face aux AirPods Pro 3, aux Bose QuietComfort Ultra Earbuds, aux Huawei FreeBuds Pro 4 et aux propositions audiophiles d’AKG ou d’Audio-Technica, Sony a-t-il réussi son pari ? Réponse à l’écoute.
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Sony WF-1000XM6Spécifications techniques
| Modèle | Sony WF-1000XM6 |
|---|---|
| Fiche produit |
Ce test a été réalisé avec des écouteurs prêtés par Sony.
Sony WF-1000XM6Plus de rondeurs
Esthétiquement, les WF-1000XM6 sont bien différents de leurs prédécesseurs. Sony abandonne les formes anguleuses des XM5 pour adopter un design elliptique, presque en pilule, 11 % plus compact, selon la marque.

Chaque écouteur pèse environ 5 grammes. Les surfaces extérieures sont mates et légèrement granuleuses, une finition qui élimine toutes traces de doigts et facilite les manipulations. La zone tactile pour les contrôles est bien intégrée, et on distingue trois microphones externes sur chaque coque.
L’embout intra-auriculaire est équipé d’une canule de taille moyenne, Sony fournit, en plus de celle installée, trois paires d’embouts en silicone non lisse avec une légère mémoire de forme. Malgré le gabarit relativement généreux des coques, la tenue dans l’oreille est remarquable, y compris lors de sessions sportives.

Plus étroit que celui des XM5, le boîtier présente une forme elliptique avec des côtés aplatis qui assurent une bonne stabilité. Attention toutefois lorsqu’il est dans une poche car à la différence des galets des écouteurs Huawei, par exemple, il marque sérieusement sa différence de forme.
Les logements magnétiques maintiennent fermement les écouteurs, une LED frontale indique l’état de charge, et le port USB-C à l’arrière accepte la charge filaire et on peut compter sur une charge sans fil par induction.
La certification IPX4 protège contre les éclaboussures et la transpiration.
Au port, le confort est excellent.
Sony a travaillé sur une nouvelle structure qui égalise la pression dans le conduit auditif et limite les bruits parasites liés aux mouvements. Résultat : on peut marcher, courir, tourner la tête sans que cela génère de bruits de frottement. L’isolation passive est bonne grâce aux embouts à mémoire de forme, et même après plusieurs heures d’écoute continue, je n’ai ressenti aucune gêne.
Sony WF-1000XM6Usage et application
L’application Sony Sound Connect (anciennement Headphones Connect) propose une page d’accueil qui regroupe l’essentiel : niveau de batterie de chaque écouteur, mode de contrôle du son ambiant actif, égaliseur sélectionné. Pour le reste, tout est dans les sous-menus, et il y a de quoi faire.
La fonction zone mérite qu’on s’y attarde. Elle utilise la géolocalisation du smartphone pour activer automatiquement des réglages spécifiques selon l’endroit où vous vous trouvez. Vous pouvez par exemple configurer un profil « Maison » qui désactive l’ANC et active un égaliseur chaleureux, un profil « Bureau » avec ANC maximale et égaliseur neutre, un profil « Sport » avec mode transparence et renforcement des graves. Une fois les zones définies, tout se fait automatiquement. C’est bien pensé et ça fonctionne de manière fiable.
L’égaliseur constitue une vraie évolution.
Sony passe de 5 (avec le XM5) à 10 bandes de fréquences ajustables (de 31 Hz à 16 kHz), ce qui offre une marge de manœuvre supplémentaire pour colorer le son à votre guise. Plusieurs préréglages sont disponibles, mais le plus intéressant reste évidemment la possibilité de créer son propre profil et de l’enregistrer.
L’application intègre aussi une fonction « Musique de fond » qui réduit automatiquement le volume et atténue la signature tonale pour un usage ambiant moins intrusif.

Le DSEE Extreme toujours à la marge
Cette technologie, assistée désormais par IA, est censée suréchantillonner les fichiers audio compressés — transformer un signal 16 bits / 44,1 kHz en 24 bits / 96 kHz grosso modo. Sur le papier, c’est séduisant. À l’écoute, soyons honnêtes : l’apport est imperceptible. On peut activer et désactiver la fonction dans l’app, et même en comparaison directe sur des fichiers Spotify en qualité standard, la différence est extrêmement ténue, pour ne pas dire inexistante. C’est davantage un argument marketing qu’une révolution audible. Cela dit, la fonction ne dégrade pas le son, donc autant la laisser activée.
La compatibilité 360 Reality Audio toujours anecdotique
Les WF-1000XM6 supportent le 360 Reality Audio, la technologie de spatialisation propriétaire de Sony qui promet une écoute immersive en créant un champ sonore tridimensionnel autour de l’auditeur. Sur le papier, c’est séduisant : les sources sonores sont positionnées dans un espace virtuel à 360 degrés, comme dans une salle de concert.

Mais soyons clairs : sur des écouteurs True Wireless, l’intérêt reste restreint. D’abord, le catalogue de contenus est limité. Tidal propose encore quelques albums mixés en 360 Reality Audio, Amazon Music HD également, mais la plupart des plateformes de streaming ignorent le format. Ensuite, il y a une limite technique fondamentale : les codecs Bluetooth actuels ne transmettent que deux canaux audio. Les métadonnées spatiales complémentaires — celles qui permettent aux barres de son Sony connectées en Wi-Fi de vraiment déployer le champ sonore — sont ici absentes. Le traitement se fait uniquement côté écouteurs, avec les limitations que cela implique.
Résultat, le rendu reste décevant, loin de ce que propose Apple avec le Spatial Audio sur les AirPods et les iPhone. Apple parvient à faire passer ces métadonnées additionnelles via son écosystème fermé et l’expérience est vraiment convaincante. Avec les XM6, c’est davantage un argument marketing qu’une vraie valeur ajoutée à l’écoute.
Bluetooth LE et audio HD
Côté codecs, les WF-1000XM6 supportent le SBC, l’AAC et le LDAC — codec haute résolution de Sony qui atteint 990 kbit/s. Le Bluetooth LE Audio est de la partie. La connexion multipoint permet de connecter les écouteurs à deux appareils simultanément. Dans les faits, le basculement se fait de manière transparente, sans latence perceptible.
La latence audio est très faible et à peine perceptible dans les jeux vidéo, où le son arrive avec un très léger retard sur l’image. En vidéo, la synchronisation est parfaite.

Sony WF-1000XM6Une réduction de bruit active efficace
C’est probablement le point sur lequel on attendait le plus Sony. Avec la puce QN3e — successeur du QN2 — et huit microphones (deux de plus que les XM5), Sony promet la meilleure ANC jamais intégrée dans des écouteurs intra-auriculaires. La promesse est ambitieuse. Dans les faits, les résultats sont très bons, mais pas révolutionnaires.
L’ANC adaptative ajuste en temps réel l’intensité selon le niveau sonore ambiant. Les transitions sont imperceptible (pas d’effet de pompage) et c’est sans doute là que la nouvelle puce apporte une amélioration.

Seulement voilà, en terme d’intensité, l’ANC est un peu timide et laisse entendre des bruits que les AirPods Pro 3, référence de la catégorie, gomment davantage. Les voix humaines, les bruits soudains, les sons aigus sont moins bien atténués. L’ANC de Sony reste largement au-dessus de la majorité du marché, mais elle ne domine plus aussi nettement qu’auparavant.
Le mode Son ambiant capitalise sur l’expertise microphones de Sony. Les sons extérieurs sont captés et diffusés sans coloration excessive, sans accentuation artificielle des aigus. Le rendu est naturel, proche de ce qu’on entendrait oreilles nues.
Sony WF-1000XM6Un signature totalement hi-fi
C’est ici que les WF-1000XM6 révèlent leur vraie nature. Sony a mis le paquet sur la partie audio, et ça s’entend dès les premières secondes. La signature n’a pas été pensée pour impressionner d’emblée, mais pour offrir un confort d’écoute sur la durée et une restitution fidèle.
Les transducteurs ont été spécialement développés pour ces écouteurs. Sony parle de nouveaux matériaux, d’un support de bobine optimisé, d’un dôme retravaillé pour améliorer le régime transitoire. Le constructeur affirme également une collaboration avec quatre ingénieurs du son réputés pour affiner la courbe de réponse. Ce n’est pas du marketing creux : à l’écoute, on perçoit une cohérence qui trahit un vrai travail d’ingénierie acoustique.
Courbe de réponse
La courbe de réponse révèle une signature typiquement hi-fi, avec un accent marqué dans le haut-médium. C’est un choix assumé, qui privilégie un son plus clinique que démonstratif.

Dans l’infra-grave (20-60 Hz), le niveau est présent mais contenu. Sony a opté pour une approche mesurée qui laisse respirer le reste du spectre, sans masquage. Sur des enregistrements de contrebasse ou de kick, on sent la profondeur, l’extension dans le grave, sans cet effet de bourrage qui fatigue l’oreille. Mais si l’on cherche cet effet, un coup d’égaliseur et le grave devient plus massif.
Le grave est légèrement en retrait dans sa partie haute, ce qui le rend discret et peu invasif. Il y a aussi un certain moelleux qui évite tout masquage du médium. Les voix d’hommes ou le violoncelle conservent leur corps sans jamais empiéter sur les fréquences supérieures.
C’est dans le haut-médium (2-5 kHz) qu’on trouve la signature la plus marquée. Une bosse significative avec un pic autour de 2 kHz donne beaucoup de détails, de présence, du relief. Les voix, les harmoniques d’instruments, les attaques de cymbales s’expriment pleinement. Cette bosse n’est pas excessive, mais elle suffit à rendre le son plus organique, plus vivant. C’était un pari risqué, car c’est précisément à cette fréquence que notre oreille est la plus irritable. Mais les Sony WF-1000XM6 ne sont jamais durs.
L’aigu est en retrait relatif. La bosse du médium le masque partiellement, rendant le son globalement moins brillant, plus mat. L’égaliseur 10 bandes permet d’ajuster si besoin.

Impressions d’écoutes
Pour résumer, le son des WF-1000XM6 est sec, précis, délicat. Ce n’est pas une signature spectaculaire. C’est un son qui demande un temps d’adaptation. Mais une fois ce cap passé, on découvre des prestations remarquables.
Le son des WF-1000XM6 est sec, précis, délicat. Ce n’est pas une signature spectaculaire. C’est un son qui demande un temps d’adaptation. Mais une fois ce cap passé, on découvre des prestations remarquables.
Sur Teardrop de Massive Attack, les WF-1000XM6 excellent dans la restitution de l’espace. La ligne de basse synthétique est profonde, tendue, parfaitement maîtrisée. La voix d’Elizabeth Fraser flotte au-dessus du mix, éthérée. Vers 2:30, quand la batterie rentre franchement, chaque élément reste à sa place. C’est cette capacité à séparer les plans qui impressionne.
Sur So What de Miles Davis, les écouteurs révèlent leur finesse d’analyse. La contrebasse de Paul Chambers est charnue, on entend le grain du bois. La trompette bouchée de Miles a le bon timbre, légèrement métallique sans agressivité. Le jeu de cymbales de Jimmy Cobb est restitué avec une précision remarquable. Sur ce type d’enregistrement analogique des années 50, ces écouteurs font merveille.

Sur When the Levee Breaks de Led Zeppelin, le verdict est plus contrasté. La batterie légendaire de John Bonham manque un peu de corps, de puissance physique. Elle est précise, articulée, mais il manque ce côté massif qui fait le sel du morceau. La guitare saturée de Jimmy Page est elle parfaitement restituée. Sur du rock lourd où l’impact prime, ces écouteurs ne donnent pas tout.
Sur Digital Love des Daft Punk, les WF-1000XM6 se régalent. La ligne de basse disco-funk est profonde sans être envahissante. Le solo de guitare vers 3:20 est restitué avec une clarté confondante. Et quand tout s’accumule dans le refrain — voix, synthés, batterie, cordes — rien ne sature, rien ne se mélange. C’est cette maîtrise dans la complexité qui séduit.
Régime transitoire et dynamique
Le régime transitoire est excellent. On l’entend sur les attaques d’instruments percussifs : caisse claire, piano, guitare acoustique. Chaque note démarre avec une netteté confondante, sans traînée. C’est ce qui donne cette impression de vivacité, cette sensation que la musique respire.
Le comportement dynamique est au rendez-vous. Les nuances entre pianissimo et forte sont bien marquées. Sur un enregistrement classique ou jazz, c’est un vrai régal. On entend le souffle du saxophoniste, les nuances dans le jeu du pianiste. C’est vivant, organique, musical.

Une scène sonore un peu distante
La scène sonore est très belle, vaste, bien organisée. Les plans sonores s’étagent naturellement, la profondeur est au rendez-vous, la largeur généreuse sans artifice. Sur un bon enregistrement stéréo, on perçoit nettement la position de chaque musicien, la réverbération de la salle.
Mais le son a tendance à se déployer légèrement en retrait. Comme si la scène était repoussée quelques centimètres vers l’arrière. L’immersion n’est donc pas la plus forte du segment. On ne ressent pas cette sensation d’être au cœur de la musique. En revanche, pour une écoute analytique, c’est idéal : on a du recul, on embrasse l’ensemble.
Sony WF-1000XM6Une très bonne qualité d’appels
Sony a intégré un système de microphones à conduction osseuse pour améliorer la qualité des conversations téléphoniques. Le principe : capter les vibrations de la mâchoire pour isoler la voix de l’utilisateur des bruits environnants, ce qui combiné à une captation par microphones classiques donne un très bon son.
L’interlocuteur entend une voix naturelle, intelligible, même si elle reste légèrement traitée comme c’est toujours le cas avec ce type de système. Les bruits de fond sont efficacement filtrés lorsque vous ne parlez pas et votre voix n’est pas dégradée.

Le vent reste problématique, comme sur quasiment tous les écouteurs True Wireless. Malgré les grilles anti-vent et le traitement logiciel, un vent soutenu génère des bruits parasites audibles pour l’interlocuteur. Rien de catastrophique, mais mieux vaut s’abriter si on prévoit un appel important.
Globalement, les WF-1000XM6 se placent dans le haut du panier pour les appels audio.
Sony WF-1000XM6Quasiment 8 heures d’autonomie
Sony annonce 8 heures d’autonomie avec l’ANC activée, et 24 heures au total avec le boîtier de charge.
J’ai mesuré environ 7h30 d’écoute continue à 50 % du volume avec l’ANC active et un léger renforcement du grave. C’est légèrement en deçà de l’annonce, mais très honorable et équivalent aux AirPods Pro 3.
Le boîtier offre environ 2 recharges complètes, soit un total cumulé de 24 heures environ. Il se recharge en environ 1h45 via USB-C, ou 3 heures par induction sans fil. Lorsque les écouteurs sont totalement déchargés, une charge de 5 minutes donne environ 1 heure d’écoute.

Pas de révolution, mais un niveau de performance correct pour la catégorie. Sony se situe dans la bonne moyenne.
Sony WF-1000XM6Prix et disponibilité
Les Sony WF-1000XM6 sont proposés à 299 euros et disponibles en noir et argent platine.
La concurrence est redoutable. Les Apple AirPods Pro 3 à 249 euros avec leur ANC de référence et leur son exceptionnel, les Bose QuietComfort Ultra Earbuds (2e génération) à 299 euros qui misent tout sur la réduction de bruit, les Huawei FreeBuds Pro 4 à 199 euros au rapport qualité-prix décoiffant, les Sennheiser Momentum True Wireless 4 à 299 euros pour les audiophiles, sans oublier les Samsung Galaxy Buds 3 Pro à 249 euros. Et les outsiders comme les Nothing Ear à 149 euros qui proposent un son étonnamment bon.
Les WF-1000XM6 justifient-ils leurs 300 euros ? Oui, sur le terrain audio. La signature est rigoureuse, finie, la restitution des détails excellente, le comportement dynamique au rendez-vous. Pour les mélomanes, ces écouteurs méritent leur place dans la short-list. En revanche, sur l’ANC, la domination n’est plus aussi nette. Les AirPods Pro 3 font objectivement mieux.

C’est une question de priorités. Un son hi-fi, neutre et détaillé ? Foncez. Meilleure ANC ? Regardez du côté d’Apple ou Bose.





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