
Depuis l’été, les fuites s’accumulaient sur le régime sec que Volkswagen allait s’imposer, au point que le groupe évoquait lui-même la plus grande tourmente de son histoire. Le 3 septembre, le conseil de surveillance a tranché : il a approuvé à l’unanimité le « Future Plan 2030 » présenté par le directoire d’Oliver Blume, patron du groupe, comme l’indique un communiqué de presse.
Wolfsburg reconnaît avoir bâti un outil industriel calibré pour 12 millions de voitures par an, alors qu’il ne vise plus qu’une demande de 9 millions. Il faut donc agir, et vite : ce plan, que le communiqué présente comme « le plus important de l’histoire du groupe Volkswagen », doit y répondre.

Le plan tient en douze chantiers, mais deux chiffres résument l’ambition. D’ici 2035, le groupe Volkswagen confirme vouloir réduire sa gamme d’environ 50 % et raboter la complexité de ses options de près de 75 %. Concrètement, ça veut dire moins de modèles au catalogue et surtout beaucoup moins de cases à cocher : le groupe cite l’exemple de ses plus de 2 300 configurations de sièges aujourd’hui, contre une centaine demain.


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L’objectif financier est tout aussi net : 9 % de marge opérationnelle en 2030, soit environ 31 milliards d’euros de résultat, avec 135 milliards d’euros d’investissements et de recherche prévus sur la période 2027-2031. Côté emploi, la facture est lourde : environ 50 000 postes supprimés dans le monde, encadrement compris.
Quatre usines allemandes sur la sellette
C’est le point le plus sensible, socialement. Volkswagen admet que ses capacités européennes dépassent la demande de plus de 500 000 voitures, et que l’avenir de quatre sites allemands (Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm) ne peut « pas être sécurisé » en l’état pour la période 2031-2034. Un concept d’usines « compétitives » doit être présenté d’ici fin juin 2027.

Aucune fermeture n’est actée noir sur blanc, mais la menace est bel et bien posée, dans la lignée de la liste noire de modèles menacés qui avait fuité cet été. Reuters a d’ailleurs recensé les principales mesures du plan, des coupes que le directeur financier Arno Antlitz juge indispensables pour « réaligner » le modèle économique du groupe.
Le rôle de la Chine
Rappelons le contexte. Pendant vingt ans, la Chine a été la vache à lait des constructeurs allemands ; aujourd’hui, leurs ventes y sont en chute libre, balayées par des marques locales plus rapides et moins chères.

Pour ne pas se faire distancer, le groupe copie ses rivaux chinois, et travaille carrément avec eux. En Chine, il a codéveloppé avec Xpeng une plateforme dédiée voiture électrique sur laquelle reposent déjà deux modèles, les ID. Unyx 08 et ID. Unyx 07, une berline affichée sous 20 000 euros – un tarif inatteignable avec ses seules plateformes maison.
Il envisage même de produire ces électriques chinoises en Europe pour remplir ses usines, et mise sur des voitures électriques abordables comme l’ID. Polo pour rester à flot.

Que deviennent les marques dans tout ça ? Officiellement, Volkswagen garde tout son éventail, de l’entrée de gamme au luxe. Officieusement, Autocar affirme avoir appris que Seat, la marque espagnole du groupe, serait retirée avant la fin de la décennie, victime de ses doublons avec sa cousine plus rentable, Cupra. Le groupe, lui, n’a rien confirmé.
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