Arrivée en Europe dès 2023, la marque chinoise Zeekr (membre du groupe Geely, comme Volvo, Polestar ou Smart) aura attendu 2026 pour arriver en France.
Dans ses bagages, trois voitures électriques : la Zeekr X, la 001 et le 7X… auxquelles il faut désormais ajouter la 7GT, un break de chasse lorgnant ostensiblement sur les premiums allemands.
Dans sa besace, une communication tournant autour du dynamisme et du plaisir de conduite, tout en conservant les forces de Zeekr, à savoir une déferlante technologique, une recharge en 13 minutes et des tarifs bien placés.
De quoi déclencher le coup de foudre ? Pour le savoir, nous sommes partis essayer cette Zeekr 7GT en Andalousie, de quoi se faire un premier avis sur cette voiture électrique qui sort de l’ordinaire.
Zeekr 7GTFiche technique
| Modèle | Zeekr 7GT |
|---|---|
| Dimensions | 4,82 m x 1,91 m x 1,46 m |
| Puissance (chevaux) | 421 chevaux |
| 0 à 100km/h | 5,3 s |
| Niveau d’autonomie | Conduite semi-autonome (niveau 2) |
| Vitesse max | 210 km/h |
| Taille de l’écran principal | 15 pouces |
| Prise côté voiture | Type 2 Combo (CCS) |
| Prix entrée de gamme | 45990 euros |
| Essayez-la | Fiche produit |
Cet essai a été réalisé dans le cadre d’un voyage presse organisé par la marque.
Zeekr 7GTUn design qui ne laisse pas indifférent
Vous pensiez que les voitures électriques chinoises n’étaient que des SUV informes ? La Zeekr 7GT est là pour vous prouver le contraire. Long (4,82 m), large (1,91 m) et plutôt bas (1,46 m), le break de chasse en impose.

Réalisé à Göteborg en Suède, le design est intéressant, offrant beaucoup de caractère tout en simplifiant énormément les lignes : le capot débordant sur les ailes, les joints de vitre invisibles, l’absence d’antenne, les portières sans encadrement et les poignées dissimulées allègent visuellement la voiture, lui conférant un aspect très contemporain.
À l’avant, l’œil se pose sur le grand bandeau noir. Si les versions chinoises habillent cette surface d’un immense panneau LED personnalisable, baptisé Stargate, la technologie n’a pas été retenue pour l’Europe. La signature lumineuse ultra-fine se cache en dessous, tandis que les projecteurs matriciels se tassent pour n’occuper qu’un petit espace dans le décroché inférieur.

La chute de toit très prononcée dynamise le profil, bien aidé par des jantes oscillant entre 19 et 21 pouces selon les versions. La finesse de la signature lumineuse se retrouve également sur le hayon, tandis que l’absence d’essuie-glaces arrière interpelle – sur le sujet, les équipes Zeekr promettent que l’inclinaison de la vitre permet de passer outre. Il faudra les croire sur parole.
Enfin, un travail aérodynamique général (gestion des flux d’air, calandre active, plancher caréné, etc) permet de maintenir le coefficient de pénétration dans l’air (Cx) à 0,25 ; une valeur très respectable.
Zeekr 7GTUn habitacle spacieux et bien présenté
Une présentation déjà connue
Comme son nom l’indique, la 7GT est étroitement dérivée du Zeekr 7X, le grand SUV de la marque. Cela se remarque au niveau de la présentation générale et de la planche de bord, largement partagée avec son grand frère.

Est-ce un mal ? Pas tant : que ce soit en termes d’architecture, de matériaux ou d’assemblage, les efforts sont perceptibles. C’est évidemment très tech, avec ce grand écran central et quelques gadgets (les portes sont automatiques sur le haut de gamme, avec radars intégrés pour ne pas se cogner contre des obstacles trop proches !), mais plutôt valorisant – quelques boutons physiques font même leur apparition.
Le cuir est véritable, les matériaux en partie supérieure rembourrés, de quoi faire ressortir les plastiques durs en partie inférieure. Reste que les Allemands ne font pas mieux, d’autant plus vu le prix de vente de la 7GT.
De la place pour cinq, mais un coffre en retrait
L’empattement généreux de 2,90 mètres mettait sur la voie : la Zeekr 7GT est accueillante pour ses passagers. À l’avant, les sièges très confortables se règlent dans moult positions et peuvent être chauffants, ventilés et massants.

La bonne surprise, c’est l’accueil réservé aux passagers arrière. Malgré la hauteur contenue de la voiture, la position est tout à fait naturelle, avec la possibilité de glisser ses pieds sous les sièges – l’inclinaison du dossier est électrique.
La garde au toit est de bon niveau, tandis que la largeur permet d’y caser trois personnes sans trop de problèmes ; la place centrale ayant le bon goût de ne pas être, pour une fois, inhospitalière.

Buses d’aération, vide-poches et prises USB-C agrémenteront les trajets. Seul regret : si les places extérieures peuvent être chauffées, il faut obligatoirement passer par l’écran… avant pour les régler. Dommage.
Dommage aussi pour le volume de coffre, qui se limite à 456 litres – le coffre avant (frunk) a le mérite d’exister, mais ses 65 litres (voire 32 litres pour la version 4×4) ne permettront pas de mettre beaucoup plus qu’un câble de chargement.
À titre de comparaison, la Mercedes-Benz CLA Shooting Brake propose un volume arrière identique mais un frunk de 101 litres, bien qu’elle soit 10 cm plus courte.
Zeekr 7GTUn infodivertissement très (trop ?) complet
Comme souvent sur les voitures chinoises, la Zeekr 7GT regroupe la quasi-intégralité de ses commandes dans l’écran central – ici une dalle OLED de 15 pouces.
L’interface est très générique : sans donner particulièrement l’impression d’être premium, on retrouve les mêmes gestes et les mêmes hiérarchies d’informations que ses compatriotes.

Comprenez qu’on peut se perdre dans les menus et sous-menus pour arriver au bon réglage, avec quelques partis pris irritants (la gestion des modes de conduite ou de l’intensité de la régénération auraient gagné à se régler via des commandes physiques), mais la Zeekr s’en sort mieux que d’autres.
En effet, la 7GT ajoute de nombreux raccourcis personnalisables à plusieurs niveaux : un écran dédié qui apparaît en swipant de haut en bas, une colonne à gauche de l’écran et deux boutons physiques personnalisables sur le volant et la console centrale.

Pour accompagner le conducteur, la grande Zeekr propose un combiné d’instrumentation numérique de 13 pouces particulièrement complet, à l’affichage personnalisable.
Enfin, une vision tête haute XXL (35,5 pouces !), elle aussi ultra-complète et très lumineuse, est disponible sur les versions intermédiaires et haut de gamme, projetant les informations de conduite dans le champ de vision du conducteur.

Un dernier mot sur le système son à 23 haut-parleurs, un caisson de basses, capable de développer 2 160 W (!). Les réglages de base ne nous ont que peu impressionnés, mais l’étendue des possibles est impressionnante (il est possible de régler chaque haut-parleur), de quoi trouver un réglage convenable.
Un planificateur d’itinéraire pessimiste ?
Voiture électrique moderne oblige, la 7GT embarque de série une navigation incluant un planificateur d’itinéraire calculant les arrêts de recharge sur longs trajets.

La base est bonne, avec des réglages amples (réseaux préférés, niveau de charge minimal à destination, etc), mais nous avons noté un certain pessimisme sur les arrêts de recharge.
Il n’hésitait pas à annoncer autour de 30 minutes pour passer de 10 à 80 % sur bornes rapides (350 à 400 kW), alors que Zeekr annonce 16 minutes pour le même exercice. Rien qu’une bonne mise à jour ne puisse régler.
Zeekr 7GTDes aides à la conduite trop intrusives
C’est devenu une habitude chez les marques chinoises : inclure d’office l’intégralité des aides à la conduite dans leurs modèles ; la Zeekr 7GT ne fait pas exception.
En plus de l’armada rendue obligatoire par la règlementation européenne GSR-2 (alerte de survitesse, de franchissement de ligne, d’inattention conducteur, etc), Zeekr inclut le nécessaire pour un système de conduite semi-autonome de niveau 2 (régulateur adaptatif, maintien actif en voie et dépassement semi-automatique) et quelques extras, comme la caméra de recul 360° ou le stationnement automatique.

De quoi partir l’esprit serein… avant de rapidement pester sur la calibration de ces aides. Le régulateur adaptatif freinera démesurément la voiture à la moindre courbe, tandis que l’alerte de dépassement de ligne fait beaucoup de zèle, allant jusqu’à refuser de se déconnecter sur plusieurs voitures d’essai – un bug, selon les porte-paroles.
Dommage, car le reste est plutôt agréable : le maintien en voie est efficace, de même que le dépassement semi-automatique. Bref, des mises à jour à distance seront les bienvenues pour rendre les aides plus tolérantes… même s’il ne faudra pas s’attendre à des miracles.

Les responsables de Zeekr nous avertissent : la 7GT a été conçue pour obtenir les cinq étoiles EuroNCAP dans les tests 2026, encore plus durs qu’auparavant – ce qui explique, d’après eux, les freinages en virage. Il faudra tester d’autres concurrentes répondant aux mêmes standards pour s’en assurer.
Zeekr 7GTConduite : GT, pas sportive
Deux motorisations au choix
Pour la gamme de sa 7GT, Zeekr a fait simple. Reposant sur la plateforme SEA3 (Sustainable Electric Architecture, comme le Zeekr 7X et la Smart #5), elle est disponible en deux motorisations.

La première est une propulsion, avec un moteur arrière de 310 kW (421 ch) et 440 Nm de couple, capable de passer de 0 à 100 km/h en 5,3 secondes et de pousser jusqu’à 210 km/h.
Au sommet trône une version à deux moteurs, offrant quatre roues motrices. La puissance grimpe à 475 kW (646 ch) pour 710 Nm, raccourcissant le 0 à 100 km/h en 3,3 secondes ; en parallèle, elle récupère un système de freins amélioré (étriers fixes à quatre pistons) ainsi qu’une suspension pneumatique active.

Enfin, les équipes de développement de Zeekr, basées à Göteborg (Suède) et Francfort (Allemagne) se sont penchées sur le berceau de la 7GT. Patrik Nord, ingénieur en chef des véhicules européens au Geely Technology Center, nous a détaillé les spécificités, incluant des modifications techniques (amortisseurs et silentblocs spécifiques) ainsi qu’une calibration différente des pédales et de la direction.
Plus confortable que sportive
Ces chiffres remarquables, mêlés à la communication de Zeekr appuyant sur le dynamisme de la 7GT, mettent l’eau à la bouche : ce break de chasse pourrait-il inquiéter les ténors allemands ? Peut-on qualifier cette voiture de véritable sportive ?

En un mot : difficilement. Alors oui, les accélérations sont vives et les reprises expédiées en un clin d’œil, mais le comportement général n’est que peu en accord. La direction, extrêmement légère en mode « Normal », s’alourdit un peu en « Sport » sans forcément gagner en précision.
Quant au châssis, sans jamais être dangereux, il ne peut prétendre à la palme de l’agilité : le train avant aura souvent tendance à élargir gentiment la trajectoire lorsqu’on le chahute un peu trop à son goût. Bref, pour les sensations, on repassera.

En revanche, la 7GT fait honneur à son badge de Grand Tourisme : le confort à bord est de haut niveau. Les suspensions pneumatiques (privilège de notre version 4×4) assouplissent les cahots de la route, tout en évitant les phénomènes de pompage.
En parallèle, elles permettent d’abaisser la caisse jusqu’à 20 mm à haute vitesse (pour profiter à la consommation) ou de la remonter de 35 mm si on a des doutes sur le chemin devant soi.

L’insonorisation est bluffante, tandis que la gestion du freinage est particulièrement réussie, avec un feeling de la pédale de frein naturel, consistant et rassurant. Une voiture à consommer au long cours, donc.
Zeekr 7GTBatterie, autonomie et consommation : une recharge express, une certaine gourmandise
Deux batteries bien distinctes, des recharges ultra-rapides
Côté batteries aussi, Zeekr dédouble le choix. En entrée de gamme, une batterie LFP (lithium-fer-phosphate) de 75 kWh promet une autonomie de 519 km selon le cycle WLTP via une consommation de 16,6 kWh/100 km en incluant les pertes à la recharge.

Son point fort ? La recharge qui, grâce à une architecture 800 volts et une puissance maximale de 450 kW, promet de passer de 10 à 80 % en seulement 13 minutes. Les chiffres de Xpeng ne sont pas loin.
Pour plus de polyvalence, un autre pack, cette fois-ci NMC (nickel-manganèse-cobalt) de 100 kWh est également disponible. L’autonomie progresse à 655 km WLTP pour la version propulsion et 558 km WLTP pour la version 4 roues motrices.

La recharge monte également à 450 kW, de quoi passer de 10 à 80 % de la batterie en 16 minutes. Un temps toujours inférieur à celui d’une Porsche Taycan (18 minutes).
Pour les deux batteries, un généreux chargeur 22 kW est fourni de série, de quoi se recharger rapidement sur borne publique (4h30 pour la petite batterie, 5h30 sur la grande).
Une consommation a priori peu compétitive
Vous l’aurez remarqué : malgré les batteries de taille respectable, la Zeekr 7GT n’offre pas les meilleures autonomies du segment – une Audi A6 e-tron avant, également dotée d’une batterie de 100 kWh, peut parcourir jusqu’à 740 km WLTP entre deux charges.

Notre courte boucle d’essai, dans les hauteurs de Malaga en Espagne, ne nous aura pas permis d’effectuer de réels relevés de consommation, mais nous avons relevé une consommation moyenne de 22,7 kWh/100 km à notre ordinateur de bord après un tracé de 145 km majoritairement effectué sur des routes de col. De quoi offrir une autonomie totale théorique de 440 km dans ces conditions.
Zeekr 7GTPrix, concurrence et disponibilité : une proposition quasi-unique
Style séduisant, habitacle spacieux, cascade d’équipements et charge rapide : la Zeekr 7GT a plusieurs arguments à faire valoir, mais sa grille tarifaire risque d’enfoncer le clou.

En effet, le break de chasse est disponible à partir de 45 990 euros avec la batterie de 75 kWh et un équipement riche : écrans connectés, aides à la conduite, pompe à chaleur, toit panoramique, sièges et volant chauffants, etc). Un tarif qui aurait pu la rendre éligible au bonus écologique, réservé aux voitures de moins de 47 000 euros, mais sa fabrication en Chine l’en éloigne.
Pour la batterie 100 kWh et quelques extras (sellerie cuir, vision tête haute), la version Long Range est proposée à 50 990 euros ; enfin, la version Privilège aux 4 roues motrices coiffe la gamme du haut de ses 57 490 euros.

Un tarif très concurrentiel pour la catégorie. Face à elle, la Mercedes-Benz CLA Shooting Brake est une rivale de choix, débutant à 49 450 euros avec 525 km d’autonomie « seulement » et un équipement bien moindre, mais à la consommation de moineau et à la recharge en 21 minutes.
Autrement, la Volkswagen ID.7 Tourer peut également venir en tête, sacrifiant le look de la Zeekr à une soute immense : comptez 53 700 euros minimum pour 463 km d’autonomie WLTP. Les Audi A6 e-tron avant et BMW i5 Touring sont distancées, démarrant 10 à 15 000 euros plus cher que la plus chère des Zeekr. Et pourquoi pas la Xpeng P7+, son immense espace intérieur et sa recharge en 12 minutes pour 45 990 euros ?







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