Déjà présent sur différents secteurs de l’audio (professionnel ou grand public), Jabra se lance sur le marché des casques Bluetooth à réduction de bruit active avec le Jabra Elite 85h. Est-il capable de rivaliser avec Sony et Bose, les deux leaders du marché ? Essayons de répondre à cette question dans notre test complet.

Le Jabra Elite 85h arrive sur le marché des casques Bluetooth aujourd’hui dominé par deux cadors : le Sony WH-1000xM3 et le Bose QC35 II. Il s’aligne sur le prix de ses deux concurrents tout en souhaitant rivaliser avec eux sur la qualité sonore et ses fonctions ergonomiques. S’il s’agit du premier casque grand public de la marque, Jabra est déjà habitué à l’exigence des centres d’appels et des sportifs qui souhaitent des écouteurs sans fil. Reste à voir ce que vaut ce Jabra Elite 85h par rapport à ses deux rivaux.

Fiche technique du Jabra Elite 85h

  • Diaphragme : 40 mm
  • Réponse en fréquence : 10 Hz – 20 000 Hz
  • NFC : non
  • Réduction de bruit active : oui
  • Multi point : oui
  • Optimisation de pression atmosphérique : non
  • Résistance : IP52
  • Longueur du câble : 1,2 m
  • Recharge : USB-C
  • Bluetooth : 5.0, HSP v1.2 , HFP v1.7, A2DP v1.3, AVRCP v1.6, PBAP v1.1, SPP v1.2
  • Codecs audio : SBC, AAC à venir
  • Autonomie annoncée : de 36 heures (avec réduction de bruit active) à 41 heures (sans RBA)
  • Poids : 296 g

Ce test a été réalisé avec un modèle qui nous a été donné par Jabra.

Confortable malgré son poids

Avant toute chose, le design et l’ergonomie d’un casque sont des points importants qui peuvent parfois jouer en faveur ou en défaveur d’un produit. Jabra a donc particulièrement travaillé son casque sans fil pour le rendre à la fois confortable et pratique à utiliser.

Avec ses 296 grammes sur le papier (contre 255 g pour le Sony et 240 g pour le Bose), il me faisait un peu peur. Un casque trop lourd, c’est l’assurance de migraines infernales provoquées par un arceau qui appuie sur le haut du crâne et des écouteurs qui prennent la tête en étau. Contre toute attente, je n’ai pas souffert un instant de cette lourdeur. Et après plus d’une semaine d’utilisation, il ne m’a jamais fait mal ni paru oppressant.

Malgré ma petite tête et mon manque de garniture capillaire, le Jabra Elite 85h s’accroche bien à mes oreilles, à moins de partir dans un head bang très violent. Même en accompagnant le beat d’un mouvement de tête rythmé, il ni glisse pas et son arceau rembourré ne blesse pas mon crâne.

Les écouteurs circum-aural sont également bien épais et confortables au quotidien. À première vue, j’avais peur qu’ils serrent un peu trop, mais même une écoute prolongée avec des lunettes ou sur une tête plus grosse, aucune gêne ne se fait sentir. En revanche, les coussinets à mémoire de forme tiennent chaud, très chaud. Notons au passage qu’ils sont amovibles afin d’être changés au besoin.

Pour ce qui est des finitions du casque en lui-même, j’avoue être mitigé entre une bonne impression générale, notamment due au tissu qui recouvre à la fois l’arceau et les oreillettes, ce qui le rend, selon mes propres critères subjectifs, plus beau qu’un Bose QC35, et une déception sur les parties en plastique qui manquent de rigueur. Les charnières grincent par exemple, ce qui n’inspire pas particulièrement confiance.

Précisons qu’il est certifié IP52, ce qui assure une protection contre la pluie.

Non au tactile

Jabra a dit « non » au tactile. En tant qu’utilisateur quotidien du Sony WH-1000xM3, je peux confirmer que les gestes tactiles ne sont pas particulièrement une bonne idée et qu’il arrive régulièrement d’être confronté à des ratés comme un changement de chanson en voulant monter le volume, ou inversement. Pour tous les utilisateurs comme moi, c’est donc une bonne nouvelle que ce Jabra Elite 85h soit doté de boutons physiques.

On retrouve un bouton discret à l’arrière de l’écouteur gauche pour changer le profile du casque (réduction de bruit, écoute extérieure ou rien du tout), son symétrique sur l’écouteur droit pour activer un assistant et trois boutons discrètement intégrés sur la surface principale de l’oreillette. Deux pour le volume (qui gèrent également les pistes avec un appui long) et un bouton principal pour l’appairage et play/pause. Pas de bouton ON/OFF, mais j’y reviendrai.

Tous ces boutons tombent instinctivement sous le doigt, il est impossible de les manquer ou de les confondre les uns avec les autres.

2019 oblige, on retrouve sous l’écouteur droit un port USB-C et un port jack 3,5 mm pour brancher le casque avec un fil.

Une réduction de bruit à peaufiner

En dehors de la qualité de son, l’efficacité de la réduction de bruit active est aujourd’hui un point important sur cette gamme de casques. Si le Bose QC35 II a donné ses lettres de noblesse à la catégorie des casques à réduction de bruit, le Sony WH-1000xM3 a perfectionné la recette et est aujourd’hui considéré comme une référence. Spoiler : ce n’est pas le Jabra Elite 85h qui le détrônera, de l’aveu même des responsables de Jabra qui affirment viser avant tout la qualité audio et celle des appels, conscients que la puce ANC de Sony est très chère et qu’il ne peuvent pas encore assurer assez de volume pour en faire baisser le prix.

Là où Sony propose une échelle de 20 nuances pour l’intensité de la réduction de bruit sur son dernier casque Bluetooth, Jabra ne propose qu’un simple « activé/désactivé ». Le reste est géré par le casque lui-même et son intelligence artificielle. D’un côté, ce n’est pas plus mal, parce que régler à millimètre la réduction de bruit est parfois fastidieux, mais de l’autre, c’est du choix en moins pour l’utilisateur.

L’isolation passive du Jabra Elite 85h est déjà bonne de base, ce qui permet, sans la réduction de bruit active, de déjà se couper en partie des bruits parasites. Dans un environnement comme un open space bruyant, cela permet déjà de couper une partie des distractions. Les graves en revanche continuent à passer, et vous entendrez toujours les bruits de moteur ou les voix masculines.

Une fois la réduction de bruit activée, les bruits sourds sont tout de suite estompés, mais bien moins que chez Sony. Pour donner un exemple concret : dans le métro, avec le Jabra Elite 85h, le brouhaha général devient inintelligible et les principaux bruits mécaniques sont également énormément réduits. Le nom des stations reste en revanche parfaitement compréhensible.

Ici, pas de malaise ni cette impression désagréable de s’entendre déglutir en continu.

Dans l’open space, les sons sont atténués et je ne comprends plus ce qui est dit autour de moi, même si j’entends légèrement un bruit parasite en fond. Les bruits brefs et forts, comme un klaxon dans la rue, en revanche restent bien distinguables.

Le point fort de cette réduction de bruit est qu’elle reste agréable au quotidien et maintient un bon équilibre atmosphérique dans l’écouteur. Certaines personnes (c’est mon cas) ne supportent pas par exemple la réduction de bruit de Bose, un poil plus efficace, mais très « sourde ». Ici, pas de malaise ni cette impression désagréable de s’entendre déglutir en continu.

Hear through

Le mode Hear Through (littéralement « entendre à travers »), qui utilise les micros de réduction de bruit pour retranscrire dans le casque les bruits extérieurs fonctionne pour sa part très bien. Les sons sont limpides, il est possible de discuter sereinement avec quelqu’un sans se sentir agressé des oreilles. Contrairement à ce que proposent Sony et Bose, il est possible de taper au clavier avec ce mode sans avoir l’impression que chaque touche est un coup de marteau asséné sur le coin de notre tête, on en vient presque à oublier que le casque existe tant le rendu est naturel.

Par ailleurs, dans les paramètres de l’application Sound+, il est possible de régler la puissance de ce mode (sur 7 nuances) pour que le mode reste confortable.

Moments et SmartSound

L’application de Jabra (Sound+), intègre plusieurs préréglages : « en privé » (quand l’environnement est calme), « en public » (quand il y a des voix), « trajets », ou encore « mon moment ». Il est possible pour chaque « Moment » de régler le mode de son (réduction de bruit, hear through ou rien du tout), ainsi que l’égaliseur. Ces données sont par ailleurs enregistrées directement dans le casque, ce qui évite des changements de sonorités en fonction des sources.

J’ai aussitôt désactivé le mode SmartSound

Une fois chaque réglage finement paramétré, on peut activer l’option SmartSound pour passer à la volée d’un mode à l’autre automatiquement en fonction des bruits ambiants. Et là… c’est malheureusement la catastrophe. Le passage d’un mode à l’autre s’accompagne d’une indication sonore qui coupe la musique et la détection n’est pas particulièrement efficace.

Sortir de chez moi, casque sur les oreilles et musique à fond (mode « en privé », RBA désactivée) pour avoir droit à une coupure, un message vocal qui me crie « in public » dans les oreilles en plus d’interrompre ma musique et de passer tout à coup en mode hear through, me laissant entendre tous les bruits de la ville par-dessus ma musique. Vous imaginez bien que j’ai aussitôt désactivé le mode SmartSound.

Un son très clair, parfait pour les podcasts

Sur le papier, le Jabra Elite 85h propose peu ou prou la même chose que ses concurrents d’un point de vue technique, avec des transducteurs de 40 mm, mais il déçoit par son support des codecs. En effet, le Jabra Elite 85h ne supporte pour le moment que le SBC et prendra en compte l’AAC dans une future mise à jour. En attendant, oubliez les références utilisées pour le transfert audio sans fil en qualité CD que l’aptX HD ou le LDAC de Sony. Toujours est-il que le Bluetooth 5.0 apporte une grande stabilité : je n’ai jamais eu de coupure.

On ne le cachera pas, beaucoup d’utilisateurs ne feront pas la différence, d’autant que les services de streaming devenus désormais monnaie courante proposent rarement des qualités CD qui nécessiteraient de tels codecs, mais ça reste décevant, que ce soit pour la vision à long terme du casque ou pour l’éducation du grand public à ce genre de qualités.

Si vous écoutez essentiellement sur Spotify, Deezer ou Google Play Musique, la différence ne devrait pas vous frapper les oreilles et la qualité intrinsèque du casque se suffit bien à elle-même. Le Jabra Elite 85h n’a pas une signature sonore aussi marquée que chez Bose et tente plus de se rapprocher de sonorités plutôt neutres, tout en détaillant bien les différentes fréquences, y compris dans les extrêmes.

Certains préféreront le son un peu plus chaud et plus basseux d’autres marques

C’est peut-être là que Jabra réussit le mieux son œuvre avec une représentation propre des basses sans étouffer les autres sonorités, donnant une impression de spatialisation très convaincante. Au final, c’est une question de goût bien sûr, certains préféreront le son un peu plus chaud et plus basseux d’autres marques afin de s’adapter à leurs goûts musicaux, mais on ne peut nier que le Jabra Elite 85h offre une base qui permet de s’adapter à n’importe quel style.

Les aiguës les plus hauts en revanche pourraient être un peu plus marqués pour mieux retranscrire certains instruments comme les cymbales ou les effets de clochette. Un point qu’on excusera bien volontiers au vu de la clarté de l’ensemble.

Cette clarté est d’ailleurs un point qui m’a particulièrement marqué, faisant penser à un mode « voix claire » que l’on peut retrouver sur certains dispositifs de home cinema. Pour les podcasts, les voix se montrent particulièrement bien définies et claires (si elles sont bien enregistrées à l’origine, cela va de soi), ce qui permet d’en profiter de manière très agréable.

Le principal problème du Jabra Elite 85h est qu’à plein volume, le son sature beaucoup et devient rapidement exécrable. Sachant que la puissance de base est inférieure à ce que proposent les casques de Sony et de Bose, cela réduit sensiblement la plage de volume de l’écoute.

Les appels

Pour les appels, Jabra se targue d’utiliser 6 des 8 micros du casque pour « rehausser la qualité des appels en filtrant plus efficacement le bruit du vent et les bruits de fond indésirables ». Dans les faits, les discussions sont claires et le son extérieur est correctement affaibli aussi bien pour l’utilisateur du casque (grâce à l’isolation passive) et pour son correspondant (grâce à la réduction de bruit offerte par les micros).

Toutefois, j’émettrai quelques réserves sur la qualité générale après avoir rencontré quelques coupures et latences lors de mes appels et un curieux bug faisant ressemble les paroles de mon interlocuteur à du charabia 32-bits proche d’un texte de personnage d’Animal Crossing.

Le casque le plus intelligent

En dehors des qualités techniques intrinsèques du Jabra Elite 85h, le casque a été pensé pour faciliter la vie à l’utilisateur. Il sait se faire discret et limite les interactions nécessaires. Si l’on omet les problèmes de SmartSound, le Jabra Elite 85h propose de nombreux avantages.

Le premier est la présence de connexion multipoint. Cette fonctionnalité, présente sur le Bose QC35 II, mais pas sur le Sony WH-1000xM3, permet d’appairer simultanément deux appareils et de passer de l’un à l’autre sans avoir à réinitialiser le Bluetooth. Au quotidien, si vous connectez votre casque à votre téléphone et à un ordinateur, c’est un pur bonheur dont il devient difficile de se passer. Dans mon cas, j’ai rencontré des petits soucis pour lier deux appareils (le son saccadait), mais après plusieurs essais et un redémarrage, je n’ai plus rencontré de problème.

En cela, l’absence de NFC (pourtant présent sur le Sony) ne m’a pas dérangé plus que cela, puisque je n’ai pas eu besoin d’appairer trop régulièrement ce casque à de nouveaux appareils.

Mais le point le plus marquant, c’est certainement la détection de l’oreille qui permet de mettre automatiquement la lecture en pause en retirant le casque, à l’instar de ce que proposait Parrot sur le Zik 3 et Apple sur les AirPods. C’est clairement une fonctionnalité qui change la vie et qui devrait devenir obligatoire sur tous les casques audio.

Enfin, si l’on se rend assez peu dans l’application de son casque en règle générale une fois que celui-ci est correctement paramétré, Jabra lui redonne un intérêt en intégrant des « Soundscapes ». Bruit blanc, sons de vagues, d’orage, de pluie ou même d’une foule qui s’agite… vous n’aurez plus besoin de télécharger une application dédiée pour vous concentrer.

Batterie

L’autonomie du Jabra Elite 85h est tout simplement monstrueuse. Le constructeur annonce 36 heures avec la réduction de bruit active et 41 heures sans. C’est non seulement très haut, mais en plus presque sous-estimé en fonction du volume de votre utilisation. Clairement, c’est le casque le plus autonome de sa gamme à l’heure actuelle.

La contrainte est qu’il est long à recharger. Très long. Comptez 2h30 pour une charge complète là où celui de Sony met moins d’une heure. Fort heureusement, en 15 minutes de recharge seulement, on récupère assez de jus pour tenir 5 heures et en 40 minutes de charge vous avez déjà rechargé plus de 50 % de la batterie, pour près de 20 heures d’utilisation.

Pour économiser un peu de batterie, Jabra propose de couper le casque en tournant simplement l’oreillette. D’où l’absence de bouton ON/OFF. Et pour ceux qui oublieraient, une coupure automatique est configurée après 1 heure d’inactivité (réglable dans l’application entre 15 minutes et 8 heures).

Prix et disponibilité

Le Jabra Elite 85h est d’ores et déjà disponible en noir, en bleu ou en beige au prix de 300 euros. Il est disponible chez la plupart des revendeurs en ligne et des boutiques spécialisées comme la Fnac. La bonne nouvelle est qu’on peut déjà le trouver à des prix encore plus avantageux, chez Amazon par exemple où il est proposé à partir de 263 euros.

Note finale du test 8/10
Le Jabra Elite 85h est un magnifique premier jet ! Fraîchement arrivé sur le marché il vient directement faire trembler les meilleurs en la matière, c'est là la marque des grands et on sent immédiatement que Jabra possède un sérieux background dans l'audio en plus de réfléchir à l'usage quotidien.

Ce casque sans fil a de nombreux arguments pour séduire : un son très clair bien détaillé, un design sobre, une connexion multipoint, mais surtout il se démarque par son autonomie gargantuesque et ses quelques fonctionnalités pratiques comme l'autopause lorsqu'on le retire de son oreille.

Véritable plaisir à utiliser, il présente néanmoins quelques défauts qui nous feront préférer un Sony WH-1000xM3, comme son impossibilité de fonctionner en passif (sans batterie), ses finitions un peu grinçantes ou encore sa gestion du volume maximal qui sature beaucoup.

Jabra signe là son entrée dans le secteur des casques grand public de superbe manière, ce qui présage le meilleur pour l'avenir.
  • Points positifs
    • Tient bien sur la tête en plus d'être confortable
    • Boutons discrets et pratiques
    • L'autopause quand on enlève le casque
    • Le son est très clair, bien défini et pas trop marqué
    • L'autonomie est monstrueuse
    • Connexion multipoint
    • Bluetooth 5.0 pour la stabilité
    • (L'application Sound+)
  • Points négatifs
    • Tient chaud (à éviter en juin)
    • Charnières en plastique qui grincent
    • Ne fonctionne pas sans batterie (pas de filaire passif)
    • Charge très longue
    • Sature à plein volume
    • Uniquement le codec SBC