Estrima Birò : on a roulé avec la rivale de la Citroën Ami et on s’est bien amusé

 

L’Estrima Birò débarque en France en tant que quadricycle électrique léger disponible à partir de 14 ans, sans permis de conduire. Nous avons pu l’essayer lors d'une petite balade dans les rues de Paris. Un concept pratique et amusant, mais clairement pas adapté à toutes les bourses.

Estrima Birò
Source : Estrima

Vous connaissez probablement la voiture électrique sans permis de Citroën, la fameuse Ami. Il faudra désormais compter sur un autre véhicule similaire, j’ai nommé l’Estrima Birò, tout droit venu d’Italie et décrit comme « un scooter avec quatre roues » par le fondateur de l’entreprise, Matteo Maestri.

L’Estrima Birò est accessible dès l’âge de 14 ans avec un permis AM (ex-BSR), pour sa version filant à 45 km/h. Un modèle plus puissant limité à 65 km/h existe et appartient donc à la catégorie L7e. Cette dernière conditionne l’âge du conducteur à 16 ans et exige l’obtention du code de la route et d’un examen pratique d’une trentaine de minutes (permis B1).

Un gabarit minuscule

Pour son arrivée en France, l’Estrima Birò a droit à sa boutique dédiée et permanente, située au 27 rue des Archives, dans le 4e arrondissement de Paris. Produit dans une usine non loin de Venise et écoulé à un peu plus de 4500 exemplaires depuis son lancement, ce quadricycle léger vise à apporter une nouvelle solution de mobilité.

De toute évidence, sa place est dans la ville. Qui plus est au regard de son format ultra compact, avec une longueur culminant à 1740 mm pour la version sans coffre, contre 1835 mm avec, et une largeur de 1030 mm. Dites-vous que le scooter électrique BMW CE 04 revendique des dimensions plus généreuses avec ses 2285 mm.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Estrima Birò fait son effet au premier regard. Non pas pour son design très anodin, si ce n’est sans saveur, mais bien pour sa toute petite taille : la garer de manière perpendiculaire au trottoir est par exemple tout à fait envisageable, ce qui vous facilite forcément la vie lorsque vous cherchez une place.

Un intérieur spartiate

Ce constat fait d’ailleurs partie intégrante de la philosophie du fondateur. « On doit penser à changer le paradigme, avec un véhicule le plus léger possible, facile à garer pour toujours trouver de la place et très lumineux », nous explique Matteo Maestri. Très lumineux, c’est le cas de le dire.

Dans le petit espace de l’habitacle, vous baignez dans une luminosité constante grâce à des portes transparentes en plexiglas et un « toit panoramique » placés tout autour de vous. L’intérieur n’en reste pas moins très spartiate, avec des matériaux de qualité discutable (plastique dur). Un choix assumé pour tirer le prix vers le bas.

Soyons clairs : ne vous attendez pas à un véhicule tout confort aux finitions exemplaires. À deux adultes dans notre cas, l’espace est restreint. Le volant est les pédales sont aussi très légèrement décalés vers votre droite, ce qui vous oblige à légèrement orienter votre corps. C’est une question d’habitude.

Entre 50 et 100 km d’autonomie

De toute manière, vous n’êtes pas destiné à conduire ce véhicule pendant plusieurs heures d’affilée. L’Estrima Birò sert avant tout aux petits trajets urbains afin de se déplacer de manière pratique. Son autonomie de 55 ou 100 km selon la configuration de batterie vous limite, en ce sens, à des déplacements courts ou moyens.

Sur la version plus grande (Big), le coffre permet tout juste de déposer deux ou trois sacs à dos à l’arrière, pas plus. Sur les modèles plus petits (Summer qui ne contient aucune porte et Winter, qui en possède), il faudra composer sans espace de rangement.

Soulignons également l’absence de réglage pour les deux appuis-tête, idéalement placés pour une personne de 175 centimètres. En revanche, pour les conducteurs plus petits, une véritable question de sécurité se pose si aucun élément ne vient supporter l’arrière de votre crâne. En cas de choc violent, cela peut être dangereux.

Un véhicule passe-partout

Le cockpit fait quant à lui dans la simplicité la plus extrême, avec un compteur analogique au centre, un seul et unique commodo pour les clignotants, un bouton boost, un autre pour le désembuage, deux prises USB-C, un frein à main, un slider pour changer de mode de conduite, un support pour votre smartphone… et c’est bien tout. Ne comptez pas sur de la climatisation.

L’Estrima Birò est-elle agréable et fun à conduire ? Oui. Vous avez l’impression de manipuler un petit jouet passe-partout dont le minuscule gabarit vous permet de vous faufiler où vous voulez. Avec des dimensions contenues, la Birò est extrêmement simple à apprivoiser. Vous avez totalement conscience de ce qu’elle représente dans l’espace.

Forcément, ne vous attendez pas à une bête de course capable de claquer un 0 à 100 km/h en moins de cinq secondes au regard de sa puissance limitée de 3,3 kW. La Birò ne vous plaque pas au siège, même pied au plancher. Et ce n’est clairement pas l’effet voulu par les instigateurs du projet, bien qu’un poil plus de nervosité n’aurait pas été de refus.

Facile à charger

Le confort et la capacité du véhicule à amortir les chocs ont aussi été mis de côté : sur des ralentisseurs, pensez à réduire drastiquement votre vitesse au risque de vous faire chahuter. Du côté de la recharge, la Birò peut se brancher sur n’importe quelle prise de courant 220 V. Ce qui peut s’avérer pratique pour recharger la batterie amovible, qui s’équipe de petites roulettes pour la transporter facilement malgré son poids.

Le temps de recharge varie selon la configuration de la batterie et oscille entre 3 h et 6 h. La brancher la nuit paraît donc une solution pertinente. Une application pour géolocaliser son moyen de transport est aussi au programme, grâce à l’intégration d’un GPS.

Dans l’idée, l’Estrima Birò est une proposition intéressante, mais malheureusement, la grille tarifaire relativement onéreuse risque d’en rebuter plus d’un. À qui s’adresse vraiment ce quatre roues, finalement ? À l’heure actuelle, les clients sont principalement des quarantenaires, quinquagénaires et plus aux moyens aisés.

Une cible spécifique

Du côté des professionnels, des opérateurs spécialisés dans l’autopartage ont aussi jeté leur dévolu dessus, notamment à Marseille, nous précise Matteo Maestri. Mais force est de constater que malgré sa petite taille très pratique au quotidien, elle est plus chère que la Citroën Ami de plusieurs milliers d’euros.

Estrima Birò
Source : Estrima

L’Estrima Birò oscille entre 10 000 et plus de 13 000 euros selon le modèle, lorsque la Citroën Ami est disponible à partir de 7390 euros. Cible différente ou pas, l’écart est réel. À ce prix-là, d’excellents scooters électriques peuvent également constituer une alternative attractive, sans parler des nombreux vélos électriques disponibles sur le marché.

Certes, la Birò veut remplacer les trottinettes, vélos et scooters. Mais une véritable question se pose : pour des déplacements urbains, qui a réellement envie d’investir plus de 10 000 euros dans un véhicule aussi spartiate susceptible de subir les bouchons des grandes villes lorsqu’en vélo, trottinette et scooter, l’agilité est de mise ?

https://www.frandroid.com/produits-android/automobile/voitures-electriques/758272_essai-de-la-citroen-ami-nouvelle-2-cv-ou-green-washing

Les derniers articles